IIss. A. G
Dajis les autres corps, cette situation était pareille. « Cette diversité d'opinions, raconte un autre témoin cculaire, M. de Goston*, se manifestait alors dans « toute la France, dans les salons, dans la rue, sur les (( chemins, dans les auberges. Tous les esprits étaient « prêts à s'enflammer; et rien de plus facile que de « se méprendre sur la force respective des partis de « l'opinion, suivant les localités où l'on se trouvait. « Ainsi, un patriote s'en laissait imposer facilement « s'il se trouvait dans les salons ou parmi les rassem- « blements d'officiers , tant il se voyait en minorité ; « mais aussitôt qu'il était dans la rue ou parmi les « soldats, il se retrouvait alors au milieu de la nation « tout entière. Les sentiments du jour ne laissèrent « pas que de gagner jusqu'aux officiers mêmes, sur- « tout après le fameux serment à la nation, à la loi « et au roi. »
Un officier d'artillerie, M. le baron Poisson parle dans un sens identique. « Partout, dit-il, on s'indi- « gnait à l'idée que l'intervention étrangère s'apprê- « tait à combattre la liberté naissante, pour ramener « le pays sous le joug de l'ancien despotisme... Les <i clubs, les jardins publics et les carrefours retentis- « sent de la voix d'orateurs qui évoquent les souve- « nirs de Sparte et d'Atbènes devant un auditoire « palpitant ; ils rappellent Marathon, Salamine et les « Thermopyles ; sous Tempire de ces idées, quatre « mille jeunes gens des écoles et des universités, « spontanément réunis, viennent demander à l'As- « semblée nationale l'autorisation d'aller mourir pour « lapatrie... Les milices bourgeoises offrent aux régi-