‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 36 sur 190 · Jouimal militai7^e. Mss. A · texte numérisé non relu

Jouimal militai7^e. Mss. A

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filnvasion qu'on organisait. Des agents civils furent également envoyés dans toutes les directioas. Des journaux furent créés, des brochures publiées. Le 5 juillet, des députés royalistes protestèrent contre l'arrestation de la famille royale; d'autres n'assistèrent plus aux séances.

Il faut le reconnaître, ces excitations multipliéeà produisirent un certain effet. Dans les régiments frontières, où l'abandon du drapeau était sans danger, la désertion fut relativement considérable. Presque tous les officiers du premier régiment (Colonel-général), ceux du vingt-deuxième (Viennois), douzième (Auxerrois), etc., s'enfuirent à l'étranger. D'autres corps, comme le dix-septième (Auvergne), le trente -huitième (Dauphiné), le soixante-huitième (Beauvoisis) se révoltèrent et se refusèrent à porter la cocarde tricolore. Dans la marine, la dispersion volontaire des cadres fut encore plus prononcée, en raison des facilités de départ que présentait le voisinage de la mer. Le clergé suivit l'exemple. Partout, en Bretagne, dans le Poitou, le Berry, le Midi et en Corse, il organisa des soulèvements, sans importance, il est vrai, mais suffisants pour témoigner d'une action générale.

A Vienne, l'empereur adressait, le 6 juillet, aux puissances la note diplomatique suivante : « Les sou- « verains, regardant tous la cause du roi très chrétien « comme la leur propre, demandent la mise en liberté « immédiate de ce prince et de sa famille. Ils récla- « ment pour ces personnes royales l'inviolabilité et le « respect auxquels le droit de nature et le droit des « gens obligent les sujets envers les princes.

« lis se réuniront pour venger, avec le plus grand

Ô6 BONAPARTE A Vi.LENCE.

« éclat, tous les attentats ultérieurs commis ou qu*on « se permettrait de commettre contre la liberté, Thon- « neur et la sûreté du roi, de la reine et dé la famille « royale.

« Ils ne reconnaîtront comme lois constitutionnelles « légitimement établies en France, que celles qui se- « ront munies du consentement volontaire du roi, « jouissant d'une liberté parfaite; mais, au contraire, « ils emploieront de concert tous les moyens en leur « puissance pour faire cesser le scandale d'une usur- « pation de pouvoir qui porte le caractère d'une « révolte ouverte, et dont il importe à tous lesgouver- « nements de réprimer le funeste exemple. » Les cours adhérèrent, et le 25 juillet, le général de Bischoffswerder, aide de camp du roi de Prusse, venait à Vienne pour s'entendre avec le prince de Kaunitz, en vue du traité d'alliance à conclure. Un mois après, le 24 août, les deux souverains se rencontraient au château de Pillnitz et y signaient la fameuse déclaration qui porte ce nom.

Était-ce à dire que la guerre fût imminente ? Nullement. Tout ce monde s'entendait bien pour maudire ces gens qui se permettaient de déranger la douce quiétude dans laquelle ils vivaient par le fait du hasard depuis tant d'années, mais non pour prendre des décisions. Le comte de Mercy-Argenteau le savait ; car, le 6 septembre , il écrivait à la reine ^ :

« Tout dépend du prononcé qui sera pris au

« dehors, où l'on s'occupe très sérieusement et avec « la même chaleur des moyens de mettre une digue « au torrent qui menace d'inonder toute l'Europe, La

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