‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 87 sur 190 · Destitué le 1" juin 1793, réintégré le 24 juillet · texte numérisé non relu

Destitué le 1" juin 1793, réintégré le 24 juillet

2C1 BONAPARTE EN COKSE.

« que Ton ne jugeât que par sa conciancc, cenx qui étaient « dans sa familiarité et qui étaient un peu clairvoyants « s aperçurent dès lors des projets de Paoli; il ne dissimula « plus lors de la crise du mois d'août, il croyait la France « xierdu et il se préparait à leur donner aussi un coup de « pied, mais les victoires de Demourier et le brevet de « lieu tenant- général commandant en Corse que le Pouu voir exécutif lui donna ralentirent ses mouvement, il « recula pour mieux sauter. Commandant de toutes les a troupes, il fit sortir des forteresses maritimes les troupes « de ligne eiyplacea les gardes nationales corse dont il « crut être le plus sûr, il créa de son chef quatre compa- « papules dont il nomma lui-même les officiers parmis « ceux qui avaient perdu leur père dans la geure de i 768 « contre la France et qui dès lors selon lusage et les meurs « des insulaires avaient une vengence a exercer contre les « français. L'on vint à former l'administration du dépar- « tement, il fit faire posso di borgo procureur sindic. Cet « homme a quelques talents et beaucoup d'activité, mais « aucun crédit dans son pays où il est aussi bien connu c< par sa vénalité que par la mauvaise conduite gu» atenu « a là Législative où il était député. C'était l'homme qu'il « faloit pour Paoli et dont il n'avait rien à craindre, Paoli a employa la force pour le faire réussir, car les patriotes « ne voulaient point d'un homme tarré le reste du dépar- « tement fut composé d'ignar eiifin de pouvoir mieux les

conduire.

« Paoli se trouva alors avoir à sa disposition les places u fortes et tous les moyens militaires, le département et « la gendarmerie commandé par son neveu Léo7iettii il lui « niauquait encore cependant d'avoir la caisse militaire à « Corté et un payeur à sa disposition il eu TelTronterie de « faire suspendre par le département le payeur Arena et « d'y faire substituer une de ses créatures. Cette démarche « aida beaucoup a déceler à Paris ses projets criminels, «i La Trésorerie se resentit et le Conseil exécutif repri-

aNNSB 1799. 365

« manda le gouvernement, mais le payeur n'en fut pas I' moins persécuté et la caisse n'en fut pas moins à Corlé « de manière que dans ce moment-ci ils ont retenu cinq <' cent mille livres qui leur servent à leur révolte.

« L'expédition de Sardaigne arriva dans cet viterval^ « Paoli fut avertit de préparer quatre mille Corses et « Simonville vint chargé de l'en prévenir, ce moment fut « très-critique pour lui, il sentait qu'il devait se bien « cacher et il craignait d*être déjà découvert ce qui lui eût « été fatal dans un moment ou la République avait une « escadre considérable et était victorieuse de tous ses « ennemis il eu cependant l'adresse de se montrer tout « disposé et d'empêcher les Corses d'aller en Sardaigne « tout comme il les avait empêché de se porter à l'armée c du Midi, il ne vouioit point que les Corses se francissoient « et puis il ne vouioit point s'affaiblir.

« Pour couvrir toutes ces menées Paoli ne manquait « point de prétexte, mais craignant d'être pénétré il disait « souvent à ceux de ses amis qu'il redoutait : il est vraiqTie « je cherche à rejidre les Corses maîtres de toutes les forteresses, « U est vrai que je désire qu'ils ne soldent plus de leurs « foyers, mais la raison est simple, c'est qu'il faut nous tenir « prompts, enfin qu'en cas d'une contre -révolution nous puis- « sions tenir ferme et offrir un asile à la Montagne de « V Assemblée.

a Dans ses moments d'impatience l'on l'a souvent < attendu se plaindre de la fureur qu'avaient les Corses de « se rendre aux armées et particulièrement à Cagliari, faire • la guerre, disait-il, à notre plus cher allié au seul roi qui « nous a donné des secours dans le temps de malheur de la « Corse,

« Depuis la déclaration de geurre à l'Angleterre tout le « monde fut frappé de l'affectation qu'il metoit à louer la « générosité, la bonté, les vertus, la puissance et les « richesses de la nation Anglaises, Ses projets à cet « époque était en evidance et toutes les personnes qui lui

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