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toutes les quatre, avaient à peu près les mêmes dimensions. Une de celles de l'entrée, la tour T (voir le plan ci-contre) (*), existe encore en partie au bout méridional de la rue Saint-James, entre le cours des Fossés et la rue Saint-Éloi. Le rez-de-chaussée en est occupé par un marchand de farine. La tour, éventrée à l'ouest, paraît au-dessus de la toiture de la maison. A cette tour est accolée une tourelle servant d'escalier : « Contre laquelle (tour) est mise la viss par laquelle l'on monte au » greffe dudict Sainct-Eliege » [Terr. Bos.].
On voit une partie de la base d'une des petites tours près de la porte de l'église Saint-Eloi, à l'intérieur.
Les deux tours A ne s'élevaient, dans leur état primitif, que d'un étage au-dessus des courtines environnantes. Leur ancien sommet est parfaitement indiqué, au milieu de la hauteur actuelle, du côté de la ville, par des corbeaux représentant des têtes humaines, et des trilobés gravés entre les corbeaux. On entrait dans le premier étage par le chemin de ronde passant sur les courtines. Des vantaux énormes fermaient la porte A. Ils roulaient sous une voûte en forme de mitre très écrasée, sur le fond de laquelle est creusée une petite niche ayant dû abriter une statuette.
En 1449, des réparations importantes furent faites à la porte Saint- Eloy : « En cette année, dit la Chronique bourdeloise [Chr. Lurb., » p. 34, v°], les grandes tours de la maison de ville, représentant les » armoyries d'icelle sont eslevées jusques au haut. » On refit alors l'arcade extérieure de la porte, et la baie sous laquelle se balance le bourdon de la ville, connu sous le nom de la Grosse- Cloche. « En 1548, » elles (les tours de la Grosse-Cloche) furent découvertes par ordre du » connétable de Montmorency; l'horloge qui étoit entre elles mis par » terre; en 1556, on les coiffa d'une nouvelle toiture; enfin, en 1757, » on leur donna les trois combles que nous leur voyons aujourd'hui » [Ms. Baur., p. 63, v0]. Deux énormes fleurs de lys, qui surmontaient les deux combles latéraux, ont été enlevées, au préjudice de l'aspect artistique du monument. Vers la même époque, on plaça l'horloge qui existe encore.
(') Ce plan est tracé à l'aide : d'un grand plau manuscrit du xvme siècle déposé aux Archives départementales, et portant le n° 23; de plans publiés par la Commission des monuments historiques de la Gironde (1846, p. 40; et 1849, p. 14), et de différents textes manuscrits.
« La figure de ces deux tours, dit Baurein [Ms., p. 62], forme les » armoiries de la ville, en y ajoutant un léopard passant, placé au-dessus, » et surmonté d'un chef semé de France. »
Sent-German : Porta ou portau Sent-German; porte Saint-Germain (13, 22). — C'était une des grandes portes du second accroissement de la ville; elle était située à l'extrémité occidentale de la rue du Burga (allées de Tourny). Le 4 octobre 1406, les jurats mirent dix-sept gardes dans la porte Saint-Germain. Le 27 juillet 1407, Raimon d'Origna fut chargé de garder les clés de cette porte : « (Los jurats) ordeneren que » Ramon d'Orinha tingos et gardes las claus deu portau Sent-German. »
„ Ces clés furent confiées, le
^ 26 juillet 1421, à Amanieu
de Monlarin [Jurade]. L'emplacement de cette porte nous est parfaitement connu; mais son aspect nous l'est moins. D'après les vues cavalières du xvne siècle; elle débouchait sous une grosse tour carrée, coiffée d'une haute
Porta Sent-German.
toiture aiguë à quatre pentes, et accostée de quatre tourelles ou échauguettes rondes. Bernadau nous dit [Viog., p. 94], qu'elle s'ouvrait au milieu de quatre tours crénelées couronnées d'une plate-forme avec guérites; le plan de la Cosmographie de Munster et celui de Vinet nous la montrent comme passant simplement sous une tour carrée; mais celui de Lattre et plusieurs plans manuscrits ne nous signalent rien de semblable ; un de ces derniers, que nous reproduisons ci-dessus, et celui que Lacour a gravé, dans le Bulletin polymathique, la représentent s'ouvrant dans le mur, à côté d'une tour semi-circulaire, semblable à celles qui flanquent le rempart voisin jusqu'à la porte Dijeaux. Un couloir, resserré entre deux espèces de corps de garde, conduit à la porte, et un bastion polygone protège la tour. L'ensemble de la porte, construite au xive siècle, se composait, croyons-nous, de deux massifs de maçonnerie supportant une tour barlongue sous laquelle passait la porte flanquée, au sud, d'une tour
semi-circulaire, le tout protég'é par une barbacane dans le genre de celle de la porte Dijeaux.
En 1553, la porte Saint-Germain était surmontée d'un moulin [Denomb.] : « Jourdan de Lespuis, au nom et comme ayant charge de » maistres Jean et Pierre Langlois, déclaire qu'ils ont la moitié de ung » moulin, dans la présente ville, sur le -povtalSainct- Germain. »
Sent-Johan : Porta Sent-Johan; porta deu Pount- Sent- Johan-, porte Saint- Jean, ou porte du Pont-Saint- Jean (7, 23). — Il est souvent fait mention de la porte Saint-Jean dans les registres des délibérations de la Jurade du commencement du xve siècle. Elle était accompagnée d'une tour placée du côté de La Roussette, c'est-à-dire au sud de la porte. Le 4 octobre 1406, les jurats ordonnèrent de mettre des gardes aux portes et dans les tours de la ville; « la torelete deu Pount- Sent-Johan, deuert la » Roceïa, » en eut neuf. Au mois de juillet 1414, les anciens jurats remettent aux nouveaux les clés des portes de la ville ; le jurât qui avait celle de la porte Saint-Pierre avait aussi celle de la porte du Pont-Saint- Jean -. « Item las claus deu portau Sent-Pey entro au Pount- Sent-Johan » inclusiue. » Le 21 avril 1416, Johan Esteue fut chargé de mettre des gardes de nuit au Pount- Sent- Jolian. Il eut, le 26 juillet 1421, la garde des clés « deu portau Sent-Johan entro au portau de Las Salineyras. »
Ici se présente une difficulté : nous voyons cette porte appelée tantôt porte Saint-Jean, tantôt porte du Pont-Saint-Jean, et ailleurs le Pont- Saint-Jean, dont on garde les clés et où l'on place des sentinelles, ce qui paraît faire trois localités différentes; nous croyons cependant que cela n'en fait qu'une; une habitude semblable s'est perpétuée jusqu'à nos jours à Bordeaux; ainsi nous disons indifféremment la porte des Salinières ou la porte Bourgogne; la porte Saint -Julien ou la porte d' Aquitaine; la place d'ARMES ou la place de I'Hôpital, etc. La porte Saint-Jean était à côté de la porte du Brisson. Dans la suite, on construisit des maisons, sur le quai, en dehors de cette porte; la vue cavalière de la Cosmographie de Munster indique cette disposition ; mais celle de Vinet nous montre une énorme barbacane devant la porte, et le texte suivant confirme le dessin de Vinet : « Pierre Forcade, tant pour lui que pour Bernard de La Ferade, » a recogneu (en 1538) desdits maire et jurats toute icelle chope et tour » en un tenant derrière le lalouard du Pont-Sainci- Johan, confrontant à » la choppe de d'une part; à la murailhe de laditte ville, d'autre part;
» à la maison de la ruhe entre deux par l'ung bout, jusques à la
» murailhe de la ville, le chemin entre deux, d'autre bout. »
Sent-Julian : Porta ou portau Sent-Julian; portale Sancti-Juliani ; porte Saint- Julien ; porte d'AQUiïAiNE (5, 18). — Cette porte faisait partie du second accroissement de la ville du côté du midi. Son plan ressemblait à celui de la porte Dijeauœ. Le couloir passait entre deux fortes tours rondes, saillantes vers la campagne, s'adossant à un fortin barlong; le tout protégé par une grande barbacane entourée d'un fossé, et dont la porte s'ouvrait à l'est près des douves de la ville. C'est ainsi que la représente Vinet, et qu'elle est dessinée dans deux plans [PL mss., nos 46 et 149]. Dans le premier de ces deux plans, les tours rondes ne sont pas tracées; mais on voit que le couloir était protégé par un pont-levis, une herse et une porte. Dans un autre plan [PL mss., n° 1009], la barbacane est pentagone, avec un angle droit en forme de bastion tourné vers la campagne. La porte de la barbacane, ouverte vers l'est, a un pont-levis et des vantaux; elle est suivie d'un couloir qui se dirige directement vers le centre de la barbacane, puis tourne brusquement à angle droit vers la ville.
Cette porte est mentionnée dès l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Arnaldus » de rua Peyros, pro viuea que est ante portale Sancti-Juliani. » Le 4 octobre 1406, les jurats ayant ordonné de mettre des gardes aux portes et aux tours de la ville, dix-neuf hommes furent chargés de garder la porte Saint-Julien, et sept « la barbacane deuert lo portau Sent-Julian » [Jurade].
Lorsqu'on distribuait aux jurats les clés des portes de la ville, celles de la porte Saint-Julien furent, à deux reprises, confiées aux premiers magistrats de la cité; ainsi, le 27 juillet 1407, c'est le maire qui fut chargé de les garder : « Mossenhor lo mager, las claus deu portau Sent- » Julian, » et le lieutenant du maire le fut le 26 juillet 1421 : « Et plus, » fo ordenat que lo loctenent tenga la clau deu portau de Sent-Julian » [Jurade].
La porte actuelle date de 1753.
Sent-Pey . Porta ou portau Sent-Pey , porta Sancti-Petri, ou de Sancto-Petro; porta Neba-de- Sent-Pey; porte Saint-Pierre (8, 22; 8, 23). — L'abbé Baurein [Ms.. p. 188, v°] nous donne les détails suivants sur la
position de cette porte : « La porte de Saint-Pierre appavtenoit, dit-il, à la première enceinte de Bordeaux, et avoit été pratiquée dans l'alignement du mur qui existe encore entce les maisons de la rue Saint-Pierre et celle des Argentiers. Cette porte étoit placée à l'extrémité de ces deux rues, dans le retour qui communique de l'une à l'autre, immédiatement après la deuxième maison en tournant de la rue Saint-Pierre vers celle des Argentiers .- Jordana de Blavia, est-il dit dans une liève
de 1356, uxor Noloti de Cornu, débet pro domo continua, sive
operatorio quod est in angulo dicte rue (Sancti-Petri). Johaunes de
Bethona, mercator Burdegale, débet pro medietate cujusdam domus
contigue, et pro alia medietate dicte domus sive operatorii, que medietas conjungitur cum muro civitatis juxta portam de Sancto-Pelro. Pour l'intelligence de cet extrait, on remarquera que l'auteur de cette liève venoit de dénombrer les maisons de son fief, situées du côté du levant de la rue de Saint-Pierre, depuis la rue Obscure.... jusques à la maison qui fait angle dans la rue de Saint-Pierre, et dans le retour de cette rue vers celle des Argentiers. Cette dernière maison appartenoit à Jordane de Blaye, épouse de Nolot de Corn. La maison suivante, divisée en deux, appartenante à Jean de Betonhe, étoit celle qui étoit contigue au mur de ville, et qui joignoit la porte de Saint-Pierre. Cette porte étoit donc placée immédiatement à côté de la seconde maison, dans le retour de la rue de Saint-Pierre, vers celle des Argentiers. Ce que l'auteur de cette liève ajoute tout de suite ne laisse aucun doute à cet égard : Postea, dît-il^ transeundo portam Sancti-Petri, et eundo per ruam que ducit, a dicta porta, versus castrum Burdegale, in altéra parte ipsius rue, que est versus occidentem, primo est domus Pétri Campanar juxta murum civitatis. Il résulte de cet extrait qu'il falloit passer par la porte de Saint-Pierre pour aller de la rue du même nom dans celle qui couduisoit au Palais, qui est incontestablement celle des Argentiers. La porte de Saint-Pierre étoit donc placée à l'extrémité et dans le retour de ces deux rues. Cette porte avoit pris son nom de l'église de Saint-Pierre, dont elle étoit voisine; elle a été démolie depuis longtemps, et on a ouvert, de nos jours, une nouvelle porte de même nom, qui a été pratiquée dans le mur d'un petit accroissement de la ville, et qui est placée au levant et à peu de distance du local de cette ancienne porte qu'il ne faut pas confondre avec la porte actuelle du même nom. » La porte dont parie l'abbé Baurein est nécessairement la même que
celle signalée par le texte suivant, de 1355 [C. de l'arch.] : « pro
» censu debito ratione operatorii quod est juxta portam civitatis ante » ecclesiam Somcti- Pétri; » mais elle n'était pas la seule existant à cette époque, et ne doit pas être non plus celle dans laquelle les jurats mirent sept gardes, le 4 octobre 1406 [Jurade]. Le mur du bord de la rivière existait depuis le commencement du xive siècle ; en quittant la porte du Calhau, il se dirigeait, vers le nord, jusqu'au ruisseau de la Devise, dont l'embouchure était protégée par la tour de Watqfel. C'est derrière cette tour, et sur la rive droite de la Devise, qu'existait la porte Saint-Pierre du moyen âge. Son ouverture était dirigée vers l'est à la suite d'un pont jeté sur la Devise. Elle est dessinée dans les vues cavalières, et signalée dans le texte suivant, datant de 1553 [Denomb.] : « Pour une maison » scittuée au-devant de la porte Neuve-de-Saint-Pierre, de Bordeaux. » En 1736, on démolit, si ce n'était déjà fait, la porte Saint-Pierre, la tour de Watqfel et le mur qui, de cette tour, se dirigeait vers l'ouest jusqu'à la rue de la Vieille- Corderie (rue Leupold); et, pour fermer la ville, on construisit, au bout septentrional de la rue du Chai-des-Farines, une porte qu'on appela : porte du CJiai-des-Farines, et, à côté de celle-ci, au milieu de la rue de là Cour-des-Aides, à l'ouest de l'entrée méridionale de la rue de la Douane, fut, en même temps bâtie une autre porte nommée, comme celle qui l'avait précédée, porte Neuve-Saint-Pierre. Cette disposition, avec légendes à l'appui, est parfaitement indiquée dans deux plans du siècle dernier [PI. mss., nos 43 et 76]. Il a existé, en conséquence, trois portes Saint-Pierre : 1° la porte romaine, située près de la porte méridionale de l'église; 2° la porte du xive siècle, près de la rue du Chai-des-Farines, et appelée porte Neuve-de- Saint-Pierre, et 3° une autre porte Neuve-Saint-Pierre, au milieu de la rue de la Cour-des-Aides, et occupant la place de la précédente.
Sent-Syphorian : Porta de Sent-Syphorian, de Sent-Sufrian, Sent- Seurian; porta Sancti-Symphoriani, Simplwriani, Syplioriani ; porte de Saint -Sympliorien, Saint- Simplwrien ; porte du Pape (11, 19). — Cette porte, qui faisait partie des murailles du xive siècle, était située à l'ouest de la ville, presque en face de la rue de Mimisan (Montméjan), et donnait issue dans le quartier Saint- Symphorien, appartenant à la paroisse Saint- Seurin. C'est ce que nous apprennent les textes suivants [C. de l'arch.] : En 1361 : « pro tribus solis contiguis juxta ulmum quod est, in
« in parrochia
» trivio, ultra portam Sancti-SimpTioHani. » En 1400 » Sancti-Severini apud Sanctum-Syphorianum. »
Baurein écrit [Var. Bord., t. III, p. 299] :« C'est cette « chapelle ( Saint -Symplio- » rien) qui avoit occasionné » la dénomination d'une » ancienne porte de ville, » pratiquée, dans le mur » d'un petit accroissement, » vers le couchant. Cette » porte qui étoit au-dessous » de la rue des Remparts » (qui a été exhaussée par » le transport des terres), » étoit construite près le » ruisseau de La Mothe, et » étoit anciennement con- )> nue sous le nom de porte » de Saint- Simphorien. Elle » étoit murée , et ne pa- » roissoit qu'en dehors des » murs de la ville. »
On la trouve quelquefois nommée porte de Sent- Seurian et Suffrian, qui ne sont que des variantes de son nom gascon SypJiorian [Inv. S^And.] : « Re- » connaissance (en 1321) » faicte au chapitre (de » Saint -André) de toute » icelle pièce de vigne, » seize à porte Dijeaux, près le portail de Sainct-Seurian. — Reconnais- « sance, en 1381, de tout icelui hostel, treille et jardrin, sciz, près le » portail de Sainct- Sufrian, dans le grand chemin qui va vers porte » Dijeaux, vers Pont-Long . — Reconnaissance (en 1401) d'une pièce
» de vigne, dans la parroisse de Sainct-Seurin, au lieu appelle à Sainct- » Seurian. »
La porte de Saint- Symphorien a été aussi appelée porte du Pape [Ant. B. et B., § 44 et 45] : « Eu la muraille de la crue de la ville, qui n'est là » qu'à cinquante ou soixante pies du vieil mur, i a une porte condamnée « et murée respondant à la rue qui passe devant lesglise de Sainct-
» Chris tqfle ou Cliristoli et quant à cete porte murée que ie di, pour
» ce que ie lai quelquefois ouï nommer porte du Pape »
Deux plans des paroisses Saint-Paul et Saini-Seurin au xvne siècle [PI. mss., n03 40 et 83], fort incorrects d'ailleurs, représentent les monuments en projection verticale; la porte Saint- Symphorien s'y voit accompagnée de légendes explicatives; dans l'une, on lit : « porte murée, » et dans l'autre : « ancienne porte de ville murée. » Elle est également mucée
dans le plan de Lattre, ainsi que dans deux autres plans du xvme siècle [PL mss., nos 44 et 119]. Ces deux derniers, dessinés à une grande échelle, nous ont servi à tracer celui qui accompagne notre notice (page 85). On y voit la tour qui est entre les portes Dijeaux et de Saint- Symphorien, et celle qui défendait le chenal par où la Devise entrait dans la ville. L'autre plan est un fac simïle d'un dessin qui se trouve dans les papiers de l'Intendance [Arch. dép.]. Il est, de tous ceux que nous avons consultés, le seul qui indique le vide de la porte; les autres y représentent un mur plein, et pourraient, en conséquence, laisser des doutes sur l'ouverture pratiquée entre les deux tours.
La barbacane, qui précédait anciennement la porte Saint- Symphorien, n'existait plus lorsque ces divers plans ont été levés.
Porta de SeDt-Syphorian.
Senta-Cr o tz-dehert-la-Ribeyr e
Ribeyrc; portail de rue du Port (2, 23). -
Porta de Senta- Crotz-debert-la- - Cette porte s'ouvrait à l'extré-
mité inférieure de la rue du Port; de là vient qu'on l'appelait quelquefois : portail de rue du Port [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance consentie par » Jean de Moyneu en faveur de l'abbé de Sainte-Croix d'une maison » scituée, en la parroisse de Sainte-Croix, devant le portail de rue du » Port, dans la grande rue de La Fusterie. » Le 4 octobre 1406, les jurats ordonnèrent de mettre cinq gardes « au portau de Sancta-Crotz- » deuert-la-Ribeyre » [Jurade].
Les documents que nous avons eus sous les yeux sont tellement contradictoires, que ce n'est qu'en hésitant que nous avons dessiné cette porte. Elle s'ouvrait à côté d'une tour, suivant les vues cavalières de Bordeaux; dans un simple redan, suivant Lattre; sous une tour en saillie, suivant un plan du xvnr9 siècle [PL mss., n° 1004], qui ne donne d'ailleurs que les arrachements du mur de la tour; à côté d'une tour, suivant le rôle de 1572. (Voir ce rôle après la nomenclature des tours.) Les deux documents les plus sérieux pour nous sont le plan de Lattre et le plan manuscrit n° 1004; en les combinant, nous avons trouvé une disposition souvent usitée au moyen âge : on entrait sous une tour par une des faces latérales, et l'on en sortait par la façade tournée vers la ville.
Senta-Crotz : Granda-Porta ou Grand-Portati-de- Senta-Crotz; portau de Senta-Crotz- deu-gran-Portau; portail Neuf-de- Sainte- Croix (2, 22). — Cette porte s'ouvrait au sud-ouest du jardin du couvent de Sainte-Croix. Elle a été remplacée par le boulevard de Sainte-Croix ; celui-ci, par le Fort-Louis, et ce dernier, par I'Abattoir. Lorsque, le 4 octobre 1406, les jurats ordonnèrent de mettre des gardes dans les diverses tours et portes de la ville, on en mit six à la « tor de Sancta- » Crotz-deu-gran-Portau, » et cinq à l'autre porte Sainte-Croix.
Son emplacement nous est donné par les textes suivants [Inv. Ste-Cr.] : le premier est un contrat de vente, de 1338, « consenti par les exécuteurs » testamentaires de Raymond de Tastes en faveur de Guillaumette » Desclaux, d'un trens de vigne, aux Graves de Bordeaux, derrière la » porte de Sainte- Croix , » et, pour qu'on ne puisse avoir de doutes, l'auteur de l'inventaire a écrit en marge : « à Gratacap. » Or, le quartier de Gratecap ou Gratacap était situé entre celui de Paludate et la porte du Mirait, et dans les Graves de Bordeaux. Voici qui est encore plus explicite [Inv. Ste-Cr.] : « Bail à cens (en 1427), par l'Abbé, à Pey » d'Aspremont d'un jardin et vigne, à Larrïbet, au delà du portail de
Ob ARCHIVES MUNICIPALES DE BORDEAUX.
» Sainte- Croix, sur le chemin qui va du dit portail au pont du Guit. » Ce pont était sur YEstey de Bègles.
On l'appelait aussi le portail Neuf -de-Sainte- Croix (Id.) : « Bail à fief.... » d'un train de vigne situé dans les Graves de Bordeaux, près le portail » Neuf Sainte-Croix, au lieu appelé Gratecap. »
Senta-Eulaîia : Porta Senta-Eulalia, Sancta-Euladia ; porte Sainte- Eulalye, Sainte-Eulalie (7, 17). — La porte Sainte-Eulalie faisait partie des murs bâtis au commencement du xive siècle. Elle est mentionnée assez souvent dans les titres du xve. Ainsi, le 4 octobre 1406, les jurats ordonnèrent de mettre sept gardes « à la tor deu portau de Sancta- » Euladia » .
Il parait qu'alors cette porte n'avait pas de barbacane; les jurats s'en préoccupèrent et, le 19 février 1406-7, ils délibérèrent de se rendre sur les lieux pour voir comment elle devait être construite : « Et plus, fo » ordenat que los totz (jurats) anessan à la barbacana Sancta-Euladia per » beder cuni se fare » [Jurade]. La porte Sainte-Eulalie a été, comme la porte Dijeaux, plusieurs fois changée de place ; dans la vue de la Cosmographie de Munster et dans le plan de Vinet, elle est placée en face du flanc sud de l'église Sainte-Eulalie, mais séparée du cimetière par un mur. Elle resta comme cela jusqu'en 1603; à cette époque, on reconnut sans doute l'inconvénient d'avoir une porte fréquentée, donnant accès dans un faubourg populeux, et qui s'ouvrait en face d'un mur dont elle était très rapprochée ; on la mura, et on en ouvrit une autre en face de la rue Sainte-Eulalie [Chr. bord. Dar., p. 68].
Toscanan : Porta de Toscanan; porta de Jus-lo-Mur, Dejus-lo-Mur, de Subtus-Muros, de SuMitus-Muro; porte Sous-le-Mur (9, 20). — Cette porte est signalée dès 1262 [Liv. Bouil., p. 370]. Baurein [Ms., p. 17] et différents textes l'appellent de Subtus ou Sulditus-Muro . Elle devait aussi se nommer alors porte de Toscanan, puisque Baurein lui-même, et des textes de l'an 1400 [C. de l'arch.], nous apprennent qu'au xve siècle, elle était connue sous tous les noms que nous venons de lui donner. Dans ces derniers temps, on l'appelait improprement porte Basse, en souvenir de la porte antique (la vraie porte Basse) s'ouvrant à côté d'elle dans le mur romain, et qui déjà était oubliée, bien qu'elle existât encore il y a soixante-dix ans.
La porte de Toscanan, qui a été démolie en 1866, s'appuyait contre le mur romain CD (voir le plan, page 90), à l'est et presque à toucher l'emplacement de l'ancienne porte Basse B. Sa baie était ouverte de l'est à l'ouest, entre le ruisseau du Peugue et le mur de la première enceinte.
Porta de Toscanan.
Le couloir A de la porte passait entre deux tours semi-circulaires composées de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. La tour du nord, qui s'adossait au mur romain, et qui s'élevait peut-être sur les bases d'une tour antique, était massive au rez-de-chaussée; on entrait dans le bas de la tour du sud par une petite porte du côté de la ville. Trois meurtrières, à section carrée à l'intérieur, s'ouvrant, à l'extérieur, par
une simple fente verticale toute d'une venue, étaient tournées de façon à
protéger l'entrée du couloir, et à prendre en enfilade le Peugue et le fossé.
Le couloir entre les deux tours passait, à partir de l'extérieur, sous une voûte ogivale que perçait un assommoir protégeant une herse; il présentait ensuite un arc ogival.
Les vantaux, lorsqu'ils étaient fermés, frappaient contre cet arc; lorsque, au contraire, ils étaient ouverts, ils s'appliquaient contre les parois du fond du couloir, sous une voûte en section de cercle, en mitre très écrasée. Contre l'arc
ogival, du côté de la ville, s'appliquait une console servant d'appui à
une statuette.