‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 90 sur 190 · L'ARMÉE FRANÇAISE AU MOIS DE JUILLET · texte numérisé non relu

L'ARMÉE FRANÇAISE AU MOIS DE JUILLET

La famille Bonaparte à Toulon, le 13 juin 1793. — Sa situation précaire. •— Son installation à La Valette — Secours de la GonTention. — Départ de Bonaparte pour son régiment. — Son arrivée à Nice, 23 juin 1793.

État précaire de la France à cette date. — L'invasion. — La guerre civile. — Efforts de la Convention. — Réorganisation du système militaire. — Gréalion d'an comité de guerre et d'armes, 2 octobre 1792. — Première réforme da ministère et des bureaux, 2 février.— Remplaeement de Pache par M. de Beurnon ville. — Projets de Dubois de Grancé. — Son rapport snr la situation et la constitution de l'armée. — Les armées, les brigades, les d'Miiibrigades et les états-majors. — L'avancement. — Le recmtement. — Premier décret d'appel dn 20 février. — Deuxième décret du 20 mai. — Troisième décret obligatoire du 16 août.

La direction. — Création d'un Comité de défense et de Salut public, 26 man 1793. — Il est trop nombreux. — Il est réduit à neuf membres, 6 avril. — Ses pouvoirs. — Suppression des ministères et du Conseil exécutif. — Les douze commissions executives.

Vue d'ensemble sur le système adopté par la Convention. — Ses avantages. — Sa nécessité. — Exécution du travail au Comité de Salut public et dans les bureaux des commissions. — Le dépôt général des armées de terre et de mer. — Merveilleux rapport de Galon.

Défectuosités da système. — Causes de sa popularité et des haine& qu'il soulève. — Dictature militaire ou dictature législative. — Obligation de prévoir à l'avance une éventualité de cette nature. — Hommes de paix et hommes de guerre. — YoxpopuU, vox Dei. — Fautes des Girondins. — Mobilisation de la Constitution.

Résultats militaires obtenus par le Comité. — Le salpêtre, la poudre, les armes blanches, lés canons, les équipements, le télégraphe, les aérostats. — Kôle des représentants du peuple en mission.— Opinion des officiers Gay Je Vemon et baron Poition. — RétAblissement de la vraie discipline. — Opinion de M. de Sybel. — Sept cent mille hommes sous les drapeaux.

Étade des causes des succès de Tannée française. — Situation des armées

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eoali8âei. — Prussiens. — Autrichiens. — Espagnols. — Piémoilais. — Anglais.— Excès des déserteurs français. — lis sont répudiés par tout le inonde. — Transformation sociale de l'Europe et des armées. — L'évolution. — La prise de la Bastille, date précise de l'éTolution. — Apparition des nationalités et des nations armées. — Opinion conforme de M. de Mercy- Argenteaa et de Fellenc en 1792 et 1793. Influenee exercée par les armées françaises. — Leur attitude. — Respecte imitié qu'elles inspirent à leurs adversaires.

A Toulon, tous les Bonaparte se trouvère» réunis. « J'arrive dans cet instant avec ma famille^ « écrit Joseph, le 13 juin 1793 ; Paoli a finalement « arboré Tétendard de la révolte; j'ai été plus long- « temps sa dupe que vous; j'en suis puni; j'ai fini « par être sa victime. Il y avait deux mille paysans « armés. Ma famille a été poursuivie. Ma maison, « celle de Multedo , ont été pillées , saccagées et « brûlées. De Calvi où nous nous sommes réfu- « giés d'abord, nous sommes venus ici^ » Mais, dans quel dénuement ? Leur fuite d'Ajaccio avait été trop précipitée pour leur permettre d'emporter quoi que ce fût. En débarquant, ils comptaient, il est vrai, gagner soit Marseille, soit Aix. Ils y avaient des amis et des relations. Ils durent renoncer à ce projet. L'état d'insurrection de cette partie de la France en rendait la réalisation impossible. Provisoirement, ils s'installèrent aux portes de Toulon, dans

1. Celte lettre de Joseph était probablement adressée à l'un des membres de la famille Isoard. Mss. appartenant à la comtesse de Brady.

Pour cette partie de l'histoire de Bonaparte et de sa famille, il faut procéder avec beaucoup de prudence. Les lacunes abondent. Les archives du Midi ne possèdent que de rares papiers relatifs à leur passage dans cette région de la France. H en subsiste pourtant assez pour reconstituer tout au moins les principales phases de cette période agitée de leur existence.

le petit village de La Valette, La vie y était moin» chère. Ils pouvaient se contenter des secours délivrés par la municipalité, en attendant que la Convention eût statué sur leur sort et sur celui de leurs compatriotes. Le 11 juillet, en efiPet, sur la proposition de Jean Bon Saint-André et de Gollot d'Herbois, une première somme de six cent mille livres fut mise à la disposition du ministre de l'intérieur, pour venir en aide aux plus nécessiteux d'entre les réfugiés corses- Dès la fin d'août, la répartition des fonds alloués en leur faveur se faisait de façon régulière, à raison de soixante-quinze livres par mois pour les femmes et les vieillards, et de quarante-cinq livres pour les enfants au-dessous de quinze cms. Une première mise décent cinquante livres fut en outre accordée à chacun des titulaires^ C'était plus qu'il n'en fallait pour parer aux premiers besoins.

Des jeunes gens, la Convention ne se préoccupait pas. Elle leur donnait une simple gratification de vingtcinq livres. Tout le monde étant réquisitionné pour le service militaire, il était naturel que les Corses en âge de prendre les armes s'engageassent pour défendre leur patrie d'adoption. La plupart des expatriés prirent ce parti. Les frères de Bonaparte, nous le verrons, eurent soin de ne pas imiter cet exemple. Tous demandèrent à entrer dans l'administration de Tannée.

Pour Bonaparte, il ne se trouvait pas à Toulon

1. Le décret additionnel est du 14 août. Un autre décret du 25 fructidor an III prescrivit que les réfugiés corses recevraient provisoirement un secours double de celui qui leur était accordé par la loi du 27 vendémiaire précédent, en suivant les proportions du sexe, de Tenfance et de Tàge.

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