‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 71 sur 190 · Lettre de Paoli à Pache^ janvier · texte numérisé non relu

Lettre de Paoli à Pache^ janvier

2. Peraldi à Pache (6 janvier 1793). — Arena à Pache (4 «t 14 janvier). — Mss. Archives de la guerre.

lais fut tué ; ses camarades n'eurent que Je temps de se sauver^. AGalvi, la présence des deux Arena deviDt la cause d'un scandale autrement grave. Barthélémy, en qualité de commissaire du gouvernement, parlait en maître. Joseph, Texilé de la veille, prétendait traverser Tîle, à la tête de ses hommes. C'était méconnaître l'autorité de celui dont on avait imploré la bonté quelques mois auparavant. Du moins Paoli le comprit ainsi. Il menaça de faire arrêter le premier qui s'aventurerait en armes sur la route de Gorté. Les esprits s'échauffèrent. Un nouveau conflit fut sur le point d'éclater. La prudence du maréchal de camp^ Dhiller y mit fin. Les troupes eurent l'ordre de retourner abord. Le 21 janvier, la flottille était à Ajaccio; le 25, elle en repartait avec Casablanca, chargé du commandement des troupes de débarquement*. Mais, jusqu'au dernier moment, tout semblait vouloir aller à rencontre de la réalisation de l'entreprise. A peine en pleine mer, un coup de vent d'une violence extrême vint disperser les bâtiments. Une partie^ d'entre eux put seule rejoindre le contre-amiral Truguet. On était au 3 février. Que de temps perdu ! Pourtant les débuts de l'expédition avaient été heureux. A Naples, La Touche-Tréville avait embossé ses vaisseaux devant les fenêtres mêmes du palais du roi. Celui-ci effrayé avait tout accordé, réparations

1. De Bastia, le commissaire des guerres Fadart écrivait à Paoli : « Nous touchons aujourd'hui aux événements les plus- « sinistres. Nous manquons de pain dans toute la ville. » — Âf ss. Archives de la guerre.

2. Barthélémy Arena disait de Casablanca : « Officier pa- « triote qui réunit au couragre la prudence et la fermeté né- « cessaires pour conduire cette année. » — Mss. Archives de la. « g'j'ïrre.

et promesse de neutralité. Le commandant Bourdon* Gramont de Légard s'était emparé, le 12 janvier de nie Saint-Pierre, de Garlefort, et des forts Sainte- Catherine et Saint-Gharles. Il y avait laissé un détachement du vingt-sixième d'infanterie. Le 27, Truguet avait bombardé Gagliari, et fait sauter un magasin à poudre; mais que faire, sans convoi, sans transports et sans troupes? Lorsque Gasabianca et Arena arrivèrent avec ce qu'ils avaient pu rallier de la flottille, tout était déjà bien compromis. Les hommes se montraient mécontents de ces retards inattendus. Les vivres manquaient ; le temps pressait. Il fallait néanmoins agir. On se décida à débarquer à hauteur de la Tour des Espagnols, le 14 février au matin. Les troupes qui coopérèrent à ce mouvement se composaient de trbis cent cinq hommes du vingt-sixième S de trois cent cinq du cinquante-deuxième ^, de sept cent quatre-vingt-dix du quarante-deuxième* et de deux mille six cents gardes nationaux, le tout sous les ordres du maréchal de camp Gasabianca. L'objectif

était une sorte de tour nommée Saint-Elie, d'où l'on dominait Gagliari. Pour l'atteindre, il fallait enlever une série de hauteurs peu élevées, défendues par quelques dragons et par des paysans. On comptait alors, la flotte aidant, s'emparer aisément du fort.

Aussitôt débarqué, en efi'et, Gasabianca se mettait en mouvement, délogeait les rares adversaires qu'il avait devant lui et gagnait les crêtes en vue. On se trouvait à proximité de Saint-Élie. Il était quatre heures du

Page 1