‹ Bordeaux vers 1450Chapitre 21 sur 79 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

Daus une ville aussi riche et aussi peuplée que l'était Bordeaux au xve siècle, on doit s'attendre à rencontrer une quantité considérable de rues; nous avons retrouvé leur nom dans les documents fort nombreux relatifs à cette époque. Jusqu'à ces derniers temps, beaucoup d'entre elles avaient conservé leur dénomination primitive et leur ancien alignement. Les quartiers de Sainte-Croix et de Saint-Michel étaient et sont encore les plus favorisés sous ce rapport. Nous avons aussi trouvé, dans les vieux titres, la mention de quelques rues, ou plutôt de ruelles ('), i^ui ont été supprimées, et dont nous ne connaissons pas l'emplacement. Plusieurs rues étaient désignées par le quartier dans lequel elles étaient situées, par le nom d'un particulier qui y demeurait, ou par celui d'une maison, d'une enseigne, d'une boutique, d'un atelier qui s'y trouvait : ce nom disparaissait souvent avec la personne ou l'objet qui l'avait fait donner. Pour d'autres voies, la place, le carrefour, l'église, le monument, le mur, les rues où elles aboutissaient, servaient à les faire reconnaître; on disait : « la rue qui conduit de tel endroit à tel autre ; » « la rue qui » va vers tel endroit. » Il arrivait même souvent que des rues ainsi désignées avaient depuis longtemps un nom bien connu et que cependant, par caprice ou pour tout autre motif, les scribes nous font connaître par une périphrase. De même, bien qu'une rue eût un nom qui s'appliquât à toute sa longueur, chacun de ses tronçons portait quelquefois un nom particulier. Enfin — et c'est ce qui rend les recherches assez difficiles — quelques rues changeaient souvent de nom, et le nouveau était employé simultanément avec l'ancien : quelques-unes avaient en même temps quatre ou cinq appellations différentes. Plusieurs d'entre elles, situées dans des quartiers divers, portaient le même nom. A telle rue on donnait une dénomination que telle autre avait portée peu de temps auparavant.

(') On les nommait mettes à Bordeaux.

Parfois, avec le temps, des rues changeaient de nom, soit par l'ignorance des notaires, soit par corruption : ainsi, de rue Johan-Santz, on a fait rue Gensan; de rue du Puyaduy, rue Pichadey ; de rue du Putzdeus-Judius, rue du Petit-Judas; et celle qu'on appelait dernièrement rue Boule-du-Pètal, s'appelait, au xvme siècle, rue de la Voâte-du-Pelat. Suivant la langue dans laquelle l'acte était écrit, le mot rue se disait : rua, rulie, ruetta, carreria, carrière, banelïe, iter, via; cependant, ces deux derniers mots étaient surtout employés pour les chemins des faubourgs.

Agassars : Rua deus Agassars; rua de Pey-Amaubin, de Pey-Maubin, de Pey-Malvin; rue Puy-Moibin; impasse Saint-James (7, 21). — Cette rue est, dit Baurein [Ms., p. 168], « la même que rue Maubin ou Pey- » MauMn, qui est le cul-de-sac qu'on trouve à gauche dans la rue Saint- » James, en allant du Marché vers V Hôtel de Ville. » Il dit ailleurs [Ms., p. 21, v°] : « Suivant un titre de 1417, une maison située dans la rue de » Pey-Amaubin, qui est le cul-de-sac de la rue Saint- James, confrontoit, » par derrière, à la rue appelée de Lojosaud, paralèlle à ce cul-de-sac : Et » durât et tenet in longum, est-il dit dans ce titre, a dicta rua de Pey- » AmauMn, a parte ante, ex uno capite, usque ad ruam vocatam de » LojpsavÂ, ex alio capite. » Un manuscrit de 1553 lui donne les noms de rue de Puy-Malvin et de Puy-Malin [Denomb.]. Elle est appelée, en 1628, rue Moibin [Inv.].

Alemandeys : Rua deus Alemandeys, de VAmendey, de VAlemandey, de V Alimandey ; rue des Mendes; rua deus Caperans; rue des Allamandiers (4, 22). — Cette rue est située au sud de l'église Saint-Michel. « On la » trouve, dit Baurein [Ms., p. 227, v°], dans divers titres, sous le nom de » rue de VAmendey, de Lalemandey ou de V Amandier. » On l'appelait également rue de Y Alimandey en 1553 [Inv. St0-Cr.] : « Reconnaissance » d'une maison rue de Y Alimandey, paroisse de Saint-Michel. » Un texte de la même année [Denomb.] lui donne le nom de rue des Mendes : « Une » maison en reue des Mendes, parroisse Sainct- Michel. » On l'appelait aussi rue des Caperans.

Alhan : Rua à'Alhan; rua d'Alhano; rua d'Aillan; rue du Puys ou

Puits- d'Ailhan, Puys-de-Haillan; rua à! Amany eu-Martin; rue de La Truie-aui-file ; rue Maucousinat ; rue Maucoudinat (8, 22). — Nous trouvons le nom de cette rue dans un titre de l'an 1356 [C. de l'arch.] : « Pro feudo quod tenet in rua ftAlhano, rétro domum Bertrandi Calculi,

» militis. » Ailleurs [Lièv. P. BerL], nous lisons : « in rua à'Alhano

» que, a puteo d'Alhano, ducit ad ecclesiam Sancti-Simeonis. » Un acte

de 1584 [Terr. bénéf. SVP.] s'exprime ainsi : « toute icelle maison et

» chay avec le jardrin qu'est derrière scitués en la parroisse Sainct-

» Symeon de Bourdeaulx, en la rue appellée du Puys-de-Haïllian, autre- » ment de Maucousinat, et anciennement appellée d: Amany eu-Martin.... » Suivant un auteur du commencement du xixe siècle (Pic de Père), cette rue, avant de porter le nom de rue Maucousinat, se serait appelée rue de La l'ruie- qui -file [Acad. — Com. des Ant.].

Androna : Rua Androna; rue Andronne (3, 22). — Cette rue était et est encore dans la paroisse Saint-Michel et dans le quartier de La Grave, ainsi que nous le prouvent deux titres de l'an 1400 [C. de l'Arch.] :

« pro domo situata in parrochia Sancti-Micliaelis, in rua Androna. »

— « pro medietate magni chaii situati supra Gravam, inter ruam

» Andronam et ruam de Baysaco. » L'abbé Baurein [Ms., p. 223] nous donne l'origine de cette dénomination : « Elle a pris son nom, dit-il, » du séjour qu'y faisoit une dame Andron, vers le commencement du » xive siècle, ainsi qu'il est justifié par l'extrait suivant d'une liève à peu » près de ce temps-là : Inde sequitur, y est-il dit, domus R. Andron, » nepotis quondam domine Androne a cujus nomine, quia morabatur in » ipsa rua, assumpsit cognomen, et dicitur ipsa rua : Androna. »

Angles : Rua deus Angles; rua Anglicorum; rua deus Arlots; rue des Anglais; rue Anglaise; rue de La Monnaie (2, 22). — Cette rue a conservé le nom de rue Anglaise jusqu'au milieu du siècle dernier. Elle était située dans la paroisse de Sainte- Croix et sur La Grave. On l'appelait, dit l'abbé Baurein [Ms., p. 72], rue des Arlots, au milieu du xive siècle; il donne, comme preuve, plusieurs extraits de titres de cette époque, entre autres ceux-ci : « Apud Gravant, ultra ruam strictam, que » dicitur rua deus Arlots \ » — « apud Gravam, inter ruam Adam-C'arhoneu » et ruam strictam deus Arlots. » Au commencement du xve siècle, on lui donna le nom de rue des Anglais, qu'elle a conservé pendant trois

cent cinquante ans. Voici, en effet, ce que nous apprennent des titres de 1400 [C. de l'arch.] : « Bertranda Andraudi, filia et hères Johanis » Andraudi, parrochiana Sancti-Michaelis, et commorans in rua Angli- » corum, in parrochia Sancte-Crucis ; » et plus loin : « In magna rua » Sancte-Crucis, videlicet in angulo rue Anglicorum. »

Archibescat : Ruetta de VArcMbescat; ruette de X Archevêché; rue et place de I'Hôtel de Ville; place Rohan (10, 19). — Baurein [Ms., p. 96j croit que la petite rue qui existait entre Y Archevêché et le rempart du xive siècle portait le nom de ruelle de Y Archevêché ; mais ce n'est qu'une supposition de cet auteur : « J'appelle ainsi, dit-il, une ruette qui existait » dans le siècle dernier entre le palais archiépiscopal et le jardin qui en » dépend. » Nous croyons que, comme presque toutes les rues qui bordaient l'intérieur des remparts, elle s'appelait rue Entre-deux- Mur s. Dans un ancien plan [PI. mss., n° 32], elle ne porte pas de nom; mais on la trouve indiquée avec cette légende : « Plateforme du jardin de YArche- » vêché, autrefois rue. » Cependant, nous lui avons conservé dans notre plan la dénomination fournie par Baurein.

Arnaud-de-Laufoergaria : Rua d'Amaud-de-Zauiergaria (1, 23). — L'existence de cette rue nous est signalée par le titre suivant [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance, par Ramond Seguin, d'une place et maison » rue (YArnaud-de-Laulergaria, paroisse Sainte- Croix. » Cette indication est complétée par un ancien plan [PI. mss., n° 135] {}), qui nous donne son emplacement. Elle était située entre les rues Nacaran (rue Acan) et du Moulin, partait de la rue de La Fusterie (rue Carpenteyre), et se dirigeait vers la maison abbatiale, derrière l'égiise de Sainte-Croix.

Les moines de Sainte-Croix durent, du xme au xvr3 siècle, faire l'acquisition de toutes les maisons qui bordaient la rue, et la supprimer, car, dans un autre plan du même quartier, avec légendes [PI. mss., n° 142], on ne trouve plus la rue Arnaud-de-Laubergaria, et son emplacement est occupé par les maisons et les jardins du sacristain et de l'infirmier.

Arnaud-Blanc : Rua d; 'Arnaud-Blanc— Le titre suivant [Inv. S1- And. nous apprend le nom de cette rue : « Reconnaissance (1395) faite au cba-

(') Voir à l'appendice.

» pitre d'une maison scise à Tropeyte, en la rue de Arnaud- Blanc; » mais il ne nous donne aucun autre détail. On sait que la famille Blanc est très ancienne à Bordeaux. Jacques Le Blanc, seigneur de Polignac, conseiller au Parlement de Bordeaux, déclare dans son testament, daté du 5 octobre 1615, qu'il possédait une maison au Chapeau-Rouge, une autre, vis-à-vis de celle-ci, au coin de la rue des Piliers-de- Tutelle [Arch. Brugn.].

L'ancienne rue des Piliers -de -Tutelle, nommée aussi rue de Bassan, était située à l'est du temple de Tutelle; il est probable que c'est celle qui s'appelait rue à! Arnaud- Blanc au xive siècle. (Voir rue de Bassan.)

Arnaud-Mi queu : Rua Alegra; rua Legra; rue Légué; rue Legex; rua de Guilhem-Guiraudon ; rua de Bernard-de-Montlarin ; rue Miqueu; rue Arnaud-Miqueu (8, 21). — Cette rue porte encore le même nom. « Je » trouve, dit Baurein [Ms., p. 75], dans une liève du xve siècle, que la » rue Alègre est celle qui conduit du carrefour de Saint- Syméon vers la » rue des Pinhadors, » et il ajoute : « Personne n'ignore que le carrefour » de Saint-Syméon est formé par la rencontre des rues & Arnaud-Miqueu » et du Petit- Cancera avec celles de La Merci et de Saint-Syméon. » Il dit ailleurs que la rue des Pinhadors est maintenant la rue du Loup, et qu'un titre de 1401, retenu par Helie Baudeti, notaire, signale des maisons qui, de la rue Alègre, aboutissaient, par derrière, à la rue du Serporar (rue du Serpolet); ce qui est une preuve évidente que la rue Alegra n'est autre que la rue Arnaud-Miqueu.

On l'appelait aussi, au xive siècle, rue Legra. Le boulanger de l'archevêché y demeurait en 1367 [C. de l'arch.].

La rue Alègre était, au xve siècle, nommée rue Arnaud-Miqueu. Elle est aussi appelée dans les anciens titres, dit l'abbé Baurein [Ms., p. 98, v°], rue de Guilhem-Guiraudon, rue de Bemard-de-Montlarin ; et il ajoute : « Dès Tan 1414, on trouve un Arnaud Miqueu au nombre des trente » conseillers de la ville; il y en avoit un qui étoit jurât en 1485; il y a » apparence que c'étoit celui qui a occasionné la dénomination de cette » rue; en effet, dans des reconnaissances de 1489, il est énoncé que la » dame Marguerite de Jonqueyres, qui les acceptoit, étoit épouse d'hono- » rable homme Arnaud Miqueu, citoyen de Bordeaux et paroissien de » Saint-Siméon. » Il faut remarquer aussi qu'un Arnaud Miqueu avait, avec Bigoros Estebe, le commandement des milices bourgeoises, lors du siège de Budos, en 1421, et que le premier de ces deux capitaines

peut avoir donné son nom à la rue qu'il habitait. Un manuscrit de 1553 [Denomb.] l'appelle simplement rue Miqueau ou Miqueu. Le nom de rue Légué y revient aussi assez souvent, mais comme étant située, soit dans la paroisse de Saint-Projet, soit dans celles de Saint-Eloy , de Saint- Michel ou de Sainte- Eulalie. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler une foule d'erreurs et de négligences dans ce manuscrit. Un autre manuscrit du xvme siècle [Tab. par. et r.] nous apprend qu'elle se nommait jadis rue Legex.

Aroudet : Ruetta Aroudet; ruette de Larrodat; cul- de-sac de la Porte- Saint- Julien (5, 18). — Cette petite rue était située au nord de la porte Saint-Julien. Elle faisait partie de la paroisse Sainte- Eulalie. C'était la première que l'on rencontrait à gauche en entrant en ville par cette porte, ainsi qu'il résulte du texte suivant [Bénéf. S^P.] :

« maison dans la rue Saint-Julien, confrontant, du levant, à la rue

» Saint- Julien ; du couchant, aux murs de ville, les terrasses entre deux;

» du midi, à la rue Aroudet; du nord, à la maison de » Un autre texte

[Terr. bénéf. &-P.] nous apprend que « le cul-de-sac de la porte Saint- » Julien, anciennement appelé ruette Larrodat, était, au xvme siècle, » ouvert jusqu'au chemin des Boudets, qui passe le long des murs de la » ville » , et qu'il aboutissait à « la rue & Aquitaine ou de Saint-Julien » . Cette ruelle n'existe plus; mais elle est tracée dans le plan de Lattre de 1733; nous ne savons pas si elle portait déjà, au xve siècle, le même nom qu'au xvme.

Arssac : Ruetta à'Arssac (9, 23). — La ruelle à'Arssac conduisait de la porte des Paux à la maison à? Arssac. Elle longeait, pendant dix mètres environ, le côté intérieur du mur, remontait ensuite, à angle droit, vers l'ouest, et, presque aussitôt, elle reprenait la direction du nord jusqu'à la maison à' Arssac (voir le plan ci-dessus, page 71). Elle est signalée, dès 1262, dans le texte suivant [Liv. Bouil., p. 371] : « Item, » dicimus quod juxta domum Arnaldi Guilhelmi deus Paus, prope portam » deus Paus, est quedam rueta publica et communis que ducit a magna » carreria deus Paus, usque ad aulam à' Arssac, et nullum débet poni » impedimentum in ea. » Baurein, qui d'ailleurs a confondu la ruette & Arssac avec la rue & Arssac ou de Saint-Seurin [Ms. Baur., p. 102. — Var. Bord., t. II, p. 274], fournit un titre de 1491 qui nous apprend

qu'une maison située au-devant de la porte des Paus confrontait, par derrière, « a la rueta coinmunau qui ba bert la tor (ÏArssac. » Ces titres, rapprochés du plan signalé plus haut, prouvent, contre l'opinion de Baurein, que la ruette à'Arssac n'était pas la même que la rue à'Arssac ou Saint- Seur in, maintenant impasse Douhet.

Artigua : rue de Artigua, de Artigia; rua Bernardi-de-Artigua ; rue de VArtigue; rue Tustal (9, 20). — Dans un article sur cette rue, l'abbé Baurein [Ms., p. 225J s'exprime ainsi : « Rua de Artigia; rua de Artigua; » rua Bernardi-de-Artigua, aujourd'hui rue l\stal. Il est fait mention de » cette rue dans une liève du xve siècle en ces termes : rua de Artigia, » que a rua de Saugars (aujourd'hui rue Judaïque) ducit directe versus » Sanctnm-Projectum et orientem. Et dans un autre endroit de cette » même liève : Rua de Artigia, est-il dit, que ab ecclesia Sancti-Proj ecti » ducit versus ruam de Saugars et versus occidentem. Il paroît, par » l'extrait suivant d'une liève du xive siècle, que cette rue avoit pris son » nom d'un particulier nommé Bernard de Lartigue : Rua Bernardi-de- » Lartigua que de rua de Saugas ducit directe versus orientem ad eccle- » siam Sancti-Proj ecti. » Elle était située, en partie, clans la paroisse de Notre-Dame-de-La-Place, et, en partie, dans celle de Saint-Projet. En

voici la preuve extraite d'un titre de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « pro

» domo situata in parrochia Beate-Marie-de-Platea, et rua de Artigia; » et ailleurs : « Rua Artigia, in parrochia Sancti-Proj ecti. »

Banqueria : Rua Banqueria; grande rue Saint-Projet; rue Saint- Projet; rue de La Bouclierie-Sainct-Projet; rue Marchande ; rue Sainte- Catherine (partie de la) (8, 21). — Cette rue passait à l'est de l'église Saint-Projet. Elle s'appelait rue Banquerie en 1400 [C. de l'arch.] :

« pro domo que est situata in parrochia Sancti-Proj ecti, juxta

» dictam ecclesiam Sancti-Proj ecti, videlicet in rua Banquerie. » Elle tirait son nom des bancs qu'y avaient établis les bouchers. L'auteur d'un compte de l'archevêché, de l'an 1367, après avoir dénombré les maisons de la rue Saint- Siméon, arrive au bout oriental de cette rue, et il ajoute :

« pro domo contigua que est juxta breuteriam seu bancos in quibus

» carnes venduntur. » Cette rue s'appelait, en 1312, grande rue Saint- Projet [Fr. Prêch.] : « Achat par Foucaud Hugon d'une maison seize

» dans la paroisse de Saint-Projet, et au lieu dit à la forcade de Costau,

» confrontant, entre autres, à la grande rue Sainct-Projet, allant de la » fourcade de Costau à la porte Mèdoc. » Comme le carrefour de Costau était situé à la rencontre des rues Sainte -Catherine et du Loup, la grande rue Saint-Projet est donc la même que la rue Banquerie; plus tard, elle portait le nom de rue Marchande. Elle a dû être appelée simultanément rue Banquerie et rue Saint-Projet, puisqu'elle avait encore le

dernier nom dans un titre du xvir8 siècle [Bénéf. SM3.] : « maison

» confrontant, du couchant, à laditte rue Saint-Projet; du levant, à la » maison des Pères de La Merci. » En 1553 [Denomb.], on l'appelait rue de La Boucherie-Sainct-Projet.

Trois documents, l'un de 1444, l'autre de 1449, et le dernier de 1464 [Bénéf. SVP.], nous apprennent qu'une statuette de la Sainte Vierge était adossée à une maison de cette rue. Le premier s'exprime ainsi : « Esporle » de la moytié d'une maison scituée et assize en la parroisse Sainct- » Project de Bourdeaulx, devant la Magcstè-de-Nostre-Dame , laquelle » maison est devant la banquerie de Sainct -Prog cet, en la rue par » laquelle l'on va du puys de Sainct- Prog ect vers ladicte banquerie. » Le second nous paraît relater une reconnaissance de la même maison : « En » la rue par laquelle l'on va du puys Sainct- Prog ect vers la boucherie » Sainct- Prog 'ect :, devant la Magcstè-de-Nostre-Dame, devers la dicte

» boucherie Sainct-Progect. » Dans le troisième, on lit : « devant

» Yimaige de Nostre-Dame, qui est derrière l'esglise de Sainct-Progect. »

Bassan : Rua de Bassan; rua deus Pilars-de- Tudela ; rua Dejus-los- Pilats-de- Tutella-de-Bordeu ; rue de Jïis-les-Pilliers-de- Tutelle-, rue des Piliers-de- Tutelle ; rue du Temple-de-Tutel (10, 22). — « C'est ainsi, dit » l'abbé Baurein [Ms., p. 196], qu'est appelée, dans les titres de la maison « de Puy-Paulin, la rue qui bordait, vers le levant, les Pilliers-de- Tutelle, » et qui aboutissait des fossés du Chapeau-Rouge à la rue Medouc. » Elle est nommée dans d'autres titres rue des Piliers-de- Tutelle, deus Pilarsde- Tudela. On lit dans un texte de 1623 [Terr. 15 cur.] : « .... maison....

» seize en la parroisse de Sainct-Mexans et en la rue de Jus-les-

» Pilliers-de- Tutelle, confrontant d'ung bout, vers soleil levant, à

» ladicte rue...., » ce qui prouve qu'elle se dirigeait du nord au sud. Dans un plan [PL mss.], où elle est appelée rue du Temple-dé- T'utel, elle traverse la rue Mèdoc et se dirige vers le Prat. (Voir rua & Arnaud-Blanc.}

Cette rue, comme toutes celles qui ont disparu, en 1676, lorsqu'on

fit l'esplanade du château Trompette, n'occupait la place d'aucune rue moderne. Elle passait sur une partie des terrains où a été construit le Grand-Thé atre, presque en face de la rue des Piliers-de-Tutelle.

Bassenxs : Rua de B assena; rue Pélegrin (8, 18). — Cette rue était située dans la paroisse de Sainte-Eulalie. Elle avait une de ses extrémités dans la rue du Far (rue du Ha), et l'autre dans la rue de Sègur (rue de Cursol). C'est ce qui résulte des textes suivants [C. de l'arch.] : en 1360, « Guillelmus de Cabados débet pro quodam solo quod est in angulo

» rue de Bassenx, juxta ruam de Securo; » en 1361, « pro domibus in

» rua de Bassenx et in rua de Farro, in angulo dicte rue de Bassenx. » Elle était à l'ouest d'une ruelle qui n'existe plus et qui avait aussi son entrée dans la rue du Far. La preuve se trouve dans un compte de 1367, où le contrôleur de l'archevêque, après avoir commencé la nomenclature de ses fiefs à l'entrée orientale de la rue du Far, arrivé à cette ruelle qui débouche au midi de la rue, continue ainsi : « Raymundus Comitis débet » pro banella contigua, et pro domo que est rétro dictam banellam et » habet exitum in ipsam banellam et, ex alia parte, ad ruam de Bas- » senx. » La rue de Bassenx ne pouvait pas être à l'est de la ruelle, puisque le contrôleur qui dénombre toutes les maisons ne l'a pas rencontrée. D'ailleurs, plusieurs plans manuscrits des archives départementales, entre autres celui levé en 1715 [PI. mss. Barb.], nous fournissent la preuve que la rue de Bassenx était celle que nous appelons maintenant rue Pélegrin. La banelle ou ruelle dont nous avons parlé devait passer à l'est du temple protestant de la rue du Ha, et en face de la rue des Palanques.

Bayssac : Rua de Bayssac; rua de Bayssaco; rue de Beichac; rue Beysac (3, 22). — Cette rue était et est encore dans la paroisse Saint- Michel, au sud de la rue Androne. Un texte de 1400 [C. de l'arch.] s'exprime ainsi : « Arnaldus Mesquinii, parrochianus Sancti-Michaelis » Burdegale, débet pro medietate unius domus que est in rua de Bays- » saco; » et ailleurs : « chaium situatum supra Gravam inter ruam Andro- » nam et ruam de Bayssaco. » Hierosme Lopes [Lièv. S^And.] l'appelle rue de Beichac. Nous croyons devoir faire observer que la paroisse de Beychac est nommée Bayssac ou Beyssac dans les anciens titres. On trouve ailleurs [Inv. S'-And.] qu'en 1515, « un grand chay et jardrin

» étaient en la paroisse Saint- Michel, en la rue de La Carpenterie, sive » de Beyssac. » Il est probable que ce chai était situé à l'angle de ces deux rues.

Bedillon : Rua de Bedilhon; rue de Becillon, Verïllon, Videlon, Vidillon; rue Métivier (9, 22). — « Cette rue est, dit l'abbé Baurein [Ms,, » p. 226, v°], située, partie dans la paroisse de Saint-Rémi, partie dans » celle de Saint-Meœent. »

Elle est signalée, en 1440 [C. de l'arch.], comme étant dans la paroisse

de Saint-Rémi .- « domus que est situata in parrocliia Sancti-Remigii,

» in rua vocata de Bedillon. » Elle débouchait dans la rue Saint-Rémi; c'est ce que témoigne la reconnaissance suivante, consentie, le 22 mars 1441, par « sieurs Pelegrin et Archambaud du Puch, écuyers, fils de Jean » de Sauveterre, d'une maison cantonnière avec une issue derrière, con- » frontant, d'une part, ladite rue Bedillon, et la maison d'Olivier Arnoul, » d'autre; d'un bout, devant, la grande rue Saint-Rémi, et lesdits de » Puch, par derrière » [Inv. Ste-Cr., 1660]. En 1374 [Inv. S1- And.], on trouve cette rue sous les noms de rue Bedillon et rue Becillon,- et, en 1553 [Denomb.], sous ceux de rue de Vidillon, Verillon, Videlon. C'est maintenant la rue Métivier, qui conduit de la rue Saint-Rémi à la rue du Parlement-Sainte-Catherine.

Becgla : Gran rua de Becgla, magna rua de Bccgla; magna via de Betgla; ancien Chemin-de-Bcgles ; rue de La Brède (2, 20). — Cette rue traversait le quartier de Gratecap. Elle partait de la porte du Mirait et se dirigeait vers l'église de Bcgles. Elle est signalée, dans un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.], sous le nom de « magna rua de Becgla ». On l'appelait aussi, à la même époque, « chemin (via) de Bcgles ». Baurein [Ms., p. 182] cite le texte suivant, qui donne la preuve de tout ce que nous

venons d'avancer : « pro vinea situata in magna via de Betgla, que,

)) a portali de Miralho, ducit versus Betglam. » Ce texte nous apprend, en outre, que les environs de cette rue étaient, au moins en partie, complantés de vignes. La rue de La Brède passe sur l'emplacement de cet ancien chemin.

Belha-Corderia : Rua de la Belha-Corderia; rue de la Vieille- Corderie; rue de La Corderie; rue Leupold (8, 23). — Cette rue longeait

intérieurement les murs bâtis, au moyen âge, sur le bord de la rivière, depuis la porte des Paux jusqu'au cimetière de Saint-Pierre. Toute son extrémité septentrionale a été détruite lorsqu'on a construit la Douane et la place de la Bourse. Elle était probablement contemporaine des remparts qu'elle longeait ; mais nous ne trouvons son nom que dans les titres de la fin du xive siècle [Terr. Bos.], dans une baillette de 1493, consentie en faveur « de Me Gui Arnaud, d'une maison située en la ruhe appellée de la » Vieille- Cor derie, derrière Saint-Pierre, devers la murailhe de la ville »; et ailleurs : « Maison et ruhe appellée de La Corderie, derrière l'esglise

» Saint-Pierre, devers la murailhe de la ville tirant vers la murailhe

» du costé de la porte des Paux. » Ce qui prouve que cette rue s'appelait, au xve siècle, indifféremment rue de la Vieille- Corderie et rue de La Corderie.

Elle est indiquée sous le premier nom dans le plan de Lattre de 1733, et dans un plan manuscrit sans numéro [Arch. dép.], avec cette légende : « Partie de la Vieille- Cor derie détruite. » Il est à présumer qu'une corderie existait autrefois derrière l'église Saint-Pierre.

Bernard-Mos : Rua de Bernard-Mos; rue de Mos (10, 24). — Cette rue était située, dit Baurein [Ms., p. 109], dans « le quartier de 2'ropeyte, » au derrière d'un chay appelé cliay Dissente. » Après avoir cité des

extraits de titres du milieu du xive siècle, il ajoute : « Il paroît que la

» rue de Bernard-Mos étoit située à l'extrémité de la rue Dissente, vers le » levant; qu'elle avoit une de ses entrées dans le côté septentrional de » celle-ci ; qu'elle étoit percée du midi au nord, et qu'elle étoit parallèle à » la rue Ramond- For thon, qui étoit au couchant de celle de Bernard-Mos ; » il est à présumer que cette rue fut démolie lors de la construction, en » 1454, de l'ancien château Tropeyte; la partie du moins de cette rue qui » s'étendoit vers le nord fut vraisemblablement comprise dans le terrain » où le château fut construit. » Elle le fut en effet, mais lors de la construction du château Trompette par Vauban, ainsi que le constate un état des rues démolies à cette époque [Arch. mun.]. Peut-être en avait-on démoli une partie en 1454. Elle s'appelait alors rue de Mos. Elle faisait suite, au nord, à la rue du P or tau-Bar rat, et occupait à peu près l'emplacement de la rue Lafayette.

Bernât -Piucera : Rua Bernât- Pincera; rue Bernard- Pieucere,

Bernard-Pioucera; Bemard-Pmcelle; Bernard-Piusire ; Bernard-Piusera ; Bemard-Pucelle ; rue Tombeloly (6, 18). — Cette rue était située dans la

paroisse de Sainte-Eulalie : « tenet domum cum casali que est in rua

» Bernat-Piucera, in parrochia Sancte-Eulalie » [C. de l'arch.]. H. Lopes [Lièv. S1- And.] l'appelle aussi rue Bernard-Piusera. On lit dans l'analyse d'un acte de 1320 [Inv. Ste-Cr.] : « Investission faite par l'abbé à Bernard » Haclien d'une maison située dans la rue Bernard-Pimale, près rue » Bouliaut. » Ailleurs, dans celle d'un acte de 1388 [Inv. S1- And.] : « Reconnaissance faicte au chappitrc d'une maison seize en la rue Ber- » nard-Piucelle, parroisse de Saincte-Eulaye; » un autre manuscrit [Bénéf. St-Mich.] nous apprend que la rue Bemard-Pucelle est la même que la rue Tonibeloly. Elle est appelée rue Bernard-Piusire dans un acte de 1603 [Terr. des 15 cur.]. Le terrier de l'hôpital Saint-James la nomme me Bernard-Pieuccre : « Maison et jardin par derrière, scitués en la » parroisse de Saincte-Eulalie, en rue de Tonibeloly, autrement de Ber- » nard-Pieucere, confrontant aux remparts et plate-forme de la ville, par » derrière. » Un texte de 1583 [Denomb.] écrit rue Bernard-Pioucera. Quant à Piusera, Piusere, Piuselle, Pieucere, Pucelle, etc., ce ne sont que des variantes du même nom; Pimale n'en est qu'une corruption : dans l'écriture du xiv° siècle, on peut facilement confondre Va et Ye. Cette confusion amène à lire Pimalle au lieu de Pimelle. Une autre erreur, au sujet de la lettre c, peut faire lire m pour uc; ainsi, et par suite de ces mauvaises lectures successives, Piucelle est devenu Pimalle sous la plume de l'auteur du manuscrit du dénombrement des fiefs de la "ville de Bordeaux.

Bertrand-Bouson : Rua de Bertrand-Bouson ; rue Bertrand-Boson; rua Sancti-Antonii; rua de Sent-Antoni; grande rue Saint- Antoine ; rue Montaigne (7, 20). — Cette rue « n'est pas, dit l'abbé Baurein [Ms., » p. 167, v°], celle qui porte à présent le nom de rue Saint- Antoine, et qui » est au couchant du monastère des Feuillants, mais celle qui est au » levant de leur église. » On trouve dans des textes de 1400 [C. de l'arch.], que cette rue de Bertrand-Bouson ou Boson était située dans la paroisse de Sainte-Eulalie, et qu'elle conduisait, ainsi que le dit l'abbé Baurein [Ms., p. 111, v°], de la rue des Ayres à l'hôpital de Saint-Antoine .•

« In parrochia Sancte-Eulalie pro solo situato in rua Bertrandi-Boso-

» nis, que a rua de Areis ducit versus hospitale Sancti-Antonii. » Voici un titre, du 26 mars 1483 [Terr. des Ann.], qui prouve qu'à cette époque,

cette rue s'appelait en même temps rue de Bertrand-Boson et rue Saint- Antoine : Reconnaissance de Galhard de Brach, paroissien de Sainte- Eulàlie de Bordeaux, « à noble et religiosa dona à madona sor Boneta

» Belenguey, abbadessa deu conuent de Sancta-Clara de Bordeu, de

» tôt aquet hostau que es en la deita parropia de Sancta-Eulalia, en

» la rua apperada de Bertrand-Boson, autrament la rueta Sent-Antoni. » Un autre titre [Lièv. S^Ant.] nous apprend que cette rue s'appelait, au xvne siècle, grande rue Saint- Antoine, et qu'on donnait le nom de petite rue Saint-Antoine à celle qui passait derrière le monastère. La dénomination de rue de Montaigne lui a été donnée pendant la première République.

Beulaigue : Rua Beulaigue, Beaulaige; ruette de Pey-Esteue; mette de Capeyron; rue du Pifre; rue Dudon (9, 21). — « C'est principalement, » dit Baurein [Ms., p. 121], l'extrémité de cette rue, vers la rue Guiraude, » qui portoit autrefois le nom de rue Beulaigue; il paroît, par des titres » de 1515, que Pierre Bruer, dit Beulaigue, maître masson ou archi- » tecte, avoit des possessions auprès de l'entrée de cette rue, vers la rue » Guiraude. » Il existe encore une maison- du xive siècle à cet endroit. La rue Beulaigue s'appelait aussi, au xvie siècle, rue Pey-Esteue ou de Capeyron [Lièv. S1- And.]. On trouve dans un terrier des quinze curés de Bordeaux, dressé par le notaire Dussaut, qui exerçait depuis 1586 à 1600, un titre dont nous avons extrait ce qui suit : Reconnaissance aux quinze curés de Bordeaux « par noble homme Bertrand de Bourbon, » écuyer, sieur de Roulie et de la maison noble de Roustain, en graves » de Bourdeaux, d'une maison scituée en la parroisse de Sainct- Project, » en la ruhette de Pey-Esteue, autrement de Capeyron, confrontant, d'un

» costé, vers le levant, à la dicte ruhette de Pey-Esteue du midi, à la

» maison de...., qui fait le quanton de ladicte ruhette et de ruhe des » Trois-Conilz.... ; » et, en marge de ce titre, « rue du Piffre. »

Elle portait cependant encore en 1601 [Inv. S^And.] le nom de rue Beaulaigue.

Biber : Rua deu Bïber; rua deu Viver. — On trouve le nom de cette rue dans des titres de 1357, 1361 et 1457 [C. de l'arch.]. Elle était située dans la paroisse Saint -Seurin : « Johannes de Magudars solvit, pro » censu dicti anni lvii, dcbito pro vinea que est in rua deu Biber. » « in rua vocata deu Biver, prope Sanctum-Severinum ; » « in rua

» vocata Bïber, que a puteo de Peyron ducit versus meridiem deinde, » licet oblique, Pelagum Sancti-Severini. »

Le tellement de Bïber était, au xvme siècle [PI. niss., n° 137], au nord de la Chartreuse. Ces indications ne suffisent pas pour donner exactement l'emplacement de cette rue.

Beau : Rua Boau, Bouau; rue Bouhaut; rue Saint- Julien ; rue d'Aquitaine; rue Sainte-Catherine (partie de la) (6, 19). — Cette rue a porté le nom de rue Bouhaut jusqu'à ces derniers temps. C'est la portion de la rue Sainte-Catherine qui s'étend depuis les Fossés jusqu'au puits des Augustins. Elle faisait partie de la paroisse Sainte- Eulalie, ainsi que nous l'apprend un texte de 1432 [C. de l'arch.] : « In parrochia Sancte- » Eulalie.... dominus Ramundus de La Fargua, prior de Cayaco..., tenet » totam illam domum que est a rua Boau. » Dans deux autres textes [Bénéf S^Mich. et Terr. S^Jam.], on lui donne aussi le nom de rue Saint- Julien. Ainsi, dans le plus ancien (1491), on lit : « rue Bouaut (rue » Sainct- Julien), paroisse Saincte- Eulalie; » et dans l'autre (1579) :

« en la grande rue Sainct- Juliain, autrement de rue Boau. » Nous

croyons cependant que la rue Saint-Julien est celle qu'on appelait autrefois rue & Aquitaine, et qui prenait du puits des Augustins jusqu'à la porte Saint- Julien. (Voir rua Sent-Julian.) Avant le prolongement de la ru(> Sainte-Catherine, elle a porté, pendant quelque temps, le nom de rue & Aquitaine depuis le cours des Fossés jusqu'à la porte d'AouiTAiNE.

Boeys : Rua deus Boeys, deus Boueys; rua de Arnaud-Aion ou Ayon; rue de Bertrand- Ayon; rue des Boyers; rue des Bouviers (3, 22). — Le 16 juillet (medio mense Julii) 1250, Pierre de Leohan (Lignan), abbé de Sainte- Croix, assisté de Guillaume de Comps, prieur; Guillaume de Laubergaria, sacristain; Guillaume-Arnaud de Luganhac, sous-prieur; Arnaud-Guillaume de Lebinhac, célerier; Guillaume de Montignac, infirmier, et Pierre Austen, prieur de Sainte-Marie de Soulac, permit à Arnaud Aiou ou Ayon de faire un chemin ou une rue aussi large qu'il voudrait dans la paroisse Saint-Michel, à travers la terre qu'il tenait à emphythéose de l'abbaye, depuis la grande rue de Sainte-Croix jusqu'à celle que Jean Dissenta avait ouverte en haut (rue Traversant). Il l'autorisa « à sous- » acaser les terres qui resteront, sauf la directe des parties qu'il bailleroit » à nouveau cens; en sorte que ledit Ayon, dans la suite, ou ses succès-

» seurs, auroit la moitié des lods des maisons, chays, jardins et places, » quand elles seroient vendues par leurs tenanciers à d'autres, et l'église » Sainte-Croix, l'autre moitié; et que, pour laditte permission, ledit Ayon » et ayants son droit payeroient 3 sols de cens outre l'ancien que laditte » terre faisoit au monastère » [Cart. Ste-Cr. — Lièv. Ste-Cr., 1600. — Ms. Baur., p. 104]. Au xive siècle, des bouviers demeuraient dans cette rue, et c'est probablement cette circonstance qui lui a fait donner le nom de rue des Boeys ou Boueys ; « Reconnaissance faite, dit l'extrait d'un » titre du 1er août 1365 [Lièv. Ste-Cr. 1660], par P. Castanh, bouvier, » vieux, d'un sol et place de terre, en la dicte parroisse Saint-Michel, en » la rue & Arnaud- Ayon, ditte des Boueys, à messire Bernard d'Orinha, » prieur de Soulac, procureur de messire Pierre de Camiade, abbé. » Pour preuve évidente que la rue des Boeys est bien celle qu'avait percée Arnaud Ayon, et celle connue maintenant sous le nom de rue des Bouviers, nous avons les deux titres suivants qui nous donnent son emplacement : le premier, daté du 14 février 1378-79 [Lièv. Ste-Cr. 1660], s'exprime ainsi : « Sous acasement faict par Guiraud de Castanede, écuyer, d'une » place vuide faisant le coin de rue Saincte- Croix et des Boeys, autrement » à1 Arnaud- Ayon, entre le fief de messire Arnaud Monedey, chevalier, et » la rue des Boeys ; la grande rue et le fief dudit Castanede, que tenoit » Ruffat de La Lande, d'autre bout, à P. de Lavistorte et Helie Robert. » Le second, daté de 1437 [Inv. Ste-Cr.], dit : « Reconnaissance par Eymard » Bernard, à l'abbé, d'un sol entier et place de terre situé rue Sangui- » nengue (rue Sainte- Croix), parroisse Sainct-Michel, faisant le coin de la » rue des Bouviers. » Ailleurs, nous trouvons cette rue sous le nom de rue des Boy ers. C'est celui que lui donne presque toujours Hierosme Lopes [Inv. de l'Ann.]. Baurein [Ms., p. 104] l'appelle rue Bertrand-Ayon, et il cite, à l'appui de cette dénomination, le texte suivant, que lui fournit

un acte de 1405 retenu par Helies Gaudeti, notaire : « totum illud

» hospicium quod est, in parrochia Sancti-Michaelis, in rua vocata Ber- » trandi-Ayon, alias deus Boeys. »

Boglon : Ruetta de Boglon; rue àeBegïon, Bocgïon, Boclon, Bouglon; mette des Repenties; rue ou ruette de VFsperon; rue Caphernete; impasse de Gourgues; impasse des Ayres; impasse Saint-Paul; Grand-Marché (7, 21). — Cette rue allait de la rue des Ayres à la rue Cayf émette (rue de Gourgues), en passant à l'est des dépendances de l'église Saint-Paul.

Elle est condamnée depuis de longues années, et il n'en restait plus, dans ces derniers temps, que les deux extrémités formant deux impasses. Celle du nord portait, au xvie siècle, le nom de ruette des Repenties et plus tard d'impasse des Ayres, et celle du sud, celui de rue de YEsperon, et dernièrement, avant la construction du Grand-Marché, d'impasse de Gourgues. Elle faisait partie de la paroisse de Saint-Eloi, ainsi que l'enseignent les deux textes suivants. Le premier, daté de 1356 [Viog. Bord.], s'exprime ainsi : « In parrochia Sancti-Elegii, in rua de Parvo-Cayfer- » nano, videlicet in quadam parva rueta de Boglon, que, a dicta rua de « Parvo-Cayfemano, ducit versus septentrionem. » On lit dans le second, daté du commencement du xve siècle [C. de l'arch.] : « Isarnus Bertaudi, » parrochianus Sancti-Elegii, pro solo sive casali quod est in capite rue » de Bocglon. » L'emplacement de cette rue est parfaitement désigné dans le texte suivant [Lièv. S1- And.] : « La rue Bouglon ou Bocïon est » une rue qui n'a point de bout, dans laquelle on entre par la rue des » Ayres, au midi, proche du Marché. » Dans l'extrait d'un acte de 1370 [Inv. S'-And.], on l'appelle rue de Beglon. Nous croyons que c'est une mauvaise lecture.

Un plan manuscrit dressé en 1765 [PI. mss. Barb.] lui donne le nom de rue de YEsperon, et on lit dans un des manuscrits que nous venons de citer [Lièv. S^And.] que la rue de YEsperon s'appelait aussi rue Capher-

nete .- « paroisse Sainct-Eloy, rue Caphernete ou de YEsperon

« Cette rue est sans bout et sort à la rue appelée de Gourgues, et sépare » le côté de la Maison professe de la maison de M. Roche. » Il est probable que lorsqu'on a donné définitivement le nom de rue de Gourgues à la rue Cayffernette, ce dernier nom a passé à la rue de YEsperon. La liève des fiefs 4e Saint-André est ici d'accord avec un autre manuscrit [Tab. par. et r.], où on lit : « rue de Lesperon, anciennement rue Capher- » nete. »

Bonabentura : Rua Bonabentura; rue Bonaventure; rua de Marcelha, de Marseilha, de Marceïlhe (10, 23). — « La rue Bonnaventure, autrement » rue Marceilhe, dit Baurein [Ms., p. 121, v° et 137], étoit située dans la » paroisse de Saint-Rémi. Elle est comprise dans les démolitions qui » furent commencées en 1676, pour former l'esplanade du château Trom- » pette; il en est fait mention dans un titre de 1357 en ces termes : modica » carreria vocata de Bonaventura, in burgo de Tropeita; et dans un

» testament de 1322 : apud IVopeytam, est-il dit, in carreria de Bona-

» ventura Elle étoit ouverte du midi au nord, et aboutissoit des fossés

» du Chapeau-Rouge à la rue de Medouc, qui étoit parallèle à cette pre- » mière. C'étoit la troisième rue qu'on trouvoit sur la droite en venant de » la porte du Chapeau-Rouge vers la porte Mèdoc. » Elle portait encore le nom de rue Bonaventura en 1417. Nous la trouvons sous le nom de rua Marselha en 1453, et sous celui de rue Marceïlhe en 1537 [C. de l'arch.] et en 1553 [Denomb.]. Dans ce dernier manuscrit, dont nous avons eu déjà l'occasion de signaler les négligences et les erreurs, on la confond avec la rue Naudot, qui lui était parallèle à l'est : « Jeanne d'Artigues, » pour une maison qui est en rue Bonnaventure, alias de Naudot. » L'auteur du manuscrit a voulu peut-être dire que cette maison aboutissait d'une rue à l'autre. Si l'on en croit Bernadau [Viog. Bord., p. 83], on aurait trouvé le pavé de la rue Boiiaventv/re au coin des rues Esprit des-Lois et de Condé. Elle était parallèle à la rue Pey-de-V Oustau, et il est constaté que des maisons avaient des sorties dans ces deux rues [Mais, dém.l.

Bordalesa : Hua Bordalesa; rue Bourdaleze , Bordeloise, Bordelaise; rue Le Reynaut (3, 22). — Cette rue faisait partie de la paroisse Saint- Michel, et se dirigeait de la rue Sainte-Croix vers la rivière. L'inventaire des titres de Sainte-Croix donne les renseignements suivants : « Recon- » naissance, en 1371, par Pey de Sanphorin de Landiras, seigneur » de X Ile Saint- Georges, à l'abbé, de plusieurs maisons, rue Bordeloise, » paroisse Saint-Michel. » — « Exporle, en 1480, d'une maison faisant » coin de rue Sainte-Croix et rue Bordeloise, par Jean de Barbaut. » La rue Bordelaise de ces derniers temps est évidemment celle des xive et xvc siècles. Elle portait le même nom en 1553 [C. de l'arch.] : « Jehan » de Jehan, de la parroisse de Saint-Michel, demeurant au bout de la » ruhe Bordeloise. » On la trouve sous la même dénomination dans le plan de Lattre.

Boqueyra : Rua Boqueyra; rua Boqueria, Boquiere, Bouqueyre; rue Beguière; rue Bouquière (6, 21). — Cette rue conduisait de la porte Bouqueyre au Marché. Sa partie méridionale était dans la paroisse de Saint-Michel, et l'autre dans celle de Sainte- Colombe. Elle est signalée dans une foule d'articles des comptes de l'archevêché du xive siècle.

Pendant la campagne du prince de Galles, le procureur général de l'archevêque avait loué une maison dans cette rue, « in rua Boqueria, » pour y déposer les provisions de l'archevêché. Un article des mêmes

comptes s'exprime ainsi, en 1400 : « pro medietate unius soli quod

» est in rua Boqueria. » Vital Caries avait des rentes sur une maison de cette rue; il les vendit, en 1384, quelque temps avant de fonder son hôpital : « Contract d'achat de 500 sous bordelois de rente annuelle sur » une maison en la parroisse Colomle, et rue Bouqueyre, à Vidau Charles, » chantre et chanoyne de Sainct-André, pour 80 livres bordeloises, par » Arnaud Lacaze, comme père et tuteur de Jehan de La Caze, son fils, et » de feue noble Trenquc de Podensac » [Inv. S1- And.]. Cette maison était située à l'extrémité orientale de la rue, l'autre bout de cette rue faisait partie du territoire de la paroisse Saint-Michel, ainsi que le prouvent le texte suivant remontant à la fin du xivc siècle [Obit. Sl-And.] : « Pro « quadam domo que est in parrochia Sancti-Micliaelis, in rua Boqueria, » et cet extrait d'un acte de 1420 : « Reconnaissance faite au chappitre » d'une maison avec l'yssue par derrière, et avec le puy qui est dans » ladicte issue, seize en la rue Bouqueyre, parroisse Sainct-Michel » [Inv. S1- And.]. Hierosme Lopes [Lièv. S^And.] l'appelle rue Beguiere ■. « Pour » une maison en la rue Beguiere, la septième après la cantonnière de la » rue Saint-James. » Nous la trouvons nommée rue Boquiere dans un inventaire des titres des Frères Prêcheurs.

Brayac : Ruetta de Brayac; ruetta de Brayaco, Braiac; rue Borde- Franque (10, 21). — « Ruette de Brayac, aujourd'hui rue Borde-Fra?ique, » dit Baurein [Ms., p. 158, v0]; elle aboutit de la rue Porte-Dijeaux à la » rue Margaux; c'est la seconde qu'on trouve en allant des boucheries de » Porte-Médoc vers le Gouvernement et le Temple. Cette rue fait la sépa- » ration des paroisses de Puy -Paulin et de Saint-Maixant, selon l'extrait » suivant d'une ancienne liève : In magna rua Podii-Paulini (aujourd'huy » grande rue Porte-Dijeaux) in altéra parte ipsius rue que est versus » meridiem, in angulo ruete de Brayaco, que dividit parrochias Podii- » Paulini et Sancti-Maxentii. » Nous la trouvons désignée de la manière

suivante en 1400 [C. de l'arch.] : « in parrochia Podii-Paulini in

» magna rua que, a quadrivio de Fonte- Joynii ducit versus domum » l'empli, videlicet ultra ruetam de Brayaco. » Cette rue, qui n'est plus livrée au public, passe à l'ouest et à toucher l'hôtel des Postes; elle est

fermée au nord par la porte cochère de cet hôtel, et au sud, par une autre grande porte.

Burga : Rua deu Burga, deu Bergua, deu Berguar; rua Burga; rue du Bourguat; rue Bourgue; rua ante Predicatores; rua deu Burga dauant los Predicadors; rua deus Predicadors; rue des Jacobins, des Jacopins; grande rue du Chapelet; rua extra portam Medulcam; rua de Porta- Medoaua; grande rue Saint- Germain; rue de La Corderie; allées de Tourny; place de la Comédie (11, 22). — Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 116, v°], « étoit » située dans le territoire des maisons démolies et dans celui de la » paroisse de Saint- Maiœant; elle aboutissoit de la porte Mèdoc à celle de » Saint- Germain ; de là vient que dans quelques anciens titres elle est » appelée grand rue Saint-Germain. Elle bordoit l'église de l'ancien » couvent des Pères Jacobins, qui se trouvoit dans son allignement du » côté du couchant; aussi fut-elle appelée rue du Chapelet, rue des Jaco- » bins, rue du Burga dauant los Predicadors, et quelquefois rua deus » Predicadors. Elle a aussi porté quelquefois le nom de rue de Porte- » Mèdoc, ce qui ne doit s'entendre que de son extrémité vers cette porte. » Dans certains titres, elle est désignée en ces termes : rue qui conduit

» de la porte Médoque vers celle de Saint- Germain l'extrémité de

» cette rue vers l'ancienne porte Saint-Germain est appelée, dans plu- » sieurs anciens titres, rua Burga, autrement de La. Corderie. Celle-ci y » est même quelquefois nommée rue Burga, ce qui a été occasionné par » la proximité de l'une et de l'autre. Dans un titre du 1er mars 1443, elle » est appelée carreyra deu Bergar « La Cordaria. » Un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] s'exprime ainsi : « pro domo que est super magnam ruam » ante Predicatores ('). » Dans le même compte, on lit : « Pro medietate » unius domui situate extra portam Medulcam, in magna rua que a porta » de Medulco ducit versus domum Predicatorum. » Plus loin, en 1537 et 1540, nous la trouvons nemmée rue Bourgue; enfin, en 1553 [Denomb.], rue des Jacopins. On l'appelait aussi, dans le xvir9 siècle, grande rue du Chapelet, autrement du Bourguat [Arch. Vayr.]. Cette rue a été remplacée par les allées de Tourny et une portion de la place de la Comédie.

(<) Il faut remarquer que les expressions : ante Predicatores, dauant los Predicadors, pourraient être non pas le nom de la rue, mais la détermination de l'emplacement d'une maison.

Caguebeu : Rua de Caguebeu,; rua Caguebeu; rue Caguebufz; rue Caguebœvfs; rua Bet-Janot; rue Boucalot; rue Curtanh; rue Minge- Cague-Beu; rue Turcan; rue Gabillon (5, 21). — Cette rue nous est signalée sous le nom de rue de Caguebeu dès l'année 1438 [C. de l'A. —

Arch. inun.] : « Galharda Rauiundi pro duabus domibus altis lapi-

» deis que sunt in rua de Caguebeu. » Nous la trouvons nommée rua Caguebeu, en 1483 [Terr. des Ann.], dans une reconnaissance consentie par Arnaud de Garus « de tôt aquet mech hostau qui es en la deita par- » ropia de Sent-Miqueu de Bordeu, en la rua apperada Caguebeu. » Elle portait le même nom en 1567 [Inv. Sl-And.] : « Reconnaissance faite au » ehappitre d'une maison ou chay seize en la ruhe Caguebeu. » Dans des textes de 1553 [Denomb.], on la trouve sous celui de Caguebufz et Caguebœufs. Cette rue, qui conduit de la rue des Menuts à la rue Hugla, est nommée dans le plan de Lattre : rue Minge-Cague-Beu. C'est le nom qu'elle portait encore avant 1*785, époque où les jurats lui donnèrent celui de rue Gabillon.

D'après H. Lopes [Lièv. S^And.], on l'appelait aussi rue Bet-Janot ou Curtanh: et cependant cet auteur, dans le même manuscrit, s'exprime

ainsi : « une maison, en la rue des Menuts, tenant depuis le canton

» de la rue Bet-Janot jusqu'au canton de la rue Caguebeu. » — « Pour » une maison en la rue Caguebeu, ayant son issue dans la rue Bet-Janot » ou Curtanh. » — « Une petite maison presque au bout de la ditte rue et » de la rue Pilet. » — « Une maison joignant le canton de la ditte rue et » de la rue Cabreyre. » Un scribe a écrit après coup, à la suite du mot rue Caguebeu, celui de rue Badie. Dans ces divers textes, Lopes, en contradiction avec ce qu'il avait dit auparavant, est d'accord avec le compte de l'archevêché des Archives municipales (1438), qui ne paraît pas confondre la rue Caguebeu avec la rue Curtanh; nous venons de voir, en effet, un article de ce compte qui nous apprend que Galharde Ramund avait deux maisons dans la rue Caguebeu, et nous lisons plus loin que, dans la même année, Guillaume Constantin possédait un demi -sol dans la rue Curtanh: « Guillelmus Constantini.... pro dimidio solo quod est in rua » de Curtanh. »

Nous avons trouvé les indications suivantes dans des manuscrits de différents auteurs : [Terr. bénéf. Sl-P.] : « rue Boucalot ou Caguebeu ou » Hugla. » — En 1403 [Bénéf. S^Mich.] : « maison franche en alo

» eu rue Cabreyre (rue Hugla), cantounière de rue l'urcan {Boucalot » ou Caguébeu), paroisse Saint- Michel. » (Nous verrons plus loin que la rue Turcan est, à n'en pas douter, la même que la rue Colombeyre.) On lit ailleurs, dans le même manuscrit, que la rue Caguébeu portait aussi le

nom de rue Tripière : « une maison cantonnière de rue Tripière

» (Caguébeu) et Hugla. » Dans un manuscrit de 1553 [Denomb.], on trouve ce renseignement : « Plus deux demies maisons que tient à pré- » sent messire Boucalot, scizes en une ruette près la rue des Menuts. » Enfin, au xvme siècle, on écrivait [Tab. par. et r.J : « rue Hugla, ancien- » nement Crabeyre ou Boucalot. »

Tous ces textes contradictoires ne sont pas faits pour nous éclairer. C'est ici le lieu de dire que nous avons constaté des erreurs assez nombreuses dans les volumineux inventaires des archives des bénéficiers de Saint-Michel, et Lopes, lui-même, dans ceux qu'il a rédigés, paraît avoir fait quelques confusions. A l'époque où écrivait ce dernier auteur (1685), et où ont été dressés les inventaires de Saint-Michel, des changements notables avaient été faits depuis peu dans le quartier situé au nord du couvent des Menuts. La rue Penteneyre (rue Pilet), qui, en 1401, aboutissait au cimetière de ce couvent, avait été raccourcie, ou bien le cimetière s'étendait jusqu'au bout méridional de cette rue, et alors la rue Caguébeu (rue Gabillon) et la rue Dabadie, qui lui est parallèle au nord, n'existaient probablement pas. Nous n'avons pas, en effet, rencontré le nom de la rue Caguébeu avant 1435, et nous ne trouvons celle de Bet- Janot, avec les confusionsque nous venons d'indiquer, que dans les lièves des fiefs de Saint-André, où cependant Lopes fait, dans certains cas, une différence marquée entre la rue Bet-Janot et la rue Caguébeu; ce qui nous donne à penser que, la rue Caguébeu étant celle que nous appelons rue Gabillon, la rue Bet-Janot était celle qu'on nomma plus tard rue Badie, maintenant rue Dabadie, et qu'une confusion analogue existe pour les rues Tvrcanh et Boucalot.

Campeu : Rua de Campeu; ruette de Campeau; rua de Campeus; rue du Petit-Loup; rue Millanges (8, 22). — L'abbé Baurein [Ms., p. 228, v°] cite un titre de 1480 dans lequel on trouve une maison de la rue Campeu, confrontant d'un bout à une autre maison appelée la Voûte du Loup, dans la paroisse Saint- Simèon. Il ajoute que la rue Campeu est la même que la rue du Petit-Loup. C'est maintenant la rue Millanges.

Canon : Rua deu Canon (11, 20). — C'est la me dans laquelle s'avançait la tour de l'angle nord-ouest de la ville romaine. Elle portait ce nom dès le commencement au moins du xvme siècle. On l'appelle maintenant rue de la Vieille-Tour. Nous ne savons pas comment on la nommait pendant la domination anglaise.

Cans : Rua deus Cans ; rua de Camps, deus Camps, de Canïbus, deus Canx, des Chiens; rua de Guïlhem-Johan, de Ramon-Johan, de Ramundi- Johanis; rue La Bironette; impasse Birouette (8, ïl). — « Cette rue, dit » Baurein [Ms., p. 158], est une espèce de cul-de-sac qui aboutit au » Peugue. Elle est appelée, dans les anciens titres, rua deus Camps ou de » Campis; rue deus Cans ou de Canïbus; rua de Ramon-Johan, et rua » Guillelmi- Johannis. » Et il ajoute [p. 190, v°] que, dans un titre de 1288. elle est appelée rue des Cans, autrement de Ramon-Johan; qu'en 1313 et 1390, il la trouve sous le nom de rue de Guillaume- Johan, et dans une liève du milieu environ du xrve siècle, il a lu : « rua que dicitur » Guïlhelmi-Johannis vel rua de Canïbus. » Dans un texte de 1553, elle porte le nom de rue des Chiens; et Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] l'appelle rue des Camps ou La Bironette. Cette rue était située dans la paroisse de Sainte- Eulalie. Elle aboutissait à la rue du Far. Un titre de

l'année 1400 [C. de l'arch.] nous en donne la preuve : « in parrochia

» Sancte-Eulalie pro domo cum exitu situata in magna rua de Farro,

» in angulo ruete de Canïbus. » Beaucoup de titres, remontant à l'an 1400, nous apprennent aussi qu'elle était remplie de tanneries : « Arnaldus deu » Mayne débet pro domo lapidea, in qua sunt duo pelamina que est in

» rua de Canïbus » — « .... pro apentitio cum introitu suo in quo sunt

» duo pelaria, quod est in rua de Canïbus » [C. de l'arch.]

Canta-Rana : Rua Canta-Rana. — Cette rue était située, si l'on en . croit Bernadau [Viog., p. 83], dans l'emplacement occupé plus tard par le château Trompette. Il y avait aussi, d'après le même auteur, une rue du même nom, dans la paroisse de Sainte-Eulalie, dans un endroit marécageux. Il existait encore en 1843 une rue Canterane dans cette paroisse. Elle a formé une partie de la rue Donissan.

Capperans-de-Sent-German : Rua deus Capperans-de-Sent-German;

rua Cappellanorum-Sancti-Germani; rue des Chapelains-de- Saint- Germain; rue de la Grande -Taupe; rue Lafaurie-de-Monbadon (13, 21). — Le texte suivant, de l'an 1375 [C. de l'arch.], nous fait connaître cette rue : « Dominus Arnaldus Barrani, cappellanus cappellanie institute per domi- » num Arnalduin de Pontenx, solvit, pro censu solorum que tenet in rua » Cappellanorum-Sancti-Germani, prope ecclesiam Sancti-Germani Burde- » gale.... » L'église Saint- Germain était située sur l'emplacement occupé maintenant par la rencontre des rues Fondaudége et Lafaurie-de-Monbadon, à l'angle oriental de la place Fondaudége. La rue des Chapelainsdé- Saint- Germain a donc été remplacée par la rue Lafaurie-de-Monbadon.

Gapeyron : Rua de Capeyron; rue Capeyron (6, 18). — Cette rue faisait partie du territoire de Sainte-Eulalie, ainsi que le prouve un texte

de 1432 [C. de l'arch.] : « tenet totam illam domum que est in rua de

» Capeyron, in parrochia Sancte-Euladie. » Dès 1382 [Inv. S^And.J, elle

était voisine de la rue de Veyrines : « maison et jardrin, mouvant du

» chappitre, seize en la parroisse de Saincte-Eulaye de Bourdeaux, con- » frontant, de l'ung bout, à la rue de Veyrines, et, de l'autre bout, à la » rue appellée de Capeyron. » Son extrémité méridionale se terminait, à la fin du xve siècle, en une impasse très malpropre. Nous lisons, en effet,

ce qui suit dans un titre de cette époque [Terr. Bos.] : « place de

» terre faisant le bout de la ruhette appellée Capeyron, laquelle est pleine » d'ordure et immondice, sans y avoir aulcun passage.... dure et tient en » long de la rue Peymentade-de-ruhe-Bouhaut, de l'un bout, entre au » padouin de laditte ville, de l'autre bout. » Cette rue s'arrête maintenant, comme elle s'arrêtait au commencement du siècle dernier, à la rue Magendie, autrefois rue Paymentada-de-rva-Boau.

Carboneu : Rua Carboneu; rua Carbonélh; rua Adam- Carbone u; rua Carbonelli; rue Carbonneau (3, 23). — « Le côté de cette rue qui est vers » le nord, dit Baurein [Ms., p. 70], est dans la paroisse de Saint-Michel, » et l'autre dans celle de Sainte-Croix. Il est fait mention de cette rue » dans les anciens titres, et, dès l'an 1311, elle y est appelée rua Car- » boneu, rua Carbonélh, rua Carbonelli, rua Adam- Carboneu. Cette déno- » mination nous donne à entendre que c'est d'un Adam Carbonneau » qu'elle a pris son nom. Rua A dam- Carboneu, est-il dit dans une ancienne » liève. que a magna rua Sancte- Crucis ducit versus mare. » Elle n'avait

pas changé de nom au xve siècle ; c'est ce qui résulte du texte suivant, de 1400 [C . de l'avch.] : « Arnalda de Cayrone, parrochiana Sancti-Michaelis, » débet pro solo quod est a rua Carbonelli »

Caries : Rue Caries; rue Ferron; rue de Monsieur-Rondelet; impasse du Port-Mahm; impasse de la Rue-Neuve (7, 22). — Nous ne savons à quelle époque l'impasse de la Rue-Neuve portait le nom de rue Caries; mais à la fin du xive siècle la famille Caries occupait à Bordeaux une haute position. On peut supposer que cette famille possédait une maison dans la rue nommée plus tard rue Ferron, et ensuite rue de Monsieur- Rondelet; en effet, les Carlos étaient alliés aux Ferron au xvie siècle. Le président Pierre de Caries avait épousé la sœur du conseiller Arnauld de Ferron. Cette impasse est, dit Baurein [Ms., p. 183], « le premier cul-de-sac qu'on » trouve à droite dans la rue Neuve, en venant de la Chapelle- Saint- » Jean. » Ou l'appelait, à la fin du xvme siècle, impasse du Port-Mahon.

Carmes : Rua deus Carmes; rua Carmelitarum ; rue des Carmes; rue Canihac (7, 19). — Cette rue passait à l'ouest du couvent des Carmes et aboutissait aux Fossés du même nom. Elle est mentionnée dans un texte de 1379 [C. de l'arch.] sous le nom de rua Carmelitarum. On l'appelle depuis peu de temps rue Canihac

Carmes-Biels : Rua deus Carmes- Biels ; rue des Carmes- Vieilhs. — Nous trouvons le nom de cette rue dans un texte de 1553 [Denomb.] : « Françoise Godin tient un appentis et jardrin à la rue des Carmes- » Vieillis, parroisse Saincte-Aulaye. » Le texte suivant, du même manuscrit et de la même année, nous donnerait à penser que c'était la rue Paymen-

tada-de-rua-Boau, qu'on nommait ainsi : « a rue Pimentade, autrement

» appelée aux Carmes-Bieils. »

Garmosset : Rua Carmosset; rue Cramouzet; rua Descarmousset (9, 23). — « C'est, dit Baurein [Ms., p. 229], qui l'appelle rue Cramouzet, » un petit cul-de-sac qu'on trouve dans la rue des Capperans, sur la » gauche, en venant de la grande rue Saint-Rémi. Il y a des titres où » elle est appelée rua Carmosset, rue Carmousset; il en est fait mention » dans une liève du xve siècle en ces termes : In parrochia Sancti-Remigii, » met a de Carmosset, que nunc est clausa, que, a rua de Macau (aujour-

» d'hui rue des Caperans), ducit directe versus orientera. » Il paraît par ce dernier titre et par le suivant, qui date de 1400 [C. de l'arch.], que cette ruelle était déjà une impasse : « Richard Sedeti, parrochianus » Sancti-Projecti, débet pro domo que est in rua de Carmosset, que mûri » est clausa.... » Baurein ajoute : « Dans un titre de 1532, cette rue est » énoncée dans la paroisse de Saint-Rémi et y est appelée rue Descar- » mousset. Suivant un titre du 22 décembre 1506, une maison située dans » la grande rue Saint-Rémi confrontait, par derrière, à la rue Carmosset. » Cette rue, en effet, n'était éloignée que de quinze à dix-huit mètres de la rue Saint-Rémi [PL mss., n° 149]. C'est maintenant une impasse sans nom fermée par une porte.

Casse : Rua deu Casse; rua de Maucailhau; rue de Maucaiïlau; rue de VOme-de-Papon; rue du Casse (4, 21). — Cette rue est située dans la paroisse de Saint-Michel. Elle était appelée indifféremment, au xve siècle, rue du Casse et rue de Maucalliau; cependant, d'après Baurein [Ms., p. 232], ce dernier nom est le plus ancien, et cet auteur cite le titre suivant, qui fait connaître l'emplacement de la rue : « In rua de Mau~ » caillau que a cimeterio Sancti-Michaelis, et a puteo qui est prope ipsum « cimeterium ducit directe versus puteurn de Maucaiïlau et meridiem. » Il ajoute qu'on la nommait rue du Casse en 1409, et, en 1445, « rua de » Maucalliau, autrament deu Casse. » On Ta appelée autrefois rue de l' Orne -de-Papou, notamment dans un contrat de vente de 1523 cité par Baurein [Ms., p. 87, v0]. Une erreur s'est glissée dans la gravure du plan de Lattre en 1733, où le nom est inscrit sous la forme Café; mais ce plan nous prouve qu'alors la rue portait le nom de rue du Casse depuis la place Canteloup jusqu'à sa rencontre avec la rue des Menuts, et celui de rue Maucaiïlau depuis ce dernier point jusqu'à la rue Saumenude.

Castelhon : Rua de Castelhon; rue Castillon (10, 21). — Cette rue porte le même nom, avec de légères variantes, depuis le milieu du xive siècle environ. Elle était comprise, du moins en partie, dans la paroisse de Saint- Christoly, ainsi que nous l'apprend un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Blanqua de Casalitz, pro domo alta et lapidea

» situata in rua de Castelhon, in parrochia Sancti-Christophori » Il

est à peu près certain que la rue de Castillon servait de limite aux paroisses Puy- Paulin et Saint- Christoly.

Gaudeyreyra : Rua Caudcyreyra, Cadeyrc, Caudereire, Caudeyrere, Caudureyre; impasse du Loup (8, 21). — Cette rue, qui était située dans la paroisse de Saint- Siméon , avait son entrée en face de la rue du Serpolet dans la grande rue qui va de la porte Begueyre à l'église de Saint- André (rue du Loup). C'est ce qui résulte des textes suivants [C. de l'arch.] (1400) : « Fortius Rogerii, parrochianus Sancti-Simeonis,

» pro domo situata in dicta parrochia in rua vocata Caudeyreyra »

(1447) : « Pro operatorio quod est in angulo, inter ruarn que ducit versus » portam Begueyram, ex parte una, et ruam vocatam Caudeyreyra, ex

» parte altéra. » Et ailleurs : « Rua Caudeyreyra in parrochia Sancti-

» Simeonis, in rua que, ab ecclesia Sancti- Andrée , ducit ad portam » Begueyram, in quadam domo que est ante introïtum rue de Sarporars. » C'était une impasse, appelée impasse du Loup, dont on a démoli depuis peu les maisons du côté méridional pour percer le cours d'ALSACE-ET- Lorraine. Baurein dit [Ms., p. 14] qu'en 1765, cette impasse portait encore le nom de rue Caudeyrere; Hierosme Lopes [Lièv." S1 -And.] l'appelle, en 1685, rue Caudereire.

Gausser ouge : Rua Causserouge; rue Causserouge (5, 20). — Cette rue porte le même nom qu'en 1438, époque où Pey Gaston, notaire, reconnut y tenir, en fief, une maison et un jardin du chapelain de la chapellenie d'Arnaud Vaquey, fondée en l'église de Saint-Michel [Bénéf.

S'-Mich.].

Gayffernan : Rua deu Cayffernan (l) ; rue Sainte-Catherine (partie de la) (7, 20). — La rue du Cayffernan était cette portion de la rue Sainte-Catherine qui est entre la rue des Ayres et le cours des Fossés. Elle portait ce nom dès 1356, suivant un titre cité par Baurein [Ms., p. 91] : « In magna rua de Cayffernano, que a porta Carmelitarum, sive de Cayffemano, ducit versus ruam de Areis. » Elle appartenait à la paroisse de Sainte- Eulalie : « In parrochia Sancte-Eulalie in rua de Cayffer- » nano » [C. de l'Arch., 1457]. On lui donnait, en 1459, le nom de rue de Caffemaon ou Coffarnaon, dans un compte de l'archevêché écrit en français, langue très peu employée alors dans notre pays : « Robin

(') Voir les variantes de ce nom au mot Cayffernan, page 120.

» Émerie pour la moitié d'un sueil, laquelle moitié est vers la rue de » Caffarnaon. » — « Menyon Barbier pour les quatre parts de demi-sueil » en la rue de Cafarnaon (en la paroisse Saincte-Eulaliè) où a maison. » On la trouve, en 1506 [Terr. Jés.] sous le nom de Cafarnam .• « Tôt aquet

» hostau in rua apperada deu gran Cafarnam, » et, dans le même

terrier, en 1507, sous celui de Cafernan. Elle portait encore, il n'y a pas longtemps, le nom de rue du Cahernan.

Gayfferneta : Rua Cayfferneta ; rue Caffemete, Caffernote, Caphernete; rua deu Petit-Cayffcmam ; rue du Petit-Caffaman, Cafernan, Cahernan; rua de Rostanhd; rue de Roustain, de Roustaing ; rue du ou de Coustau; rue Derrière-la-Majorie ; rue de Gouugue (7, 20). — Cette rue conduisait de la rue Saint-James vers la portion de la rue Sainte-Catherine qu'on appelait encore, il y a quelques années, rue du Cahernan. Sa partie occidentale dépendait de la paroisse Mainte- Eulalie, et l'autre bout de la paroisse Saint-Eloi. Une certaine quantité de titres des xive, xve et xvie siècles [C. de l'arch. — Lièv. St-Seur. — Baur. Ms., p. 92, v°) en donnent la preuve et apprennent, en outre, qu'elle a porté les noms variés que nous lui avons donnés ci-dessus.

On la nommait aussi, à la même époque, rue de Rostanhd, avec toutes les variantes de ce nom qui, depuis la fin du xvie siècle environ, s'écrit Roustaing.

En 1396, Arnaud de Rostanhd y possédait des maisons : « Arnaldus

» Rostanhdi solvit, pro uno solo quod est in rueta de Cayffemata »

[C. de l'arch.]. Les maisons des Rostanhd confrontaient à une ruelle qui se dirigeait vers les murs de la ville; elles étaient, par conséquent, au

sud de la rue : « Arnaldus Rostanhdi pro medietate unius soli quod

» est juxta domum suam. — Arnaldus Hugonis pro altéra medietate

» dicti soli quod est versus mururn ville. — Johanes Bruni pro solo

» contiguo quod durât ab una rua ad aliam, » c'est-à-dire de la rue Cayffemette à la rue Entre-deux-Murs (rue de Guienne). — Et enfin :

« Uxor quondam Pétri de Caminata pro domibus sive solis que sunt

» juxta quandam ruetam que est inter ipsas domos et domos quondam » Guilhelmi Rostanhdi, ad quam ruetam de dictis domibus habet exi- » tum. » Un autre manuscrit [Lièv. P. Berl.] démontre que la ruelle qui, de la rue Cayffemette se dirigeait du côté de la rue Entre-deux-Murs, longeait le côté oriental des maisons de Rostanhd. L'auteur de ce

manuscrit, après avoir dénombré les maisons de la rue, en commençant par l'ouest, arrive aux maisons de Rostanhd, et, de suite après, il ajoute : «Arnaud de Monedey, pour les, maisons sols et fief qui sont joignans » une certaine mette qui est entre lesdites maisons et les maisons de » Guillaume de Rostanh, sur laquelle mette les particuliers ont leur » sortie. » Cette ruelle était à peu près sur l'emplacement du mur oriental du Grand-Marché [PL Mss. Barb.]. La rue Cayfernette s'appelait encore rue de Roustain au xvie siècle; nous trouvons, en effet [Arch. Vayr.|, qu'Ogier de Gourgue, fermier général des domaines du roi en Guienne, possédait, en 1570, une maison située rue de Roustain, dans la paroisse Saint-Eloy. Cette maison était au sud de la rue, entre le Grand Marché et la rue Saint-James. Enfin, on voit ailleurs [Lièv. S^Seur.] qu'en 1756. « M. de Castelnau, conseiller au Parlement, possédait une maison située » à Bordeaux, rue de Gourgue, cy-devant appelée du Petit- Cayfernan ou » de Roustaing, paroisse Saint-Eloy . » C'est la maison qui porte maintenant le n° 5. Nous croyons que le nom de rue de Rostanhd était donné surtout à la partie orientale de la rue qui était dans le territoire de la paroisse Saint-Eloy .

Nous la trouvons, dans l'inventaire de Saint- André, à la date de 1381, sous la dénomination de rue de Coustau ou du Coustau : « Achat fait par » Mre Folquier Lacombe, chanoine de Saint-André et de Saint- Seur in, » d'exporles et de cens assignés sur une maison qui est en la paroisse de » Saint-Eloy, au Petit- Cayfernan à la rue de Coustau, alias du Coustau. » Nous pensons que l'auteur de l'inventaire a mal lu le vieux titre qu'il avait sous les yeux, et dans lequel il y avait probablement : Roustan. Le c et r se ressemblent quelquefois beaucoup dans l'écriture du xive siècle; et, souvent, dans les Comptes de l'archevêché, cette lettre nous a laissé indécis pour la lecture d'un mot; la vérité ne nous apparaissait qu'après la comparaison de plusieurs titres écrits par des contrôleurs différents. Enfin, on trouve quelques fois la rue Cayfernete nommée rue Derrière-la- Majorie. En 1414, « Jean Sans a reconnu de David, » archevêque de Bordeaux, une maison située en la rue appelée Derrière- » la-Majorie, » et au titre de ce texte, on lit : «Rue du Petit- Cayfernan. » On sait que l'église Saint -Paul occupe l'emplacement de l'ancienne majorie ou mairie.

Ger-Bolant : Rua dm Cer-Bolant; rue du Cerf -volant (7, 21). —

BORDEAUX VERS 1450. i 99

Cette rue, située dans la paroisse Saint- Simèon, « n'avoit pas, dit Baurein » [Ms., p. 172], dans le principe, une dénomination particulière. Dans un » titre de 1402, elle est désignée en la manière suivante : Rua per ont » hom ba de porta Begueyra aus pus deus Judius. » Nous la trouvons désignée de la manière suivante dans un acte de 1485 [Terr. Bos.] : « Tôt » aquet hostau ab la terra qui es en la deyta parropia de Sent-Simeon, » deuant lo Cer-Bolant, en la rua que ba et ben, de porta Begueyra, en » la rua deu Petit-Judas. » Le Cerf-volant était probablement l'enseigne d'une boutique située dans cette rue.

Clara : Rua Clara; rue Clare (3, 21). — Cette rue partait du carrefour de Y Ome-de-Pajion, et aboutissait aux murs de la ville juste à la place où l'on a percé plus tard la porte des Capucins. Un titre de la fin du

xive siècle [Obit. S1- And.] s'exprime ainsi : « et sunt assignati in rua

» Clara » Ailleurs, nous lisons : « in rua Clara prope Minorissas. »

La porte et la place des Capucins, et les rues les plus rapprochées de cette porte, sont établies sur l'emplacement de l'ancien couvent des Sœurs-Menues ou de Sainte-Claire.

Goffey : Rua de Cqffey ; rua de Coffins, Coffius; ruette des Cqffeys, Gouffeys; rue des Coicffes; rue Maucouyade (8, 21). — Cette rue était située dans la paroisse Sainte- Eulalie, ainsi que le prouve le titre suivant

de l'an 1432 [C. de l'arch.] : « totum illud son (1) quod est a Las

» Eyras, in rua vocata de Cqffey in parrochia Sancte-Eulalie. » On

trouve cette autre indication dans un acte de 1525 [Min. Brun.] : « En la » ruete de Cqffey, parroisse Saincte- Eulalie, par laquelle on va, de la rue » des Heyres, dessous le mur. » Hierosme Lopes [Lièv. Sfc-And.] complète

ces renseignements : « pour une grande maison, dit-il, en la rue

» Neuve- du- Poisson- Salé » (rue des Reries, avant le percement du cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE), « joignant la petite maison cantonière,

» du couchant à la rue des Cqffey s ; » et ailleurs : « pour une

» grande maison, en la rue des Eyres, passant jusqu'à la rue Neuve-

» du- Poisson- Sale, et proche de la cantonière du couchant de la rue des

» Coffeys. » On trouve aussi [C. de l'arch., 1432] une rue de Coffius, et

Bénéf. S1-?.] une maison qui confronte, du couchant, à la ruette des

(') Son peut sa traduire par les mots sol, emplacement : « lllas duas plateas sive soao » [C. de l'arch.].

Coieffes, paroisse Sainte-Eulalie. Cette rue se dirigeait par conséquent du nord au sud.

Nous ne voyons que la rue Maucouyade dont remplacement puisse convenir à celui de la rue de Coffcy; elle se dirige, en effet, du midi au nord, c'est-à-dire de la rue des Ayres vers celles de Dessous-le-Mur et des Herbes, remplacées par le cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE. Les mots Coffcy, Couffey, Colicy, Couhey, Coiffées, etc., sont des mots gascons dont les équivalents français sont Coiffé, Coiffe; Maucouyade, qui peut aussi s'écrire Maucouyffade ou Maucoyffade, signifie mal coiffée.

Columbeyra : Rua Columbeyra; rua Colunbeyra; rua Turcanh, Turchan; rue des Andouilles; rue de La Crèche (4, 21). — Cette rue, qui allait et qui va encore de la rue des Menuts à la rue du Casse, portait, dès l'an 1236 [Inv. S*- And.], le nom de rue Columbeyre. Les textes suivants, datant du xve siècle, la signalent comme faisant partie de la paroisse Saint-Michel [C. de l'arch., 1400] : « Johannes de Quercu, parrochianus » Sancti-Michaelis Burdegale, débet pro domo situata in rua Colunbeyra. »

— « In parrochia Sancti-Michaelis, in rua Colunbeyra » — « Petrus

» deu Casse, pro domo situata in rua de Malo-Calculo, et pro domo conti-

» gua que est in angulo rue Colmibeyre » Voici un autre texte qui ne

laisse aucun doute sur l'emplacement de cette rue [Viog., p. 314] : « Rua » de Columbeyra que de rua de Malo-Calculo ducit ad ruam Minorum. »

Elle portait aussi le nom de rue Turcanh ou Turchan en 1319 [Inv. Sl-And.] : « Vente faicte au chapitre par Pierre et Jehan Pons, frères, » d'un sol et demi terre sciz en la rue Columbeyre, appelée Turchan. » Elle le conservait encore en 1400 [C. de l'arch.] : « Gonthor de Senaco » débet pro dimidio solo quod est, in parrochia Sancti-Michaelis, in rua

» vocata Turcanh » Plus tard, on l'a appelée rue des Andouilles [Ms.

Baur., p. 187, et Bénéf. S*-Mich.]-

Nous la trouvons nommée quelquefois [Inv. S1- And.] rue Sainte- Colombe; nous pensons que c'est par erreur.

Commune : Rue Commune. — Une rue de ce nom est signalée dans le texte suivant [Inv. S1- And.] ' « Reconnaissance au chappitre d'une » place de terre et des masures en la parroisse de Sainte-Croix, rue » Commune. » Nous n'avons pas trouvé son emplacement. Nous avons cependant tout lieu de croire que c'était la rue de Sainte- Croix, qui con-

duisait de l'abbaye de Sainte- Croix à l'église de Saint-Micliel. Dans les titres du moyen âge, les mots via communis, camin communau, servaient à indiquer les routes les plus fréquentées, et la rue de Sainte-Croix était la seule grande voie qui conduisît de la ville à l'abbaye bénédictine.

Gontre-Fossat : Rua deu Contre-Fossat; rue de Contre-le-Fossé ; Fossatum; Fossatum novum; fossatum de Areis; fossats de Las Eyras; fossats deus Pelleys; fossés des Tanneurs; rue du Pelât; rue de La Voultedu-Pellac, du-Pelat; rue Boule-du-Pètal; rue Duffour-Dubergier ; cours des Fossés (partie du) (8, 19). — Le nom de rue deu Contre-Fossat et toutes les variantes ci-dessus étaient donnés à cette partie du cours des Fossés qui commence à la rue Sainte-Catherine et se termine à l'entrée de la rue du Ha, ainsi qu'à la rue sur l'emplacement de laquelle on a percé la rue Duffour-Dubergier. Les textes suivants en donnent la preuve : En 1382, une reconnaissance fut « faicte au chapitre de Sainct- » André, par Arnaud Martin, de toute icelle maison qui est en la ruhe du » Contre-Fossé, parroisse Saincte-Fulalie...., près le portail des Ayres. » Cette rue ne peut être que celle que nous avons connue sous le nom de rue de Boule-du-Pètal, et qui a été considérablement élargie lorsqu'on a ouvert à sa place la rue Duffour-Dubergier. « L'estat de cette rue a » changé, dit Hierosme Lopes [Lièv. S^And.], depuis que le fossé et » contre-fossé de la ville furent rasez et laditte rue faicte. »

Le nom de rue àeuContre-Fossat était quelquefois donné à toute la rue qui s'étendait de la porte des Carmes au Peugue. C'est ce qui résulte du texte suivant de 1397 [Inv. S^And.] : « Reconnaissance d'une maison seize en la » ruhe de Contre-le-Fossé, par laquelle on va des Carmes vers le Peugue. »

On l'appelait aussi, au milieu du xiv° siècle, Fossatum, Fossatum novum et fossatum de Areis. En 1355 [C. de l'arch.], Jeanne d'Alban

avait des maisons sur le Fossé : « Recepi a Johanna d'Alban ratione

» domorum quas tenet supra Fossatum » Et ce qui prouve que c'est

bien la rue qui nous occupe qui est appelée Fossatum dans ce texte, c'est qu'on lit, quelques pages plus loin, à la date de 1361 : « Johanna

» d'Alban pro domo supra fossatum de Areis » Enfin, en 1339, on

trouve dans le même manuscrit le renseignement suivant : « Ayquelmus » Guillelmi de Casalet solvit, pro censu domorum quas habet, in par- » rochia Sancte-Eulalie Burdegale, supra Fossatum novum. »

Au xvie siècle, on nommait la voie qu'a remplacée la rue Duffour-

Dubergier, rue du Pelac [Terr. Cast.] : « maison située sur les

» foussés des Tanneurs, confrontant à la maison de d'une part, à la

» rue du Pelac, d'autre part, à la rue tirant à festey du Peaulgue, par » derrière, de l'ung bout, jusqu'à la grande ruhe dudict foussé, par

» devant, d'aultre bout » Dans le même siècle, ainsi qu'aux deux

suivants, nous la trouvons sous le nom de rue de La Voulte ou Voûte-du- Pelac, du Pelât [Denomb., 1553] : « Perrin Coustaut...., pour une maison » qu'il tient près La Youlte-du-Peïlac, près le foussé des Tanneurs; » — « une maison en la rue de La Voulte-du-Pellac. » Hierosme Lopes [Lièv. S^And., 1685] nous apprend que la première maison de la rue du Ha « faict le canton, au couchant, de la rue de La Voûte-du- Pelât. » Le même fait nous est confirmé par plusieurs plans manuscrits du xvme siècle [Arch. dép.].

Ainsi, cette rue, qui s'était primitivement appelée rua Volte-Pelagi, ou rua de La Bouta-deu-P élague, deu Peugue, en était arrivée, par des corruptions successives, à recevoir le nom de Boule-du- Pétai. Nous citerons dans la suite de cet ouvrage des transformations tout aussi extraordinaires. Elle devait peut-être son nom primitif à une maison que les titres du xvie siècle [Denomb.] nous signalent comme existant dans cette rue, probablement sur le Peugue, et qu'on appelait la Voulte-du-Pellac : « Trenquine Monclaut...., pour une maison et voulte qu'elle tient près le » foussé des Tanneurs, appellée la Youlte-du-Pellac. » Hierosme Lopes dit aussi, dans le manuscrit cité plus haut, que la rue de La Voûte-du- Pelât s'appelait également rue des Fossés ou du Peyrat. Nous pensons qu'il y a ici une erreur. La me du Peyrat était une rue particulière. (Voir rua Peyrouze.)

Cet auteur nous apprend encore qu'en descendant la rue de La Voultedu- Pelât, à partir de la rue du Ha, on trouve « après la quatrième » maison à gauche, une petite ruette au fond de laquelle il y a un puits » commun. » Trois maisons viennent ensuite avant le Peugue. D'après tous ces textes, on doit, croyons-nous, conclure que la rue du Contre- Fossat s'étendait depuis la porte des Carmes ou du Caheman jusqu'au Peugue; mais que, depuis cette dernière porte jusqu'à celle des Ayres, on la nommait dans son ensemble fossé des Tanneurs, et dans ses diverses parties fossé des Carmes, fossé des Tanneurs, fossé des Ayres; enfin, à partir de la porte des Ayres jusqu'au Peugue, on lui donnait le nom de rue Voulte-du-Pelac.

Costinhan : Rua de Costinhan; rua de Castinhan; rua Descostignan ; rua de Costinhano; rua deu Putz-de-Cujoles, de Cuyoïas, de Cuyoïles; rua Putei-de-Cuyoles; rue du Puits-Descujols (9, 22). — D'après Baurein [Ms., p. 139, v°], la rue de Costinhan est la même que la rue du Puitsdes-Cujoles, et il cite ce texte à l'appui de ce qu'il avance : « In parrochia » Sancti-Petri, in rua de Costinhano seu Putei-des-Cujoles. » Dans un plan du commencement du xvme siècle [PI. mss., n° 82], la rue Descostignan est la continuation, vers l'ouest, de la rue des Petits- Caperans, dont les trois quarts au moins ont été démolis pour former la place du Parlement. La rue deu Puis- des- Cuj 'oies et celle Descostignan ne se trouvaient pas plus alors en face l'une de l'autre, qu'à présent les rues du Puits- Descujols et la petite rue des Caperans. Baurein en fournissant le texte cité plus haut n'en donne pas la date. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'en 1400, le contrôleur de l'archevêque ne les confondait pas. Voici, en effet, deux extraits tirés du même compte [C. de l'arcli.] : « Guillelmus » de Prato, parrochianus Sancti-Rcmigii , pro domo sita in rua de Cos-

» tinhano » — « Johannes Austencii, parrochianus Sancti-Petri , pro

» domo que condam fuit Ramundi de Cantolupo de Tropeyta, et postea » Galhardi de La Landa, situata in rua Putei-de-Cuyoles. » Un titre de 1387 [Inv. S1- And.] nous apprend que Vital Caries avait une maison dans la rue de Costinhan : «. Permutation faicte entre Me Vidau Caries et le

» chappitre de Saint- André pour raison d'une maison et appentis

» sciz en la parroisse Sainct-Remy, en la rue de Costinhan. » Le même manuscrit lui donne, en 1397, le nom de rue de Castinhan, et dit qu'elle était près du « Puy -de- Cuyoïas ».

Lattre inscrit sous le nom de rue Castignac une rue qui allait de la rue du Parlement à celle de Costignan, dont il n'a pas écrit le nom.

La rue de Costinhan a été détruite lorsqu'on a fait la place du Parlement.

Malgré les documents qui nous donnent à penser que la rue de Costinhan était distincte de la rue du Putz-de-Cujoles, nous avons cru, à cause du texte fourni par Baurein, devoir les placer toutes deux dans le même article.

Un manuscrit de l'an 1553 [Denomb.] s'exprime ainsi : « Les héritiers

» de feu M. Estienne Eymar, conseiller du roy en la cour quand vivoit,

» pour une maison qu'il tient en la rue du Puy-des-Niotz, en la parroisse

» Sainct-Pierre. » Puy-des-NioU est une mauvaise lecture; il devait y avoir dans l'original Puy-de-Cujolz. J'ai cru devoir donner cette variante erronée parce que les Archives municipales possèdent une copie du manuscrit original, déposé aux Archives du département, dans laquelle toutes les erreurs et les négligences du modèle sont reproduites.

La rue du P uits- des- Cuj oies était dans la paroisse Saint- Pierre, et la rue de Costinhan dans la paroisse Saint-Rémi.

Gourbin : Rua Gourdin; rue CorMn; rue Corvin; rue Courbin (10, 22).

— Dès 1543 [C. de l'arch.], il est fait mention de cette rue, dont le nom n'a pas changé depuis lors. Elle aboutit de la rue Saint-Rémy à celle du Pont-de-La-Mousque.

Grabeyra : Rua Crabeyra; rua Cabreyra, Cràbreyra; rue Craberie, Cràbeyre, Crabreyre; rue Maucoudinat; rue Boucalot; rue Hugla (5, 21).

— « Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 131, v°], est appelée dans plu- » sieurs anciens titres rue Càbreyre ou rue Craberie. » Elle était située dans la paroisse Saint-Michel [C. de l'arch., 1400] : « Alemana Andrée, » uxor Guillelmi Ramundi de Moncuc, débet pro domo cum solerio situata

» in parrochia Sancti-Michaelis, in rua Cabreyra » Elle aboutissait

aux Fossés, en face de la rue Bouqueyre [Inv. S'-And.] : « Reconnais- » sance d'une maison seize à l'angle et comme en arrière de rue Cra- » breyre, sur le fossé de la ville, près de porte Bourgogne. » Nous la trouvons aussi sous le nom de rue Cràbeyre [Bénéf. S^Mich.] ; et Baurein nous apprend que la rue Càbreyre est la même que la rue Hugla. Elle s'est également appelée rue Boucalot, puisque dans un texte du xvme siècle [Lièv. S^Seur.], on lit : « Rue Hugla, autrefois rue Bou- » calot. » A la fin du xive siècle, la rue Cràbeyre portait aussi le nom de rue Maucoudinat ; c'est du moins ce qu'on trouve dans un inventaire des titres des bénéficiers de Saint-Pierre, à la date de 1392 et 1394; celui de 1392 s'exprime ainsi : « Contract d'achapt de deux deniers bourdelois

» d'esporle sur une maison scituée en la parroisse de Sainct-Michel

» de Bourdeaulx, en la rue Cràbeyre, autrement de Maucoudinat. »

Au siècle dernier, il y avait aussi une rue de La Craberie dans la paroisse Saint- Michel; cette rue n'existe plus ; elle a été remplacée par l'extrémité orientale de la place Duburg, au coin de laquelle on lit encore : « rue » de La Craberie, » sur l'angle d'une vieille maison. Le manuscrit dans

lequel nous avons puisé ce renseignement [Inv. Sl-And.] nous apprend qu'un M. Couronneau possédait, en 1757, près de la porte de La Grave, une maison faisant le coin des rues Pujaduy et de La Craberie, « confrontant » du bout du nord à la rue Pujaduy, faisant la maison façade à la rue de » La Fusterie, et confrontant du levant à la rue de La Craberie. » A côté et au sud de cette maison, en existait une autre « au-dessous de laquelle » il y a un passage appelé Sous -les -Aub ans, confrontant du levant à la » rue de La Craberie, et du couchant à la maison de l'œuvre de Saint- » Michel. » De sorte que ce qu'on appelait rue Sous -les -Aub ans n'était qu'un passage situé à l'ouest de la rue de La Craberie, qui était la première que l'on trouvait à gauche en entrant par la porte de La Grave.

Dabant-los-Augustins : Rua Dabant-los- Augustins ; rue de Devantles- Augustins; rue des Augustins; rue Entredeux-Places ; rue Bigot (5, 19). — La première mention que nous trouvons de cette rue ne date que de 1553 [Denomb.] : « Les héritiers de feu Peyrot de Messignac tiennent une » maison et jardrin en rue Devant-les- Augustins. » Nous la retrouvons en 1579 signalée en ces termes : « Maison et jardin scitués en la rue de » Devant-les- Aîigustins, paroisse Sainct-Eloy . . . . , confrontant par devant » à laditte rue, et à la muraille du jardin du prieuré Sainct-Jacmes demi- » pied hors par derrière. » Cet emplacement était occupé, en 1392, par le jardin des Augustins; il est probable qu'à cette époque la rue n'existait pas.

Dacra : Rua Dacra; rue Datra, Datre, Dracaua; rue \Bracq ua; rue du Solei; rue du Souleil; rue du Soleil (6, 22). — Cette rue dépendait de la paroisse de Saint- Michel. Voici ce qu'en dit Baurein [Ms., p. 128] : « Aujourd'hui rue du Souleil, dont il est fait mention dans jun titre de » 1333 en ces termes : Tôt aquet obradur et tota acquera sala et cerer

» dessus qui est dentz la porta de La Rocera, entre la rua Dacra

» d'una part, et la mayson deus enffans de N' Arnaud Arros. Il résulte de » cet extrait que la rue Dacra étoit voisine de la porte de La Roussette. » L'extrait suivant d'un ancien titre sert à fixer de plus^enplus la posi-

» tion de cette rue : Tôt aquet hostau et exida qui es de part detras

» qui es en la parropia de Sent-Miaueu de Bordeu, en la rua apperada » Dacra...., et dura et ten en lonc de la deyta rua Dacra, de par dauant,

i» de l'un cap, entro au mur de la ciutat de Bordeu, lo camin comunau » entre mech, de l'autre cap. Ce chemin commun, qui séparoit le derrière » des maisons de la rue Dacra d'avec les murs de la ville, est aujourd'hui » la rue Reynier. Il paroît par un titre de 1441 qu'une maison située dans » la rue de La Roussette faisoit angle dans celle Dacra : Inter carreriam » vocatam rua Dacra, ex parte una. Cette rue est appelée par erreur dans » quelques titres rua Bracqiia. » Nous l'avons trouvée sous les noms de rue Datrc, Dattre, Datra [Inv. S*- And.], et sous celui de rue du Solei en 1551 [Denomb.].

Darey-lo-Porge-de-Sent-Pey : Rua Darey-lo-Porge-de-Sent-Pey (rue Derrière-le-Cimetière-de-Saint-Pierre'); rue de La Cour-des-Aydes (8, 22). — Cette rue était celle que nous appelons maintenant rue de La Cour-des-Aydes.

Dauradeys : Rua deus Dauradeys; rua dos Auradeys; rua deus Argenteys; rue des Argentiers (8, 22). — « Cette rue a pris son nom, dit » l'abbé Baurein [Ms., p. 101, v°], des orfèvres qui y ont fixé leur habi- » tation. Les maisons qui sont du côté du couchant confrontent, par » derrière, à un ancien mur de ville ; aussi, dans une liève du milieu du » xive siècle, est-il dit expressément qu'elle étoit en dehors de la cité : » Rua que a porta Castri-Burdegale sive de La Umbreira extra civitatem » ducit directe versus portam Sancti-Petri, sive versus septentrionem. » Elle n'est désignée dans plusieurs textes anciens [C. de l'arch.] que sous le nom de rue qui conduit de l'église Saint-Pierre vers le château et la place de Y Ombrière, et par des indications telles que les suivantes : (1361) « In rua per quam itur de ecclesia Sancti-Petri Burdeg'ale versus Umbre- » riam. » (1457) « Rua que ducit a dicta porta Sancti-Petri versus

» castrum Burdegale , etc. » Nous ne savons pas à quelle époque elle

a commencé à porter un nom particulier ; mais cependant nous ne croyons pas que ce soit avant le xve siècle. Dans plusieurs textes de 1553 [C. de l'Arch. — Denomb.], elle est nommée rue des Argentiers. Ailleurs [Lièv. de l'arch.], on lit : « Rue des Argentiers, anciennement dos Auradeys. » Les manuscrits du xvie siècle lui donnent ordinairement le nom de rue des Argentiers, et cependant dans un texte de 1553, on la trouve encore sous la dénomination de rue des Dauradeys : « M. Me Mathieu de La » Borde, prestre, tient une maison seize en la reue des Dauradeys. »

Dej us -la -Trilles : Dej us-la- Trilles, Dessoubz-les- Trilles, Dessousles- Treilles; rue des Treilles. — Il existait, en 1553, une rue, ou un passage, située près du clocher de Saint-Michel et qu'on appelait Dessousles-Treilles, ou rue des Treilles. Voici des textes [Denomb.] [qui nous en donnent la preuve : « Pierre Meynard, procureur en la prevosté royale de » Bourdeaux, a declairé tenir une maison seize en la parroisse Sainct- » Michel et au Dessoubz-les- Treilles. » On lit ailleurs « rue de Dessous-les- » Trilles » : « Me Jean de Lana, prestre, a declairé tenir une maison » seize en la rue des Treilles, parroisse Sainct-Micliel. » On ne doit pas confondre cette rue avec la rue Sous-les-Aubans ; celle-ci était située derrière l'église, tandis que celle qui nous occupe était devant : « Maison » seize Dessoubz-les- Treilles, près le clouchier Sainct-Micliel. » Et ailleurs : « Dessoubz-les- Treilles, devant le Porge. » Nous n'avons aucune preuve de l'existence de cette rue au xve siècle.

Dejus-lo-Mur : Rua Dejus-lo-Mur; rua Debas-lo-Mur ; rua Jus-lo-Mur; rua Juxta- Murum, Subditus-Muro, Subtus- Murum, rue Sous-le-Mur; rue du Mû; rue Caguemule ; rue des Mottes; rue du Peugue; rue des Yieïlles-Estuves , rue de Toscanan, Toscallan, Tuscalan, Tuscana, Tuscanan, 2\scane; rue Troscuney ; rue des Trois-Canals, des Trois-Canards, des Trois-Canars; petite rue Saint- Antoine; cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE (partie du); rue Saint-Antoine (8, 20; — 8, 21 ; — 9, 19). — Toutes les rues de Bordeaux qui longeaient extérieurement le mur romain méridional, entre ce mur et le ruisseau du Peugue, depuis l'entrée de ce ruisseau en ville jusqu'à la rue du Pas-Saint-Georges, portaient autrefois le nom de rue Dejus-lo-Mur, rue Debas-lo-Mur (rue Sous-le-3Iur). Elles ont été dernièrement remplacées par la partie occidentale du cours

d'ALSACE-ET-L0RRAINE.

Nous ne suivrons pas l'abbé Baurein [Ms., p. 13, v° et suiv.] dans ses digressions à propos de cette rue; nous nous contenterons de lui emprunter quelques-uns des documents qu'il cite en les complétant par quelques autres.

Une partie de cette rue s'étendait de la place Rohan à la rue Porte- Basse: en voici les preuves [C. de l'arch., 1400] : « Arnaldus de Balffada, » domicellus, parrochianus Sancte-Eulalie, débet pro solo quod est in rua » de Subtus - Murum , videlicet inter portam de Toscanam et torcular

» Sancti- Andrée. » [Ms. Baur.] : « Rua de Sultus-Murum que a puteo et » porta de Toscanan ducit directe versus torcular capituli, et versus » occideutem; » et ailleurs : « rua de Subditus-Muro que a Pelago et » torcular capituli ducit versus portam de Subtus-Muro et versus orien- » tem. » Connaissant l'emplacement de la porte de Toscanam, on ne peut douter que la rue signalée par ces textes ne soit celle qu'on appelait il n'y a pas longtemps rue du Peugue, et qu'auparavant on nommait rue Caguemule ou des Mottes, noms qui d'ailleurs ne lui avaient été donnés que postérieurement au xve siècle.

Baurein nous apprend [Ms., p. 125] que, de la rue de La Porte-Basse à la rue du Pas-Saint-Georges (parcours dans lequel la rue qui nous occupe s'appelait dernièrement rue des Trois- Canards, dans sa partie occidentale, et du Mû (l), à son extrémité orientale), on la nommait rue Dejus-lo-Mur, de Sultus-Murum. On l'appelait aussi rue Jus-lo-Mur, suivant Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] : « .... pour une maison avancée, écrit-il, en laditte » rue (de Jus ou Sous-le-Mur), la quatriesme après XEscor chérie, sortant » à la rue Neuve-du- Poisson- Salé. »

La portion de cette rue qui s'étendait depuis la place Rohan à la rue Sainte-Catherine s'appelait aussi rue de Toscanan. La moitié de la rue située à l'ouest de la porte de Toscanan s'est également nommée rue des Vieilles- Etuves, et l'autre moitié, à l'est de la même porte, rue des Trois-

Canards. On lit, en effet, dans un titre de 1566 [Terr. 15 cur.], « toute

» icelle maison sive chay qu'est seize et scituée en la parroisse de

» Saincte-Eulaye, en la ruhe appelée des Vieilles -Estuves, autrement de » Toscanan, par laquelle on va et vient dejus lo mur du Peulgue, confron-

» tant, d'ung cousté, devers soulel levant à la maison dudit affeuat ;

» d'autre cousté, devers soulel couchant, à la maison de Héliot Bonneau,

» parclieminier ; d'ung bout, par devant, à ladicte ruhe de Toscanan,

» et d'aultre bout, vers midi, vis-à-vis de la rue des Canœs, l'estey du

» Peulgue entre deux. » — « Pour une grande maison, » dit, de son

côté, Hierosme Lopes [Lièv. S^-And.], « en la rue Jus-le-Mur ou des » Vieilles-Est uves, faisant le canton, du couchant, à la rue des Palanques, » le long de laquelle elle s'estend jusques au ruisseau où estoit autrefois » un moulin appartenant au chappitre. » Baurein [Ms., p. 125] nous dit

(') Le mot nul n'est autre que le mot mur. En langage gascon, IV finale se prononce rarement; ainsi l'on dit mû pour mvr, ma pour mar (mer), hâ ou/« pour har ou far; leni pour bénir (venir); aima pour airnar (aimer), etc.

BORDEAUX VERS li50. 209

que, du nom de rue de Toscanan, est venu, par corruption, celui de rue des Trois-Canards; nous trouvons les traces d'une partie de cette transformation dans les deux textes suivants; le premier, datant de 1551 [Bénéf. S^Micli.] s'exprime ainsi : « Une maison en rue de Tuscanan ou Tuscalan » (rue des Trois-Canards), paroisse Saincte-Euïalie; » le second, de 1684 [Lièv. S^Seur.], dit : « rue Sous-le-Mur ou des Trois-Canals. »

On lit dans un manuscrit de 1553 [Denomb.] : « Pierre Bonneau, par- » cheminier, a declairé tenir en fief de Messieurs de la Ville une maison » scituée en rue appellée Tuscane alias de Tuscana; » et plus loin : « deux » maisons seizes en la rue de Toscalan, paroisse Saincte-Euïaye; » — « Grand-Jean Girard, tanneur, pour deux maisons qu'il tient en rue de » T'roscuney . >;

On a donné quelquefois le nom de rue de La Cadène à une portion de la rue Dejus-lo-Mur. (Voir ruetta de La Cadena.)

Il existait, d'après Baurein [Ms., p. 149], une autre rue que, dans les titres gascons, on appelait rua Dejus-lo-Mui', et, dans les titres latins : rua Juœta-Murum; c'est celle qu'on nommait, au xvne siècle [Liève des Feuillants], petite rue Sainct- Antoine (rue Saint- Antoine). Elle côtoyait, à l'intérieur, le mur du premier accroissement. Cependant le titre unique fourni par Baurein ne nous parait pas assez concluant; nous croyons que les mots Jaxta-Murum indiquent, non pas le nom, mais l'emplacement de la rue; voici ce texte, qui date de 1360 : « In rueta que, a porta Carmeli- » tarum, ducit juxta murum Burdegale versus domum Sancti-Antonii, » sive portam de Areis. » Nous verrons plus loin que toutes les rues qui passaient au pied de ce mur, du côté de la ville, s'appelaient rue Entredeux-Murs.

Dejus-los-Aubans : Kua Dej ' us-los-Aubans ; rue Debat-les-Ambans ; rue Soubs-ïes-Ambans, les Embans, les Eubans, les Haubantz; rue Sousîes-yiubans; rue des Aubans (4, 23). — Nous avons dit, en parlant de la rua Grabeyra, que ce qu'on appelait Sous-les-Aubans n'était qu'un passage à l'ouest de la rue de La Craberie, sur lequel étaient bâties les maisons qui avaient leur façade sur cette dernière rue. Cependant nous voyons dans des cartes imprimées et des plans manuscrits du xvme siècle que ce passage portait le nom de rue Sous-les- Aubans ; peut-être avait-il des portions couvertes par des maisons et d'autres à ciel ouvert. Ce passage partait, au nord, de la rue Pichadey autrefois Pujaduy ou Puyaduy-de-LaGraua, et

le texte suivant daté de 1508 [Bénéf. S4-Mich.] nous prouve qu'il débouchait dans celle des Allamandiers : « une maison et foui' cantonnier

« de rue des Allemandiers et Sous-les-Aubans. » Cette rue existait sans nul doute, et peut-être avec le môme nom, dès la fin du xive siècle, puisque nous lisons, dans le même manuscrit, qu'une maison située à La Grave, en 1395, est la même qu'une maison située Sous-les-Aubans en 1553. Dans des textes de cette même année [Denomb.], on donne à l'orthographe de ce nom presque toutes les variantes qu'il peut supporter ; en voici quelquesunes : « Sur les Haubantz, parroisse S ainct- Michel. » — « Jeannot de Min- » vielle, pour une maison près les Ambans. » — « Simon de La Lande et » Bertrand d'Estoc, pour une maison neufve près les Eubans, contre la » muraille de la ville. » — « Maison près le puis debant les Ambans qui » est sur la rue, » etc., etc. La rue de Dejus-los-Aubans était la seconde qu'on rencontrait, à gauche, en entrant par la porte de La Grave.

Dissente : Rua Dissente, Dissete, Dissuta, Dyssante; rue de ou du Chantre, Chcntre, Cheotre, Chiantra; rue du Poste; vue de Jean-La-Poste (11, 23). — Cette rue fut détruite lors de la reconstruction du château Trompette par Vauban. Les deux premiers rangs d'arbres situés au nord des allées d'ÛRLÉANS ont été plantés à peu près sur son emplacement. Elle partait de la rue Burga, en face de l'église des Jacobins, et se dirigeait en ligne droite vers la porte du Retge. Sa partie supérieure était dans la paroisse Saint- 3/exent, et son extrémité inférieure dans celle de Saint- Rémi. Voici les preuves de ce que nous venons d'avancer; on lit dans un texte de 1400 [C. de l'arch.] : « Pro domo cum exitu situata in parrochia » Sancti-Maxencii, in capite rue Dissente...., » et en 1423 [Inv. S1- And.] : « Sentence donnée par M. l'official de Bourdeaux, par laquelle Bernard de » Cornu fut condamné à reconnoistre une maison seize en la rue Dis- » sente, devant l'esglise des Frères Prescheurs. » Ailleurs, dans le même manuscrit, elle est appelée, en 1443, rue Dissuta et rue Dissete. Dans les pièces annexées au testament de Vital Caries [page 36], on trouve ce qui suit : « Primo decem solidos census supra domum quam tenet Bcrnardus » de Cornu in capite rue Dissente, prout est inter dictam ruam, ex parte » una, et appenticum Guillelmi de Larchevaud, ex altéra, et durât, in » longum, a magna rua per quam itur versus portam Medulcam ex uno

» capite » La g'rande rue qui se dirigeait vers la porte Médoc était la

rue Burga.

Nous avons trouvé cette rue nommée rue Dyssante dans un catalogue des titres des bénéficiers de Saint-Pierre. Plus tard, et par corruption sans doute, on l'a appelée rue du Chentre, du Chantre, de Chantre. Dans un inventaire des titres des mômes bénéficiers, écrit tout entier par un seul auteur, on la trouve, dans les sommaires de trois reconnaissances de la même maison faites en faveur de noble homme Ays de Fronsac, sous les noms de rue du Chentre, en 1381; de rue Dissente, en 1371, et de rue Dussente, en 1415. Bernadau [Viog\, p. 82] dit que « dans un titre de » 1476, on cite une rue du Chantre (deu Chiantra) (l) comme conduisant » au château Trompette. » On la nommait aussi rue du Poste [Terr. bénéf. St-P. — C. de l'arch., 1540]. On lit dans un texte de 1553 [Denomb.] que « Guirault Faure a declairé tenir une maison seize en la rue de Jean- » La-Poste, parroisse Sainct- Michel, mouvant de M. de Canolle. » Nous pensons que l'auteur a fait erreur, et qu'il faut lire Sainct- 31 eœant au lieu de Sainct-Michel. La rue de Jean-La-Poste et la rue du Poste ne doivent être, pensons-nous, qu'une même rue.

Diu : Rua Lin; rue Dieu (9, 23). — Cette rue existe encore avec le même nom; c'est la première que l'on trouve à gauche en montant, à partir de l'est, la rue du Pont-de-La-Mousque. Elle portait ce nom dès

l'an 1404 [Bénéf. S^Mich.] : « sur une maison franche en alo, en la

» parroisse Sainct-Remi, en rue Lieu, cantonnière de rue Sainct-Remi. » Elle avait le même nom en 1491 [Terr. 15 cur.] : « Lo discret home mossen

» Bernard de Tasta, prestre et procurayre de noble home Pierre d'An-

» glades, reconoguo aus honorables senhors quinze capperanis de las

» quinze capperas parropianas de Bordeu...., de tota aquera escala de » peyra feyta à maneyra de una bis, tor dessus...., qui es en la parropia » de Sanct-Aremedi de Bordeu, en la rua apperada Diu. »

L'auteur du catalogue des lièves du chapitre de Saint-Seurin écrit, à la date de 1684 : rue Lieu, Louet ou ftArsac. Nous croyons qu'il a fait confusion.

Duras : Rua de Duras ; rua de Rauzan; rua Porta-Neba; rue Porte- Neuve; rue des Grandes-Carmélites; rue des Treilles; rue de Grassi

(') Bernadau ne nous dit pas si deu Chiantra est une traduction de son crû, ou si ce mot est dans ]p texte, ce qui cependant est important.

(partie de) (11, 21). — « La rue des Grandes- Carmélites , dit Baurein » [Ms., p. 494, v°] anciennement rue de Porte-Neuve, rue de Duras, rue » de Rauzan, aboutit de la rue Porte-Dijeauœ aux fossés de Campaure

» ou de X Intendance Elle est dans le territoire de la paroisse de Puy-

» Paulin. » On l'appela aussi rue Engevin ou Angevin; Bernard Angevin était seigneur de Duras en 1453. L'extrémité septentrionale de la rue de Grassi passe sur le parcours de cette ancienne rue qu'on appelait il y a peu de temps, rue des Treilles.

Enfern : Rua d'Enfern, d'Infern; rue à' Enfer; rue des Bahutiers (partie de la) (7, 22). — « La rue d'Enfern, dit Baurein [Ms., p. 143], est » celle par laquelle on descend de la rue des Bahutiers à la rue Poitevine; » elle est ainsi appelée dans un titre de 1406 : Tôt aquet hostau et chopa, » y est-il dit, loquau es en la deyta carreyra deus Putz-deus-Judius, près » l'ostau deudeyt mossen Galhard Beguey, ayssi cum es entre la tor » deudeyt mossen Galhard Beguey, d'una part, et la deyta carreyra deu » Putz-deus-Judius, d'autra part; et dura et ten, en lonc, de la rua per » la quau hom ba bert porta Bcgueyra, de l'un cap, entro à la rua appe- » rada & Enfern, de l'autra cap. Il est encore fait mention de cette rue

» dans ce même titre, dans les termes suivants : Tôt aquet hostau qui

» es en la rua Peytdbina, ayssi cum es entre l'hostau deudeyt mossen » Galhard Beguey, d'una part, et la deyta rua apperada d'Enfern, d'autra » part; et dura et ten, en lonc, de la tor deudeyt mossen Galhard Beguey,

» de l'un cap, entro au mur de la ciutat de Bordeu, de l'autra cap

» Suivant un titre de 1483, une maison située dans la rue Poitevine con- » frontait, par côté, à la rue d'Infe?-n. » Ce dernier titre prouve qu'on avait démoli le mur romain pour faire un passage au bout de cette rue. Elle a été détruite lorsqu'on a percé le cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE. On la nommait, en dernier lieu, rue d' Enfer. Elle s'appelait aussi en 1413 [Inv. de l'Ann.] rue du Petit-Judas et faisait, au sud, le prolongement de la rue du même nom : « Reconnaissance de Bernard Corret pour une maison » rue Poitevine, faisant le coin de rue d'Enfer ou Petit-Judas. »

Enginh-deu-Miralh : Rua de V Enginli-deu-Miralh , de VEngenhdeu-Miralh, de V Engeynh-deu-Miralh ; rua de Ingenio-Miralhi; rue de VEngin-du- Mirait; rua deu Fagnas, FanJtas, Faugnas, du Haignas; rue des Augustines ; rue Gratiolet (4, 20). — Dans sa notice sur cette rue,

BOKDEAUX VERS 1450. 213

Baurein [Ms., p. 141, v°] s'exprime ainsi : « Rue de V Enginli-du-Miralh, » rua de Y Engeynh-deu-Miralli, rua de Ingenio-Miralhi, aujourd'hui rue » du Fagnas. Il en est souvent fait mention dans des titres du xrve siècle : » Tôt aquet hostau, est-il dit dans une reconnaissance de 1379, que es en » la parropia de Sent-Aloy, en la carreira apperada de YEnginh-deu- » Miràlh. Dans des reconnaissances postérieures de cette même maison, » il est dit qu'elle est située dans la rue du Fagnas. L'extrait suivant » d'une ancienne liève ne laisse aucun doute à cet égard : Geralda de » Boqueyrano, y est-il dit, parrochiana Sancti-Elegii Burdegale, débet.... » pro domo situata apud Miralhum, in rua que, ab Ingenio Miralhi, ducit

» versus domum Augustinarum Ce couvent était situé dans la rue

» de Fagnas. » On lui donnait cependant déjà au commencement du xve siècle le nom de rue du Fagnas; c'est ce qui résulte d'un texte de l'an 1409 [Inv. S*- And.] : « Reconnaissance au chappitre d'une demi maison » qui est en la paroisse Sainct-Eloy , à la rue appellée au FaugnJias. » Le même manuscrit la nomme, en 1420, « rue du Fanhas. »

Entre-dos-Murs : Rua d'Entre-dos-3Iurs; — rua deu Pount-de-La- Mosca, Jfosqua, Mousqua, de-La-Mouclie; rue du Pont-de-La-Mousque ;

— mette de Castaudet; rue du Petit- Casteret; — rua deu Pes-Belh; rue de La Pujade; rue de Y Intendance; rue Saige ; — impasse de la Vieille- Tour; — rue de Y Hôpital-des- Teigneux; rempart des Teigneux; rue des Remparts; — rue Tastet; rue Renier, Reyniè; rue Renière; — rue Podio; rue Poudiot; rue Teulère; — rue des Deux- Murs; rue du Collègede-Guienne; rue du Collège- de-Grammaire ; rue de La Magerie; rue de Guienne ; — petite rue Saint- Antoine; rue Saint-Antoine (8,21; — 1 1 , 20 :

— 12,21; — 10,24; —6, 22; — 6, 21 ; —7,20; — 10, 17; — 11, 20; — 10, 21 ; — 10, 23). — Nous avons déjà vu que les côtés nord et ouest de la ville romaine étaient protégés par deux fossés et deux murs parallèles; que les deux autres côtés paraissent n'en avoir eu qu'un; que deux murs et deux fossés enveloppaient le premier accroissement de Bordeaux, excepté du côté de la rivière; qu'enfin l'enceinte du xive siècle n'avait qu'un mur et un fossé. Partout où nous avons reconnu ces deux murs, nous trouvons que les rues de la cité romaine qui passaient entre eux s'appelaient rue Entre-deux-Murs, et que l'on avait donné le même nom aux rues longeant intérieurement le mur du premier accroissement: tandis que ce nom n'a jamais été donné aux rues ou aux chemins pas-

sant près des remparts du xrve siècle, ni près de ceux qui longeaient le Peugue ou la Garonne.

Une seule rue a conservé cet antique nom, c'est celle qui va de la place Saint-Rémi à la rue Courbin. Elle est au sud d'une partie de la rue du Pont-de-La-Mousque. Cependant, elle ne portait peut-être pas ce nom au milieu du xvie siècle, puisque dans un acte de 1556 [Terr. Dest.] elle est simplement mentionnée de la manière suivante : « petite ruette par » laquelle l'on va et vient de la rue Courbin à l'esglise Sainct-Remy. »

La rue du Pont-de-La-Mousque s'appelait rue Entre-deux- Murs. Nous en avons trouvé la preuve [Terr. Bos.] : « Reconnaissance (en 1490) par » Arnaud de Sociran et Jehan Duboscq de toute icelle maison, place et » jardrin scituée en la parroisse Sainct-Remy , en ruhe Dieu, confrontant » entre la maison de...., d'une part, et la ruhe Entre -les -deux -Murs » de laditte ville, d'autre part, et dure et tient en long de laditte ruhe

» publicque de par devant, de l'un bout, entre sol de et la secrestanie

» de laditte csglise, de l'autre bout; » — [Terr. Cast.] : « Jehan Donseau

» a reconnu (en 1538) maison scituée sur le fossé Trompeté, confron-

» tant à laditte ruhe, par devant de l'ung bout, jusques à la ruhe

» du Pont-de-La-Mousq ue , autrement appellée ruhe Entre-deux- Murs, » d'autre bout. »

Une rue située près et à l'est de la porte Mèdoc s'appelait aussi Entredeux-Murs, en 1487 [Terr. Bos.] : « Un sol.... scitué en la parroisse de » Sainct-Maixans, au lieu appelé Entre-deux- Murs , près la maison du

» Petit-Paradis et dure et tient en long du grand chemin, de l'ung

» bout, à la ruette de Castaudet, d'autre bout; » et en 1505 : « Maison en la » parroisse Sainct-Maixans, sur le portai de porte Medocque, Entre-deux- » Murs, confrontant à la ruhe et chemin, d'une part...., et dure et tient » en long de la ruhe publicque de Porte-Medocque, de par devant, de » l'ung bout, entre à la cause de...., d'autre bout. » — La maison du Petit-Paradis était située à l'est de la porte Mèdoc.

Baurein [Ms., p. 162] cite un titre de 1356 qui prouve qu'une rue longeant les murs romains du nord, près du château de Puy-Paulin, s'appelait rue Entre -deux- Murs. Cette rue paraît s'être étendue depuis la porte Mèdoc jusqu'au Temple. Un titre de 1505 [Terr. Bos.] nous apprend

qu'elle passait derrière le château de Puy-Paulin : « Maison qui dure

» et tient en long de la ruhe de Campaure, de l'ung bout, entre à la » ruhette appellée Entre-deux-Murs, dernier Puy-Paulin, d'aultre bout. »

Cette ruelle ne peut être que la rue Saige (voir rua deu Pes-Belh) ou, du moins, une portion de cette voie, ou une rue qui passait entre l'église et le château de Puy-Paulin.

Nous croyons que l'impasse de la Vieille-Tour est un reste d'une rue Entre-deux-Murs.

La rue des Remparts s'appelait anciennement rue Entre-dos- Murs [Ms. Baur., p. 188]. On l'appela, plus tard, rue de Y Hôpitat-des- Teigneux ou simplement Remparts-dés- Teigneux. C'était un chemin creux situé entre les deux murs, et qui conduisait de la porte Saint- André à la porte Dijeaux. En 1555 [Terr. Dest.], Jehan de Lespiault a reconnu.... « maison » et jardiïn y joignant, scitués en la ruhe de Porte-Dijaux, autrement » Entre-deux-Murs, confrontant, d'un costé, à la maison de...., d'autre » costé, à la rue de Porte-Dijaux, d'ung bout, à la tour du Dragon, et » d'autre bout, à la muralhe antienne de laditte vile et à la maison de.... » D'après les confrontations de cette maison, nous avons lieu de croire que c'est la rue des Remparts à laquelle le notaire donne ici le nom de rue Porte-Dijaux, autrement Entre-deux-Murs.

Deux murs et deux fossés parallèles protégeaient le premier accroissement de Bordeaux; le mur extérieur passait entre les deux fossés; mais il existait une rue continue, qui allait de la porte de La Roussette jusqu'à la porte Toscanan, en longeant le côté intérieur du rempart le plus rapproché de la ville ; cette rue s'appelait primitivement rue Entre-deux- Murs. Du sol au faîte, les maisons qui s'y trouvaient ne devaient avoir aucune saillie du côté du rempart; et leurs ouvertures devaient être établies du côté de la ville; en sorte que l'ensemble de leur mur de derrière formait un véritable rempart : « Item, dicimus [Liv. Bouil., » p. 370; an. 1262] quod, a porta de Rocelta, usque ad portam de Subtus- » Muros, débet esse via communis inter domos et murum portarum, » scilicet : via communis, libéra, sine impedimento a terra usque ad » celum. Item, dicimus quod super viam communem, de domo ad domum, » nec de domo ad murum, non débet esse pons, pertralia et projecta et » fenestralia poterunt et debent esse in villa ut fieri consuevit. »

La première de ces rues, à l'est, est la rue Renière. Elle s'appelait rue Entre-deux-Murs en 1488 [Terr. Bos.] : « Reconnaissance par Jehan » Fortespes, comme procureur de Jehan de La Mothe, écuyer, sieur de

» La Mothe- de- Cambes,.... de toute icelle maison scituée entre les

» deux muralhes de la ville près le portai des Salinières, confrontant,

» d'un cousté, à la ruhe & Entre-deux-Murs, d'aultre cousté, au foussé de

» laditte ville, d'ung bout, par le devant, à la rue des Salinières »

Cette rue portait, en 1532, le nom de rue Tastet [Bénéf. SVMich.], et au xvme siècle, celui de rue Reynier ou Renier.

La rue Teulère s'appelait aussi rue Entre-deux- Murs dès le xive siècle,

si l'on en croit un titre cité par Bernadau [Viog\, p. 257] : « dins la

» parropia de Sent-Elegy, en la rua à'Entre-dos-Murs, de porta Boqiieyru » à porta Sent-Elegy . » Elle s'est appelée plus tard rue Poudiot, nom qui est écrit en marge du texte suivant [Inv. Sl-Cr.] : « Vente en faveur » de Pierre Lafite d'une maison, parroisse Sainct-Eloy , entre deux murs. » H. Lopes [Lièv. S^And.] l'appelle rue Podio, et nous pensons que Poudiot est une corruption de ce nom. Au milieu du xvr9 siècle, un nommé Antoine de Podio possédait des maisons dans cette rue; voici un titre, choisi parmi une foule d'autres dans le même manuscrit [Terr. Cast.], et

qui en donne la preuve : « maison et jardrin scitués sur le fossé

» Sainct-Eloy , confrontant à la maison et jardrin de Me Anthoine de » Podio, docteur en médecine...., d'ung bout, à la ruhe dudict fossé, par » le devant, et d'aultre bout, par le derrière, jusqu'à la rue de La Sau. »

On donnait encore le nom & Entre-deux-Murs à la rue de Guienne, qui se dirige de la rue Saint James à la rue Sainte-Catherine [C. de l'arch.] : « Pro domo.... in rua à'Entre-dos-lfurs, inter Sanctum-Elegium et portam » ville que est ante domum Carmelitarum. » — « Johanna Mayensani, uxor » domini Arnaldi de Caupena, militis...., pro uno solo quod se extendit a » rua de Cayffcrneta usque ad ruam d'Entre-dos-Murs. » Cette rue s'appelait, au commencement du xvr2 siècle, rue du Collëge-de- Grammaire; au XVIIe, rue du Collége-de- Guienne ou de La Magerie [Lièv. S^And.]. Elle est aussi nommée, en 1438 [Terr. de l'arch.], rue des Deux-Murs.

La rue Saint- Antoine, qu'on appelait quelquefois rue Dejus-lo-Mur (voir cette dernière rue), s'est appelée, du moins dans son extrémité méridionale, rue Entre-deux- Murs. Voici l'extrait d'un titre de 1353 qui

en donne la preuve [Terr. de l'arch.] : « Un sol de terre en la rue

» <X Entre-deux-Murs, par laquelle on va, du portail de la ville qui est » devant les Carmes, vers la rue de Bertrand-Bozon » (rue Montaigne) ; et ailleurs, en 1381 : « Rue Entre-deux-Murs, par laquelle on va, du » portail des Carmes, vers Sainct- Antoine. » Si le commencement de la rue s'appelait rue Entre-deux-Murs, il est probable que le reste, qui se trouvait dans des conditions semblables, portait le même nom; seulement,

faute de preuves, nous continuerons à lui donner, comme Baurein [Ms., p. 149], celui de rue Dejus-lo-Mur.

Escapon : Rua de V Escapon. — Cette rue était située dans la paroisse de Puy-Paulin, ainsi que nous l'apprend un texte de l'an 1400 [C. de Parch.] : « Pro solo quod est in rua vocata de Y Escapon, in parrochia Podii- •> Paulini.... » Nous retrouvons son nom dans l'inventaire de Saint- André en 1405; mais nous n'avons pas trouvé son emplacement. Une certaine Auda d'Escapone possédait une maison et des terrains dans la rue qui, du Temple, conduisait vers Saint- C hristoly ; et, à raison de cela, payait, en 1361, une rente à l'archevêque; en 1375, elle était mariée et payait la même rente : « Auda d'Escapone, uxor Ademari de Lamensano,.... pro » tribus solis terre.... in rua de Templo.... » [C. de l'arch.]. La portion de la rue du Temple qui est au nord de la rue Portc-Dijeaiix, et qui communiquait avec cette dernière par un portail [PL mss., n° 19], faisait nécessairement partie de la paroisse Puy-Paulin, puisque, d'après le texte suivant [C. de l'arch.], les maisons qui étaient en face de la rue Saint-Paul (plus loin, par conséquent, de l'église Puy-Paulin que la rue du Temple) étaient, en 1404, dans le territoire de cette paroisse :

« Bertrandus Usana pro dimidio solo quod habet ante caput rue

» Sancti-Pauli, in parrochia de Podio-Paulini » La rue de Y Escapon

est peut-être l'impasse qui, de la rue Poi-te-Dijeaux, conduisait à la porte de l'église du l'emple. Nous trouvons, en outre, dans des textes antérieurs, datés de 1338 [C. de l'arch.], qu'un personnage nommé de l'Escapone possédait des maisons dans les paroisses de Saint-Paul et de Saint- Ch'istoly ; « P. de l'Escapone solvit pro arreragiis censuum

» duarum domorum existentium in parrochia Sancti-Pauli Burdegale

» Item, solvit pro arreragiis censuum duorum domorum existentium in » parrochia Sancti-Christopliori Burdegale. » Nous avons lieu de penser, par suite de ces divers textes, que la famille de l'Escapon possédait des maisons des deux côtés du carrefour formé par la rencontre des rues du Temple et Porte-Dijeaux, puisqu'elles étaient situées dans les paroisses Puy-Paulin, Saint-Paul et Saint- Christoly, que ce carrefour sert de limite à ces trois paroisses, et que la rue de Y Escapon en était voisine.

Espiceys : Rua deus Espiceys; rua de Porta- Begueyra; rue des Épiciers; rue du Pas-Saint-Georges (7, 21). — « Il est fait mention de

» cette rue, dit Baurein [Ms., p. 192], dans un texte de 1371, en ces » termes : Tôt aquet sou et plassa, ab lo molin et ediffici que dessus es » entegrament, ab totas sas appartenenssas, loquau es, en la parropia » Sancta-Coloma de Bordeu, en la carreyra deus Espiceys, si cum hom ba

» de porta Bigueyra bert lo mercat Elle est appelée, dans un titre

» de 1414 : carreyra de Porta-Begueyra. » C'est maintenant la partie méridionale de la rue du Pas-Saint-Georges, depuis la place du Vieux- Marché jusqu'au cours d'ALSACE-Eï-LoRRAiNE. On l'appelait encore, il y a quelques années : rue des Epiciers. (Voir rua de Porta-Bcgueyra.)

Estela : Rua de VEstela; rua de Stella; rue de Y Estelle; passage de V Étoile; passage de I'Hôpital (8, 19; — 9, 20). — Deux rues de Bordeaux portaient, au xve siècle, le nom de rue de V Etoile. La première était située dans la paroisse de Sainte- Eulalie, et la seconde, dans celle de Notre- Dame-de- La-Place ; cette première allait de la rue du Far au cimetière de Sainte- Eulalie, en traversant la rue Ségur : « Arnaldus Rostanhdi [C. » de l'arch., 1438], pro domo, cum exitu, que est in rua de Stella, eundo » versus ecclesiam Sancti- Andrée.... » — « Reconnaissance [Inv. S*- And.] » faicte au chappitre d'un jardrin et vigne qui est dans la rue de Y Estelle, » près du porge Saincte- Eulalie. » Le contrôleur de l'archevêché, en donnant la nomenclature des maisons de la rue du Hâ qui devaient, en 1400, des rentes à l'archevêque, cite une maison située dans cette rue, au

coin de la rue de Y Étoile : « in parrochia Sancte- Eulalie pro

» domo que est, in rua de Farro, in angulo rue de Stella; » et ailleurs : « Pro domo stiïcta alta, cum soleriis, situata in rua de Farro, ultra » ruettam de Stella. » Beaucoup de titres du xve siècle [C. de l'arch. — Inv. S*- And.] prouvent qu'il y avait des pièces de vigne et des jardins dans cette rue; des mentions analogues aux suivantes y reviennent assez souvent : « Totum illud trilleum vinee ; » — « pro vinea que est in rua de » Stella; » — « pièce de vigne et jardrin dans la rue de Y Estelle. » Voici ce qu'écrit Hierosme Lopes en 1685 [Lièv. S1- And.] : « La rue de Y Estelle » estoit une petite rue qui venoit de la grande porte de l'église Saincte- » Eulalie vers Sainct-Andrc. Cette ruette portoit ce nom jusqu'à la ren- » contre de la rue du Hâ; à présent, elle quitte son nom à la rue Ségur, » qui la coupe au levant de laditte rue de Y Estelle, et prend le nom de la » rue Dcvant-le-Chasteau-du-Hâ. » Ce qui reste de cette rue s'appelle maintenant passage de I'Hôpital. La rue de I'Étoile n'est pas sur l'em-

placement de la rue de XEstella; cependant elle portait déjà ce nom au xvme siècle, et les plans manuscrits de cette époque [Arch. dép.] la montrent partant de la rue Ségur, puis, peu après, tournant à angle droit, vers le couchant, pour déboucher en face des jardins du fort du Hâ; c'est à cette dernière portion de la rue, se dirigeant de l'est à l'ouest, qu'on a conservé le nom de rue de I'Etoile.

« Il est fait mention, dit Baurein [Ms., p. 183, v°], de la rue de YEstela, » située dans la paroisse de Notre- Dame-de- La-Place, dans l'extrait » suivant d'une ancienne liève (l) : Dominus Bernardus de Viridario, » presbiter, débet pro casali quod est, in rua Judega, in parrochia Beate- » Marie- de-Platea, videlicet in angulo ruete de Stella, recte seu quasi » ante ruam Gayrauda. » L'abbé Baurein ajoute : « Cette ruette était une » espèce de cul-de-sac qui aboutissait au ruisseau de la Devise; c'est ce » qu'on peut conclure d'un autre extrait de cette même liève : Rua de » Stella, que, a rua Judaica, ducit directe versus Dwiciam. » Elle s'ouvrait donc presque en face de la rue Guiraude et aboutissait à la Devise. Elle n'existe plus.

Estreyte : Rua Estreyte; rua Stricta; rua Orla (3, 19). — Nous avons vu plus haut, page 66, en parlant de la porte du Mirait, que la rue Estreyte (rua Stricta) était placée au midi de cette porte, dans la localité appelée à Lavodat .- « Apud Lavodat, in rueta Stricta, que, a » fossato ville, videlicet inter portale Sancti-Juliani et portale de Miralho, » ducit versus meridiem. » Nous trouvons ailleurs [Inv. S^And.] une autre rue appelée également rue Estreyte ou rue Orle située dans la paroisse de Bègles : « Reconnaissance faite, en 1418, au chappitre, d'un tros de » vigne qui est, en la paroisse de Bègles, à rue appellée à rue Estreyte, » autrement à rue Orle. » Le même manuscrit signale une autre reconnaissance consentie, en 1273, par Ramon Thomas en faveur de l'abbé de Sainte-Croix, d'une pièce de terre qui est au Sarjporar-de-Perier-Pinet, près la rue Orla. De cela, nous devons conclure qu'il y avait une rue Estreyte entre les portes du Mirait et Saint-Julien, et une autre dans le quartier de Sarporar (2).

Cette dernière rue est tracée dans un ancien plan [PL mss., n° 139];

(') Comptes de l'archevêché de 1400, qui nous permettent de compléter le texte de Baurein. (*) Un chemin appelé rue Orle et une localité portant le nom de Gratecap existaient, en 1538, dans la paroisse de Beychac, en Entre-deux-Mers [Arch. La T.].

elle aboutissait au chemin qui, du Fort- Louis, conduisait au chemin de Bègles; elle se dirig-eait de l'ouest à l'est; il n'y avait en 1765, date du plan, qu'une seule maison dans cette rue, près de l'entrée.

Eysinas : Rua de Eysinas. — Cette rue, dont nous n'avons pu retrouver l'emplacement, était dans la paroisse de Sainte- Eulalie; c'est ce que met hors de doute le texte suivant [C. de l'arch., 1432] : « .... tenet totam » illam domum que est in rua de Eysinas.... in parrochia Sancte-Eulalie. »

Far : Eua deu Far'; magma rua de Farro; rue du Farre; rue de X Immortalité ; rue du Ha (8, 19). — Cette rue était dans la paroisse de Sainte-Eulalie ; elle se dirig-eait de la porte des Ayres vers Saint- Laurent-d 'Escures : « Ru i de Farro que, a porta de Areis, ducit versus » Sanction- Laurentium et occidentem » [Ms. Baur., p. 229, v0]. On pourrait croire, par suite d'un autre ancien titre, cité ég-alement par Baurein, que cette rue ne commençait qu'à l'angle de la rue des Cans; mais le texte suivant [C. de l'arch.] prouve qu'elle partait des Fossés : « Johanna Martini , uxor domini Augerii de Pelagrua , militis , débet » pro domo que est supra Fossatum, extra portam de Areis, in ang-ulo » et capite rue de Farro. » En 1459, on l'appelait rue du Farre [C. de l'arch.] : « (Receu) de Emery By, pour une maison joignant (une maison » appelée aux Cordiers, sur les Fossés, hors la porte des Aères), qui est » en l'eng'le du cap de la rue du Farre. »

Le nom de rue de V Immortalité lui avait été donné pendant la première République.

Far-de-Lesparra : Rua deu Far-de-Lesparra ; rua Farri-de-Sparra ; rua de Farro-de-Sparra; rue du Hâ-de-Lesparre ; rue du Haut-de-Lcsparre ; rua Sent-Mcxens, Sent-Maxens ; rua Sancti-Maxencii; rue Saint-Maixant; rue de Salignac; rue de V Egalité; rue du Parlement; rue du Parlement- Sainte-C.vtherine et rue du Parlement-Saint-Pierre (9, 22). — « C'était, » dit l'abbé Baurein [Ms., p. 139], la rue du Parlement et non celle que » l'on appelle actuellement la rue du Far-de-Lesparre .- In parrochia » Sancti-Petri Burdegale, in rua Magne-Cordcrie, que a rua de Farro- » de-Sparra ducit directe versus portam de Palis et septentrionem. » — « In rua de Lenguonio que, a rua de Coustinhano, ducit versus ruam » Farri-de-Sparra et meridiem. »

Elle s'appelait aussi, en 1400, rue Saint- Mexent ; c'est ce qui résulte du titre suivant [C. de l'arch.] : « Johannes Arnaldi, alias Guossati, pres- » biter, capellanus capellanie institute per quondam dominum Petrum » Guossati, presbiterum, débet, pro domo situata in rua iSancti-Maœencii, » que, ab ecclesia Sancti-Maxencii, ducit versus Farum-de-Lesparre. » Le texte suivant prouve que la rue du Far-de-Lesparre et la rue Saint-

Mexent étaient bien la même [Obit. S1- And.] : « pro domo quam

» habet in rua deu Far-de-Lesparra Burdegale, in parrochia Sancti- » Maxencii. » Elle est nommée quelquefois Grande -rue- Saint- 31 aixant [Ms. Baur., p. 181, v° et 64, v°. — Inv. St-And.]. On lui donnait aussi le nom de rue de Salignac en 1392 [Fr. Prêch.] : «. Reconnaissance.... d'une » maison seize dans la paroisse de Sainct-Pierre, en la rue de Salignac, » autrement dite lo Far-de-Lesparra. » On la trouve en 1553 [Denomb.] sous les noms de rue du Hault-de-Lesparre et du Hâ-de-Lesparre, et au xvme siècle [Tab. par. et r.], sous celui de rue Fort-de-Lesparre. Dans un inventaire des titres des bénéficiers de Saint-Pierre, on lit l'analyse suivante : « Exporle (1476) d'une maison scituée en la parroisse de » Saint-Pierre de Bourdeaulx et rue du Far-de-Lesparre, autrement de » Costignan. » Nous croyons qu'il y a ici erreur, parce que la rue de Costignan était parallèle à celle du Far-de-Lesparre, et que partout ailleurs le même manuscrit s'exprime ainsi : « rue du Far-de-Lesparre, autrement » du Parlement. » Elle a été nommée, pendant la première République, rue de V Egalité.

Faures : Rua deus Faures; rua Fdbronim; rue des Fargues; rue des Faures (5, 22). — Cette rue était et est encore dans la paroisse de Saint- Michel; elle porte toujours le même nom; seulement elle n'allait autrefois que depuis le cours des Fossés jusqu'à la place du Marché-Neuf. On vient de la prolonger jusqu'au quai de La Grave, en donnant son nom à la rue Pichadey qui, de cette place, descendait jusqu'à la rivière. On appelait, au xvie siècle (1560), la rue des Faures, indifféremment rue des Faures ou des Fargues [C. de l'arch.] : « En la parroisse Sainct-Micliel, rue des » Faures, » et à l'article suivant : « Jehan de Zenom, seigneur de Zenon, » au nom de noble homme Arnauld de La Taste,.... pour la maison, » voulte, yssue et demye puy, qui sont en ladicte rue des Fargues (l). »

(•) Fuure ou haute est un mot g-aseon qui se traduit en français par forgeron.

Ferradre : Rua Ferradre; rue Fer rade, rue du Pucli; impasse Saint- Pierre (8, 23). — Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 137, v°], « est le cul-de-sac » qui est près et au nord de l'église Saint-Pierre. Il en est fait mention » dans l'extrait suivant d'un dénombrement rendu par MM. les Jurats en » 1675 : Comme aussy sont lesdits jurats, seigneurs fonciers et directs de » tous iceux quinze derniers de maisons et bassecours situés tant en la rue » Ferradre, qui n'a pas de bout, qu'en rue des Faussets, et qui ont leur » sortie en ladite rue de la Vieille- Cor derie, et dont la séparation en est » faite par les fondements des anciens murs de ladite ville, de présent » encore en pied, passant à travers lesdites maisons, et tout autant qu'il » y en a dans ladite Vieille- Corderie-Sainct-Pierre, entre lesdits anciens » murs, y ceux compris, et ladite rue de La Corderie-Sainct-Pierre , » confrontant, du couchant, au derrière des anciens corps de logis des » dites maisons des rues des Faussets et Ferradre, séparées par iceux » murs, du levant, à ladite rue de La Cor derie, du nord, à une petite rue » qui vient de la rue des Faussets à la dite rue de La Corderie, et, du

» midi, au cimetière de ladite église de Sainct-Pierre Il y a des titres

» où cette rue Ferradre est autrement appelée rue du Puch. »

On la nomme aussi quelquefois rue Ferrade; Bertrand de Makanan, seigneur de Sallegourde, vend, vers 1603, une maison derrière la rue Ferrade, joignant les murs de ville [Arch. B.-Lal.]. (Voir rua Sent-Pey.)

Forn : Rua deu Forn; rua de Guiraut-deu-Forn; rue des Fours (4, 23). — Cette rue était et est encore située dans la paroisse Saint-Michel; elle allait de la rue de La Fusterie à la rue Sainte-Croix. Elle portait le nom de rua deu Forn au commencement du xve siècle [Lièv. Ste-Cr.] : « Guilhem » deu Puious, borgues de Bordeu, demorant en La Rossela, deu (en 1418) » per i ostau que ten a rua deu Forn, et fo de Ayquem de La Rocera, » ii deneys d'esporle et xn deneys de cens. » On l'appelait aussi quelquefois rua de Guiraut-deu-Forn [Inv. Ste-Cr.] : « Revente par Gaussens de » La Rivaux, à l'abbé, de trois deniers d'exporle et 100 sous de cens sur » une maison située, paroisse Saint-Micliel, rue de Guiraut-du-Four. » Elle porte maintenant le nom de rue des Fours.

Galineira : Rua Galineira; rue Galinière; rue Galunere (7, 21). — Un texte de 1553 [Denomb.] nous signale cette rue comme faisant partie

de la paroisse Sainte- Colombe : « Guillaume Roustault et Pierre Ardouneau,

» pour une maison en rue Galunere, en la parroisse Saincte- Colombe »

De son côté, le rédacteur de l'inventaire des titres des Frères-Prêcheurs nous fait connaître cette rue dans la rubrique suivante : « Au Marché,

» paroisse Saincte- Colombe ou rue » Galiniere; » et le texte qu'il cite à l'appui de cette rubrique est ainsi conçu (1381) : « .... une mai- » son, parroisse Saincte- Colombe, » au coin du Marché, à la descente » qui va au P ont- Sainct- Jean, con- » frontant, d'un côté, à la maison » de,.... d'autre, à la place de » l'estey qui va au Pont-Sainct- » Jean, d'un bout, à la descente » du Marché qui va à l'estey, et » d'autre bout, par derrière, audit » estey. » La descente du Marché, qui va au Pont- Saint- Jean ou à l'estey, ne peut être qu'une impasse indiquée dans le plan de Lattre, et s'ouvrant au nord-est du Marché, entre les rues des Epiciers et Sainte- Colombe. Une maison située dans cette impasse pourrait avoir les confrontations susdites ; cette impasse serait la rue Galineire, dont l'extrémité septentrionale était la place de l'estey qui va au Pont- Saint- Jean.

Gran-Cancera : Rua deu Gran-Cancera; rua de 31 ag no- Cancer ario ; rue du Cancera (extrémité occidentale de la) (9, 21). — Cette rue est signalée dans le texte suivant [C. de l'arch.] comme faisant partie de la paroisse Saint-Siméon : « Bernardus de Taudinario débet pro domo lapidea » cum exitu situata in parrochia Sancti-Simeonis, in rua de 3Iagno-Can.ee- » rario.... » Elle passait au bout septentrional de la rue du Petit-Cancera (Arnaud-Miqueu), et prolongeait la rue de la Petite-Carpentegre jusqu'à la rue Sainte- Catherine.

HUA GALINEIRA. — A, Marché. — BC, Rue des Épiciers. — CD, Peugue ou estey qui passe au Pont-Saint-Jean. — EF, Rue Galineire. — EG. Rue Sainte-Colombe .

Gran - Carpenteyra : Rua de la Gran-Caipentegra; rua Magne- Carpenteyre; ad 31agnam-Carpentariam-Sancti-Petri; rue de la Vieille- Carpenterie; rue de La Devise; rue de La Devise-Sainte-Catherine; rue de

La Devise- Saint- Pierre; rue de La Devise (8, 22). — La rue de la Gran- Carpenteyra passait sur la voûte qui recouvrait la Devise depuis la rue Sainte- Catherine jusqu'à l'église Saint-Pierre. A la fin du xive siècle,

elle était signalée de la manière suivante [Obit. S1- And.] : « débet

» solverc, annuatim ratione cujusdam hospicii quod est, in dicta parro- » chia Sancti-Petri, in carrcria vocata ad Magnam-Car^entariam-Sancti-

» Pétri » Deux textes de la même époque [C. de l'arch., 1360]

s'expriment ainsi : « Vigerie de Rossella débet, pro domo nova quam » tenet, in angulo Magne-Carpenteyre , ante ecclesiam Sancti-Petri. »

— « in angulo juxta Diviciam. » La rue dont il est question dans

ces textes ne peut être que la rue de la Gran-Carpenteyre, que déjà, au xvi1' siècle, on appelait rue de La Devise, ainsi qu'il résulte du titre suivant de l'an 1553 [Denomb.] : « Maison située en la paroisse » Sainct-Pierre de Bourdeaus, en la reue de La Devise, confrontant à la » reue de La Devise, de l'ung bout, et, en la reue de La C argenterie, de » l'autre bout. » Ailleurs [Lièv. S1- And.], elle est nommée rue de la Vieille- Carmen ta -ie .

Gran-Corderia : Rua de la Gran-Corderia; rua Magne- Cor derie- Sancti-Petri; rue de la Grande- Corderie ; rue de La Corderie; rue des Faulcets; rue des Faucets; rue des Faussets [(9, 23). — Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 138], « a porté anciennement le nom de la Grande- » Corderie ou simplement de La Corderie, ainsi qu'il est justifié par les » extraits suivants : In parrochia Sancti-Petri Burdegale, in rua Magne- » Corderie que, a rua de Farro-de-Sparra (aujourd'hui rue du Parlement), » ducit directe versus portam de Palis et septentrionem. Il n'y avoit point » d'autre 'rue qui conduisît en droiture de la rue du Parlement à la porte » des Paux et vers le nord, que la rue des Faussets; c'étoit donc elle qui » étoit appelée rue de la Grande-Cor derie ; aussi, dans une reconnaissance » de 1546, retenue par Lafon, notaire : Rue de La Corderie, est-il dit, » alias des Faussets. » Deux textes fournis par le même manuscrit [C. de l'arch.] et à la même date (1400) ne lui donnent pas exactement le même nom; l'un l'appelle rue de la Grande-Corderie- Saint- Pierre : « rua » Magne- Corderie-Sancti-Petri; » et l'autre simplement Grande-Corderie- Saint-Pierre : « Yspania de Caudino, parrochiana Sancti-Petri, com- » morans in Magna- Corderia- Sancti-Petri. » Baurein ajoute : « Elle » est appelée rue Des])aux, rua de Palis, dans une liève du milieu du

» xive siècle : In parrochia Sancti-Petri, y est-il dit, in rua de Palis, que » a porta de Palis ducit directe versus meridiem. » Et il continue : « la » rue qui, dans la paroisse Saint-Pierre, conduisoit en droiture de la » porte des Paux vers le midi étoit certainement rue des Faussets, » ou Faucets, comme l'écrit le notaire Coeffard en 1603 [Arch. B.-Lal.]. La partie de cette rue qui se dirigeait vers la porte des Paus a été détruite pour la création de la place Royale.

Guyrauda : Rua Guyrauda, Gayrauda; rue Giraude; rue Guiraude (9, 21). — Cette rue, qui existe encore, conduit de la rue Sainte-Catherine à la rue de Cheverus, autrefois rue Judaïque. Nous avons vu plus haut qu'elle s'ouvrait presque en face d'une rue de YEstelle; un texte de 1400 [C. de l'arcli.j nous apprend qu'elle était dans la paroisse Saint- Projet : « Geraldus Gombaudi, parrochianus Sancti-Projecti, débet pro » casale quod est in rua Guyrauda »

Jehan-Fustey : Rua de Jehan-Fustey ; rua d' A maud- Johan-Fustey ; rue d' ' Arnault- Jehan- Charpentier, à 'Arnault- Jehan- Menuisier •; mette de Maître- ou de Monsieur- Antoine ; rue de La Sotte-Rouge, de La Sotte- Rouge- Vermeille; impasse du Pas-Saint-Georges (8, 21). — La mette de Maître- ou de Monsieur- Antoine est, dit Baurcin [Ms., p. 98], « le cul-de- » sac qui a son entrée dans la rue du Pas- Saint- Georges, et qu'on trouve » après la rue du Cerf-Volant, en allant vers le puits de Bagnecap. » Elle est signalée de la façon suivante dans un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Guillelmus Peyssonis, parrochianus Sancte-Columbe, débet pro » domo situata in quadani meta que est inter quadrivium Porte-Biguerie » et ruam de Combis, que rueta est ante domum de Mayensan, in rua de » Veteri-Ecclesia. » En 1402 [Inv. S^And.], elle est nommée rue à'Arnaud- Johan-Fustey : « Reconnaissance d'une maison, scise en la parroisse » Sainct-Symeon, à rue de Arnaud- Johan-Fustey , près porte Begueyre. » Au xvie siècle (1552), elle s'est appelée rue de La Sotte-Rouge [Terr. St-Jam.] : « Toute icelle maison sive chay, au dedans de laquelle y

» a une sotte...., scituée en la parroisse de Sainct-Symeon en rue

» appellée de Jehan-Fustey, autrement La Sotte-Rouge. » Un titre de 1553 [Denomb.] nous apprend que « Nicolas Faure, maistre appoticaire, » tenait une maison en rue de Jean-Fustey , appellée La Sotte-Rouge- » Vermeille. » Ce dernier texte paraît donner le nom de Sotte-Rouge-

Vermeille à la maison et non à la rue. Le mot gascon fustey veut dire charpentier, fabricant de fûts; aussi cette voie, qu'on nommait rue de Jehan-Fustey , en accolant le qualificatif au nom propre, est appelée par l'auteur d'un inventaire des titres des bénéficiers de Saint-Pierre (dressé au commencement du xvne siècle), dans des sommaires d'actes de 1409 et 1444, rue & Arnault- Jehan- Cliarpentier et d' Arnault- Jehan- Menuisier. D'après un autre inventaire des titres des mêmes bénéficiers, la rue de Monsieur-Antoine aurait aussi reçu le nom de rue Putoys; l'auteur ajoute à son analyse un plan d'après lequel cette dernière rue ne serait autre que la rue des Combes; mais, suivant une liève de la treizaine du Saint-Esprit de Saint-Seurin, la rue Putoys serait la rue de Campeu. On verra plus loin que la rue Putoys est la môme que la rue du Mora, rue qui n'existe plus maintenant, et qui n'existait déjà plus à l'époque où ont été dressés les divers inventaires dans lesquels nous avons puisé ces derniers renseignements. Au reste, nous avons eu déjà l'occasion de faire remarquer que quelques erreurs et confusions se sont glissées dans les inventaires dressés comme ceux-ci au xvnr9 siècle.

Jehan-Gazen : Rua de Jehan- Gazen; rue Braguat; rue Dieu; rue de Gazen-dit-Bragard; rue Bragard (5, 20). — Cette rue, qui existe encore sous le nom de rue Bragard, va de la rue Causserouge à la rue Permentade. « Il paroît, dit Baurein [Ms., p. 136], par une reconnaissance de » 1551, retenue par Germisson, notaire, et consentie en faveur de la » cappellainie de Jean ou Pey Lege, que la rue Dieu étoit appelée rue » de Gazen-dit-Bragard, et que certaines maisons de rue du Mirait » abboutissoient, par derrière, à cette rue; il paroît par là que la déno- » mination de Bragard, que porte aujourd'hui cette rue, lui vient de » î'épithète donnée à ce Jean de Gazen. » On la trouve aussi sous le nom de rue Braguat [Lièv. S*-Seur.].

Jehan-Santz : Rua de Jehan-Santz; rua de Johan-Sans; rua Johanis- Sancii, Johanis-Santz ; rue Jansan, Jensan, Genssans; rue Gensan (5, 22). — Cette rue existe encore entre la rue des Pontets et la rue des Faures. Elle est signalée dans un titre de 1420 cité par Baurein [Ms., p. 180, v°] :

« et dura et ten en lonc de la rua deu Puyador, de part dauant,

» de l'un cap, entro au sou de mestre Pey Gaston, qui a la intrada per » la rua de Jehan-Santz, de part detras, de l'autre cap. » Et, en effet,

une maison qui était située rue deu Poyador (partie du cours des Fossés) pouvait avoir son entrée dans le rue de JeJian-Santz. On la trouve souvent mentionnée dans des documents du xive siècle [C. de l'arch. — Inv. Sl-And. — Obit. S^And.] sous la dénomination de : « rua Johannis- » Sancii et rua Joliannis-Santz. » Au xvie siècle, le nom de cette rue était déjà corrompu. On la trouve, en 1553 [Denomb.], avec le nom qu'elle porte maintenant : Gensan, et, dans le même manuscrit, avec la variante :

Genssans. En 1643, elle est nommée Jansan [Lièv. SVRaph.] : « une

» maison en laditte rue Jansan, confrontant du midi à la maison de » Guillemine Mauriac. » On lit cette inscription : « rue Jensan, » sur la muraille d'une maison du xvnr3 siècle formant un des coins de la rue. Ces dernières dénominations rappellent bien le nom primitif en forçant la prononciation gasconne.

Judaïca : Rua Judaïca, Judayca, Judega, Judegua; rue Judaïque; rue des Juifs; rua de Cadaujac; rua deu Pntz-de-Cadaujac; rua de Cayac; rua deu Pont-de-Brion; rua de Saugars, de Saugues; rue Judaïque-en- Ville; rue de Cheverus (9, 20). — Cette rue est située, dit Baurein [Ms., p. 81, v°], « dans la paroisse de Saint-Projet, et elle aboutit de la » rue du Loup vers celle de Castillon. Elle est divisée en deux parties » parla rue des Trois- Conils, qui la traverse. La partie qui est au midi » de cette dernière rue, et qui aboutit à la rue du Loup, a été appelée » dans les anciens titres : rua de Saugars, rua de Saugues, rue de Ca- » daujac, rue du Puits-de- Cadaujac, et quelquefois rue Judegua; l'autre » partie de cette rue, qui est au nord de celle des Trois- Conilhs,.... est » plus souvent appelée rue Judaïque dans les titres anciens. Rua Judaïca, » est-il dit dans une ancienne liève, que, a rua de Saugars, ducit directe » versus *Diviciam. Il paroît par là qu'on distinguoit pour lors la rue » Judaïque de la rue de Saugars, qui en fait maintenant partie, et que » c'étoit celle qui aboutissoit vers le ruisseau de la Devise qu'on appeloit » rue Judaïque. L'extrémité de cette rue vers ce ruisseau a porté divers » noms; elle a été quelquefois appelée rue de Cayac, mais plus souvent » Pont-de-Brion. Le côté de cette rue qui est vers le couchant étoit autre- » fois dans le territoire de la paroisse de Sainte-Marie-de- La- Place réunie » à Saint-Projet; dans une reconnaissance de 1432, il est fait mention » d'un jardin : qui es, est-il dit, en la parropia de Nostra-Dona-de-La- » Plassa, en la rua Judegua. » Dans un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.],

on trouve la même confirmation : « Abbas Sancti-Salvatoris-de-Blavia » débet pro domo que est in rua de Saugars, in parrochia de Platea. » Au xvie siècle, on lui donnait quelquefois le nom de rue des Juifs [Denomb.] : « M. maître Nicolas Blois, conseiller en la cour, a declairé tenir une » maison, gallerie et jardrin, en la paroisse Notre-Damc-de-La-Place, en » la rue appellée des Juifs. » A la fin du xvne siècle, on appelait encore rue de Cadaujac l'extrémité méridionale de la rue de Cheverus; Élie Vigneras jeune, procureur au Parlement de Bordeaux, demeurait, en 1693, dans la rue de Cadaujac [Arch. La T.].

Labirat : Rua Labirat; rua de Birat; rua Labidat, Labirac, Lavidat, Laviracq, Lavirat, Laudat; rue Labirat (7, 19). — Cette rue, qui existe encore, est la première que l'on trouve dans la rue Sainte-Eulalie, à gauche, en entrant par le cours des Fossés. Elle aboutissait de la rue des Carmes à la rue Sainte-Eulalie. Baurein [Ms., p. 222] -dit qu'il l'a trouvée dans des titres sous les noms de Lavidat, Labirac, Lavirat, Labidat. Nous l'avons rencontrée de notre côté [C. del'arch., 1432] sous

celui de Laudat •. « tenet totam illam domum cura solo et exitu

» que est in rua vocata Laudat, in capite rue de Landa. » On l'a appelée aussi rue de Birat en 1553 [Denomb.], et Laviracq en 1685 [Arch. Lar.].

La Brousse : Rua de La Brousse; rua de La Brosse; rue Brousse; rue des Pingues; rue Despngues; rue des Puignes; rue de Percuis (11, 23). — Cette rue est une de celles qui ont été détruites lors de la reconstruction du château Trompette par Vauban. De l'ensemble des textes suivants, il résulte qu'elle devait se diriger du sud au nord, et séparer les paroisses Saint-Rémi et Saint-Mexant .• « Reconnaissance, en 1370 [Inv. S^And.], » f.iicte aux chappitres de Sainct- André et de Sainct-Seurin, de trois fiefs, » en la parroisse de Sainct-Remi , en la rue de La Brousse. » — « Une » maison seize en la parroisse Sainct- M exans, rue de La Brosse. » — « Reconnaissance, en 1410, d'une maison seize dessus le fossé de la ville, » près du bout de la rue de La Brosse. » — En 1537 et 1540 [C. de l'arch.], « rue des Puignes de Sainct-Remy . » Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] nous apprend qu'une « maison joignant la rue du Chapeau-Rouge ou des fossés » Tropeyte faisoit le canton du couchant à la rue des Pingues ou de La » Brousse. » Dans un plan manuscrit [Coll. J. Delp.], elle est placée entre les rues Bonaventure et de Bassan, et débouchait dans la grande

rue du Chapeau-Rouge. Elle est appelée rue Despingues dans un état des maisons démolies lors de la reconstruction du château Trompette. Dans un plan gravé par Pierre Lacour [Bull, polym., 1819, p. 148], la rue de La Brousse ne se trouve tracée que jusqu'à la rue Dissente; mais nous avons vu plus haut qu'une maison placée à son extrémité était située sur le fossé de la ville; il est probable que cette maison était sur le bord du fossé du xive siècle, et non sur la rue du Chapeau-Rouge, où il n'y avait plus de fossés en 1410, date de l'acte où il est parlé de cette maison ; de sorte que la rue de La Brousse devait s'étendre depuis le cours du Chapeau-Rouge, où Lopes nous signale une maison, jusqu'au milieu de la place des Quinconces, où passait le fossé de la ville au xive siècle. Dans un plan sans numéro [Arch. dép.], elle est nommée rue de Percuis. L'Hôtel de la Préfecture a été bâti sur l'emplacement du bout méridional de cette rue.

La Gadena : Ruetta de La Cadena; ruetta deu Moulin-de- La- Cadena : rue de La Cadène; rue Dejus-lo-Mur ; rue du Poisson-Salé; rue Sainte- Catherine (portion de la) (8, 20). — L'abbé Baurein [Ms., p. 161] s'exprime ainsi sur le compte de cette rue : « Voici, dit-il, ce que j'en trouve dans des » anciennes lièves : In parrochia Sancte-Eulalie, in rua de Areis, que, ab » angulo superiori ruete de La Cadena, ducit directe versus portale de Areis » et occidentem ; » et dans un autre endroit : « Pro dimidio solo situato in » rua de Areis, videlicet in angulo ruete de Z# Cadena. Il paroît par là » que la ruette de La Cadène aboutissoit dans la rue des Ayres, qu'elle » étoit assez voisine de la porte des Ayres, et qu'elle étoit située dans la » paroisse de Sainte- Eulalie. On n'est point embarrassé pour placer cette » rue, lorsqu'on sait où étoit la porte de La Cadène; la ruette de La

» Cadène est donc la même que celle du Poisson-Salé Elle est aussi

» nommée dans quelques titres anciens ruette du Moulin-de- La- Cadène. » La rue de La Cadena, qu'on a aussi appelée plus tard rue des Trois -Maries I Plans imprimés de Bordeaux], était donc celle qui s'étendait de la porte de La Cadène à la rue des Ayres. On a donné quelquefois le nom de rue de La Cadène à une portion de la rue Dejus-lo-Mur [Terr. S^Jam.] : « Une maison scituée en rue Dejus-lo-Mur, autrement rue de La Cadène, » confrontant d'un bout, par le devant, à laditte rue de La Cadène, et, » d'autre bout, à l'estey du Peaugue. Bernadeau [Viog. Bord., p. 174] dit que la rue des Trois-Maries s'appelait autrefois rue de La Cadène. (Voir

rue du Pourtau-de-La-Cadene.) La rue des l'r ois- Maries était cette portion de la rue Sainte-Catherine qui s'étend de la rue du Loup au cour»

d'ALSACE-ET-L0RRAINE.

La Comptableria : Rua de La Comptaoleria; rue de La Contablie; impasse des Argentiers (7, 22). — Cette impasse porte le nom de rue de La Comptablerie dans le plan de Lattre de 1733 et dans un plan manuscrit [Arch. dép.]. Hierosme Lopes [Lièv. S*-And.] nous apprend qu'elle n'était pas encore ouverte en 1443, mais qu'elle l'était en 1462. C'était, dit-il, un passage anciennement fermé, dépendant du château de YOrnbriere, et conduisant à la maison où était la Comptable rie. Le texte suivant extrait d'un inventaire des bénéficiers de Saint-Pierre, et daté de 1487, ferait croire qu'à la fin du xve siècle cette rue débouchait dans la rue deu Putzdeus-Judius (rue des Bahutiers) : « Contract d'achapt de deux deniers

» bourdelois d'esporle et sur une maison scituée en la parroisse de

» Sainct-Pierre de Bourdeaulx, devant le puys de Petit- Judas, faisant le » coing de la ruette qui va à rue des Argentiers. » La seule voie pour aller directement du puits en question à la rue des Argentiers aurait dû passer aux pieds des murs du château de Y Onïbrière, dans les fossés qui protégeaient le château au nord et au nord-ouest, et rejoindre l'impasse des Argentiers. Ce texte n'est pas assez clair pour nous autoriser à tracer cette rue dans notre plan.

La Coquilla : Rua de La Coquilla (8, 23). — Si la voie qu'on appelle maintenant rue de La Coquille, qui se dirige de l'ouest à l'est, et relie la rue des Argentiers à la rue du Chai-des-Farines, est la rue du même nom signalée en 1509 [Bénéf. SVP.], elle n'en est certainement qu'une portion. La rue de La Coquille du xvie siècle se dirigeait du nord au sud, parallèlement au rempart du bord de la rivière contre lequel, vers la ville, s'appuyaient des maisons qui bordaient, à l'est, la rue de La Coquille jusqu'à l'ancienne porte du Caillau. Les textes suivants en donnent la

preuve : En 1531 [Terr. Bos.], « place vide et petite venele en la

» ruhe de La Coquille, près le portail de Caillau, confrontant à la muraille » de la ville, par derrière, de l'ung bout; à laditte ruhe de La Coquille. » par devant, de l'autre bout. » En 1579 [Terr. Dest.], « Arnaud de

» Lasalle a reconnu un coing de maison incorporé dans la maison

» dudit affevat, scituée près la porte du Caillau, anciennement du Pal-

AL

» lays, en la rue de La Coquille, confrontant ledict recoing à la chope de » la garde de laditte porte, du costé de l'entrée d'icelle porte, vers le » midy, d'ung costé; d'autre costé, » à laditte maison dudict affevat,....

» vers le nord; d'ung bout, à la » murailhe de laditte chope de la- » ditte garde, vers soleilh levant; » et, d'autre bout, à la rue de La » Coquille et padouen de la ville, » vers le couchant. » Un titre cité par H. Lopes [Lièv. S*- And.] signale une maison faisant le coin « de la » ruette qui descend (de la rue des >» Argentiers) à la tour de Bessan et » à la rue de La Coquille. » Ces textes nous donnent à penser que la rue actuelle de La Coquille ne portait pas ce nom au moyen âge, et que la rue de La Coquille de cette époque se prolongeait, au nord, jusqu'à la porte Saint-Pierre. La ruelle citée par Lopes doit être la rue de La Vache, qui est plus rapprochée de la tour de Bessan que la rue actuelle de La Coquille. Un manuscrit du xvme siècle [Tab. par. et r.] s'exprime ainsi : « Rue du Chay -des- Farines, anciennement des Argentiers et de » La Coquille. » Nous pensons que la rue du Chay-des-Farines a remplacé la rue de La Coquille, mais nous croyons que l'ancienne rue des Argentiers a toujours été celle qui porte encore le même nom.

Nous avons eu déjà l'occasion de remarquer qu'il y a souvent beaucoup d'obscurité et de confusion dans les textes des inventaires dressés, après les remaniements opérés dans certains quartiers de Bordeaux, pendant l'administration de Tourny.

RUA DE LA COQUILLA. — A, Chope du garde. — B, Porte du Caillau. — BF, Rempart du xiv' siècle. — C, Maison dudit affevat. — D, Coin de maison reconnu par Arnaud de Lasalle. — DE, Rue de La Coquille ancienne. — KM, Rue de La Coquille moderne . — H J , Rue des Argentiers .

La Corderia : Rua de La Corderia; rue de La Corderie; rue de La Coudre; Grande-rue-de-La-Corderie ; rue Condillac (12, 21). — Nous ne sommes pas sûrs que cette rue ait existé au xve siècle; mais dans le siècle suivant, on nommait rue de La Corderie une voie qui longeait intérieurement les remparts du xive siècle au nord et au nord-ouest de la ville, passait devant la porte Saint- Germain, et se terminait à

l'extrémité occidentale des fossés de Campaure, presque sur l'emplacement de la rue Condillac. On l'appelait aussi rue de La Coudre et Grande-rue-de-La-Corderie en 1553 [Denomb.] : « Une maison seize en la » rue de La Coudre, près le portai Sainct- Germain, parroisse Sainct- » Maœens. » — « Jean Mosnier, dict La Poste, sergent ordinaire de la » ville, a declairé tenir une maison seize en la Grande-rue-de-La-Corderie . » parroisse Sainct-Maxens. »

La Ferreyra : Rua, de La Ferreyra; rue de La Ferrade, de La Ferrière; rue Foireuse; rue Caudeireire ; rue de Salâmes, de Salaudas, de Salaunas; impasse de La Merci (9, 21). — Cette rue était située dans la paroisse Saint-Projet [C. de l'arch., 1360] : « Arnaldus Guillelmi de » Brugia, burgensis Burdegale, débet, pro censu unius anni debito pro » stagia sive solo quod tenet in rueta de La Ferreyra, in parrochia Sancti-

» Projecti Burdegale » Cette rue est, dit Baurein [Ms., p. 168, v°],

« le cul-de-sac qui est à l'entrée de la rue de La Merci, et dans lequel » plusieurs maisons de la rue Sainte- Catherine ont une issue par derrière. » Suivant des titres de 1390, quelques-unes de ces maisons confrontaient » ad ruam vocatam de Salaunas, alias de La Ferreyre. On trouve le » même fait énoncé dans un titre du 2 septembre 1512, suivant lequel une » maison située dans la dite rue Sainte- Catherine, paroisse Saint-Projet, » confrontait, par derrière, à la ruette de Salaunes, autrement de La » Ferrière; d'où il résulte qu'elle avoit dès lors deux dénominations. 11 » paroît, par une reconnaissance de 1438, qu'on lui donnoit indifférem- » ment l'une et F autre : Entro que, y est-il dit, a la rua de La Ferreyra, » apperada de Salaunas. Je la trouve appelée par corruption rua de » Salaudas dans un titre de 1483. »

Cependant dans un texte de 1543 [C. de l'arch.], où elle est appelée rue Salâmes, elle est distinguée de la rue de La Ferreyre. Voici, en

effet, ce qu'on y lit : « Pour la maison qui est en ruhe de Salâmes,

» en parrochia Sancti-Proiecti, au coin de la ruhe de La Ferière; » plus

loin : « pour ung jardin qui est en ruhe Ferière et la rue Salâmes; »

et en 1560 : « Helyes Imbert, chappelain d'une chappellenie fondée

» aux Frères-Mineurs par feu Guilhem du Puy, pour la maison qu'est en » la ruhe de Salâmes, parroisse Sainct- Project, au coing de la ruhe de » La Ferrière. » Il y avait donc, au xvie siècle, une rue de La Ferrière et une rue Salâmes (qui est sans doute la même que la rue Salaunes),

toutes deux dans la paroisse Saint-Projet, et communiquant à angle droit : on trouve, en effet, dans les anciens plans une petite rue qui n'existe plus, et qui allait de la rue Sainte- Catherine à la rue de La Ferreyra. Ce n'est peut-être qu'au xvie siècle qu'on a donné aux deux ruelles en question une dénomination particulière ; peut-être aussi le même passage portait-il le nom de rue de Salaunes ou de La Ferreyra, depuis la rue Saint- Siméon ou de La Merci/, au midi, jusqu'à son extrémité septentrionale, et de rue de Salâmes, dans la portion qui se dirigeait, à l'ouest, vers la rue Sainte- Catherine. Cette ruelle s'appelait aussi rue Caudeirere. Hierostne Lopes s'exprime ainsi [Inv. S*- And.] : « Rue Caudeirere, autre-

» ment Salaune ou de La Ferrade; » et ailleurs : « la moitié d'une

» maison en la rue Saincte- Catherine, paroisse Sainct- Projet, sortant à » la rue Caudeirere, au coin et à l'entrée de la rue Saincte- Catherine. » Dans un autre manuscrit [Terr. 15 cur.], on la nomme ruhette Foireuse, ce (lui doit être une transformation du mot Ferreyra. On y lit, à la date de 1634 : « .... maison en la parroisse Sainct-Project, confrontant, devers » couchant, en la grande ruhe Saincte- Catherine , d'aultre bout, vers » levant, à la ruhette Foireuse, autrement Salaunes. »

La Fusteria : Rua de La Fusteria; rua Fusteria; rue de La Grande- Fnsterie; rua de Super- G r avant; rue Sur-la- Grave; rua de Las Saliney ras ; rue des Salinières; rua Sent-Miqueu; rua Sancti-Michaelis; rue Saint- Michel; rue Carpenteyre; rue de La Fusterie (2, 23; — 3, 23; — 5, 23). — La rue qui porte maintenant le nom de rue de La Fusterie est parallèle au quai, et va de la porte Bourgogne au bout oriental de la rue des Faures.

L'ancienne rue de La Fusterie s'étendait depuis la rue du Moulin jusqu'à la porte des Salinières; elle comprenait : la rue de La Fusterie, dont on appelait aussi l'extrémité nord rue de Las Salineyras, et l'autre extrémité rue Sent-Miqueu ; la rue Carpenteyre, qui était, en partie, dans la paroisse Saint-Michel et, en partie, dans celle de Sainte- Croix; et la rue du Moulin. C'est ce qui résulte des textes suivants [Inv. Ste-Cr.] : En 1369, « rue Fusterie depuis les moulins entre rue Nacaran; » en 1414,

«Reconnaissance par Jean Mouquey à l'abbé d'une maison en la

» paroisse de Sainte-Croix, rue de La Fusterie,.... confrontant à et à

» ime mer; » en 1420, « une maison devant le portail de Rue-du-Port,

» dans la grande rue de La Fîisterie; » en 1450, « une maison, parroisse

» et sauveté de Saincte- Croix, dans la rue de La Grande-Fusterie; » en

1570, « rue Carpenteyre ou Fusterie,.... parroisse Saint- Michel; » et

enfin, en 1492 [Inv. S*- And.], « maison en la rue de La Fusterie,

» autrement à la rue par laquelle on va de la porte des Salinières au

» portau de La Grave, confrontant sur ladicte rue, par devant et de

» l'ung chef, jusqu'à la ruette qui n'a qu'une entrée devers la rue de » Maubec (impasse Mausec), faisant fin devant Sainct-Michel, de l'autre » chef. » Elle s'appelait aussi rue Saint- Michel, au moins dans sa partie méridionale ; nous croyons que c'est la voie qui est indiquée dans le texte suivant [Ms. Baur., p. 201] extrait d'un titre du xive siècle : « In par- » rochia Sancti-Michaelis, in altéra parte ipsius rue Sancti-Michaelis, » super Gravam, que est, versus occidentem, ante locum qui dicitur 1<» » Pojador -Pétri- Arman. » Nous savons où sont situés La Grave et le Pojador-de-Pey- Arman, et nous ne voyons qu'une partie de la rue de La Fusterie pouvant s'adapter à l'emplacement donné à la rue Saint- Michel. Ce que l'on appelle maintenant rue de La Fusterie portait aussi les noms de rua de Las Saline?/ ras, rue des Salinières, rua de Super- Gravam, rue Sur-la-Grave. En effet, une maison, sur laquelle il était dû, en 1370, une rente au chapitre de Saint- André, est signalée dans un texte [Inv. S1- And.] comme étant située « en la rue appelée Sur-la-Grave et des » Salinières, qui va vers la rue Maublet » (Maubec), et dans un autre texte du même manuscrit, « en la ruhe par laquelle on va des Salinières » vers le Poyadour et vers la ruhe Mobec. » Trente ans plus tard, en 1400, le nom de Sur-la-Grave était encore donné à cette rue [C. de l'arch.] : « Johannes de Quercu...., pro chayo situato in rua de Super-

» Gravam » Les terriers de la fin du xve siècle et du xvie donnent à

la rue de La Fusterie indifféremment ce nom ou celui de rue des Salinilres. Les maisons du côté oriental de cette voie s'appuyaient contre les remparts de la ville, et quelques-unes possédaient, dans leurs étages supérieurs, des galeries qui traversaient la rue et les mettaient en communication avec les maisons du côté occidental. De distance en distance, des égouts (goys) et des escaliers (escales, eschelles) avaient été réservés entre les maisons : les premiers, pour laisser écouler dans la rivière, par un orifice pratiqué dans le rempart, les eaux pluviales ou ménagères ; les seconds, pour donner accès sur le sommet des murailles. Tous ces faits nous sont attestés par les textes suivants [Terr. Bos., 1487] : « Maison » qui est bastie contre et sur la murailhe de la ville...., avec un courroir

BORDEAUX VERS li ' 235

» traversant sur la ruhe.... qui est scituée près le portai des Salinières...., » confrontant à l'eschelle pour monter sur laditte murailhe qui est vers le » portai de La Grave, et à la ditte ruhe des Salinières; » et ailleurs :

« une place scituée en la ruhe des Salinières, confrontant à la

» murailhe de la ville, d'une part...., d'aultre boult au goys par où passe » l'eau qui va à la rivière. »

La portion de la rue de La Fusterie qui s'étendait de la rue du Port à la rue des All amandiers portait également, aux xve et xvie siècles, le nom de rue Carpenteg re , qu'on lui donne maintenant. Une portion de cette rue était dans la paroisse de Saint- Michel et l'autre dans celle de Sainte- Croix. Les textes suivants [Inv. Ste-Cr.] en font foi : « Reconnaissance, » en 1425, par Jean Pagan d'une maison devant l'œuvre neuve de Saint- » Michel, rue Carpenteyre. » — « Exporle consentie (en 1568) en faveur » de l'abbé et de M. de La Chassaigne, conseiller au parlement, par » Pierre Reynier, d'un grand chay faisant coin d'une place vide, située » dans la paroisse Sainte-Croix et dans la Grande-rue- Carpenteyre. » Nous l'avons quelquefois trouvée sous le nom de rue de La Carpenterie ou de Bayssac. (Voir rua de Bayssac.)

On sait que les mots carpenterie et fusterie sont presque synonymes, et s'appliquaient à l'industrie des charpentiers et des fabricants de barriques.; il n'est donc pas étonnant que le peuple et les notaires appelassent indifféremment rua de La Fusteria ou rua Carpenteyra la rue où demeuraient ces artisans.

La Gleysa-Belha : Rua de La Gleysa-Belha; rua de La Gleisa- Belha-de-Sent-Symeon ; rua de Veteri-Ecclesia; à la Belha-Gleysa; en la Vieïlle-Esglise ; rue du Pas-Saint-Georges (8, 21). — « Cette rue est » aujourd'hui, dit Baurein [Ms., p. 134], la rue du Pas- Saint- Georges; les » extraits suivants d'une liève du xve siècle ne laissent aucun doute à » cet égard : Rua de Veteri-Ecclesia que, a porta Bigeria, ducit versus » puteum de Banhacap...., et dans un autre endroit : Rua Sancti-Symeonis » que, a quadrivio rue de Veteri-Ecclesia, ducit versus plateam Sancti- » Projecti .... Dans un testament de 1362, cette rue est simplement

» appelée la Vieille-Eglise » Baurein ajoute qu'il a vu des titres où

la rue du Petit-Loup (rue Millanges) était appelée rua de La Gleisa- Belha-de-Sent-Symeon ; mais, dit-il, « ce doit être par erreur du notaire » ou par extension. » Ce qui paraît prouver, comme Baurein l'avance

quelque part, qu'il y avait eu autrefois une église dans cette rue, c'est

que, dans quelques textes, on n'écrit pas « rua de » mais simplement

«à la Belha-Gleysa, » comme dans le suivant [Obit. S1- And., p. 27] : « Anniversarium Guilhelmi de Podio, clerici, débet fieri...., et obiit anno » Domini mccclxii, et legavit pro suo anniversario quamdam domum » que est a la Belha-Gleysa. » Le même nom lui était donné en 1553 [Denomb.] : « Les héritiers de feu Estienne de Las, demeurant au Pas- » Sainct- Georges, pour la maison qu'ils tiennent en la Vieille- Esglise. »

La Landa : Rua de La Landa; rue des Carmes; rue de La Section du 4 0 Août; rue de La Lande (7, 19). — Cette rue est située dans la paroisse Sainte- Eulalie. Elle est signalée en ces termes dès l'an 1404

[C. de l'arch.] : « Bertranda Mas solvit, pro domo cum solo que est

» in rua vocata de La Landa, in parrochia Sancte- Eulalie Burdegale,

» juxta domum domini de Landa » — En 1432, on lit : « Johannes

» de Vendonie tenet totam illam domum cum casali que est in rua de « La Landa; » et ailleurs on voit que la rue de Làbirat donne dans la rue de La Lande : « In capite rue de Landa. » Cette rue a été quelquefois appelée rue des Carmes. Ainsi, on lit dans un titre de 1556 [Terr.

S^Jam.] : « Une maison scituée en la parroisse Saincte-Eulaye, en

» rue de La Lande, autrement des Carmes. » Elle fut nommée, lors de la première République : rue de La Section du 40 Août; mais la tourmente passée, elle reprit son ancien nom de rue de La Lande.

La Moneda : Rua de La Moneda; rue de La Monede; rue de La Monnoie, de La Monoye; impasse Sainte-Catherine (9, 21). — Cette rue, qui existe encore, débouche dans la rue Sainte-Catherine, en face de la rue du Cancer a. Elle est indiquée sous le nom de rue de La Monnoie dans le plan de Lattre (1733). Elle portait le même nom au milieu du xive siècle. Voici comment s'exprime un texte de 1345 [Obit. SVAnd.] : « Guaubertus » Durandi, lo candeler, débet xv solidos census, in festo Assentionis, » et iinor de sporle, pro quadam domo que est in dicta rua de La Moneda » (in parrochia Sancti-P roj ecti). et durât a dicta rua, ex uno capite,

» usque ad murum dicti Ayquelmi et ad Diviciam, ex alio. » En 1413

[Inv. Sl-And.], elle n'avait pas changé de nom : « Reconnaissance au » chappitre d'un jardrin sciz, en la parroisse Sainct- Project, en la ruhe » de La Monoye, » et ailleurs « de La Monede. » Un texte de 1553

[Denomb.] nous apprend qu'elle faisait également partie de la paroisse Saint- Mexent .• « M. de Mignot, avocat en la cour, doibt la rente d'une » maison qu'il tient en la reue de La Monede, parroisse Sainct-Maixans. » Il est probable qu'elle servait de limite aux deux paroisses.

La Porta-deu-Cayffernan : Rua de La Porta-deu-Cayffernan; rue de La Porte-du-CaJieman; Arcade-du-Caliernan; rue Sainte-Catherine (portion de la) (7, 20). — Cette rue était formée par le couloir qui traversait la porte du Cahernan [Ms. Baur., p. 160].

La Rocela : Rua de La Rocela, Rocella, Rocera, Rosella, Rossera; rue de La Ruisselle; rue de La Rousselle (6, 22). — Cette rue, qui n'a pas changé de nom depuis le xiir9 siècle, au moins, conduit de la rue de La Chapelle-Saint-Jean au bout oriental du cours des Fossés; son nom revient si souvent dans les anciens titres que nous avons pensé qu'il suffisait de la signaler.

La Saubetat : Rua de La Saubetat, La Sauvetat, La Sauveté; rua Salmtatis ; rue Saint- André; rue du Loup (partie de la) (9, 20). — Cette rue conduisait de la place Saint-André à la rue de Saugars (rue de Cheverus), en passant au sud de l'église Saint- Sauveur : « Petrus Ripperie, « canonicus Burdegale, dit un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.], débet pro » duobus solis, in quibus est casale, que sunt in parrochia de Platea, in

» angulo rue Salvitatis et rue de Saugars » Et en effet, une maison

placée de cette façon ne pouvait être qu'à l'angle nord-ouest du carrefour de La Sauveté, puisque la rue de Saugars, venant du nord, s'arrêtait à cecarrefour, que la rue qui, du même carrefour, se dirigeait vers l'est était la rue du Puits-de- Sainte- Gemme, et que celle qui se dirigeait vers le sud n'était désignée que par ces mots : rue par laquelle on va du carrefour vers le puits de Toscanan.

Un plan de 1818 l'appelle rue Saint- André.

Las Binhas : Rua de Las Binhas; rue des Vignes (3, 22). — Cette rue était située, partie dans la paroisse Saint-Michel et partie dans celle de Sainte-Croix. C'est ce qui résulte de plusieurs titres de la fin du xive siècle et du commencement du xve [Inv. Ste-Cr.]. Nous croyons qu'il suffit de citer le suivant daté de 1395 : « Reconnaissance par Amanieu de

» Cantellot (Canteloup?) à l'abbé de Sainte-Croix d'une demi-maison, » jardin, issues au derrière, située rue Sanguinengue, vers celle des » Vignes; » et plus loin l'auteur de l'inventaire ajoute que cette rue est partie dans Sainte- Croix, partie dans Saint-Michel.

Las Comas : Rua de Las Comas, de Las Commas; rue des Commes, de Les Commes, des Commîmes; La Rnlie-des- Combes ; rue des Trois- Chandeliers (8, 22). — Comme les textes anciens confondent, assez souvent, les rues de Las Comas et de Las Combas, nous renvoyons à l'article suivant ce que nous avons à dire de la première de ces voies.

Las Combas : Rua de Las Combas ; rua Ademari-de-Cumbis ; rue des Combes; ruetta de Combis, rue de Les Combes; rue du Renard; rue des Combes (8, 22). — Il existait dans la paroisse Saint-Pierre deux rues voisines ayant, à certaines époques, porté simultanément le même nom; l'une est celle que nous appelons maintenant rue des Combes, et l'autre, la rue des Trois-Chandeliers; cependant, en consultant un grand nombre de textes de dates différentes, nous avons cru être autorisés à donner à la première seule le nom de rue de Las Combas, et à la seconde celui de rue de Las Comas. Ces deux voies limitaient les paroisses Saint-Pierre et Saint-Simcon; la première reliait la rue de La Gleysa-Bclha (du Pas- Saint-Georges) à celle du Putz-deus-Judius (des Bahutiers) ; la seconde rattachait la rue de Las Combas à la rue à'Aïhan (Maucoudinat).

Nous citerons, d'abord, les textes qui prouvent incontestablement que la rue de Las Combas allait de la rue du Pas-Saint-Georges à la

rue des Bahutiers. « Pour une maison, dit Hierosme Lopes [Lièv.

» S^-And.], en la rue des Combes ou du Renard, la seconde venant de la » rue du Pas-Sainct- Georges, sortant par derrière à la rue de Monsieur- » Antoine ou de Jean-Fustey. » Nous savons que cette dernière rue est verticale à la rue du Pas-Saint-Georges et parallèle à la rue des Combes. Ce texte est confirmé par le suivant, qui porte la date de 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.] : « Petrona Malhauda débet, pro domo que est in rueta

» que est inter portant Begueyram et ruetam de Combis » La ruelle

qui est entre la porte Begueyre et la rue des Combes est la rue de Jehan- Fustey. La rue de Las Combas divisait les paroisses Saint-Pierre et Saint-Siméon, puisque les rues qui y aboutissaient, vers le nord, étaient en partie dans la première de ces paroisses, et qu'un titre de 1514,

BORDEAUX VEKS 1450. 239

I Ms. Baur., p. 178 et suiv.], où elle est appelée rue de Les Combes, nous apprend que cette rue (un de ses côtés sans doute) était dans la paroisse Saint-Simèon. La rue de Las Combas, ou de Les Combes, ou de Combis, ou du Renard était donc bien celle qu'on nomme maintenant rue des Combes. Quant à la rue de Las Comas, elle aboutissait du côté du nord, à la rue de Las Combas, et elle était parallèle à la rue du Putz-deîis-Juditis. Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 84], appelée rue de Les Commîmes, était située à l'ouest de la rue du Petit-Judas (rue des Bahutiers) : « Dans un » acte de 1513, dit-il, il est fait mention d'une maison avec un jardin » appelée à la Couronne, située dans la rue du Petit- Judas; cette maison » confrontait, d'un côté, à la ruette qui vient du Petit-Judas et va à » la Voûte-du-Renart, d'autre côté, à la maison de l'œuvre et fabrique » Saint-Pierre de Bordeaux, devant laquelle, est-il dit dans cet acte, est » l'enseigne Saint-Jacques; d'un bout à laditte rue du Petit- Judas, et de » l'autre, par derrière, à la rue de Les Communes (1). » Ce que l'on appelait alors la Voûte-du-Renard était la maison qui faisait le coin nord-est des rues des Combes et du Pas-Saint-Georges ; la rue qui venait du Petit- Judas à la Voûte-du-Renard était donc bien la rue des Combes, et la rue de Les Communes à laquelle aboutissait, par derrière, une maison dont la façade était dans la rue du Petit-Judas, ne pouvait être que la rue des Trois-Chandeliers. La rue de Las Comas était située dans la paroisse Saint-Pierre, ainsi que le prouve l'extrait suivant d'un titre de 1438 :

« tota aquera apentis qui es en la parropia Sent-Pey, en la rua

» apperada de Las Comas. » L'auteur de l'inventaire des archives des bénéficiers de Saint-Pierre l'appelle rue des Gommes, et dans un plan annexé à l'analyse d'un acte concernant une maison située dans cette rue, il la trace comme débouchant au nord dans la rue Maucoudinat, presque en face d'une « petite rue qui va en rue Carpentei'ie; » et il l'appelle « rue des Commes ou des Trois-Chandeliers. » Ailleurs, à l'appui de deux actes, il dessine deux plans dans lesquels il distingue la rue des Commes de celle des Trois-Chandeliers ; celle-ci, suivant ces deux dessins, serait la même que la rue de Campeu, plus tard rue du Petit-Loup, actuellement rue Millanges. Mais outre que la rue des T'rois- Chandeliers portait ce nom en 1733 [Lattre] et le porte encore maintenant, l'auteur de

(') Cette maison existe encore à l'angle de la rue des Combes et des Bahutiers. C'est une des très rares anciennes maisons de Bordeaux.

l'inventaire, lui-même, en parlant d'une maison placée dans cette rue, dit qu'elle était au-dessus d'une maison située rue du Petit-Loup; ce qui prouve que, dans son texte comme dans son premier plan, il établissait une différence entre ces deux rues, et qu'en conséquence, de son propre aveu, il a fait confusion dans la légende de ses deux derniers dessins. Nous devons ajouter cependant que, vers la fin du xvne siècle, la rue des Trois-Chandeliers s'appelait rue des Combes, puisque l'inscription suivante : « La rulie des Combes, » est gravée au bout de cette rue sur l'angle d'une maison qui fait le coin de la rue des Combes actuelle.

Néanmoins, nous pensons comme Baurein que, si ces deux rues ont eu quelquefois la même dénomination, celle de Las Comas, Las Gommas, Les Communes, Les Gommes, était le plus ordinairement appliquée à la rue des Trois-Chandeliers.

Las Eyras : Rua de Las Eyras ; rua de Aeris, de Areis; rua de Las Ayras, de Las Heyra.s, rue des Heyres, des Eyres; rua de Talàbot; rue des A y des; rue des Ayres (8, 20). — Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 163, v°], « est celle qui aboutit du Marché vers les fossés des Tanneurs. » C'est par erreur qu'on la nomme quelquefois rue des Aydes (*); elle est » constamment appelée dans les anciens titres : à Las Eyras ou Heyras, » apud Areas, rua de Areis. La grande rue des Ayres, est-il dit dans » une liève de 1356, est celle qui conduit de la porte des Ayres vers le » Marché .- Magna rua de Areis, que a portali de Areis ducit versus » Mercatum. » On l'appelait aussi quelquefois « rua de Aeriis » [C. de l'A. — Arch. mun., 1438] : « Heredes domini Bernardi de Bruciacalida, pro

» dimidio solo quod est in rua de Aeriis, in capite rue de La Cadena »

La portion de la rue des Ayres qui s'étend du cours des Fossés à la rue Sainte-Catherine se nommait aussi, mais probablement après la conquête, rue de Takibot. Elle tenait son nom d'une maison appelée la maison de Taïbot, située dans cette rue, et dans laquelle on croit que ce capitaine avait demeuré lorsqu'il vint à Bordeaux avant la bataille de Castillon [Ms. Baur., p. 150].

Las Galleras : Rua de Las Galleras; rue des Galleres; aux Galleres; rue Brunet; rue Citoyenne; rue Brenet (2, 23). — Cette rue conduisait

(') Chronique Bordeloise, Tillet, p. 38 et 640.

de la rue Carpenteyre au cimetière de Sainte- Croix; elle se dirigeait, par conséquent, du sud-est au nord-ouest. C'est ce qui résulte des textes suivants [Inv. Ste-d\] : « Bail à fief consenti en 1336, par l'abbé de » Sainte-Croix, en faveur d'Amanieu de Cazerolles, d'une place, près le » cimetière de l'église, au lieu appelle aux Galleres. » Le titre du chapitre où se trouve cet article est intitulé : « Sauvetat; paroisse de Sainte- Croix, » rue des Galleres. » — « Exporle, en 1528, de Pierre de l'Olme d'une » maison faisant le coin de rue Carpenteyre et des Galleres. » Nous ne voyons que la rue Brenet qui réponde à ces indications; d'ailleurs elle est inscrite avec la dénomination de rue des Galleres dans un ancien plan manuscrit [PI. mss., n° 135]. On l'appelait au siècle dernier rue Brunet, et, pendant la première République, rue Citoyenne.

Las Sos-Menudas : Rua de Las Sos-Menudas ; rua de Las Menudas; rue des Menudes; rua Minorissarum ; rue de Y Ome-de-Papon, de YOulmede-Papon, de Y Ourme-de-Pa^on ; rua de Papon; rua Ulmi-de-Papone; rue Saumeyre; rue Saumenude (3, 21). — Cette rue partait du carrefour de l' Ome-de-Papon, et conduisait au couvent des Sœurs-Menues et aux remparts du xive siècle, ainsi que le prouvent les deux titres suivants [Inv. de l'Ann.]; le premier, de 1419, s'exprime ainsi : « Reconnaissance d'une » maison rue des Menudes, proche des murs de la ville; » et le second, de 1429, est ainsi conçu : « Reconnaissance d'une maison rue de Las » Menudas, proche de Y Oulme-de-Papon^ » Elle portait simultanément plusieurs noms différents. Ainsi, dans un texte de 1361 [C. de l'arch.], on

lit : « quadam domo in rua Minorissarum Burdegale, juxta Ulmum-

» de-Papone; » et ailleurs, en 1371 : « in rua Ulmi-de-Papon, prope

» Minorissimas ; » en 1488 [Terr. de l'arch.] : « Tôt aquet hostau exida et » casau et putz dedens lodeyt casau...., que es en la deita parropia de » Sent-Miqueu de Bordeu, en la rua de Papon, aysi cum es entre l'hostau » de...., et dura et ten de long de la rua publica de Las Menudas apperat » à Y Ome-de-Papon, d'autra part, et dura, de long, de qui au mur de la » bila, lo camin entre mecht, de l'aute cap. »

La rue de Y Orme ou de Y Ome-de-Papon, d'après Baurein [Ms., p. 87, v°], « a été quelquefois confondue avec la rue Saumemide, comme il paroît » par l'extrait suivant d'une reconnaissance de 1504 : Rua de YOme-de- » Papon, tirant bert Las Sos-Menudas. Je la trouve, ajoute-t-il, appelée » dans un titre de 1666 : rue de Y Ourme-de-Papon, autrement rue Sau-

» meyre, et dans un autre de 1447 : rua apperada de Las Menudas, dauant » l' Ome-de- Papon. »

Las Truges : Rua de Las Truges; rue des Truges; rue des Truies; rue Mauriac (5, 22). — Cette rue, la première que l'on rencontre à gauche en entrant dans la rue des Faures par le cours des Fossés, est signalée dans plusieurs textes de l'année 1553 [Denornb.]. Elle faisait partie de la paroisse Saint-Micliel : « Bernard Sauvage, pour un chay » qu'il tient en rue des Truges, parroisse Sainct-Micliel. » L'emplacement de la rue est déterminé par le texte suivant, qui dénombre des maisons des rues Leyteyre et des Faures .- « Izabeau Bernard, pour et » au nom de son fils, pour une maison en rue des T'ruges. » Enfin les anciens plans de Bordeaux tracent la rue des Truies (Truges, en gascon) entre la rue des Faures et le cours des Fossés. On l'appelle maintenant rue Mauriac

La Tezaureria : Rua de La Tezaureria, Thesauraria; rue de La Trésorerie (15, 19). — Il est probable que cette rue, située dans la paroisse de /Saint- Seurin, existait dès le xive siècle, et qu'elle devait son nom à la maison du trésorier de Saint- Seiirin, qui y était située. On lit, en effet, dans un texte de 1354 [C. de l'arch.] : « Recepi a Petro de

» Butugïs ratione dornus que est ante domum thesaurarii Sancti-

» Severini » Ce texte ne nous fait pas connaître l'emplacement de la

maison du trésorier, mais le suivant, de 1449 [Lièv. P. Berl.], le signale à peu près : « In rua vocata deus Plans que, a dicta rua 27renqueyra, » ducit versus domum Thesorarii. » Enfin un ancien plan manuscrit [PL inss.] le fait connaître complètement : cette maison s'élevait, dans la rue de La Trésorerie, en face de la rue des Plans (rue de la Prévôté), un peu au nord de la sortie de cette dernière rue.

La Tornapiqua-deu-Far : Rua de La Torna])iqua-deu-Far , de La T'omapiqua-deu-Fa, de La Tornapiqua-deu-Bar ; rua de 2'ornapica; rue de La Tournepique-du-Ud ; rue du Ha (extrémité occidentale de la) (8, 18). — On appelait Tornapiqua-deu-Far les alentours immédiats de la porte du Far, le bout occidental de la rue du même nom, et tout ce qui constituait et défendait la porte. Les textes suivants [C. de l'arch.] ne laissent pas de doutes à cet égard : en 1432, « tenet totam illam

» domum cum exitu que est in loco vocato a La Tornapica-deu-Far; » en 1400, « in angulo rue de Pelago, loco vocato a La Tornapiqua-deu- » Far....; » en 1360, « Arnaldus de Casalibus, piscionarius Burdegale,

» débet pro quodam solo circumdato mûris quod tenet in rua vocata

» La Tornapiqua-deu-Far Burdegale....; » et plus loin, « in rua deu Far, » videlicet in angulo dicte rue vocate La Tornapiqua-deu-Far....; » en 1375, « Arnaldus de Brion débet pro solo quod est in angulo, ad longum » rue vocate de Tornapica, item, et pro quatuor solis que tenet ibidem, » prout fuit versus portale deu Far....; » en 1361, « pro domo quam tenet » a La Tornapiqua-deu-Far....; » et, à l'article qui suit immédiatement,

« pro domo quam tenet in rua predicta »

La porte du Far se nommait quelquefois La Tornajpiqua-deu-Far : en

1457, « In turno quod est in dicta rua de Farro, infra magnum

» portale, ubi dicitur a La Tornapiqua-deu-Far , videlicet in rua que, a » dicto turno, ducit versus ecclesiam Sancte-Eulalie, in altéra parte ipsius » rue que est versus fossatum ville, juxta feudum Sancti- Andrée , et » deinde, redeundo ad dictum turnum....; » en 1543, « Arnaud Centout » débet pro domo quam habet juxta magnum portale quod dicitur a » Tornepique-deu-Fa » (Voir porta deu Far.)

Laurey : Rua deu Laurey; rue du Laurier; rue Haine-auœ-l1yrans ; rue des Lauriers (9, 22). — Cette rue conduit de la rue Saint-Rémi à la place du Parlement. Elle est signalée de la manière suivante dans l'extrait d'un texte daté de 1402 [Inv. S^And.] : « Reconnaissance au » chappitre d'un sol avec murailles en la rue du Laurier, paroisse Sainct- » Remy. » Elle s'appelait encore rue du Laurey en 1553 [Denomb.], et, pendant la première République, rue Haine-aux- Tyrans.

Lengon : Rua de Lengon; rua de Lenguonio; rue de Langon; rue Mérignac (9, 22). — Cette rue est, d'après Baurein [Ms., p. 139, v°], celle de Mérignac, qui avait son entrée dans la rue du Puits- de- Cuj oies, et sa sortie dans la rue du Far-de-Lesparre; et, comme preuve, il cite le texte suivant : « In parrochia Sancti-Petri, in rua de Lengonio, que, a rua de » Costinhano, ducit versus ruam Farri-de-Sjparra et meridiem. »

Lestrilles : Rua de Lestrilles; rue Destrilles; rua de T'rïlheis; mette de Candeley; rue Candeleyre; rue des Treilles; rue de Grassi (partie de

la) (10, 20). — Cette rue, dit Baurein [Ms., p. 157, v'J], est appelée rue Candeley re dans des titres de la maison de Puy '-Paulin; mais il ne dit pas à quelle époque. Dans un plan de la fin du xvir3 siècle, calqué par M. J. Delpit dans les mêmes titres, elle est appelée rue de Lestrilles; et rua de l'rilheis dans un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Guillelmus » de Via, parrochianus Sancti-Christojphori, débet pro domo cum exitu, » sive casali, situata in parrochia iSancti-ChristopJiori...., in rua Sancti- » Christopliori que, ab ecclesia ejusdem sancti et trivio rue de Trilheis,

» ducit versus quadrivium de Castilkon »

Nous la trouvons en 1553 [Denomb.] sous le nom de rue de Candeley .- « Maistre Anthoine de Sainct-Salvadour, lieutenant gênerai en la senes- » chaulsée de Guienne, a declairé tenir une petite maison à la ruelle de » Candeley, parroisse de Puy-Paulin. » A cette époque, Charles Candeley ou Candaley, qui avait été sous-maire de Bordeaux en 1535, demeurait dans la rue Destrilles [Denomb. — Chr. bord. Dar.].

Leyteyra : Rua Leyteyra; rue Leyteire (5, 21). — Le nom de cette rue nous est parvenu à peu près dans sa forme primitive. On lit dans un texte de l'an 1400 [C. de rarch.] : « Helias Vigerii, pentenerius, par- » rochianus Sancti-Elegii, débet pro medietate unius domus in qua est

» sotum, que est sita in rua Leyteyra » Et ailleurs [Inv. Ste-Cr.] :

« Reconnaissance par Agnès Randon à l'abbé, d'une maison et issue par » derrière, située rue Leyteyre, paroisse Sainct-Eloy.... » Ailleurs encore,

à la date du 8 février 1529 [Terr. 15 cur.] : « deux maisons qui sont

» assizes en la rue Leyteyre, parroisse de Sainct-Micliel, confrontant

» à ladicte rue Leyteyre, par devant, de l'ung bout, jusqu'au porge et » cimetière du prieuré de Sainct-Jacmes de Bourdeaux, de par derrière, » d'aultre bout. » Ces divers extraits nous prouvent qu'une portion de la rue Leyteyre faisait partie de la paroisse de Saint-Eloy , et que l'autre portion, celle du nord, appartenait des deux côtés de la rue, à celle de Saint- Michel. Cette voie dont l'entrée, vers le nord, est sur le cours des Fossés, était moins longue au xve siècle qu'à présent; elle a été prolongée vers le sud jusqu'au cours Saint-Jean.

Londres : Rua de Londres (11, 21). — Cette rue, qui n'existe plus, était dans la paroisse Notre- Dame-de- Puy - Paulin. « Elle avoit, dit » Baurein [Ms., p. 88], son entrée, vers le levant, dans l'ancienne rue du

» Chapellet ou du Burgua Cette entrée étoit placée, à peu de chose

» près, dans l'endroit où l'on a ouvert la nouvelle rue Saint-Dominique » (rue Jean-Jacques-Bel) ; de là, cette rue traversoit le terrain où sont » actuellement les premiers cloîtres des Pères Jacobins, en formant un » angle vers son milieu; elle alloit aboutir aux remparts ou chemin de » ronde, après la troisième tour adossée aux murs de ville, en venant de » la porte Dauphinevers celle de Saint-Germain ou de Tourny. » Baurein fait remonter l'existence de cette rue jusqu'au xive siècle. Un plan [PI. mss., n° 81] indique l'entrée de la rue de Londres à peu près au milieu de l'emplacement de la Bibliothèque de la Ville, d'où elle se dirigeait, en ligne droite, parallèlement à la rue Mautrec, jusqu'au Marché des Grands-Hommes, entre les rues Voltaire et Michel-Montaigne; de là, elle allait directement vers le cours de Tourny, en passant par la rue Buffon.

Lopsault : Rua de Lopsault; rua de Lopsaud, de Loîipsaud, de Loupsault; rua de Lupi-Saltu; rue de La S au (6, 21). — Cette rue conduit maintenant de la rue Saint-James à la rue Buhan. « On ne peut douter, dit Baurein [Ms., p. 21, v°, et Var. Bord., t. II, p. 135], que la rue de » La Sau, qui conduit de la rue Desirade à la rue Saint-James , n'ait » porté anciennement le nom de Lopsaud ou de Loupsault, Suivant un » titre de 1417, une maison située dans la rue de Pey-AmauUn, qui est » le cul-de-sac de la rue Saint-James, confrontoit par derrière à la rue » appelée de Lopsaud, parallèle à ce cul-de-sac : et durât et tenet in » longum, est-il dit dans ce titre, a dicta rua de Pey-AmauMn, a parte » ante, ex uno capite, usque ad ruam vocatam de Lopsaud, ex alio » capite. » Cette rue, appelée Lopsaud dans une reconnaissance de l'an 1414 en faveur de Richard Maglignan (Macanan), marchand et bourgeois de Bordeaux, est désignée comme faisant partie de la paroisse de Saint- Eloy [Arch. B.-Lal.]. Elle se serait appelée aussi rue Desirade, si l'on en croyait le texte suivant de l'an 1567 [Inv. S*- And.] : « Une maison, chay » avec ses appartenances, scituée en la parroisse Sainct-Eloy, en la rue » de La Sau, autrement appellée Desirade, confrontant, des deux côtés, » à deux maisons, d'ung bout, par devant, à ladicte rue Desirade. » Dans le répertoire des titres des bénéficiers de Saint-Michel [Arch. dép.], on la trouve aussi confondue avec la rue Desirade; et ailleurs, dans le même répertoire, on lit : « Rue Entre-deux- Murs, ensuite de La Sau, à présent

» rue Poudiot. » Nous avons lieu de croire qu'il y a dans les textes des inventaires que nous venons de citer, erreur ou confusion. Un titre de l'année 1503 [Terr. Bos.] paraît les confondre également : « Jean de

» La Vie a reconnu icelles maisons et chays qui sont en la rue de

» Loupsaud, entre les anciens murs de ladite ville, confrontant entre » ladite rue de Lopsaud, d'une part, et la moitié du fossé, d'autre part, » et dure et tient, en long", de la chappelle de Sainct- Urbain et le cime- «tière de Sainct-Eloy, de l'ung- bout, entre à la maison des héritiers » de Jehan Desbatz et la cause de ladite ville, de l'autre bout. » Cette maison, d'après ces confrontations, ne pouvait être située qu'au sud de la rue Teulère, près du bout méridional de la rue Buhan, appelée encore il y a quelques années rue Désirade. Hierosme Lopes [Lièv. S^And.] en faisait deux rues distinctes : « Pour une maison, dit-il, en la rue de La » >S'au, trois maisons au deçà de la rue Désirade, et sortant à la rue de » Pey-Maumn ou des Agassars; » et ailleurs : « Pour une maison en la » rue Désirade, joignant, au midi, la cantonière du nort de la rue de » La Sau. » Nous connaissons, aux Archives départementales, plusieurs inventaires dressés avec le plus grand soin par Hierosme Lopes.

Loup : Rua deu Loup; la gran rua Sent-Andriu; la grant carreyra Sent-Andriu; magna rua Sancti- Andrée ; rue Saint-André; rue du Loup. — Cette rue porte le nom de rue du Loup depuis le milieu du xve siècle au moins; mais le plus souvent, alors et surtout auparavant, on la trouve désignée de la manière suivante : « Magna rua que ducit, de porta » Bigeria, versus ecclesiam Sancti- Andrée. » L'extrait d'un acte de 1462 [Inv. SVAnd.] s'exprime ainsi : « Bail à fief nouveau d'une maison seize » en la susdicte parroisse Sainct-Projet, et en la rue de Sainct-André, » sive du Loup. » On lit ce qui suit dans un autre extrait de 1482 [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Clément Echanquois en faveur du monas- » tère, d'une maison rue du Loup, parroisse Sainct-Projet. » La totalité de la rue était quelquefois appelée grande rue Saint-André, ainsi qu'il

résulte des textes suivants : en 1400 [C. de l'arch.], « rua de Sar-

» poras, que, a magna rua Sancti- Andrée, ducit, versus septentrionem, » ad ecclesiam Sancti- Simeonis ; » en 1414 [Inv. Ste-Cr.], « Vente sous » accazée de cinq sous d'esporle, soixante sous de cens, par Arnaud » Martin en faveur de Léonard de Bardis, sur une maison cantonière, en » la grand rue Sainct-André, devant le puits de Saincte- Gemme, parroisse

» Sainct-Projet. » C'est bien la rue du Loup qui est désignée dans ces derniers textes; nous avons vu, en effet, que la rue du Sarporas conduisait de la rue du Loup à l'église Saint-Simèon, et nous verrons plus loin que le puits de Sainte-Gemme était situé en face de la rue Guérin, dans la même rue du Loup.

Si cette rue portait indifféremment au xve siècle les noms de rue de Saint-André, grande rue Saint-André et rue du Loup, ses tronçons étant beaucoup plus connus, et leurs noms revenant plus souvent, dans les textes anciens, que celui de la totalité de la rue, nous avons consacré à chacun d'eux un chapitre particulier; ainsi cette voie portait le nom de rue deus Pinhadors depuis la porte Begueyre jusqu'à celle de La Cadène; celui de rue Senta-Gema, depuis cette dernière porte jusqu'à la rue Judaïque, et enfin de rue de La Saubetat depuis la rue Judaïque jusqu'à la place Saint-André. (Voir ces différentes rues.)

Magudas : Rue Magudas; rua de Bertulh; rue de Verteuilh; rue de rTartas; rue Baubedat; rue Beaubadat (10, 20). — Cette rue aboutissait de la rue des Trois-Conils à celle du Temple. Le ruisseau de La Devise la coupait par le milieu. « Elle est, dit Baurein [Ms., p. 198], désignée » dans quelques anciens titres, et en particulier dans un testament de » 1338, en la manière suivante : Carreria publica per quam itur, de domo » vocata de Tartas, versus puteum vocatum de Vertuïh. » Les deux textes suivants de l'an 1400 [C. de l'arch.] la désignent ainsi : « Bertran- » dus d'Alta, canonicus Burdegale, débet, pro domo cum exitu et parte » turris, que sunt in parrochia Sancti-Pauli, in rua que, a magna rua » Sancti- Andrée, prope domum de Tartasio, ducit versus Diviciam et

» domum Te?npli, videlicet ultra Diviciam » — « Guillelmus Caroli,

» parrochianus Sancti-Pauli, débet, pro domo, cum exitu situata in par- » rochia Sancti-Pauli, in rua que, a Divicia, que est prope domum de » Tartas, ducit directe versus septentrionem et quadrivium de Magudas. » On l'appelle dans un certain nombre de textes anciens [Iuv. S^And. — Bénéf. S*-?.] : « rue de Magudas, alias de Verteuilh. » Hierosme Lopes [Lièv. S4-And.] la nomme rue Magudas ou Tartas.

Margaus : Rua de Margaus, de Margaux, de Mergaus; rua de Sent- Hubert; rue Margaux (10, 21). — Le nom de cette voie a peu varié depuis le moyen âge. Cependant Baurein [Ms., p. 209] cite une reconnaissance

du 24 janvier 1429 dans laquelle elle est nommée rue de Sent-Hubert . « Tôt aquet hostau qui es en la parropia de Sent-Maxens de Bordeu, en la » rua apperada de Margaux, autrement apperada de Sent-Hubert. Il faut » pourtant convenir, ajoute-t-il, que c'est plutôt son extrémité vers la rue » de Castillon qui est ainsi nommée, que celle qui aboutit à la rue de » Sainte- Catherine. La plus grande partie de cette rue est située dans le » territoire de Saint-Maixans ; celle qui se trouve entre les rues Borde- » franque et de Castillon est dans la paroisse de Puy-Paulin. » Le fief de Saint-Hubert était situé à l'extrémité occidentale de la rue Margaux, entre cette rue, la Devise et la rue de Brion, qui était l'extrémité septentrionale de la rue de Cheverus (1). Nous la trouvons nommée « rua de » Mergaus » dans un titre de l'an 1400 [C. de l'arch.].

Martin - Faisan : Rua Martin- Faisan, Martin- Haissan, Faisan- Martin; rue du Fayan; rue du Cayre, du Caire; rue Moulinié (6, 19). — Les comptes de l'archevêché signalent cette rue comme appartenant à la paroisse Sainte- Eulalie, sans autre désignation; mais un texte de 1465 [Bcnéf. S'-Mich.] nous apprend que la rue Faisan-Martin était celle qu'on nomma plus tard rue du Cayre -. ce dernier nom doit lui avoir été donné dans la première moitié du xvie siècle. En 1553, cette rue était habitée par un nommé Pierre du Cayre, qui présenta au maire de Bordeaux le dénombrement des fiefs qu'il tenait dans la rue de Martin-Faisan [Denomb.]. Hierosme Lopes [Lièv. Sl-And.] l'appelle rue de Martin-Haissan, ce qui est le même nom; on sait, en effet, que, dans certains dialectes gascons, l'F se change en H. Nous avons aussi trouvé cette voie sous le nom de rue du Fayan.

Maubec : Rua Maubec, Mauvec, Moblet; rue Maubec (5, 22). — Cette rue va de la place du Marché-Neue à la rue de La Fusterie. Elle porte le même nom depuis le xive siècle au moins, comme on peut s'en convaincre par le texte suivant de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Henricus » Boeti, constabularius Burdegale, débet, pro chaio quod est supra Gra- » vam, in capite infeiïori rue de Maubec. » Elle faisait partie en 1425 de la paroisse de Saint-Michel [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Pey

(*) L'hôtel occupant actuellement l'emplacement du fief de Saint-Hubert appartient au Dr Levieux. li est habité par son propriétaire, par M. Jules Delpit, vice-président de la Commission de publication de? Archives municipales, et par M. Henry Brochon, ancien maire de Bordeaux.

» Andraut, à l'abbé, d'un append et sol, rue Maubec, paroisse Sainct- » Michel. » Nous la trouvons aussi sous le nom de rue Mollet [Inv. Sl-And.] : « Rue des Salinières qui va vers la ruhe Mollet. »

Maubourguet : Rua de Maubourguet (12, 19). — Cette rue est signalée dans l'extrait suivant d'un titre de 1390 [Inv. S*-And.] : « Recon- » naissance d'une pièce de terre qui est hors la porte Dijeaux, en la » carrière de Maubourguet. » Nous avons vu où était situé le quartier de Maubourguet; en conséquence, nous ne doutons pas que la rue de Maubourguet ne fût la partie orientale de celle qu'on nomme maintenant rue d'ARÈs, et qu'on nommait, il y a peu de temps, rue Pont-Long, en y comprenant la chaussée sud de la place Dauthine.

Mautreit : Rua Mautreit, Mautrait; rue Mautrec (11, 22). — Cette rue existait dès le commencement du xive siècle. Voici ce que nous apprend un titre de 1339 [Inv. S1- And.] : « Contract par lequel le chap- » pitre a investi feument Raimond Martin d'une maison seize hors la » porte Medoc, en la rue Mautreit, parroisse Puy-Paulin. » Des textes de la même époque [C. de l'arch.] nous prouvent qu'elle s'étendait, vers l'ouest, plus loin qu'à présent; et un ancien plan [PL inss., n° 81] l'indique se dirigeant, en ligne droite, de la rue Burga à la rue Porte-Neuve ou rue Neuve-Mautrec; cette dernière rue, qui n'existait probablement pas encore au xve siècle, bordait, à l'est, le jardin des Recollets et se dirigeait directement, des fossés de Campaure, à la rue de Londres, en passant sur l'emplacement où a été bâti plus tard le chœur de l'église Notre-Dame.

Medoc : Rua Medoc, Medouc, de Medoc (10, 23). — Cette rue était parallèle aux fossés du Chapeau-Rouge [Ms. Baur., p. 121, v°], et occupait à peu près l'emplacement des allées d'ORLÉANS. Elle partait de la rue Burga, à l'ouest, et descendait jusqu'à la rue de 27ropeyte, parallèle aux remparts du bord de la rivière. Les comptes de l'archevêché nous apprennent que sa partie occidentale dépendait de la paroisse de Saint-Mcxent, et que l'autre bout était dans celle de Saint-Rémi. Elle fut entièrement démolie lors de la reconstruction du château l'rompette par Vauban ; mais sa place est indiquée dans un plan gravé par Lacour [Bull, polym., 1819, p. 148], d'après un dessin manuscrit [Coll. J. Delp.].

Menuts : Rua deus Menuts; rua Minorum; rua Putei-Fabrorum; rua deu Puh-, deu Putz-, dît, Puy-dcus-Faurcs ; rue du Puits-des-Faures; rue des Menuts (5, 21). — Cette rue, qui était dans le territoire de la paroisse de Saint-Michel, porte encore le même nom qu'au xve siècle. On l'appelait aussi, en 1400 [C. de l'arch.], rua Putei-Fabrorum. Des extraits de titres du même temps [Inv. S^And.] nous apprennent qu'on l'appelait également alors rua deu P ah-deus-Faures ou du Puy-deus-Faures, et qu'elle portait ce nom simultanément avec celui de rue des Menuts. Voici un de ces extraits : « Reconnaissance, en 1406, d'une maison de pierre, avec la » vigne qui est dedans, qui est en la parroisse Sainct- Michel, en la ruhe » appellée deu Puli-deus-Faures, autrement deus Menuts. » A la fin du xive siècle, la maison du seigneur de Tastes était située près du puits de

rue des Faures [Obit. S*-And.] : « Supra domum que fuit domini de

» Tastes, juxta puteum rue Fabrorum. »

Mercat : Rua deu Mercat; rue deu Puch-deu- Mercat ; petite rue du Marché; cul-de-sac du Grand-Marché; impasse du Vieux-Marché (7, 21). — Voici ce que nous lisons dans l'extrait d'un titre de 1418 [Inv. Sl-And.] : « Reconnaissance faicte à Me Jehan Chambon , chanoyne de Sainct- » Andrieu, comme personne privée, d'une maison en la parroisse Saincte- » Colombe, en la rue appellée la rue du Mercat; » et plus loin, dans le même manuscrit, à la date de 1425 : « Reconnaissance faicte à Me Jehan, » chanoine de Sainct- Andrieu et de Sainct- Seurin, comme personne » privée, de toute icelle maison qui est, en la parroisse Saincte- Colombe, » en la rue appellée du Puch-deu- Mercat. » Si ce Me Jehan (et nous n'en doutons nullement) est le même que Me Jehan Chambon du premier de ces titres, la rue deu Puch-deu- Mercat serait la même que la rue deu Mercat; et en effet un autre manuscrit [Bénéf. S^Mich.] nous apprend qu'en 1355 Jacmes Vendey reconnut tenir en fief une maison près le puis du Marché, et l'auteur ajoute entre parenthèses : « cul-de-sac du Grand- » Marché. » Un manuscrit de 1553 [Denomb.J désigne ainsi cette voie : « Rue qui n'a pas de bout près le Marché. » Hierosme Lopes [Lièv. Se-And.] l'appelle petite rue du Marché .- « Pour une maison en la petite » rue du Marché, sortant en la rue Neuve-du-Poisson-Salé. » Cette dernière rue, qui fut appelée, plus tard, rue des Herbes, a été détruite lors du percement du cours d'ALSACE-ET -Lorraine.

Mimisan : Rua de Mimisan; rua de Mimisano, de Memisan, de Memisano, de Memissan, de Memizan, de Memysan; de Mymysano; rue Maymisan, Mymisan; rue Montméjan (10, 20). — Cette rue, ainsi que nous l'apprennent deux titres de 1355 et de 1367 [C. de l'arch.], passait auprès de la Devise : « In rua Memisano, a parte Divicie. » — « Magister » de Porta débet pro uno solo et dimidio in quibus est magna domus juxta » Diviciam, et in augulo rue de Mimisano...... » Suivant un autre titre

de 1360, elle faisait partie de la paroisse Saint-Paul. Dans un compte de 1457, le contrôleur de l'archevêché dénombre les maisons du côté oriental de la rue Saint-Paul; après avoir passé l'église, il arrive au coin de la rue de Mimisan, et il continue ainsi sa nomenclature : « Petrus » Vitalis d'Arros débet pro domo magna juxta Diviciam, in angulo rue » de Mimisano...., et postea vertendo ad manum dextram et eundo, per

» dictam ruam de Mimisano, versus ecclesiam Sancti-Christophori.... » Il

est évident que tous ces textes ne peuvent désigner que la rue à laquelle on a donné par la suite le nom de rue Montméjan. L'auteur de l'inventaire des titres de l'archevêché l'appelle, en 1507, rue Memysan, Memisan et Memissan; celui des lièves du chapitre de Saint-Seurin lui donne, en 1684, le nom de rue Maymisan; les copistes d'un manuscrit de 1553 [Denomb.], celui de Menssean, Memssan, etc., ce qui nous paraît être le résultat d'une mauvaise lecture. En 1681 [Terr. de l'arch.], elle est appelée rue Memizan. Au xve siècle, elle ne portait le nom de rue de Mimisan que jusqu'à la rue du Temjple; mais elle traversait la rue Saint-Paul, le mur romain, où existait une porte, et donnait issue dans la campagne par la porte Saint- Symjpliorien, ouverte dans le rempart du xive siècle. Au bout de la rue, à l'est et près de la porte, s'élevait une tour : « Arnaldus » Bacherii, pro domo lapidea cum exitu, et turre que est a parte rétro, » que est in rua de Mymysano [C. de l'A. — Arch. mun.j.

Miralh : Rua deu Miralh; rua de Miralho; rue du Mm ail (5, 20). — Cette rue, qui porte encore le même nom, s'ouvre sur le cours des Fossés, en face de la rue Saint -James, et s'arrête à la rue David- Gradis. Elle s'appelait rue du Mirait dès le xme siècle. Les textes qui constatent son existence sont si nombreux que nous avons cru pouvoir nous dispenser d'en citer. Cependant nous avons fait exception en faveur du suivant, qui date de l'an 1553 [Dénomb.] : « Pierre Eyquem, seigneur

» de Montaigne, tient quatre chopes, maisons et jardrins en reue du » Mirailh. »

Molin-de-Sent-Andriu : Rua deu Molin-de-Sent-Andriu; rua ou rueta de Molendino; rueta Molendini-Sancti- Andrée; ruhette du Molinde-Sainct- André ; rua deu Molin; rue du Moulin; rue du Romarin; rue des Palanques (8, 19). — Cette rue était située dans le quartier du Far, et se dirigeait de la rue du Far vers le Peugue ; c'est ce que nous prouvent les textes suivants [C. de l'arcli.] : En 1400, « pro medietate

» unius domus cum exitu situate, in rua de FarroJ inter ruetam Molen- » dini et ruam de Peïago. » Nous verrons plus loin que la rue du Peugue, voisine de la rue du Moulin, conduisait de la rue du Far au ruisseau du

Peugue. Ce qui suit, daté de 1457, est encore plus clair : « pro

» domo in rua de Farro, versus meridiem, in capite ruete, ante caput

» rue de Molendino. » Il est évident "que si une maison, située du côté méridional de la rue du Far, était en face de l'entrée de la rue du Moulin, c'est que cette rue se dirigeait vers le nord, c'est-à-dire vers le Peugue. Elle conduisait au moulin du chapitre de Saint-André, et c'est pour cela, sans doute, qu'elle s'appelait rue du Moulin- de- Saint- André : (1543 et 1544) « Guillemette Margot, femme de Jehan Bonnet, doibt pour la » maison qu'elle tient devant la ruhette du Molin-de-Sainct- André, où » souloit estre l'escolle d'escrime en ruhe du Far. » C'est la rue qu'on a nommée plus tard, vers le commencement du xvie siècle [Baur. Bull, polym., 1817, p. 2941, et qu'on nomme encore rue des Palanques, et à laquelle, pendant la première République, on avait donné le nom de rue du Romarin. (Voir Pount-deu-Molin-Sent-Andriu.)

Molin-de-Senta-Crotz : Rua deu Molin -de- Senta -Crotz; rue du Moulin (1, 23). — Il existait aussi dès le xme siècle, dans la paroisse de Sainte-Croix, une autre rue du Moulin qui, du bout sud-est de l'ancienne rue de La Fusterie, se dirigeait directement vers le sud jusqu'à la place du Moulin [PL mss., n° 142]. Elle nous est signalée de la manière suivante dans un texte de 1575 [Inv. Ste-Cr.] : « Exporle consentie par Pierre » de Salignac, en faveur de l'abbé de Saincte- Croix, d'une maison ou chay, » avec deux jardins, en la rue de La Fusterie, vis-à-vis la rue du Moulin. Cette rue n'occupait que l'extrémité méridionale de celle qui porte encore le même nom et qui est située derrière l'église de Sainte-Croix.

Mora : Ruetta deu Morct; mette du Mora, des Moreys, des Mors; rue Putoys, des Putins, des Putris (8, 22). — Cette mette était percée de l'est à l'ouest et reliait la rue de Poussc-Penilh (rue Vinet) à celle du Pas-Saint- George. Elle n'existe plus, et Lattre ne l'a pas tracée dans son plan. Cette rue s'appela plus tard rue des Moreys et rue Putoys [Treiz. Sl-Esp.]. Le même manuscrit la confond avec la rue de Campeu. On trouve ailleurs [Denomb.] qu'elle se nommait, en 1553, rue des Patins, rue des Putris et rue des Mors : « Guillemotte Anne, pour une maison qui est au » P as- Sainct- Georges, en rue des Mors. »

Morts : Rua deus Morts; rua deus Homes-Morts (13, 21). — « Dans » une liôve du xvc siècle, dit Baurein [Ms., p. 55, v°], il est fait mention » d'une rue des Morts, située dans le faubourg- de Saint- Seur in. C'est » une espèce de cul-de-sac qu'on trouve à g-auche dans la rue de la » Grande- Taupe, en allant vers la fontaine à'Audége. Il est appelé, dans » un titre de 1301, rua deus Homes-Morts. » Au milieu du xve siècle, cette rue portait encore le même nom; on la trouve désignée de la façon suivante dans un texte de 1457 [C. de l'arcli.] : « Pro uno trencio terre » quod tenet in rua deus Morts.... à la Tangua. » Nous ne voyons dans la rue de la Grande-Taupe (rue Lafaurie-de-Monbadon) que l'impasse Barbot qui corresponde aux indications données ci-dessus. Il y avait aussi, dit Baurein, une rue des Morts dans le quartier du Bouscat, et une autre située à Ladors, près de Saint- Vincent-des- Graves, derrière Paludate.

Mossen-Cadene : Rua de Mossen-Cadene; rue Marcan; rua Pruet; impasse Sainte-Cadenne (5, 22). — La rue de Mossen-Cadene débouchait à l'est en face du cimetière de Saint- Michel. Uu acte de 1394 la signale comme étant placée au bout de la me Sausseyre. L'inventaire des bénéficiers de Saint- Michel nous apprend qu'en 1455 elle s'appelait aussi

rue Pruet : « Vente sur une maison devant le porge Sainct-Michel

» ( Marché- Neuf), cantonnière de rue Pruet ou Mossen-Cadene. » On la nommait, en 1618, rue Marcan, et une maison de cette rue appartenait autrefois à M3 Raymond de Marca, bénéficier de Saint-Michel. Enfin, elle portait les noms de rue Maujan, Maugean, Mojon, Moron. On verra plus loin que l'auteur du manuscrit cité plus haut fait confusion, et qu'il donne ces quatre derniers noms, tantôt à la rue Sausseyre, tantôt à la rue de

Mossen-Cadene, qui aboutissait à la rue Sausseyre; les fiefs qui sont signalés dans les actes dont il parle communiquaient sans doute d'une rue à l'autre. Ces deux rues portaient peut-être aussi le même nom. — La dénomination actuelle est évidemment une corruption de l'ancien nom.

Moustet : Rua deu Moustet; rue Mostet, Mousquit; rue des Mousquits; rue du Muguet (6, 22). — Cette rue conduisait de la rue de La Ronsselle au puits des Cazaux. Les religieuses de Sainte-Claire baillèrent à fief nouveau, en 1461, une maison située dans « la rue de La Rousselle » et cantonière à la rue du Moustet, en faveur de Maurice du Jardin et » Blanche Poton, sa femme » [Inv. de l'Ami.]. Ailleurs [Bénéf. SVMich.], à la date de 1380, on trouve la reconnaissance d'une maison en la rue Mostet. En marge de ce texte, l'auteur du manuscrit a écrit : « rue Mous- » quit ou Muguet. » Un Bernard Mostet possédait, en 1360, des vignes à La Souys, pour lesquelles il payait à l'archevêque 4 livres 8 sols 9 deniers et obole bordelais de cens [C. de l'arch.]. Le titre suivant [Lièv. St-Raph.]> qui nous donne l'emplacement de la rue Mousquit, nous fournit la preuve évidente que c'est celle qu'on appelle maintenant rue du Muguet : « Echange » par lequel M0 Bertrand de La Lande, secrétaire du roi, cède à honorable » homme Antoine Faure, bourgeois et jurât de Bordeaux, toute icelle mai- » son, chays, estables, caves, entrées et issues, size en la parroisse Sainct- » Michel, en rue de La Rousselle, confrontant à la rue de La Rousselle par » l'un bout, d'autre bout, par derrière, à la ruette appelée de Montaigne » et à la ruette de Mousquit, qui va sortir au puits des Cazaux. »

Nacaran : Rua Nacaran; rua de Naquaran; rue Acan (1, 23). — La rue de Nacaran était située entre les rues de Las Galleras et à'Arnaud-de- Laubergaria; elle partait de la rue de La Fusterie (rue du Moulin) et se dirigeait vers l'abside septentrionale de l'église Sainte-Croix. Elle existait dès la fin du xme siècle, puisque, par son testament daté du 11 mai 1270, Arnaud de Willelmes laisse à cette église, entre autres objets, une maison située dans la rue de Nacaran [Cart. Ste-Cr.]. L'inventaire des titres de Sainte-Croix nous apprend que cette rue portait encore le même nom au commencement du xvne siècle. On l'appelle maintenant rue Acan (1).

(') Voir à l'appendice. — Rappelons qu'au moyen âge na était une particule qui, en gascon, se plaçai! souvent devant les noms propres.

Neba : Rua Neba; rua Neua, Nova; rue Neuve (7, 23). — Cette rue, qui existe encore, s'étend de la rue de la Chapelle-Saint-Jean, au nord, à la rue Renière, au sud. Elle était dans la paroisse Saint- Michel : « Guillelma de Bordaus, uxor Helie de Broglio, pro domo situata in par- » rochia Sancti-Micliaelis, in rua Nova » [C. de l'arch.]. Un titre de 1691 [Arch. B.-Lal.] nous apprend que « l'hôtel et baronnie de La Lande, en » rue Neuve, étaient dans la paroisse Saint- Michel. » Les titres concernant cette rue, où demeuraient, pendant l'occupation anglaise, la plupart des plus grands personnages de Bordeaux, sont très nombreux. Nous avons pensé qu'il était inutile de les reproduire parce que cette rue est très connue et porte encore le nom qu'elle avait au moyen âge.

Neba : Rueta Neba; mette Neufve; ruette Neuve; Petite- Rue- Neuvedes- Capucins; rue Gaillart; rue des Vignes (partie de la) (3, 21). — « La » Petite-Rue-Neuve-des-Capucins, dit Baurein [Ms., p. 203, v°], est un cul- » de -sac qui a son entrée vis-à-vis la rue des Vignes, au fond duquel » demeure actuellement l'exécuteur de la haute justice. Dans un titre de » 1572, elle est appelée rue Gaillart et ruette Neuve. » Elle est nommée simplement rue Neuve en 1449 [Bénéf. S^Mich.]. En 1553 [Denoinb.], on lui donnait le même nom, ou on la désignait par sa position relativement à la rue des Vignes. Ceci paraît, du moins, résulter des deux titres suivants : « Maison et jardrin qui est en la parroisse Sainct-Michel de ceste » ville de Bourdeaulx, en la ruhe nommée au boult de la rue des Vignes. » — « Jeannette Crabey tient une maison près l'hospital de la Peste, en » une petite ruette appellée de reue Neufve. » Aujourd'hui la ruette Neuve est devenue la partie méridionale de la rue des Vignes depuis la rue Traversane jusqu'à la rue Du Hamel.

Neba-de-Campauria : Rua Neba-de-Campauria; rue Neuve-de- Campaure; rue Neuve-Mautrec; rue Porte-Neuve (11, 21). — « Cette rue, » dit Baurein [Ms., p. 163, v°], avait son entrée sur les fossés de Cam- » paure, d'où elle aboutissoit, du midi au nord, à la rue Mautreyt, qui » s'étendoit autrefois vers le couchant plus qu'elle ne fait à présent. » Elle existoit dès l'an 1417, puisqu'il en est fait mention dans un titre » de cette même année, en ces termes : Rua vocata Nova-de-Campauria, >* in parrochia Beate-Marie-de-Podio-Paulini. » Dans un ancien plan

[PL mss., n° 81], elle est appelée rue Porte-Neuve ou rue Neuve- AI autrec. Elle bordait, à Test, le jardin des Recollets, reliait les fossés de Campaure (cours de I'Intendance) à la rue de Londres, et passait au bout de l'extrémité disparue de la rue Mautrec, sur l'emplacement où a été construit le chœur de l'église des Dominicains (église de Notbe- Dame).

Nerayen : Rua Ncrayen; rua de Narigan; rue Neyrigcat; rue Merigcan, Mcrigeat; rue des Capucins; rue Nérigean (3, 22). — La rue Nerayen conduisait de la grande rue Sainte-Croix à l'hôpital de la Peste. Elle s'étendait anciennement jusque sur l'emplacement du couvent des Capucins, qui a remplacé cet hôpital [Ms. Baur., p. 115, v°], et qui a été remplacé lui-même par le Grand Séminaire. Il est souvent fait mention de cette rue sous le nom de rue Nerayen, depuis le milieu du xive siècle jusqu'au milieu du xve. On l'appelait aussi rue Merigean en 1430; au milieu du xvie, on l'a nommée rue Meyrigeat et Neyrigeat [Denomb.], et rue des Capucins en 1616 [Inv. Ste-Cr.]. La partie orientale de la rue séparait les paroisses de Sainte-Croix et de Saint-Michel.

Noailhan : Ruetta de Noaïllian; mette de La Salle; impasse Saint- Projet (9, 21). — Cette ruelle est signalée dans un acte de 1607 en ces termes : « Une maison seize en la ruhe Saincte Catherine, parroisse » Sainct Project, qui confronte, d'ung' bout, par devant, à ladicte ruhe, » d'autre bout, par dernier, à. la ruhette appel! ée de Noailhan. » Nous lisons ailleurs [Lièv. S^And.] : « Pour une maison, en la rue Saincte- » Catherine, parroisse Sainct-Project, qui a son issue dans la ruette de » La Salle, et la troisième en entrant par la place Sainct Projet; » et plus loin : « Maison en laditte rue, confrontant, par derrière, à une ruette » appellée de La Salle; » et, de plus, il est dit, dans le même acte, que cette ruette mène à La Salle-de-Noaillan. La maison signalée comme étant la troisième de la rue Sainte- Catherine, en venant de la place Saint- Projet, ne pouvait être qu'à gauche ; si elle eût été à droite, elle aurait eu son issue dans la rue de La Ferreyre; de sorte que la ruette de Noailhan ou de La Salle est l'impasse Saint-Projet, dont l'entrée est dans la rue des Trois-Conils.

Nostra-Dona : Rua Nostra-Dona; rue Nostre-Dame-du-Chappelet :

rue Notre-Dame (11, 23). — Cette rue disparut lors de la reconstruction du château Trompette par Vauban [Mais. dém.]. Baurein [Ms., p. 114] donne le môme renseignement, et il ajoute « qu'elle avoit son entrée dans » la rue Burga; que, de ce côté-là, elle étoit parallèle à la rue Dissente, » au nord de laquelle elle étoit placée. Il paroît aussi qu'une maison pos- » sédée, vers le milieu du xive siècle, par un nommé Pierre de Lafon, » faisoit angle dans cette rue et dans celle de Pierre-de-Loen. L'auteur » d'une liève de ce temps-là, après avoir parcouru les fiefs qu'il avoit dans » cette dernière rue : Postea sequitur, ajoute-t-il, domus cornaleria Pétri de » Fonte, et deinde, vertendo se versus occidentem per ruam que dicitur de » Nostra-Dona, et eundo versus Predica tores (vers le couvent des Frères- » PrescJieurs) est feudum nostrum. Il résulte de cet extrait que, de la rue » de Pierre-de-Loen, qui étoit percée du midi au nord, en se tournant » vers le couchant, après cette maison cantonnière, on entroit dans la rue » de Notre-Dame qui, de là, aboutissoit au couvent des Pères Jacobins,

» situé au couchant de cette rue Ce même auteur fait ensuite mention

» de la maison cantonnière parallèle à la précédente, qui étoit de l'autre » côté de cette rue, et qui avoit sa façade vers le midi; il la confronte, du » côté du levant, à la rue par laquelle on alloit des maisons du seigneur » de Castilhon vers le Prat, qui, dans la suite, a pris le nom de ruette du » Prat, et qui étoit au nord de la rue dont il est ici question : Pro domo » cum exitu, dit cet auteur, in rua de Nostra-Dona, inter ipsam ruam, ex » parte meridii, et domum heredum Pétri Raymundi, ex parte altéra; et » durât a rua communi per quain itur a domibus domini de Castelhon, » versus Pratum, ex uno capite, usque ad domum Arnaldi deus Casaus » ex alio. Suivant un titre du 15 février 1557, devant Fredaigne, notaire, » cette rue étoit du territoire de la paroisse de Saint-Mexans. » Elle faisait aussi partie de la paroisse Saint-Remi, suivant un autre titre de 1380 [Inv. S1- And.]. Cela, d'ailleurs, ne contredit nullement ce qu'avance Baurein, parce que la limite des deux paroisses passait à peu près au milieu du quartier qui s'étendait entre la rue Burga et la Garonne.

En 1553 [Denomb.], la rue Notre-Dame s'appelait rue Nostre-Dame-du- Chapeïet .• « Pierre Roys declaire tenir deux moytiés d'appentis et ung » jardrin, le tout joignant ensemble, seizs en la rue Nostre-Dame-du- » Chappellet, paroisse Sainct-Maxens. »

Obscura : Rua Obscura; ruette de Gassies; ruetta de Geraïdon,

Geraldonis; rue de La Tour-de-Gassies (8, 22). — Baurein [Ms., p. 189], dit que la rue Obscure était celle que, de son temps, on appelait rue de La Tour-de-Gassies ; c'était la même que la rue qui, en 1417, s'appelait mette de Geraldon (ruetta Geraldonis) : « Cette ruette, dit-il [Ms., » p. 134, v°], étoit située dans la paroisse de Saint-Pierre, et avoit une » de ses entrées dans la rue des Argentiers. Ce fait est constaté par

» l'extrait suivant d'une liève de 1417, où il » est question d'une maison (appartenant à » Marie et Trenque Gassies) située dans la » rue par laquelle on va de l'église de Saint- » Pierre vers le château de YOmbricre; elle » confrontoit, d'un côté, à la maison de Ber- » nard de Fabre, de l'autre, à la ruette appelée » de Geraïdon; par devant, à la rue publique » (rue des Argentiers), et, par derrière, aux

» possessions du seigneur de La Lande Il

» y a apparence que c'est la rue actuellement » appelée de La Tour-de-Gassies ; au moins » étoit-ce dans cette rue qu'étoit située l'an- » cionne maison du seigneur de La Lande. » Les textes suivants [C. de l'arch.] prouvent, en effet, que la rue Obscure est la même que la rue de La Tour-de-Gassies : (1361) « P. Garcie, burgensis Burdegale, débet, pro » quodam appenticio in quo est coquina et

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