‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 88 sur 190 · II · texte numérisé non relu

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« était attaché mais qui préférait la patrie a lui cowimewçati « à s'en éloigner, ils avaient perdu l'opinion de sa vertu « pour ne voir ec lui qu'un traître car aucune traison n n'est aussi hodimse que la sienne, il plonge sa patrie « dans une geurre civile, il la sustrait à l'association de « la France qui peut seul faire son bonheur il abuse d'une « manière révoltante de la confiance de la République à « qui il fait la geurre avec ses propres armes, avec ses

« propres deniers tant de perfidie entre-^n/ donc dans

fc le cœur humain! Ehl qv£l fatale ambition égare uq « vieillard de soixante-huit ans?... Mais c'est que Paoli a « sur la phisionomie la bonté et la duceur, et la haine et « la vengence dans le cœur, il a Vondon du sentiment dans « les yeux et le fiel dans l'âme, point de caractère ni de « force. 11 est sans courage »

Puis l'auteur du mémoire terminait, en indiquant les moyens susceptibles de rétablir promptement l'autorité française.

¥. Si l'on envoyait cinq mille hommes avec quelques « bâtiments de geurre Pax>li serait contraint de se retirer.

rt L'on commencerait pour s'emparer d'Ajaccio, le port « le^lus intéressant pour la République, maître d'Ajaccio^ « nous les serions de l'intérieur ayant déjà les trois autres « ports. Au pis aller l'on laisserait 'Paoli dans la montagne <( où il ne serait d'aucune importance et où il ne tarderait « point à être batus par le peuple môme, d'aillieur s'il n'aura « pas le port d'Ajaccio il ne sera d'aucune importance « aux yeux d'une puissance maritime.

« Trois bâtiment de ligne sont nécessaires pour en im- <c poser à Ajaccio parles moyens desquelles l'on sera dam « le cas de ne pas tirer un coup de fusil. Ces trois bâti- « ments n'auront rien à craindre des Espagnols puisqu'ils te auront Calvi, Saint-Florent pour refuge.

« Quelle est la proportion des différentes factioûs ?

« Le parti des indépendants absolument dévoué à Paoli « est très-petit mais il devient nombreux en s*a11iant aux « aristocrates, celui de la République serait cependant le « plus fort sans le grand nombre de prisonniers, sans la « tactique de Paoli, il caresse, il menace, il brûle, il per- 0 met le pillage, dans le même temps il persuade que les « commissaires sont abandones de la France, qu'ils ne « recevront aucun secours que la Convention a changé « d'esprit en tous cas il assure que la France est perdu « que bientôt il aura du secours de l'Angleterre. Dans « tant d'idées parmis tant de perspective différente, le bon se « trouble et gémit, le douteux devient mauvais; daillieur « l'esprit d'activité, d'inquiétude, naturel aux Corses s'en « mêle il faut être d'un parti, autant vaut-il être de celui « qui triomphe, de celui qui dévaste, pille, brûle, dans « l'alternative il vaut mieu être mangeur que mangé.

« Il en sera differament lorsque l'on vaira une force, a les bons viendront se joindre le douteux avec lui et le « mauvais en finira ou oposera un effort inutil .

(( Paoli a soixante-huit ans, il n'a jamais eu l'humeur (( geunière, il monte difficilement à cheval.

« Leonetti son neveux n'a ni courage, ni esprit, ni « réputation.

a Posso di Borgo a quelque esprit mais....

« Collonna le constituant n'est militaire que par son « extérieur.

« Paoli se trouve sans aucun officier tous les Corses « qui avaient quelques connoissances militaires ou poli- « tiques ou administratives Ion abandonné. Le moment « de le battre est ce mois-ci et le prochain, parsque c'est « celui de la récolte. »

Or, le rédacteur de cet étrange factum n'était autre qu'un enfant d'Ajaccio, le capitaine d'artillerie

Bonaparte*, Fauteur de tant d'adresses de dévoûment au chef corse, celui qui, un mois auparavant, écrivait à la Convention : « Paoli, s'il est bien connu, sera le « patriarche de la liberté, le précurseur de la Répu- « blique française ; ainsi pensera la postérité, ainsi « le croit le peuple. Rendez-vous à ma voix, faites « taire la calomnie et les hommes profondément per- « vers qui remploient. Représentants!... nous lui de- « vous tout, jusqu'au bonheur d'être République fran- « çaise. »

Il était dans la destinée de cet homme de violer tous ses serments et de trahir tous ses amis.

A la Convention, les événements survenus en Corse produisirent un effet désastreux. Les deux braves délégués Constantin! et Ferrandi en restèrent confondus. « Nous avons, écrivent-ils, appris avec la plus vive « douleur et la consternation la plus profonde, la « nouvelle de la tentative faite sur Ajaccio...

« Le récit que vient de nous faire le citoyen Lacroix, « député membre du Comité de Salut public, nous « glace d'effroi ^..»

Était-ce à dire que tout le monde, dans le Conseil exécutif et parmi les autorités militaires, partageât les sentiments haineux de Bonaparte ? Non ; même à ce moment, d'honnêtes gens protestèrent hautement

1. Mémoire pour la Convention^ juin 1793, par Bonaparle, capitaine au 4* régiment d'artillerie. — Mss. Archives de la guerre. — Voir aux pièces à l'appui. — Ce Mémoire a été signalé à l'Académie des Sciences morales et politiques par M. Blanqui, en 1838.

2. Mss. Archives de la guerre. — Mémoire de Constantini. — 16 et 22 juin 1793.

contre les causes de ce déplorable malentendu. Dès le 8 juin, le nouveau commandant de la vingt-troisième disûsion, le général Saint-Martin, écrivait de Bastia au ministre^ : « Le pavillon national est resté arboré « à Ajaccio. Le maire a fait prêter serment à ces rer « belles d'être Français libres et de mourir républi- « cains. On ne peut expliquer une telle inconséquence « que par une résistance qui s'adresse personnellece ment aux représentants. » Le 15, il ajoutait : « Tout « ce qui émane de l'intérieur de cette île déclare tou- « jours vouloir être et se maintenir Français républi- « cain...

« Mon opinion est que si Ton préférait prendre des « mesures de conciliation, elles auraient un entier « succès. La pacification des troubles qui se sont mani- « festés ne tient pas à des points difficiles. Il suffirait « seulement d'écaf^ter les sujets de l'injuste et aveugle V prévention qui a séparé les habitants de fintérieur det « représentants délégués dans cette île, » Le 26, il revenait encore à la charge : « Mon devoir çxige que je « dise mon opinion. Si, comme je le présume, il pa- « raît préférable d'employer la voie de la conciliait lion, je pense et je suis persuadé que, lorsque les « commissions et les premières places militaires ne « seront déléguées dans ce pays-ci qu'à des Français « du continent, à l'exclusion de tout Corse, les diffi- « cultes disparaîtront et les afi'aires seront aussitôt « terminées au gré des intérêts de la République... »

Cette manière de voir était également celle d'un homme de grand sens, le représentant du peuple Lacombe Saint-Michel. Dans ses lettres au Comité de

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