‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 98 sur 190 · octobre 1793. MS&. Arcbives nationales · texte numérisé non relu

octobre 1793. MS&. Arcbives nationales

avoir pris des poulets dans \ine ferme. Traduit devant le conseil de guerre, il est condamné à mort. Son père, l'ami du généra), implore sa grâce. « 1j €< sera fusillé le premier, en raison de notio vi^Uld €< amitié, » répond Méquillet. « La discipline la ^lus « sévère ne cessa de régner, a dit M, de Sybel. L'orga- « nisation du nouveau gouvernement fut abandonnée « aux patriotes et la propriété publique fut scrupu- « leusement respectée. » C'était vrai ; mais , c'est surtout pour le recrutement que le résultat obtenu fat merveilleux. Nous avons eu l'occasion de constater les tristes effectifs de 1791 et 1792. A la fin de 1793, l'armée comptait 642.101 hommes sous les armes. Au mois de juin 1794, le chiffre était de 732.000 ^

Cet effort était nécessaire. Trois cent mille étrangers étaient à la frontière; les flottes anglaise, hollandaise, espagnole et napolitaine bloquaient nos ports, attaquaient nos colonies. Trente mille déserteurs, et émigrés, éparpillés autour de la France, préparaient et entretenaient la guerre civile.

Gomment la France a-t-elle résisté? Gomment ces volontaires si décriés, ces malheureux, destinés à fuir devant la première troupe venue, ont-ils pu vaincre? Le dilemme est entier. Avant la Révolution, l'armée prussienne passait pour la première de l'Europe. Tout le monde, Français, Autrichiens, Saxons et Hessois en copiaient servilement les rouages. G'était l'épanouissement de la vieille machine militaire dans toute sa beauté. En France surtout,

1. RappoH sur les moyens employés pour recruter Formée française^ publié p^r ordre duroi, en 18I&.-

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au lendemain du désastre de Rosbach, la manie d'imitation avait été extrême. D'où provenait donc cet effondrement subit? Voilà ce que les patriotes historiens français, les écrivains si acharnés après nos gloires, n'ont pas cherché à expliquer.

Étaient-ce les débris de l'ancienne armée, qui nous avaient permis de faire face à l'ennemi? Voyons. A la fin de l'année 1791 , il ne restait pas cent mille hommes de l'organisation précédente. D'ailleurs, sur ce nombre, combien se trouvaient présents au feu, au début de la campagne? Les régiments étant à deux bataillons, un seul avait été envoyé à la frontière. C'était déjà la moitié de Tefifectif à éliminer; qu'on retranche également les non- valeur s, c'est-à-dire, ceux maintenus dans les positions sédentaires, et ils étaient nombreux, et l'on est en droit d'affirmer qu'à l'heure de la déclaration de guerre, il n'y avait pas quarante mille hommes de vieilles troupes en face de l'ennemi, de Dunkerque à Nice.

Les cadres avaient fait comme les hommes. Ils avaient disparu. Ceux possédant des grades élevés, nous savons ce qu'ils étaient devenus. La plupart avaient déserté, afin d'indiquer à l'étranger la méthode la plus sûre et le chemin le plus court pour envahir la France. En un mot, de 1791 à juillet 1793, cinq. cent quatre-vingt-treize généraux, le chiffre est officiel, avaient été renplacés\ Dans les régiments les mêmes mouvements s'étaient produits. Prenons un exemple, le deuxième régiment d'artillerie, celui où Bonaparte a été chef de bataillon. Des quatre-vingts officiers qui s'y trouvaient en

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