‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 99 sur 190 · I. Mss. Archives nationales · texte numérisé non relu

I. Mss. Archives nationales

u. tî

au âTAT DE L*ARM]£e PRA.NÇAISE.

janvier 1792, il n'en restait plus que quatorze en 1793*. Dans le régiment de la Père, le même fait se présente. L'armée nouvelle avait donc absorbé Tarmée ancienne et, dans les sept cent mille présents de juin 1794, il eût été malaisé de retrouver beaucoup de soldats ayant appartenu aux régiments du roi.

A quoi donc attribuer la cause des insuccès des armées que la France avait alors l'honneur de combattre? Est-ce à rincurie des armées étrangères?

L'armée prussienne se recrutait par enrôlements volontaires et par réquisition territoriale. Très manœuvrière, commandée par des officiers exclusivement nobles, vivant de sa gloire passée et croyant à rimmuabilité du succès, elle servait de modèle aux machines militaires alors en usage. Celle de l'Autriche lui était inférieure, bien que le corps d'officiers y fût honorable, brave et instruit autant qu'il le pouvait être. Mais les enrôlements volontaires en temps de paix, les origines diverses des contingents, les idiomes différents en usage dans les corps, les méthodes routinières adoptées et la rigueur des châtiments, donnaient à ces forces un caractère éminemment disparate. Le matériel d'ailleurs y était mauvais, surtout au point de vue de l'artillerie. On n'employait alors pour l'infanterie que des pièces de trois. Saxons et Hessois s'étaient modelés sur les Prussiens. Les Bavarois, Wurtembergeois et Badois n'avaient que des embryons d'armée, agencés en vue de la parade. Les Hanovriens étaient de simples mercenaires à la solde de l'Angleterre. Ainsi, recrutement mauvais, mobilisation non assurée, matériel défectueux, cadres dé-

Page 1