et 26 septembre, ï. Geiïroy
« trueux qu'il faut adopter. » Le 3 décembre , elle ajoutait : « Le roi a accepté la Constitution, dans « l'espoir d'en faire mieux sentir tous les défauts, c< en ayant Tair de vouloir franchement la faire exé- « cuter et prouver par la chose même qu'elle ne « pouvait point aller. »
De toutes ces basses combinaisons, dont l'honneur de l'armée et l'intégrité de la France formaient l'enjeu, Bonaparte se préoccupait peu. Il était alors dans toute la joie de son âme. L'Assemblée nationale venait de décider la formation de quatre bataillons de volontaires nationaux Corses soldés. Le 10 août, il en eut la nouvelle. Dès le lendemain, il adressait au ministre un mémoire sur Varmement desdites gardes nationales avec les fusils d'infanterie et sollicitait la faveur d'aller procéder à cette opération , en qualité d'officier d'artillerie.
En attendant , il ne tenait plus en place. Il voulait partir à tout prix ; mais il était arrivé au corps le 16 juin et l'on était au 15 août; il n'avait donc que deux mois de présence à son nouveau régiment. En vérité, c'était trop peu pour réclamer un congé, surtout dans les circonstances présentes. Ces considérations ne l'arrêtèrent pas. Il alla trouver son colonel, présenta sa requête et essuya un refus. Il n'en pouvait être autrement. M. de Campagnol était fort monté contre lui, à cause de l'exaltation de ses opinions et de son attitude indisciplinée. Il avait même dû, Bonaparte le reconnaît \ adresser au ministre un rapport spécial sur son compte.
1. Mss. A lord Bathurst. (Réflexions faites par Bonaparte à Sainte-Hélène sur un exemplaire de Polybe.)
Rien n'y fit. Il se passa de son chef de corps et se rendit chez son inspecteur, son ancien chef d*Auxonnc, le baron Duteil. Celui-ci se montra plus complaisant, paraît-il, car il lui accorda un congé de trois mois sans solde, avec obligation de retour à Valence pour le 31 décembre 1791, au plus tard.
Mais, pour voyager, il fallait de l'argent et Bonaparte n'avait que des dettes, minimes, il est vrai, mais nombreuses. « J'attends avec impatience, écrit-il « à son grand-oncle, les six écus que me doit ma- « man; j'en ai le plus grand besoin... » « Envoyez- « moi trois cents francs, » dit-il une autre fois.
Il ne reçut probablement rien, car, le 24 juillet, il empruntait cent quatre-vingt livres au quartier-maître de son régiment. Le 26 août, il faisait une seconde demande de quatre-vingt-dix livres, et le 29, veille de son départ, il réclamait une nouvelle somme de cent six livres^. Puis, sans payer sa propriétaire, sans régler sa part de cotisation pour la réception du régiment de Sonnenberg-Suisse , il reprenait le chemin de sa obère Corse. Le fidèle Louis i'accompagnait.
l. Voir pièces à Tapj^