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Photo de M. P. Dupuch.

La Maison Carrée, à Arlac.

Acquart et des praticiens moins connus comme Basset, Combes, Demontreuil, Mercier, Bonino etQueva. Il faut chérir ces noms puisque c'est eux qui ont créé ce que nous admirons ; ces pierres parlantes, ces lambris fleuris qui, à Bordeaux, se rencontrent à chaque pas.

Son œuvre terminée, Louis partit sans un remerciement, sans même avoir pu toucher les 45 à 50.000 livres d'honoraires qui lui étaient dus.

Le 6 juin 1780, il écrivait à M. Dupré de Saint-Maur : « Croiriezvous, Monsieur, qu'ils ne m'ont pas dit un mot, pas un seul mot, sur l'ouvrage important que je viens de faire dans leur ville ? J'espère, et c'est

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ce qui me console, que le temps m'en fera raison et que la postérité et les honnêtes gens m'en dédommageront.

« La vo}Te publique est pour que je donne les projets de l'Hôtel-de-Ville de cette capitale ; mais j'ose bien vous attester, Monsieur, qu'à moins que MM. les Intendants so3^ent à la tête de telle ou telle affaire, je ne donnerais pas un seul coup de cra}ron ; les artistes aiment qu'on sache les apprécier, et ce ne sont que les personnes instruites qui aiment et

Plioto (le M. Amtinann.

Maison Labottière, rue David-Johnston.

encouragent les arts. Je ne serai jamais plus heureux que quand je me trouverai sous votre direction. »

Malgré les soucis et les responsabilités qu'entraînait la construction du Grand Théâtre, les voyages et les pertes de temps, Louis avait encore trouvé le moyen d'étudier et d'élever à Bordeaux et aux environs plusieurs importantes demeures. Parmi celles qui sont bien authentiquement de lui, — car toute intéressante construction est aujourd'hui attribuée à Louis — il faut citer, dans Bordeaux : le grand et le petit hôtel Saige, cours de l'Intendance et cours du Chapeau-Rouge, l'hôtel Legrix de la Salle, contigu aux précédents, les maisons Fonfrède et La Molère aux deux angles de la place Richelieu, la maison du comte de Roly, sur

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la place de la Comédie, l'hôtel Gobineau, à l'angle des allées de Tourny, l'hôtel de Nairac, cours du Jardin-Public, à l'angle de la rue Hustin. Il donna aussi le dessin des nouvelles grilles de la porte du Chapeau- Rouge, celles de Gabriel ayant disparu par suite de la création de la place

l'iiuto Schiuhl.

Maison Labottière, côté du parc.

Richelieu, et restaura l'hôtel de Roly, rue Mautrec. Certains attribuent aussi à Louis un gracieux pavillon de la rue Saint-Laurent ; d'autres assurent qu'il l'habita simplement. Ces deux affirmations sont peut-être fantaisistes, mais le pavillon est charmant.

Toutes les constructions de ville, de Victor Louis, valent par la distinction de l'ensemble, la pureté des lignes, l'harmonie des proportions. La décoration des façades, délicate, mais extrêmement sobre, se réduit à quel-

ques minces saillies pour indiquer un pavillon central et à de fines moulurations, soulignant la régularité des nus. Les allèges se colorent d'arabesques plus graphiques que modelées. Mais où Louis affirmait ses qualités de metteur en scène, c'était dans le parti tiré du terrain pour obtenir une perspective monumentale, ainsi, aux hôtels Legrix et Saige, dans l'ordonnance des escaliers solennels et des vestibules, toujours grandioses ou, du moins, illusionnant sur leurs dimensions (hôtel Saige). Jamais à court de moyens, il devait montrer une autre face de son ingéniosité dans la construction si admirée de l'escalier en spirale de l'hôtel Fonfrède au sujet duquel Bernadau conte cette anecdote : « Un étranger, qui l'avait visité, désirait écrire au propriétaire. Comme il voulait le distinguer des autres négociants qui portaient le même nom, et qu'il ne se rappelait pas le nom de la rue qu'il habitait, il mit bonnement sur l'adresse de sa lettre : A M. Fonfrède, sur son bel escalier, à Bordeaux. »

Moins gêné parla distribution du terrain, le souci de constituer des ensembles, de créer pour ainsi dire des modèles que d'autres imiteraient peut-être et qui donneraient à Bordeaux un caractère architectural particulier, Louis donna davantage libre cours à sa fantaisie dans les constructions qu'il fut appelé à édifier hors de la ville. L'une des plus justement renommées est le château du banquier Peixotto, à Talence. « Le logis principal, dit M. Marionneau, construit en chartreuse, présente une double façade; celle du midi est décorée d'un porche ionique composé de quatre colonnes soutenant un fronton semi-circulaire, qui avait, au centre, des armoiries mutilées en 1793. Sur les côtés de ce péristyle se développent deux ailes terminées par des pavillons ; le tout est couronné d'une large corniche et d'une galerie à balustres dérobant la vue des toitures. Au milieu de la façade nord se présente, en saillie, une demi-rotonde percée de trois portes avec impostes cintrées et donnant accès sur un perron. Entre la corniche et l'extrados des arcades est une élégante ornementation de sculpture composée de médaillons soutenus par des guirlandes de fleurs et de feuillages. Nous n'omettons pas de signaler encore la fenêtre, d'un arrangement très heureux, placée au centre de la façade ouest.

« A l'intérieur, il n'y avait, à l'origine, que des pièces de réceptions ; le grand salon de forme ellipsoïdale donnant sur le parc, est décoré de lambris avec panneau, de pilastres et de trophées dans les attiques, composés des attributs symbolisant la Pêche, la Chasse, l'Agriculture, l'Industrie, le Commerce, les Sciences et les Beaux-Arts ; l'ensemble est

surmonté d'une large voussure dans laquelle se déroulent de gracieux rinceaux. Toutes ces sculptures, faites sur pierre, sont d'une grande habileté et d'un effet très mouvementé, dû à la liberté fort irrégulière du tracé des panneaux et de leurs ornements. »

Mais les choses ont bien changé depuis la description deCh. Marionneau. Le propriétaire actuel a cru pouvoir surélever d'un étage l'œuvre de

Hôtel de Poissac, aujourd'hui Guestier, cours d'Albret.

Louis et le caractère en est profondément modifié. Seul, un gracieux pavillon placé à i'angle du parc, sur la route, est heureusement intact. .Mais l'activité de Louis s'étendit bien au delà. La région lui doit encore le château de Virasel (Lot-et-Garonne), le château de Bouilh, qui eût été un admirable décor si le projet de Louis avait été entièrement réalisé, et vraisemblablement les maisons Kerlivès et Beïerman, à Pons. On a, aussi, toutes les raisons de croire que le beau château de Plassac est une de ses œuvres. Enfin, il donna, de Bordeaux, les plans de l'hôtel des Intendants de Franche-Comté à Besançon, et pour l'inten-

dant Dupré-de-Saint-3Iaur, ceux du château d'Argent dans le Berry.

Pour mener à bien ces travaux il lui fallait des collaborateurs sûrs,

il les avait trouvés dans ses neveux André et Gabriel Durand. Le premier

fut appareilleur en chef du Grand Théâtre ; le second, devait se fixer à Bor-

Photo Chambon.

Maison Louis XVI, rue Sainte-Catherine, 254.

deaux où son talent fut fort apprécié. On lui doit les Galeries Bordelaises.

Louis a doté Bordeaux d'une féconde école d'architectes. Tous ceux qui s'y trouvaient alors, qu'ils fussent attachés ou non à son agence, subirent son influence. Elle fut même sensible sur Bonfin, qui était déjà une personnalité lorsque Louis vint à Bordeaux et qui semblait par son âge, ses travaux, l'Archevêché par exemple, devoir rester fidèle au style de

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J.-J. Gabriel. Bonfin , néanmoins, construisit le bel hôtel de l'Isle- Ferme, sur le Jardin Public, dans une donnée très voisine des œuvres de Louis.

Mais Lhote, mais Dufart et même Laclotte, irréductible adversaire de Louis, doivent plus encore à l'architecte du Grand-Théâtre. Lhote est l'auteur de cet hôtel Journu, cours Tourny, que Louis appelait le bijou de Bordeaux et du bel hôtel Piganeau, rue Esprit-des-Lois.

Photo Çhamboa.

Salon Louis XVI, allées de Tourny (appartement de M. Chambon).

Après avoir construit aux environs de Bordeaux d'élégantes résidences, comme la « maison carrée »de Peychotte, à Arlac, le château de Feuillaset la .Maison Lamolère, transformée depuis en observatoire, à Floirac, Dufart éleva en 1790, l'Autel de la Patrie, au Jardin Public, puis la maison Fenwick, pavé des Chartrons, que signalent ses rostres, enfin le gracieux petit Théâtre-Français, en haut des cours de l'Intendance, où il tira un parti ingénieux d'un emplacement défavorable.

Laclotte, lui, a construit entre autres immeubles ce haut pâté de maisons situé à l'angle de la rue Sainte-Catherine et du cours du Chapeau- Rouge, longtemps connu sous le nom d'Ilot Bonnaffé. Son but

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avoué, était d'écraser le Grand-Théâtre. Cependant les façades tranchent si peu avec celles de certaines maisons voisines, dues à Louis, et le cours est si large, qu'il n'a fait que réaliser le désir de celui qu'il jalousait, lequel ambitionnait d'imposer à Bordeaux une architecture personnelle.

l'holo du l' Architecte.

Maison Louis XVI, rue du Palais-Gallien, 87.

Laclotte est aussi l'architecte de l'hôtel Lalande, rue Bouffard et de l'exquise « folie » des frères Labottière, dont l'entrée est rue David- Johnnston. Les dispositions sont si parentes du château de Peixotto qu'on est toujours tenté de voir là un ouvrage de Louis.

Combes venu un peu après, avec une éducation plus académique, est l'architecte du Dépôt de Mendicité (aujourd'hui petit Séminaire), de la maison Meyer, construction néo-antique d'une grande distinction de

lignes, placée à l'extrémité des allées de Tourny, et du bel hôtel Acquart, cours de l'Intendance.

La façade d'époque empire n'impose que par ses dimensions et par sa porte d'entrée que décorent deux cariatides dues à Deschamps. Mais plus d'art se révèle à l'intérieur. L'escalier est monumental et l'étage principal où les diverses parties de la demeure antique sont appropriées

Château des frères Raba, à Talence.

aux besoins modernes, conserve deux salons, dont le plus grand est décoré d'une belle cheminée et de lambris où les fines arabesques Louis XVI voisinent avec des palmettes Empire.

Nicolas Lapon est l'auteur de la maison Brascassat, 47, cours d'Albret. A l'angle de la construction est encore gravé le nom révolutionnaire : Cours Messidor. Thiac fut élève de Louis; son fils a construit le Palais de Justice dont la colonnade a quelque grandeur.

C'est parmi ces divers architectes que peuvent être cherchés les noms des auteurs des constructions Louis XVI qui abondent à Bordeaux, notamment vers le Jardin Public, le Grand-Théâtre, et le faubourg des

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Chartrons. Au sujet de ce dernier quartier, un cicérone bordelais, Pallandre, écrivait en 1785 : « Tous les négociants étrangers et la plupart de ceux de la ville habitent ce faubourg. Les conseils des nations étrangères y demeurent aussi. » Il y avait donc là de la richesse et des gens qui désiraient la montrer. Par exemple, dans la maison qui fait arcade sur la rue Poyenne, du côté du quai, demeurait le banquier de Bethmann qui, agent consulaire d'Autriche, eut l'honneur de recevoir l'empereur Joseph II, lors de son passage à Bordeaux. MM. Lucien Pérey et Gaston Maugras, dans leur livre sur les Dernières années de Mme cCEpinay consacrent quelques pages à cette curieuse physionomie de financier à la fois fastueux et ménager de ses écus.

Les constructions élevées au temps de Louis XVI sont les unes imposantes comme celles que nous avons citées ; les autres modestes, mais ce n'est pas sur celles-ci que la décoration est le moins gracieuse. Il est de petites demeures présentant deux étages élevés sur rez-de-chaussée, éclairées de trois fenêtres à l'étage qui, par leurs heureuses proportions, la pureté de leur décoration, sont de véritables bijoux architecturaux. On citera comme telles la maison sise 79, cours d'Albret, avec son médaillon central et sa frise de chiens-courants, celle du n° 55 avec une frise qui, sous le clair soleil, apparaît délicate comme une valenciennes, le logis qui, un peu plus haut, de l'autre côté du cours, au n° 88 possède au principal étage, des motifs très semblables à ceux de l'hôlel Piganeau. C'est sur le cours d'Albret aussi, que se trouve l'hôtel Pierlot (aujourd'hui Rectorat) et l'hôtel de Poissac (Guestier) en avant duquel est l'ancienne porte de l'hôtel de Richelieu. On fera également de belles trouvailles aux Chartrons, rues Borie, Cornac, ailleurs encore. Enfin, il faut insister sur la jolie maison de pur style Louis XVI qui porte, rue du Palais-Gallien, le n° 87. Des attributs révèlent la demeure d'un négociant. Où trouver un parti mieux équilibré, plus clair, et une ornementation plus pure? La frise du rez-de-chaussée est un morceau supérieur auquel on reprocherait presque d'être, de paraître un travail de ciselure, si l'on ne savait qu'on a employé là une pierre très belle, d'un grain serré, qui a permis à l'outil du décorateur toutes les délicatesses. On peut voir aussi rue Leiteyre une maison de style Louis XVI décorée d'une série de cartouches délicats auxquels on a adjoint, avec un goût infini, des emblèmes maçonniques.

Et ces merveilles ne sont pas localisées à Bordeaux. Elles se répètent aux environs. A Mérignac, un pavillon de pur style Louis XVI mire sa mélancolie dans « de tristes eaux où meurent les soirs ». Il en est d'autres à Bacalan, à Cauderan, jusqu'à Blanquefort.

Mais c'est à Talence. au delà du château de Peixotto, que Ton peut se faire l'idée la plus complète et la plus favorable d'un séjour des champs au XVIIIe siècle. Celui dont il s'agit est luxueux et complet.

Placé au milieu d'un parc, il se compose d'un corps de logis principal à proportions de château, d'un salon de musique isolé dans la verdure, d'allées, grottes, pièces d'eau, parterres, bosquetons, boulingrins. Le tout est égayé de motifs décoratifs et de statues. Ce beau séjour fut élevé par les frères Raba, riches armateurs bordelais qui venaient ici se reposer du labeur que leur imposait leur situation commerciale. Ils y donnaient des fêtes dont on a conservé le souvenir.

Cette demeure eut naturellement à souffrir au temps de la Révolution.

Ses propriétaires furent incarcérés. Leurs méfaits étaient petits et leur fortune grande, or l'agent révolutionnaire Lacombe, était vénal. Les frères Raba payèrent et sauvèrent leur personne. Ils comptaient parmi leurs correspondants de la Martinique, la famille de la Pagerie et

connaissaient par conséquent Joséphine de Beauharnais. Quand, devenue impératrice, elle passa à Bordeaux, c'est chez eux, en leur château de Talence, qu'elle descendit. La chambre existe encore avec tous ses meubles. Puis ce fut pour la belle demeure, l'oubli, l'abandon. Mais quelqu'un survint, M. Albert Ellissen qui, avec un goût sûr, je dirai presque pieux, rétablit, aidé par son fils, Robert, la demeure de jadis dans sa primitive splendeur. Avec beaucoup de peine on retrouva les portraits, les trumeaux qui ornaient les salons autrefois, les marbres déplacés ou jetés bas et que la mousse recouvrait, et mille autres petites choses. C'est merveille, le

l'hoto de M 1'. Dupuch.

Maison Fenwick, pavé des Chartrons.

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vieux Bordeaux parcouru, de retrouver dans l'isolement de la nature, une demeure où tout, jusqu'aux moindres bibelots, rappelle le passé. Cependant la distribution ancienne, vaste, toute d'apparat, mais peu commode, ne répondait pas aux exigences modernes. Au lieu d'ajouter ou de surélever, sans respect pour l'œuvre de Louis, comme il a été fait au château de Peixotto,MM.Ellissen,afin de parer à cet inconvénient, ont fait construire à quelques mètres un logis, bien moderne celui-là, mais complètement masqué par des arbres, invisible vraiment à celui qui veut vivre ici pendant quelques heures, l'âutrefois. Cette discrétion sera applaudie par tous les gens de goût.

Aux environs de 1780, Bordeaux avait donc acquis une physionomie d'art bien accentuée. De grandioses ensembles comme la ligne des quais et la place Royale, des monuments comme l'Archevêché et le Grand- Théâtre, une foule de constructions particulières empreintes de la grâce aisée du style Louis XV ou de la sobre élégance du style Louis XVI lui donnaient un caractère définitif. Seule une verrue demeurait inutile, inoffensive certes, mais laide : le Château-Trompette. Dès 1772, sa destruction était décidée, consentie et c'est ainsi que l'année suivante on avait pu entamer ses glacis pour construire le Grand-Théâtre. Mais le fort, ses bastions pelés, les masures qui poussent vers ces sortes d'ouvrages demeuraient. On désirait en finir, édifier sur ses ruines une belle place, un quartier bordé de nobles constructions.

Comme toujours l'argent manquait et certaines intrigues faisaient échouer les propositions avantageuses faites à la ville. Cependant un homme veilllait, accumulait projets sur projets, pour la place future.

Cet homme était Louis qui manquait à son serment de ne plus vouloir travailler jamais pour les ingrats bordelais. Il rêvait une place semicirculaire entourée de façades uniformes, décorées d'un grand ordre à pilastres, sur piédestaux, avec deux étages de baies dans l'intervalle et un troisième en attique surmontant au rez-de-chaussée un portique à arcades. Treize rues, portant selon la date du projet, les noms des treize Provinces unies d'Amérique, ou ceux de ministres français et de héros de l'Indépendance, dont La Fayette; — plus tard, sous la Révolution, des noms rappelant les grands événements du temps, — convergeaient sur cette place et débouchaient par autant d'arcades dont les arcs et leur couronnement faisaient corps avec les façades prévues, créant ainsi un décor grandiose et régulier. Au milieu aurait été élevée la statue de Louis XVI et la place se serait appelée Ludovisi. Ce projet avait eu l'approbation du

BORDEAUX SOUS LOUIS XVI in

roi. Mais il manquait à Victor Louis les appuis de jadis. Car l'intendant Dupré de Saint-Maur était parti, et mort le maréchal de Richelieu. Des architectes locaux, de leur côté, avaient des projets qu'ils défendaient. Le temps passa, la Révolution survint et ce qui restait du Château- Trompette que Ton avait commencé à démolir en 1785, demeura tel que jusqu'à la Restauration, époque à laquelle fut aménagée la place actuelle des Quinconces avec les maisons confortables mais un peu maussades qui l'entourent. De beaux arbres y prospérèrent et abritèrent sous leurs ombrages les statues de Montaigne et de Montesquieu. Les deux statues et les colonnes rostrales placées vers le quai vieillissaient paisibles, car la solitude était douce sous les ombrages des Quinconces. Mais voici qu'on a élevé tout récemment un monument colossal à la gloire des députés girondins. Il est tout blanc, surchargé de détails, tumultueux dans l'ordonnance. De ce fait les Quinconces perdent infiniment en poésie.

Photo de M. P. Dupuch.

Maison Louis XVI, cours d'Albret 79.

Hhoto Kourié.

Pierre Lacour : Vue du port de Bordeaux (Musée de Bordeaux)

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