‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 72 sur 190 · Colonel Laissac · texte numérisé non relu

Colonel Laissac

soir; on avait donc tout le temps pour prendre le réduit. On n'en fît rien. On remit Tattaque au lendemain ; ce fut une faute. Pendant la nuit, il y eut panique, mais une panique folle. Les troupes tirèrent les unes sur les autres. Trois officiers furent tués, en voulant arrêter le désordre. Quand le jour parut, le cantonnement ressemblait à un champ de bataille. Les volontaires s'étaient sauvés du côté des vaisseaux. Tout le monde voulait retourner à bord. On empêchait les vivres d'arriver à terre. Sur ce, le temps tourna à l'orage; le reste de la journée et la nuit se passèrent dans l'eau. Furieux^ les gardes nationaux ne parlaient de rien moins que de se rendre prisonniers à Gagliari. On dut les rembarquer au plus vite . « Ma plume se « refuse à vous tracer nos malheurs, écrit Truguet. « Le croiriez-vous ? L'armée française, frappée d'une « terreur panique et s'étant fusillée entre elle, a pris la « fuite, sans combattre, sans voir l'ennemi, et rêve- « nant avec désordre au point où elle avait débarqué, « m'a fait penser de la rembarquer tout de suite. Elle « n'a point été poursuivie, elle n'est point attaquée où « elle est, et cependant, elle s'obstine à mourir de faim « sur le rivage...^ »

A la suite de ce pénible incident, les fameux bataillons du Midi furent ramenés au golfe Jouan . « Ce « sont des enfants de treize à quatorze ans, ajoute « Gasabianca. Ils n'ont jamais fait la guerre. On n'a « du reste, ni cartouches, ni vivres, ni argent ^ » « Il est important de ne pas confondre tous les

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