Mars
paient toujours leur couvent. Depuis la dernière émeute, une sorte de neutralité s'était pourtant établie. La présence des compagnies de volontaires mit fin à ce calme relatif.
Cette fois, Bonaparte avait des homnres solides et dévoués, des cadres bien constitués, des armes et des munitions. Il se croyait en droit d'espérer le succès. Son plan était prêt. Joseph Bonaparte et Fesch eurent mission de préparer le conflit en réclamant de la municipalité l'exécution des décrets de l'Assemblée relatifs au clergé. Deux jours après, les gardes nationaux occupaient le couvent des Capucins et le poste qui l'avoisine.
Ajaccio' n'était pas alors la coquette petite capitale, étendant en toute liberté, au bord de la mer, son gracieux ruban de villas et de jardins. Elle formait un groupe compacte de maisons resserrées entre les murs d'une enceinte continue. Quelques ruelles étroites, trois grandes artères aboutissant au fort, mie seule entrée située à l'extrémité nord-est, voilà la ville. Au dehors, deux vastes établissements : au nord-ouest , Saint-François ; au nord-est , les Capucins ; entre les deux, une fontaine, voilà les faubourgs. En occupant donc les Capucins et la porte d'entrée, on empêchait toute communication avec la ville.
C'était ce que Bonaparte, avec son instinct des choses de la guerre, avait parfaitement compris. Le reste de sa petite combinaison politique n'était pas moins bien agencé. Dans l'état d'hostilité où se trouvaient les deux partis en présence, la municipalité essayait de maintenir l'équilibre, de même que