‹ Bordeaux vers 1450Chapitre 22 sur 79 · RUA OBSCUR A · texte numérisé non relu

RUA OBSCUR A

A, Maison de Bernard Fabre, — B, Possessions du seigneur de La Lande. —

c, Maison de Marie et Trenque de » caminea (alias caméra) privata, videlicet

» juxta ruetam Obscuram, que est ante domum

Banutiers, anciennement deu Putz- » domini Johannis de La Landa. » — (1375)

leus-Judius. — H, Rue Saint-Pierre. — -it» i/->t

MN.Mur romain. -or, Rue obscure. «Jonannes de Bétonna, films quondam Jo-

puitsd-.uhan.- Tour saint- » hanniSj.... pro duabus dimidiis domibus

Gassies. — D, Maison de Gassies.

EF, Rue des Argentiers. — G, Rue des

Aubin.

» quas tenet in rua Obscura-Sancii-Petri Bur- » degalensis, que rua ducit versus puteum à'Alhan. » — (1457) «In par- » rochia Sancti-Petri, videlicet in rua Obscur a, que, a rua Sancti-Petri, » sive puteo RAllian, ducit ad domos domini de Landa. » On trouve, en outre, en 1457, la preuve qu'un Géraldon avait possédé une maison dans la rue Obscure, ce qui, sans nul doute, avait fait donner son nom à la rue : « Heredes Johannis Garcie debent, pro quodam adpenticio, in

» quo est coquina et cambra privata, que est in medietate rue Olscura, » prope magnam clomum que fuit quondarn Guillelmi Geraldonis ; ymo est » una pars ipsius dornus que dicitur turris de Sancto-ATbino. » En 1487, cette rue s'appelait aussi mette de Gassies : « Esporle d'une maison faisant » le coing- de la grand rue Sainct-Pierre de Bourdeaulx, tirant vers la » mette de Gassies, pour François de Tustal, marchand changeur de la » parroisse de Saincte Colombe et bourgeois de Bourdeaulx » [Bénéf. Sl-P.].

Ome-de-Papon : Rua de V Ome-de-Papon; rua de V Ourme-de-Pœpon; rua Ulmi-de- Pajion, Ulmi-de-Papone (voir rua de Las Sos-Menudas et cantoun de V Ome-de-Pajpon).

Pabillon : Rua deu Pabillon; rue du Pavillon. — Une rue de ce nom est signalée dans l'extrait suivant d'un titre de 1441 [Inv. Ste-Cr.j : « Exporle des sieurs Pelegrin et Archambaud du Puch d'une maison » faisant le coin des rues Saint-Rcmy et Pavillon, avec aysines derrière. » Nous ne connaissons pas de rue de ce nom donnant dans la rue Saint- Rémi; nous croyons que le rédacteur du manuscrit que nous venons de citer a fait erreur, et qu'il a voulu parler de la rue Bcdillon.

Palay-Galian : Rua deu Palay-Galian; rue du Palais- G allienne; rue de La Raison; rue du Palais-Gallien (13, 20). — Cette voie était, au xve siècle, désignée plus souvent par une périphrase que par une dénomination particulière. Son nom était indifféremment précédé des mots rua ou iter. Ainsi, dans un titre du milieu du xive siècle [C. de l'arch.], on lit : « Apud Sanctum-Lazarum, sive apud Campauriam, in magna rua » que, a Sancto-Lazaro, ducit ad Palatium-Galliane. » (L'église de Saint- Lazare était au bout méridional de la rue du Palais-Gallien.) En 1356, on trouve dans un autre titre cette phrase : « Magno itinere descente a » Sancto-Lazaro , versus Palatium-Galliane. » On l'appelait rue de La Raison pendant la première République.

Palhey : Rua deu Palhey. (Voir Fossats de Porta-Boqueyra.)

Palheyra : Rua Palhey ra ; rua Palheria; rue Pailhiaire ; rue Palhey re; rue des Etuves (8, 19). — Cette rue portait le nom de rue Palheyra et Palheria dès le commencement du xive siècle. Elle était dans la paroisse

Sainte- EulaMe, à l'ouest et très près des fossés des Tanneurs, et comme eux, se dirigeait du nord au sud : elle reliait la rue du Far à la rue de Segur. Tout ceci résulte des textes et des extraits suivants [C. de l'arch.]; en 1334 : « Pro duabus domibus quas tenet in parrochia Sancte- » Eulalie, in rua Pallieria; » en 1360 : « Prior hospitalis de Cayaco, pro » dimidio solo quod tcnet in rua Palheyra Burdegale. » C'était la première rue que l'on trouvait à gauche en entrant dans la rue du Far par les fossés des Tanneurs; en effet, le percepteur de l'archevêque faisant, en 1367, le dénombrement des fiefs qui se trouvaient du côté sud de la rue du Far, dit : « Pro domo que est in angulo, in capite rue de Farro,

» extra portam de Areis » et à l'article suivant : « Pro domo in rua de

» Farro que est in angulo, juxta ruam Palheiram.... » Elle était fort près des fossés : voici des textes de 1459 [C. de l'arch.], qui démontrent qu'une seule maison séparait celles qui faisaient le coin des Fossés de celles de la rue Palheyre .- « Emery By,... pour une maison qui est en l'angle du cap

>■> de la rue du Farre — Emery By,.... pour une maison joignant

» les dessusdites — Goyon Popin pour une maison joignant, qui

» est en l'angle de la rue Pailhiaire. » C'est aujourd'hui la rue des Etuves, dit Baurein [Ms., p. 173, v0]; « il en est fait mention dans une » liève des fiefs de l'archevêché de l'an 1356 en ces termes : Ramundus » Martini de Sancto-Petro débet octo denarios census pro domibus et toto » feudo que sunt in capite rue Palheria, juxta ruam de Securo. Il paraît » par là que la rue Palheire avoit une de ses entrées dans la rue Ségur; » or voici ce qui prouve que, par l'autre extrémité, elle aboutissoit à la » rue du Hâ : l'auteur de cette lieve, après avoir fait le dénombrement des » fiefs que l'archevêque de Bordeaux avoit dans la rue Palheire, à com- « mencer depuis une de ses extrémités, vers la rue Ségur, jusqu'à l'extré- » mité opposée, ajoute tout de suite : sequitur rua de Farro qui a capite » rue Pallieria ducit versus portale de Farro ad occidentem. »

Voici un autre fait relaté par l'abbé Baurein et qui, quoique postérieur à l'époque qui nous occupe plus spécialement, nous offre assez d'intérêt pour devoir être signalé : « Le 3 décembre 1530, messieurs les maire et » jurats acheptèrent deux maisons contigues situées dans la rue Palheyre, » dont l'une faisoit angle dans la rue Segur, pour mettre, pauser et » asseoir le moulin à faire la poudre de l'artillerie de la ville; lequel à » présant est assis et posé dedans les claustres du cimetière du prieuré » Sainct- James de ladicte ville. »

Paymentada-de-Maucalhau : Rua Paymentada-de-Maucalhau, Peymentad-de-Malo-Calculo ; rue Permentade [4, 20]. — Cette rue, qui commençait au puits de Maucalhau et se terminait à la rue de VEnginhdeu-Miralh, est signalée en 1416, 1495 et 1675 [C. de l'arch. — Inv. Ste-Cr.] comme faisant partie de la paroisse Saint- Michel. On la trouve sous la dénomination de rua Peymentad-de-Malo-Calculo en 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.].

Paymentada-de-Rua-Boau : Rua Paymentada-de-Rua-Boau; aus Carmes-Bieils ; rue Mingin, Mingon, Minjin; rue Permentade, Peymentade, Peymental, Pimentade, Puymentade; rue Magendie (6, 19). — Cette rue, qui conduisait de la rue Boau à la rue Sainte- Eulalie, était dans la paroisse Sainte- Eulalie. En 1543 [C. de l'arch.], on la nommait

rue Peymental : « pour la maison joignant le canton de ruhe de

» La Lande, en ruhe Peymental » Son extrémité occidentale n'avait

pas de nom particulier à la fin du xive siècle, puisqu'on la désignait en 1383 [C. de l'arch.] par ces mots : « rue par laquelle on va de la rue » Sainte- Eulalie à la rue Paymentade » : « Dominus Arnaldus Thome, » presbiter,.... pro solo quod tenet in rua Sancte-Eulalie, juxta quandam » ruetam per quam itur ad ruam Paymentadam. » On la nommait, en 1548 [Ms. Baur., p. 221, v°], rue Mingon; en 1553 [Denomb.], rue Puymentade,

Pimentade, Mingin et aux Carmes-Bieils -. « Demi maison, jardrin,

» sciz en la parroisse Sainct-Aulaye, a rue Pimentade, autrement appellée » aus Carmes-Bieils. » Il y a peu de temps qu'on lui a ôté le nom de rue Mingin, pour lui donner celui de rue Magendie.

Penteneyra : Rua Penteneyra; rua Penteneria; rue Penteney, Penteneyre; rue Pilet (5, 21). — Les textes suivants nous font connaître l'emplacement de cette rue, qui conduisait des Fossés au cimetière des Minimes .- « Bernardus Jauberti, parrochianus Sancti-Micliaclis, débet » pro domo que est situata supra Fossatum, inter ruam Penteneriam et » ruam Fdbrorum » [C. de l'arch., 1400]. — « Maison où il y a une sotte » ou cave seize sur le fossé de Sainct-Liege, au-devant la font de Ruhe- » Bouqueyre, et au canton de Rue-Penteneyre, confrontant, d'ung costé » et d'ung bout, par derrière,.... et, d'autre costé, à la rue Penteneyre, et, » d'ung bout, à la grande ruhe sur le fossé » [Inv. S4 -And.]. Elle aboutis-

sait au cimetière des Frères- Mineur s, et elle traversait par conséquent la rue Cagueleu; deux autres textes du même manuscrit nous en donnent la preuve : « Reconnaissance faicte (en 1401) au chappitre, de deux » maisons seizes en la ruhe Pcnteneyre, confrontées au cymetière des » Frères-Mineurs. » — (1568) « Maison ou chay scitué en la ruhe Pen- » teneyre, confrontant...., d'ung bout, à la ruhe Caguebeu. » En 1553 [Denomb.], on l'appelait rue Pcntlicney et rue Pentlœncyre. Nous avons vu qu'un habitant de la rue Leyteyre, Helias Viger, était, en 1400. pentenicr (pentenerius). Cette rue portait déjà le nom de rue Pilet au xvme siècle [Bénéf. SVMich.].

Pes-Belh : Rua deu Pes-Belli; rue Entre-dos-Murs ; rue de La Montade-de-Puy-Paulin, do, La Pujade, de La Pujade ou La Puytade-de-Puy- Paulin; rue de VLntendance; rue Saige (10, 22). — Cette rue, qui a fait, croyons-nous, partie de la série des rues Entre- deux-Murs (voir rua Entre-dos-Murs), allait de la rue Porte-Médoc à l'ég-lise de Piiy-Paulin. Bernadau [Viog\ Bord., p. 171] cite un texte de 1339 qui nous en donne la preuve : « En la carreyra que ben de la porta Medoaua et ba à la » plassa de Pach- Paulin, laquau carreyra es aperada deu Pez-Belh. » D'autres textes du commencement du xve siècle [C. de l'arch., 1400] ne lui donnent pas de nom particulier : « Et plus, pro solo cum mûris, quod » est in rua que est juxta portant Medulcam; que rua ducit, a dicta porta,

» versus ecclesiam Podii-Paulini » Ce dernier texte nous prouve,

en outre, que les maisons de cette rue s'appuyaient contre les murs de ville. En 1553 [Denomb.], on l'appelait rue de La Puj ade-de-Puy-Paulin, rue de La Puytade- de- Puy- Paulin et La Montade- de- Puy- Paulin .•

«M. Me Pierre Arnaud, prévost de l'esglise collégiale, tient une

» maison en la parroisse de Puy-Paidin, en la reue appellée La Pujade- » de- Puy -Paulin. » — « Me Hugues Alad, procureur en la cour du » Parlement, pour la maison et jardrin qu'il tient en la rue de La

» Puy tadc-de-Puy -Paulin » — « Une maison à La Montade-de-Puy-

» Patelin. » Au xvme siècle [Lièv. S'-Seur.], on la nommait encore rue de La Pujade. Il y a peu de temps, on la connaissait encore sous le nom de rue de VLntendance. Elle est devenue depuis peu et sans motif plausible la rue Saige.

Pessac : Rua de Pessac. (Voir camin de IJessac.)

Petit-Cancera : Rua deu Petit- Cancer a; rua deu Cancellar; rua deu Petit- Cancer ar; rua de P arvo- Cancer ario ; rua de Parvo-de- Cancer ario; rue Arnaud-Miqueu (partie de la) (9, 21). — Cette rue était, suivant deux textes, l'un de la fin du xive siècle [Obit. S^And.], et l'autre de l'an 1400 [C. de l'Arch.], située dans la paroisse de Saint- Siméon. Le premier

s'exprime ainsi : « pro quo (anniversario) habemus centum solidos

» situatos, videlicet : xl solidos, super tribus feudis que sunt, in parrochia » Sancti-Simeonis Burdeg-ale, in rua de Parvo-de- Cancer ario. » Dans le second , on lit : « Pro domo situata in parrochia Sancti-Simeonis, in rua

de Parvo-Cancerario » « Dans une liève de 1356, dit Baurein [Ms.,

» p. 126], elle est simplement nommée rua deu Cancellar; elle aboutit de » la rue du Grand- Cancer a à celle de Saint- Simeon. Rua de Parvo-Cance- » rario, est-il dit dans une liève du commencement du xve siècle, que rua » de Magno- Cancer ario ducit versus quadrivium Sancti- Symconis prope » domum Arnaldi-Ramundi Monetarii et versus meridiem. » La maison Monedey était au coin des rues Saint- Simeon et du Petit-Cancera. Cette rue, qui avait conservé son ancien nom jusqu'à ces dernières années, forme maintenant la portion septentrionale de la rue Arnaud-Miqueu.

Petit-Gasteret : Rua deu Petit- Casteret; ruette de Castaudet; rue du Casterar, de Casteret, du Casteret; rue de Martouret; rue du Petit- Castelet, du Petit- Castera; rue du Petit-Paradis (10, 22). — Les textes suivants nous font connaître les divers noms donnés à cette rue, ainsi que son emplacement, et les noms d'une tour et d'une localité qui en étaient voisines. Ils sont presque tous puisés dans des Inventaires des

titres des Bénéficiers de Saint-Pierre : « Contract d'achapt (1382) de

» sur toute icelle maison, scituée et assize, en la parroisse de Sainct- » Maxcns, devant la tour de Jelian-de-La- Porte, de la parroisse Sainct- » Jfaxens, et bourgeois de Bordeaulx. » — « Plus, sur une maison, où il » souloit avoir four, située et assize en la rue par laquelle l'on va vers » ladicte tour dudict Jehan- de- La -Porte, en ladicte parroisse Sainct- » Maxens. » — « Plus, sur une maison scituée et assize en. ladicte parroisse » de Sainct- Maxens, en la rue appelée du Petit- Castelet, devant la tour » dudict Jelian-de-La-Porte. » « Esporle (1418) d'une maison scituée et » assise en la parroisse de Sainct-Maxens de Bourdeaulx, en la rue appelée » de Martoret, au lieu appelle à La Hoquette, devant la tour de Jelian-de-

» La-Porte. » La rue de Martoret était la même que celle du Petit-Casteret. Le texte suivant le prouve surabondamment : « Esporle (1421) » d'une maison scituée en la parroisse de Sainct-Maxens de Bourdeaulx, » en la rue appellée de Castcret, au lieu appelle à La Roquette, devant la » tour de Jehan-de-La-Porte. » D'autres titres du même temps s'expriment

ainsi : « Maison , confrontant par devant, vers le nord, à la rue du

» Petit-Castera, alias du Petit-Paradis, devant la tour de Jehan-de-La- » Porte. » — « Maison seize en la place et rue du Petit- Castcret, parroisse » Sainct-Maxens, au lieu appelle au Petit- Paradis. » — « Maison scituée » (1441) rue du Casteret (alias Castcrar, parroisse Saint-Remy) (1), devant » la tour de La Porte. » Et plus loin (1451) : « Maison et jardins scitués » et assiz en la parroisse Saint-Maxens de Bourdeaulx, près de la tour de » La Porte- jUedocque. » Enfin, un texte de 1442 désigne seulement la rue par la position qu'elle occupait : « Maison et jardrin en rue appellée » devant la tour de Jehan-de-La-Porte. » Au xvic siècle, nous trouvons

des renseignements analogues. En 1533 [Terr. Cast.], on lit : « toute

» icelle place vuide, scituée en la ruhe de Porte- 31 edocque, confrontant à

» la maison de d'une part, à la maison vulgairement appellée Petit-

» Paradis, d'autre part; à la ruhe publique de la Porte-Medocque, par

» devant » En 1559 (Terr. Dest.) : « Marguerite Roux reconnaît toute

» icelle place vuide, scituée en la parroisse Saint- 31 aixans, appellée vul- » gairement la place du Castellet, confrontant....; d'un costé, à la maison

» de laditte affeuate, appellée du Petit-Paradis , d'un bout, à la rue

» Porte-3/edoc. » Enfin, Pierre d'Aste, coseigneur du Taillan, possédait dans la rue Entre-deux-Murs (Pont-de-la-Mousque) deux maisons, l'une était au nord de « la fontaine du Chapeau-Rouge, » et l'autre située en face de la première, de l'autre côté de la rue Entre-deux-Murs, confrontant, du midi, « à la ruette de Paradis. » La rue de Castaudet (voir rue Entredeux-Murs) nous parait être la même que celle du Petit- Casteret.

Nous croyons retrouver la rue du Petit -Casteret dans un cul-de-sac Plan de Lattre] qui s'ouvrait dans la rue Sainte-Catherine, sur remplacement occupé par le bout septentrional de la Galerie Bordelaise.

Petita Garpenteyra : Rua de la Petita-Carpenteyra; rue de Lesian;

') Nous pensons qu'il y a ici erreur du copiste. La rue du Petit- Casteret était dans la paroisse Sai/tt- Xt&rlHt'.

mette de Luscan; rua Parve-Carpentarie; rue du Cancera (8, 22). — Cette rue conduisait du puits de Banhacat à la rue Sent-Pey. C'est la portion orientale de celle que nous appelons maintenant rue du Cancera. Un texte de 1375 [C. de l'arch.] la signale de cette façon : « Pro duabus

» domibus quas tenet in rua Sancti-Petri et rua Parve-Carpentarie »

A la même époque, le contrôleur de l'archevêque, après avoir dénombré les maisons qui sont près de l'église Saint- Pierre, entre dans la rue Saint- Pierre, et, se dirigeant vers le puits à'Alhan, il contrôle à droite, c'est-à-dire à l'occident, quatre maisons, puis une cinquième située à l'angle de la rue de la Petite-Carpenteyre, « in angulo rue Parve- » Carpentarie; » puis, remontant la rue Saint-Pierre, il arrive au puits à'Alhan. Voici d'ailleurs un autre texte qui ne laisse aucun doute [Liev. P. Berl.] : « In rua Parve-Carpentarie que, a rua Sancti-Petri, ducit » versus puteum de Banhacat. »

La rue de la Petite -Carpenteyre s'est aussi appelée rue de Lesian [Bénéf. S'-P.]; un manuscrit de 1553 [Dénomb.] l'appelle ruette de Luscan.

Petita-rua-Sent-Remedi : P etita- rua- Sent -Remedi, Petita-rua- Sent-Aremedi; ruette de Y Esglise-Sainct-Remy ; la Petite-rue-Saint-Remi; rue Jouannet (9, 22). — Cette rue est signalée dans l'extrait d'un titre

de l'année 1394 [Bénéf. SVMich.]; on y lit : « pour raison d'une

» maison en la Petite-rue et paroisse Sainct-Remy. » Elle existe encore sous le nom de rue Jouannet, et aboutit de la rue Saint -Rémi à la place du même nom. On la trouve en 1553 [Denomb.] sous la dénomination de ruette de V Esglise-Sainct-Remy : « Me Simon Garrat, prestre, a declairé » tenir une maison en la ruette de Y Esglise-Sainct-Remy . » Elle était quelquefois désignée par une périphrase : « Ruette par laquelle on va » de la Grande-ruhe- Sainct-Remy à l'esglise de Sainct-Remy » [Inv. St-And.].

Peugue : Rua deu Peugue; rua de Pelago; rue du Peaulgue; grande rue du Peugue; rua Cagamula; rue Caguemule; rue des Minimettes ; rue Cabirol (9, 18). — La rue du Peugue était située dans la paroisse de Sainte-Eulalie et dans le quartier du Far; elle était fort près des remparts du xive siècle, et se dirigeait du sud au nord. Le texte suivant de 1400 [C. de l'arch.] fait connaître son emplacement : « Pro medietate unius domus, » cum exitu, situata in rua de Farro, inter ruetam Molendini et ruam de

» Pelago; » et ailleurs : « In angulo rue de Pelago, loco vocato à La » Tornapiqua-deu-Far...., in parrochia Sancte-Eulalie. » C'était donc, au xve siècle, la rue qui, de La Tournepiqtie-du-Far \ se rendait au ruisseau du Peug'ue, parallèle, par conséquent, à la rue du Moulin; et, comme dans cette partie de la limite de l'enceinte du xive siècle, de même qu'à l'intérieur de presque tous les remparts de Bordeaux bâtis à cette époque, il y avait un chemin de ronde longeant le pied de ces remparts, nous avons lieu de croire qu'une portion de la rue du Peugue a été remplacée par la rue Cabirol, qui passe à une certaine distance de l'emplacement de ces anciens murs, et qu'on nommait naguère rue des Minimettes.

Elle s'appelait également rue Caguemule. Voici divers extraits d'actes anciens [Inv. S^And.] qui le prouvent : « Reconnaissance, en 1400, au » chappitre d'une maison en la ruhe du Peugue, appellée de Caguemule. » — « Reconnaissance, en 1504, faicte au chappitre de toute icelle maison » seize en la ruhe du Peugue, autrement de Caguemule. » Il résulterait cependant de quelques passages de ce même manuscrit, entre autres du suivant, que la rue Caguemule serait autre que la rue du Peugue : « Con- » trat, en 1354, par lequel Jehanne de Cralos a esté investie feument de » toutes icelles deux maisons, à costé l'une de l'autre...., seizes en la rue » par laquelle on va du Far vers la rue Caguemule. » Toutefois Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] dit, à propos de la portion de la rue Dejus-lo-Mur, qui s'étendait de l'entrée du Peugue dans la ville, à l'ouest, jusqu'à la porte de Toscanan : « On a encore donné à cette rue le nom de la rue du » Moulin et de la rue Caguemule mal à propos, car celle du Moulin est. » la rue des Palanques, et celle de Caguemule est la rue du Peugue; et » le puits de cette rue s'appelle, dans les anciennes esporles, le puits » de Caguemule. » (Voir Putz de Caguemule.) Le titre suivant, daté du 13 avril 1412, vient confirmer l'assertion de Lopes : « Conoguda que » mossen Pey de La Tor, calonge, cum priuada persona, esporlet de » mossen lo Dean, de totz aquetz dos hostaus qui son à i tenent, ab » la appentis et casau qui son detras, qui son en la parropia de Senta- » Euladia, en la rua de Cagamula, près deu Peugue, entre lo hostau de » Pey de Labat, apperat Picard, deuert septentrion, d'una part, et l'ostau « deudeyt mossen Pey de La Tor, d'autra part; et dura de ladeyta rua, » de l'un cap, entro à la causa de Pey de Lemotges, de l'autre cap » [Manuale capituli Su- Andrée Burd. — Arch. dép.]. Si, en effet, une maison, qui a sa façade dans la rue Caguemule, a pour voisine une

maison du côté du septentrion, c'est que cette rue se dirige du sud au nord. La rue Caguemule, au xve siècle, était donc la même que celle du Peugue.

Pey-d'Agen : Rua Pey-d'Agen; rua Pedagen; rue des Piliers-de- Tutelle (partie de la) (9, 22). — La rue Pey-d'Agen, située dans la paroisse Saint-Mexent, conduisait de la rue du Far-de-Lesparre (rue du Parlement-Sainte- Catherine) à la rue Saint-Remy. Baurein [Ms., p. 181], en parlant de cette rue, s'exprime ainsi : « C'est aujourd'hui la » rue Pedagen : Tôt aquet hostau, est-il dit dans une reconnaissance du » 2 décembre 1435, qui es en la parropia de Sent-Maxens de Bordeu, en » la rua apperada Pey-d'Agen; et dans une autre reconnaissance de 1438 : » Tôt aquet hostau, est-il dit, qui es en la parropia de Sent-Maxens de » Bordeu, en la rua apperada de Pey-d'Agen, et dura et ten, en lonc, de » la carreyra deu Far-de-Lesparra, de l'un cap,.... »

Cette rue s'appelait encore rue Pedagen au commencement du xixe siècle, ainsi que le prouvent les plans de cette époque. Lorsqu'on la prolongea depuis la rue Saint-Rémi jusqu'au cours du Chapeau-Rouge, on donna à ce prolongement le nom de rue des Piliers-de-Tutelle , et cette dernière dénomination a depuis été appliquée à toute la rue.

Pey-de-Loen : Rua Pey-de-Loen; rua Petri-de-Loen; rua de Loen; rua Pétri- Gaucelmi (11, 23). — « Cette rue était, dit Bernadau [Viog., p. 82], » voisine de la rue de Bernard-For thon, suivant une exporle dans laquelle » on lit : Pro domo que est in rua Dissenta, inter domum Johannis Gom- » baudi, ex parte orientis, et ruam vocatam Petri-de-Loen, ex parte » occidentis. » Elle se dirigeait par conséquent du nord au sud, puisque une maison, située dans la rue Dissente, orientée de l'est à l'ouest, avait pour voisines une maison placée dans la même rue, et une autre maison qui avait sa façade au couchant, dans la rue Pey-de-Loen. On la trouve sous le nom de rue de Loen dans un titre du 18 décembre 1449 : « Cono- » guda que lo Dean...., estantz en plener capitre, an balhat à feu noed à » Helias de Nora, laborador de binhas, demorant a rua de Loen, de la » parropia de Sent-Remedi, borges de Bordeu,.... tôt aquet mech sou de

» terra qui es en la rua de Loen...., et dura de la deyta rua de Loen,

» de part dauant, de l'un cap, entro à la rueta de Pey-Blanc, de l'autre » cap » [Manuale capituli Sli-Andree Burd. — Arch. dép.]. Une baillettf

à fief nouveau, faite par le chapitre le 26 février 1450, prouve que cette rue se nommait indifféremment à cette époque rue de Loen et Pey-de-

Loen. On l'appelait aussi rue de Pey-Gauceïm [Obit. S1- And.] : « et

» durât a dicta rua Pétri- de- Loen, que alias dicitur Pétri- Gaucelmi. » Comme, en outre, elle était située dans la paroisse Saint-Remy [Inv. S1- And.], elle ne pouvait être que la troisième que l'on rencontrait à droite, en montant la rue Dissente, depuis la porte du Retgc; puisque la première était la rue de Bernard-Mos, et la seconde celle de Ramon-Forton.

Pey-de-1'Oustau : Rua Pey-de-V Oustau ; rue Naudot (10, 23). — Cette rue était la seconde que l'on trouvait à droite en entrant par la porte de VOme-de- Casse, et en montant les fossés de Tropeyte (cours du Chapeau-Rouge). Elle aboutissait de ces fossés à la rue Medoc. On l'appelait encore rue de Pey-de-V Oustau en 1537 [C. de l'arch.] : « Arnaud

» de Buzet, demeurant en rue de Pey-de-V Oustau, à Trompeté » On

la nomma, par la suite, rue Naudot. En 1553 [Denomb.], on lui donnait à la fois ces deux noms : « Une maison assize en la parroisse Sainct-Remy , » en la reue appellée de Naudot, autrement de Pey-de-V Oustau. » Mais, d'un autre côté, on la trouve dans le même manuscrit confondue avec les rues de Medoc et Bonaventure : « Bernard de Moch, à cause de sa maison, » jardrin estant en rue de Pey-de-Lostau, alias de Medoc; » et plus loin : « Pour une maison dans la rue de Pey-de-Lostau, alias de Bonnanenture. » Nous avons dit ailleurs que ce manuscrit fourmille d'erreurs. La rue Peyde-V Oustau a disparu lors de la reconstruction du château Trompette par Vauban [Ms. Baur., p. 116].

Pey-Macau : Rua de Pey-Macau-, rua de Macau, Macault, Machau, Maquau; rua Petri-de-Macallo, MacalJio, Maqualho; rue des Caperans, rue des Capelains; rue des Caperans (9, 22). — Cette rue conduisait de la rue Saint-Remy à celle du Far-de-Lesparre ; il en est souvent fait mention dans les anciens titres, dit Baurein [Ms., p. 200], qui cite le texte suivant : « Guillelmus de Prato, parrochianus Sancti-Remigii, est-il » dit dans une ancienne liève (1400), débet pro domo situata in rua Petri- » de-Macallo; et dans une autre liève : In rua de Pey-Macau, que, a » rua de Farri-de- Sparra , ducit directe versus Sanctum-Remigium et » septentrionem ; et dans un autre endroit : In rua Petri-de-Maquallo, » que, a magna rua Sancti-Remigii, ducit versus magnam ruam Farri-

» de-Sparra et meridiem. » On la nommait déjà rue des Caperans ou des Capelains en 1553 [Denomb.] : « Une maison près du canton de rue de » Macault, autrement des Caperans. » — « Maistre Pierre de Lartigue, » prestre, pour la maison où il demeure scituée en la rue des Cape- » lains. »

Peyrat : Rua deu Peyrat; rue Dupeyrat; rue du Fort-Louis (1, 22). — Cette rue était située dans la sauveté de Sainte-Croix, et passait devant le cimetière de cette paroisse. On la trouve citée très souvent de la manière suivante [Inv. Ste-Ci\] : « Rue du Peyrat, en la sauvetat du » monastère, — en la paroisse et sauveté de Saincte- Croix, — devant le » cimetière du monastère. » Ces indications se trouvent au-dessous de ce titre : « Noviciat, rue Dupeyrat. » (Voir au Peyrat.}

Peyrouze • Rua Peyrouze; rue de Peyrat, du Peyrat; rue Pierreuse; rue des Fossés; impasse Duffour-Dubergier (8, 20). — Cette rue, qui passait sur l'emplacement des fossés protégeant à l'ouest le premier accroissement, a été, lors du percement de la rue Duffour-Dubergier, considérablement raccourcie du côté du couchant; nous n'avons pas trouvé de titres la signalant avant le milieu du xvie siècle ; mais un acte du 21 janvier 1451 nous apprend que l'endroit où elle se trouvait s'appelait Peyrat : « Conoguda que Johana Faureu, bepda, de la parropia de

» Senta-Euladia de Bordeu, esporlet de tôt aquet hostau qui es

» en la deita parropia, foras deu portau de Las Eyras, sobre lo fossat de » la bila, près de Peyrat,.... et dura deu fossat et paduent de la bila, de » part dauant, de l'un cap, entro au casau de Johan de Colinhan, borges » de Bordeu, de part detras, de l'autra cap » [Manuale capituli Sli- Andrée Burd. — Arch. dép.]. En 1538 [Terr. Cast.], « Guionne de La Grange

» reconnaît maison et jardin en ruhe du Puch-de-Trescalan, confron-

» tant à la maison de...., d'une part, à la tour appellée du Pendart et au » jardin de...., d'autre part; à la ruhe de Tuscanan, par devant, de l'ung » bout, jusques au jardin de...., et à la ruhe tirant à l'estey du Peauïgue, » par derrière, de l'autre bout. » (Voir tour du Pendart.) A cette époque, elle n'avait pas de nom particulier, ou le notaire a mieux aimé la désigner par une périphrase. Quelques années après, en 1553 [Denomb.], on l'appelait rue de Peyrat : « François Coiffard, pour une maison qui est en la rue » de Peyrat, sur le foussé des Tanneurs. » Vingt ans plus tard (1572), son

nom s'était transformé [Terr. Dest.] : « Jeannot Prévost reconnoît.... toute » icelle maison et tanerie scituée en ruhe Peyrouse, près ruhe Tuscanan, » confrontant, d'ung costé, à l'estey du Peaugue, d'autre, à la maison » de...., d'ung bout, à la rue Peyrouze, et, d'autre bout, aux maisons de » Guillaume et Marie Guirault, héritiers de Jehan Guirault. » La façade des maisons des Guirault était située dans la rue du Putz-de- Toscanan; en conséquence, celle de la maison de Jeannot Prévost ne pouvait être que dans la petite rue qui est à l'ouest de la rue du Putz-de- Toscanan. Dans un plan du xvme siècle [PL mss.], la rue Peyrouze est appelée rue Pierreuse, et Hierosme Lopes [Lièv. Sl-And.] nous apprend que la première maison cantonnière de la rue du Hâ « fait le canton au couchant » de la rue de La Voulte-du-Pelat, » et que cette rue s'appelait aussi rue du Peyrat ou des Fossés. Il y a peut-être dans ce texte quelque confusion, car les rues Peyrouze ou du Peyrat et de la Voîdte-du-Pelat existaient simultanément. (Voir rua deu Contre-Fossat.)

Peytabina : Rua Peytàbina; rua Peytauina; rua Peitavina; rua Pictavinia; rua Peyteuine; rue Poitevine; cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE (portion du) (7, 21). — Cette rue, qui conduisait de la rue des Epiciers à la place de VOmbrière, était située entre les murs romains et le Peugue. C'est ce que constate le texte suivant, extrait d'un testament cité par Baurein [Ms., p. 50, \°] : « Et plus, lo grand hostau, et los dos petitz, » que jo ey, sec seguent, a rua Peytauina, deuert lo mur de la ciutat, » sian ayssi médis bendutz; » et, ensuite [Arc. B.-LaL], une reconnaissance consentie, le 29 novembre 1473, par Giles de Croquegen, de la paroisse de Sainte- Colombe, et bourgeois de Bordeaux, en faveur de honnête dame Marguerite de Treulon, usufruitière des biens de Pey de Macanan, d'une moitié de maison située rue Peytabina, et allant de la dite rue à l'estey du Pont-Saint- Jean. Un texte du 17 mai 1362 [C. de l'arch.] appelle cette rue « rua Pictavinia » : « Johanna Fusterii, uxor » Pétri Calculi,.... pro domo quam tenet in angulo, in capite rue Picta- » vinie. » Elle était en partie située dans la paroisse Sainte- Colombe; elle commençait, du côté de l'ouest, près de la porte Begueyre [Obit. S1- And.] : « Johannes Lo Galles débet centum solidos supra domum quam » tenet in capite rue Peitavine, prope portam Vigeriam. » Elle a été détruite, dans ces derniers temps, pour ouvrir une portion du cours

d' ALS ACE-ET-LORRAINE .

Pezet : Rua de Pezet; rua de Meynard-Peze; rua de Pesset; rue des Pesets; ruette de Castenebet; rue Castambert; impasse des Ayres (8, 20). — Cette rue est désignée de la manière suivante dans l'extrait d'un titre de 1373 [Inv. Sl-And.] : « Reconnaissance faite aux doyens des chappitres

» de Sainct- André et de Sainct-Seurin de tout icelluy sol de terre qui

» est en la rue de Pezet, près les Ayres; » et ailleurs : « Une maison rue » de Pesset, parroisse Saincte-Eulaye. » En 1432, on l'appelait aussi rue Maynart-Peze [C. de l'arch.] : « Totam illam domum, cum casale con- » tiguo, que est in rua de Maynart-Pese ; » en marge de l'article est écrit, de la même main, le mot Peset. Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] nous apprend qu'à la fin du xvne siècle, on la nommait rue des Pesets : « Pour » une maison en ladite rue aboutissant à l'estey ou à la rue Neuve-du- » Poisson-Salé; » et ailleurs : « Pour une maison en la rue Neuve-du- » Poisson- Salé, où couloit cy-devant le ruisseau du Peugue, faisant le » canton du levant de la rue des Pesets. »

La rue Castambert, qui était à l'est de la rue du Poisson-Salé, à l'ouest de la rue Maucouyade et au sud de la rue Neuve-du- Poisson- Salé , plus tard rue des Herbes, est la seule à laquelle puissent s'appliquer les textes que nous venons de citer. Elle portait le nom de rue de Castenebet en 1553 [Denomb.] : « Jean de La Salle a declairé tenir un chay à la ruette de » Castenebet, parroisse Saincte-Eulaye. » On l'appelle maintenant impasse des Ayres. Deux personnes ont de la peine à y marcher de front.

Pinhadors : Rua deus Pinhadors, Pinhedors; rua Espinadoux, Espinadours; rue des Paignadours; rua deus Armadureys ; rue des Armuriers; rue du Loup (partie de la) (8, 21). — Cette rue correspond à la partie de la rue du Loup qui est entre les rues Sainte-Catherine et du Pas-Saint- Georges. On l'appelait, en 1357 [C. de l'arch.], rue deus Pinhedors : «Item emi, a quodam alio fabro, qui moratur in rua deus Pinhedors, » vi candelabra cum pede et duo candelabra de platea; » en 1400, rue deus Pinhadors ou deus Armadureys : « Pro domo lapidea, que est in rua » deus Pinhadors sive Armadureys; » en 1544, rue des Paignadours :

«Maison au coing de la rue Caudeyrere et rue des Paignadours; »

en 1553 [Denomb.], rue des Armuriers .• « Vidau de Labat, pelletier,.... » pour une maison qu'est en rue des Armuriers, parroisse Saint-Simeon. » Le même manuscrit signale une rue des Couteliers que nous avons

lieu de croire être la même que la rue des Armadureys : « Me de Lahet, » avocat général du roy, demeurant en la parroisse Sainct-Simeon, pour » une maison qu'il tient en rue des Couteliers. » Baurein [Ms., p. 191, v°] l'appelle rue des Espinadoux ou Espignadours : « Les peintres, dit-il, y » avaient fixé anciennement leur demeure ; les fourbisseurs leur succé- » dèrent. Ceux-ci s'en sont retirés, et ont cédé leur place aux manchon ■ » niers et aux couteliers, qui, pour la pluspart, y sont actuellement » établis. » On lui donnait aussi, en 1400, le nom de Grande-rue- Saint- André : M agna-rua-Sancti- Andrée (voir rue du Loup). Elle devait alors s'appeler ainsi depuis la rue de Porte-Begueyre jusqu'à la place de Saint- André.

Pinquet : Rua deu Pinquet (11, 22). — Cette rue aboutissait aux Piliers-de- Tutelle [Mais. dém.]. Nous connaissons le nom de toutes les rues qui avoisinent les Piliers-de- Tutelle, sauf celui de la rue qui longeait le côté septentrional de cet ancien temple; nous devons donc penser que c'est celle-ci qui était la rue du Pinquet. Elle est figurée, sans légende, dans un plan du château Trompette gravé par Lacour [Bull, polym., 1819, p. 148], d'après un dessin original aujourd'hui dans la collection de M. J. Delpit.

Plans : Rua deus Plans; rue de La Prévôté (15, 19). — Cette rue est signalée en 1357 et en 1457 [C. de l'arch.] comme faisant partie de la paroisse Saint-Seurin. Elle conduisait de la rue Trenqueyre (Rodrigues- Péreyre) à celle de la 2lresorerie [PI. mss., n° 1019. — Lièv. P. Berl.] : « In rua vocata deus Plans, que, a dicta rua Trenqueyra, ducit versus » domum tresaurarii Sancti-Severini. » C'est dans cette rue, qui a été plus tard appelée rue de La Prévôté, qu'était la maison du prévôt de Saint-Seurin, signalée dans les deux textes suivants; le premier de 1361, et le second de 1367 [C. de l'arch.] : « Dominus P. Vitalis de » Botugis, presbiter, solvit pro stagia et toto clauso que tenet, nomine » cujusdam capellanie, juxta stagiam prepositure Sancti-Severini Bur-

» degale » — « P. Gueyta, nepos quondam Forthonis Gueyta, pres-

» biteri, — pro stagia et toto clauso que sunt juxta stagiam prepositure » Sancti-Severini, Ijuxta iter quod transit ante domum thesaurarii. » La maison du trésorier de Saint-Seurin était située en face de la rue des Plans.

Planta-Rosa : Rua Planta-Rosa; rua Pey-Ros; rue Plante-Roze ; rue Planterose (3, 22). — Cette rue qui fait encore partie de la paroisse Saint- Michel et qui conduit de la rue Sainte-Croix à la rue Traversanne, est signalée dans un titre du 9 mars 1375 [Terr. Ste-Cr. 1375 à 1448], en ces termes : « Mestre Guillem Moyney, carpentey de grossa fusta, damo- » rant à rua Planta-Rosa, en la parropia Sent-Miqueu de Bordeu. » Elle portait le même nom en 1450 [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Jean » Morin d'une maison rue Plante-Roze, parroisse Saint-Michel. » C'était bien la même que la rue Planterose actuelle, puisque l'auteur de l'inventaire de Sainte-Croix s'exprime ainsi dans l'extrait qu'il donne d'un titre de 1416 : « Reconnaissance par Ramond et Pey de Ratabop à l'abbé de » Sainte-Croix, d'un jardin situé rue Plante-Rose, avec le demi mur vers » la rue Sainte-Croix. » La rue Planterose aboutit encore à la rue Sainte-Croix.

Nous croyons que l'origine de cette rue remonte au milieu du xme siècle; voici les motifs qui servent de base à notre opinion. Au milieu du mois de juillet (medio mense julii) 1250, l'abbé et les moines de Sainte-Croix accordèrent à Pierre Itier de La Grava et à Willelm Peteran, exécuteurs testamentaires d'Arnaud de Sent-Andriu, de faire, au nom des héritiers dudit Arnaud, une rue dans le fief que ce dernier avait à Saint- Michel, dans les possessions de l'abbaye de Sainte- Croix, entre la terre d'Arnaud Aion, d'une part, et celle d'Arnaud-Oberart Larros, d'autre part. Cette rue, dont la largeur était à leur discrétion, devait aller de la grande rue Sainte-Croix jusqu'à la rue tracée par Jean Dissente dans le voisinage, et cela aux conditions qui avaient été faites à Arnaud Aion pour l'établissement de la rue deus Boeys [Cart. Ste-Cr. fol. 15]. (Voir rua deus Boeys.) La voie ainsi créée dut s'appeler rue Larros ou Ros, du nom du propriétaire à côté des possessions duquel elle passait; c'est, du moins, d'autant plus probable, qu'une rue Pey-Ros est signalée dans un titre de 1400 : « Arnaldus de rua Pey-Ros, parrochianus Sancti-Michaelis Burdegale, » débet, pro vinea que est ante portale Sancti-Juliani....; » qu'en 1410 un Pey-Ros possédait une maison devant V Ome-de-Papon, fort près de la rue Planta-Rosa .- « dauant V Ome-de-Papon, per aissi cum es entre l'ostau » de Pey Ros, d'una part, et la rua deus Pomeys, d'autra part » [C. de l'arch.]; et qu'enfin, quelques années auparavant, Arnaud de rua Pey-Ros. dit Libornet, était aussi paroissien de Saint-Michel [Obit. S^And.]. Nous

ne connaissons pas de rue Pey-Ros; mais des exemples de transformations du même genre nous autorisent à croire que des mots Larros, Ros et Pey-Ros, on a fait Planta-Rosa.

Pomeys : Rua de Pomeys; rue des Pommiers; rue des Pommiers (4, 20). — Cette rue existait dès l'an 1410, ainsi que le prouve le texte suivant cité par Baurein [Ms., p. 88] : « Dauant V Ome-de-Papon, per aissi cum es entre » l'ostau de Pey Ros, d'una part, et la rua de Pomeys, d'autra part. » Elle était dans la paroisse de Saint-Michel [Inv. Ste-Cr.] : « Bail à cens par l'abbé, » à Perrin Faure, d'une maison rue des Pommiers, paroisse Saint-Michel. » Au xvie siècle (1526), le bourreau demeurait dans cette rue [Terr. Bos.] :

« jardrin.... scitué en la parroisse Sainct-Michel, ruhe des Pommiers,

» confrontant à la maison où se tient le maistre des hautes œuvres de la » ville. » Nous avons vu plus haut que ce fonctionnaire demeurait, au xvme siècle, dans la ruelle Neuve.

Port : Rua deu Port; rue du Port (2, 23). — Cette rue existait dès la fin du xive siècle, et alors, comme maintenant, elle conduisait de la rue Sainte-Croix à la rivière. C'est ce qui résulte des extraits suivants [Inv. Ste-Ci\] : « Reconnaissance, en 1376, par Jacques Vazou de la tierce » partie d'une maison faisant le coin de rue du Port et de rue Sangui- » nengue, paroisse Saincte- Croix. » — « Reconnaissance, en 1417, par » Raymond-Guilhem de Segur et Raymond de Segur, frères, d'une maison » et chay, en la rue du Port, vers la mer; » et enfin : « Place et jardin » (en 1493) rue du Port, proche La Fusterie. »

Porta-Begueyra : Rua Porta-Begueyra; rue Porte-Begere, Begueyre, Vigeire, Vigerie; rue des Epiciers; rue du Pas-Saint-Georges (partie de la) (8, 21). — Cette rue s'étendait autrefois de la rue du Loup au Marché. La rue Porte-Begueyre « est, dit Baurein [Ms., p. 104, v°], le nom que por- » toit anciennement la rue du Pas-Saint-George. C'est aussi celui que des » anciens titres donnent à la partie de cette rue qui est entre la rue Poite- » vine et celle du Cerf -Volant.... Dans une reconnaissance du 23 novembre » 1545, retenue par Gemisson, notaire, et consentie en faveur du chape- » lain d'Arnaud de La Caze, cette rue est appelée rue de Porte-Begere ou » Begueyre, alias du Pas-Saint-George. Dans un titre du 21 avril 1567, il » est également énoncé que la rue jadis appelée Begueyre étoit, de pré-

» sent, rue du Pas- Saint- George. » Dans le même manuscrit [p. 192, v°], Baurein ajoute que la rue des Espicieys est nommée, dans un titre de 1414 : « carreyra Porta-Begueyra. » Dans un titre de 1402 [Bénef. S'-Mich.], on lit : « rue Porte-Begueyre (rue des Epiciers), paroisse » Sainte- Colombe; » et ailleurs : « paroisse de Saint- Siméon ; » ce qui prouve qu'elle était coupée en deux par la porte qui s'ouvrait dans le mur romain. Nous avons aussi trouvé un texte de 1375 [C. de l'arch.] qui prouve que le nom de rue Porte-Begueyre était celui qu'on donnait à cette partie de la rue du Pas- Saint- Georges qui était au nord de la porte romaine : « Johannes Streton, dominus de Landiranis, ut bona tenens » Arnaldi de Campariano, débet pro domo, sive operatorio quod tenet » in angulo carrerie Porte-Vigerie que ducit versus ecclesiam Sancti- » Andrée; » et ailleurs [Inv. Sl-And.] : « Reconnaissance, en 1450, par » Jensote Hauteyre, d'une maison faisant le coin de rue des Pignadoux et » de Porte-Begueyre. » (Voir rua deus Espiceys.)

Porta-Dijeus .- Rua de Porta-Dijeus; rua de Porta-Dijeu, de Porta- Digeu, de Porta-Digeus, de Porta-Dijius; Magna-rua-Digaus ; rua Digaus, de Giu; Magna-rua-Podii-Paulini; rue de Font-Joyn, de Saint-Jouin, de Saint-Jovin; rue Porte-Dijeaux (10, 21; 11, 20). — Cette rue a conservé le même nom jusqu'à nos jours; elle s'étendait de la porte Dijeaux au carrefour de Font-Jouyn (rue Sainte-Catherine). Dans certains titres [C. de l'arch.], on la désigne simplement par ces mots : « In rua que » de Templo ducit versus portam Digeus. » — « Pro domo situata in par- » rochia Sancti-Christophori, in rua que, a domo Templi, ducit versus » portam seu ruam Porte- Medulce. » Ce qui prouve qu'elle était, en partie du moins, dans la paroisse de Saint- Christoly. En 1400, elle est nommée Magna-rua-Digaus ou simplement rua Digaus; en 1367 et 1375, rue Porta- Digeu : « Guillelmus de Montegarano débet pro solo, sive domo que est

» juxta locum fratrum de Sacco, quondam rua Porta- Digeu » —

« Ramundus de Montegarano débet pro domo in rua Porte-Digeu, prope

» locum fratrum de Sacco Burdegalensium » En 1370 [Inv. S1- And.],

on trouve cette rue appelée rue de Giu .- « Reconnaissance, au chappitre, » d'une maison seize en la rue appellée de Giu, par laquelle on va du » Temple vers la porte Digeaux. » Elle a été également nommée Granderue-de-Puy- Paulin, ainsi que le prouve le titre suivant [Ms. Baur., p. 158, v°] : « in Magna-rua-Podii-Paulini, in altéra parte ipsius rue

» que est versus meridiem, in angulo ruete de Brayaco. » Grande-rue- Porte-Dijeaux ou de Puy-Paulin est le nom qu'on lui donne dans un plan copié par M. Jules Delpit aux Archives nationales, dans les papiers de la maison de Puy-Paulin. Dans un titre de 1406 [Lièv. SVEsp.], elle est appelée rue de Font-Joyn : « Bail a fief, consenti par les confrères de » la confrairie du Saint-Esprit de Saint-Seurin , en faveur de...., d'une » maison en rue Font-Joyn; » et, en rubrique : « rue Font-Joyn, ensuite » rue Porte-Dijaux. » Un autre texte de 1684 [Lièv. S^Seur.] l'appelle rue Saint-Jouin ou Grande-rue-Porte-Dijaux. Nous pensons cependant que la rue Porte- Dij eaux n'a porté qu'accidentellement les noms de Font-Joyn ou Saint-Jouin et seulement vers son extrémité orientale. (Voir cantoun de Font-Jouyn.)

Porta-Medoca : Rua Porta-Medoca; rua Porta- Medoqua, Porte- Medulce; magna rua de Porta-Medulca; rue Jovin, Jouin; rua de Sent- Jouyn, de Font-Jouyn; rue Sainte-Catherine (portion de la) (10, 22). — Les extraits suivants [C. de l'arch., 1400] font connaître l'emplacement de cette rue : « Arnaldus de Benon débet pro domo situata in parrochia » Sancti-Christophori, in rua que, a domo Templi, ducit versus portam

» seu ruam Porte-Mcdulce » — « Pro domo alta, lapidea, situata in

» parrochia Sancti-Maxentii, in magna rua de Porta- Mcdulca, et pro » domo que est rétro dictam domum, et habet exitum ad ruam Sancti-

» Remegii » — « Pro domo situata in magna rua de Porta-Medulca,

» videlicet in quadrivio de Fonte- Joy ni » Elle était donc au bout des

rues Saint-Remy et Porte-Dijeaux, et allait du carrefour de Font-Joyn à la porte Medoc. Le titre suivant nous apprend qu'on l'appelait aussi rue de Font-Jouyn, de Saint-Jouyn ou de Sainct-Jovyn [Inv. S1- And.] : « Recon- » noissance (faite en 1433) au chappitre d'une maison en la parroisse » Sainct-Maixans, seize en la rue Sainct-Jouin (ou Sainct- Jovin), par » laquelle on va de porte Medoaue à porte Digeaux. » On la nommait, en 1553, rue Jovin [Denomb.]. (Voir cantoun de Font-Jouyn^)

Nous avons vu également que la rue du Burga, située en dehors de la porte Medoc, prenait quelquefois le nom de rue Porte-Medoc; en voici une autre preuve [Inv. S^And.] : « Reconnaissance d'une maison près la » porte des Frères- Prescheur s, en la grand rue de Porte-Medoque. »

Porta-deus-Paus : Rua de Porta-deus-Paus ; rua Porta-de- Palis;

rua de Palis ; rue Porte-des-Paux; rue Pont-de-La-Mousque (9, 23). — La rue Porta-deus-Paus conduisait de la porte de Y Orne- de- Casse à celle des Paies et même au delà vers le sud, en passant entre le rempart romain et celui du moyen âge. Cette rue a été détruite lorsqu'on a construit la Bourse. Elle faisait un angle droit avec l'extrémité inférieure de la rue Saint-Remy, ainsi qu'il résulte de l'extrait suivant d'un titre de l'an 1381 [Inv. S'-And.] : « Acquisition faite par le chappitre de 10 livres de rente » sur une maison en la ruhe Porte-des-Paux et en la grand ruhe Sainct- » Remy. » Une maison ainsi placée devait faire nécessairement l'angle de ces deux rues. La rue de Porte- des- P ans avait encore ce même nom en 1553 : « Pour une maison en rue Sainct-Remy ; plus pour ung casau et » mur en rue Porte-des-Paux, tirant en rue du Far-de-Lesparre. » Le titre suivant [Terr. Dest.J nous apprend qu'à la même époque elle s'appelait aussi rue du Pont-de-La-Mousque : « Marguerite Egreteau tient toute

» icelle maison scituée en la rue de Porte-des-Paux, autrement du

» Pont-de-La-Mousque, joignant les murs de la présente ville près de la » tour ronde appellée de Me Dade (?) (à1 Asie), confrontant, d'ung bout et » d'ung costé, vers le levant, à laditte rue appellée du Pont-de-La- » Mousque, autrement des Paux, du midi, vers la maison de...-, d'autre » costé et d'ung bout, aux meurs de ladicte ville et ladicte tour ronde. » Baurein nous apprend, en outre, que la rue des Paus (de Palis) se dirigeait de la porte du même nom vers le midi.

La rue Saint-Rémi a été quelquefois appelée rue Porte-des-Paus. (Voir rua Sent-Remedy .)

Porta-Sent-Pey : Rua de Porta-Sent-Pey ; rue de la Porte-Saint- Pierre. — Le nom de cette rue est connu par un texte de 1459 [C. de l'arch.], où nous voyons qu'une maison qui y était située appartenait à Trenquine Boneau, et qu'elle était voisine de celle de Thomas Serin. Il est probable que cette voie aboutissait à la porte Saint-Pierre. C'était peut-être celle que nous appelons maintenant rue de la Cour-des-Aides.

Portau-de-La-Cadena : Rua ' deu Portau-de-La-Cadena; rua de la Porta-de-La-Cadena ; rue Sainte-Catherine (portion de la) (8, 20). — La portion de la rue Sainte-Catherine qui s'étend actuellement de la rue du Loup au cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE passe sur l'emplacement de la rue du Portau-de-La-Cadene. Elle était, dit Baurein [Ms., p. 160, v°],

partie dans la paroisse Sainte-Eulalie et partie dans celle de Saint- Projet.

Pountets-de-Las-Salineyras : Rua deus Pountets- de- Las- Saliaeyras; rue du Pont-des-Salinières ; rue du P ontet-des- Salinières ; rue de Dcssus-le-Pont-des-Salinières; rue Puyadey; rue des Pontets (5, 22). — La rue qui côtoie à l'ouest la rue de La. Fusterie et se dirige vers le sud-est, s'appelait, en 1427, rue deus Pontets-de-Las-Salineyras [Bénéf. S^Mich.]. Il résulte du titre suivant qu'elle s'appelait aussi rue du Puyadey, et que son extrémité méridionale était près de la rue Maubec

|Lièv. S1- And.] : « pour une maison en la rue du P ontet-des- Sali-

» nières, autrement du Puyadey, joignant, au levant, une maison située » en la rue de La Fusterie, faisant un canton au midi de la rue du Pontet- » des- Salinières et proche de la rue Maubec. » On la nommait à la fin du xve siècle rue de Dessus-le-Pont-des-Salinières, et une ruelle la mettait en communication avec la rue de La Fusterie, que les terriers de la fin du xve siècle nomment, presque toujours, rue des Salinières [Terr. Bos.] : « Baillette à fief nouveau de toute icelle ruette et place, de trente ung pied » de long et neuf pied et demi de large, scituée à la ruhe des Salinières, » confrontant...., d'ung bout, à laditte ruhe, et. d'autre bout, entre à la » ruhe publicque de Dessus-le-Pont-des -Salinières. » Ailleurs, dans le même terrier, cette dernière rue est nommée rue du Pont-des-Salinières.

Pount-Sent-Johan : Rua deu Pount-Sent-Johan; rue du Pont-Saint- Jean; cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE (partie du) (7, 22). — Il résulte d'une grande quantité de titres [Terr. Bos.] que la rue du Pont-Saint-Jean ne s'ouvrait pas directement en face de la porte du même nom; qu'en entrant dans la ville, elle tournait vers le nord, à angle droit; que deux ou trois maisons bordaient le côté oriental de la rue et s'appuyaient contre le rempart qui reliait la porte Saint- Jean aux tours du Peugue; qu'ensuite, elle prenait la direction de l'ouest parallèlement au Peugue, coulant, au nord, derrière des maisons qui avaient leur façade dans la rue ; qu'à la fin du xve siècle, elle se prolongeait au delà des murailles contre lesquelles s'appuyaient aussi des maisons situées en dehors de la ville; qu'enfin, elle faisait partie de la paroisse Saint-Michel. Il est probable qu'alors, comme avant sa destruction, lors du percement du cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE, elle conduisait du quai à la rue de La Chapelle- Saint- Jean.

Pousse-Penilh : Rua Pousse- Penilh; rua de Les Armes; rue Traversiez; rue Vinet (9, 22). — Cette rue conduisait de la rue d'Alhan à celle de la Petite- Carpenteyre. On l'appelait aussi rue de Les Armes au xvie siècle, ainsi qu'il résulte d'un acte de 1584 [Terr. S1-?.], où on lit :

« toute icelle maison et chay avec le jardrin qu'est derrière.... scitués

» en la parroisse Sainct-Symeon de Bourdeaulx, en la rue appellée du » Puys-de-Hailhan, autrement de Maucousinat, et anciennement appellée » & Amany eu-Martin, confrontant à la rue appellée de Les Armes, autre-

» ment appellée de Pousse-Penilh, d'ung cousté, et tient, en long, de

» ladicte rue, de l'ung bout, jusques à la mette du Ifora par laquelle l'on » va de laditte rue de Pousse-Penilh à la rue du P as- Sainct- Georges, » devers derrière, d'aultre bout. » Au commencement du xvme siècle [Lattre], on l'appelait rue Traversière; ce nom est encore gravé dans le mur d'une maison qui forme le coin de cette rue.

Prat : Rua deu Prat; ruetta deu Prat (11, 23). — D'après un titre conservé dans les archives du château de Vayres, cette rue était dans la paroisse Saint-Mexent. C'est aussi ce que dit l'abbé Baurein [Ms., p. 81], et il ajoute qu'elle était près de la tour Saint -Georges, et [p. 115] qu'elle s'étendait au nord de la rue Notre-Dame. Nous avons trouvé également [Inv. S1- And.], à la date de 1331, qu'elle était dans la paroisse iïaint-Remi. Par suite, cette rue, étant dans les deux paroisses dont la limite, sur ce point, allait du sud au nord, devait se diriger de l'ouest à l'est, comme les rues Dissente et Notre-Dame. Elle était proche de la porte de La Palu [Fr. Prêch.] et des remparts du nord du second accroissement. Elle a été détruite lors de la reconstruction du château Trompette.

Putz : Rua deu Putz; rua de Puteo; rue du Petit-Puys; ruelle du Puis, du Puch, du Puits (7, 20). — Les extraits suivants [C. de l'arch.], nous donnent l'emplacement de cette rue en 1354 : « Recepi a Menaldo de Mon- » teauserio...., pro domibus et pro appenticio quod est rétro, que sunt in » rua de Cayfferneta, juxta carrieram de Puteo....; » en 1367 : « Guillelmus » Gombaudi de Las Farguas débet pro uno solo...., juxta quamdam ruetam » strictam per quam itur a rua de Cayffernano ad puteum; » et en 1370 [Terr. de l'arch.], « maison dure et tient en long, de ladite rue du

280 AllCHIVES MUNICIPALES DE BORDEAUX.

» Grand- Cahernan, par devant, de l'un bout, entre à la ruelle du Puis, qui » est vers orient derrière, de l'autre bout. » C'était donc une rue étroite qui débouchait dans les rues de Cayffemette et du Cayffeman. Elle était à l'orient de cette dernière et au nord de la rue Cayffemette, ainsi que nous allons le prouver. Le contrôleur de l'archevêque, après avoir dénombré, en 1367, les maisons qui bordent le côté sud de la rue, ajoute : « Pro » domibus et appenticio quod est rétro, que sunt in altéra parte dicte rue » de Cayffemeta, juxta ruetam de Puteo. » Elle portait le nom de rue du Pucli en 1459 [C. de l'arch.] : « Raymond Revertis pour un sueil en la » rue Cof émette où a grand maison joignant rue du Puch. » On l'appelait au siècle dernier rue du Petit-Puys [PI. Ms. Barb.]. Il y avait une voie du même nom dans le quartier de Naujac (Voir putz de Peyrori).

La rue du Putz existait encore en partie au commencement du xixe siècle; elle partait de la rue du Cahernan, se dirigeait, en ligne droite, vers l'extrémité méridionale de l'église de la Maison- Prof esse (église Saint-Paul), tournait ensuite à angle droit vers le sud et débouchait dans la rue de Gourgue, en suivant à peu près le bord occidental du Grand-Marché. Avant la construction de ce marché, on suivait un passage qui remplaçait la ruelle du Puits, pour se rendre de la rue de Gourgue à la sacristie de l'église et au jardin du curé de Saint- Paul.

Putz-deus-Alaudatz : Rua deu Putz-deus-Alaudatz; rua Putei-deus- Aîaudatz, deu Putz-deus-Alodatz; rueta deus Auladatz, des Alaudettes; rue du Puits-des-Alaudats (10, 21). — Cette rue était la première qu'on trouvait à gauche en entrant par l'est dans la rue Porte-Dijeaux. Elle existe encore en partie, mais elle est fermée à ses deux extrémités par une grille; elle passe à l'est de l'hôtel de la Poste aux lettres, puis retourne, à angle droit, pour déboucher dans la rue Sainte-Catherine. Les deux textes suivants donnent la preuve de son état ancien [C. de l'arch.] : « Fortius Valle, notarius publicus, débet pro casali et appen- » ticio quod est in rua que, a quadrivio de Fonte- Joynii, ducit versus » portam Digeu et occidentem, videlicet inter ruetam Putei-deuz-Alau- » datz, et ruetam de Brayaco. » Baurein, de son côté [Ms., p. 97], cite l'extrait d'une liève du commencement du xve siècle, qui s'exprime ainsi : « In parrochia Sancti-Maxentii, in rua que, a quadrivio de Font-Joyn, » ducit directe versus portam Digius, et versus occidentem, in altéra

» parte ipsius rue que est versus meridiem, prima domus que est in an- » gulo ruete sive introitus Putei-deus-Alaudatz. »

Putz-de-Banhacat : Rua deu Putz-de-Banhacat; deu Putz-de-Banhaaq); rua Putei-de-Ba?ihacap ; rue du Puitz-de-Bagnecap , du Puits-de- Bagnecat; rue Baignecap, Bachacop, Moilleccvp; rue du Fresclie; rue du For-Zesparre, du Fort-Zesparre; rue du Pas-Saint-Georges (partie de la) (8, 22). — Cette rue, dit Baurein [Ms. p. 196, v°], « commence vers l'extré- » mité des rues de Saint-Symeon et Maucoudinat, et continue jusqu'au » puits de Bagnecat : rua, est-il dit dans une ancienne liève, que a qua- » drivio Sancti-Symeonis, ducit ad puteum de Banliacat. Il est fait mention » de cette rue dans un titre de 1444, en ces termes : Rua per laquau hom » ba deu putz de Banliacat, bert la rua deu Far-de-Zesparra. Elle est située » dans la paroisse de Saint-Symeon. On a confondu cette rue avec celle » du Pas- Saint- Georges qui est à la suite; ainsi, on trouve dans quelques » titres : Rue Baignecap, autrement Pas-Saint-Georges ; les titres dont il » question concernent des maisons qui aboutissent, par derrière, aux » appartenances de l'église Saint-Symeon; ainsi, on voit qu'on a appelé » Pas-Saint-Georges cette partie de rue qui est la plus près du puits de » Bagnecat. »

Elle ne s'arrêtait au nord qu'à la rue du Far-de-Zesparre (rue du Parlement), puisque nous trouvons qu'en 1376 [Bénéf. S^Mich.], une maison faisait le coin de ces deux rues. On l'appelait aussi rue du Fr esche en 1481 [Bénéf. S^Mich.j : « Me Amaubin Paute, prestre, reconnaît tenir en » fief de damoiselle Marguerite de Junqueyres, femme de noble Pothon de » Segur, écuyer, une maison en rue du Fresclie, autrement de Bagnecap.» Un Pierre du Fresne possédait une maison dans cette rue en 1361 (C. de l'arcli.) : « P. de Fraxinu solvit pro domo quam tenet in rua Putei-de-

» Banliacat » C'est sans doute ce qui lui avait fait donner ce nom de

du Fresclie, mot gascon qui se traduit en français par celui de frêne. Nous avons trouvé un texte de 1560 [C. de l'arcli.] où cette rue est appelée

rue de Bachacop. « Pierre Renaud pour la maison qui est scituée en

» la parroisse Saint-Symeon, en la rue de Bachacop) » Nous pensons

que c'est une erreur de l'auteur du manuscrit. Un autre texte de 1553 [Denomb.], lui donne le nom de Moïllecap : « Jean Branche a declairé » qu'il tient une maison seize en la reue de Moilïecap, parroisse Sainct- » Pierre. »

Putz-belh-deu-Far : Rua deu Putz-belh-deu-Far ; rua Putei-veteris- (le-Farro; rue du Puits -meux-du-Hà; rua deu Petit-Putz; rua de Parvo- Puteo; rua deu Putz-Crabey; rua de Puy-Crabey ; rua de Puy-Cabre; rua Podii-Cabrerii; rua de Putei-Crabey ; rue Mont-Crabey ; rue du Puch-Oubert; rua <?<?k Noguey, deus Nogueys; rue de Noguey; rue de la Plateforme (partie de la); impasse Caillabet (8, 18). — L'emplacement de cette rue et presque toutes les variantes de son nom au moyen âge nous sont indiqués dans les Comptes de l'archevêché. Ainsi, en 1430, on trouve pour la désigner le texte suivant : « Totum illud sons quod est loco » vocato a Puy -Crabe, alias lo Putz-Belh; » en marge de cet article et de la même écriture, on lit ces mots : « Rua Putei-veteris-de Farro. » On rencontre les mentions suivantes en 1432 : «In loco vocato a Puy-Crabey ;

— in rua de Puy- Crdbey ; — in rua Putei-veteris-de-Farro » : « totam

» illam domum, cum exitu, que est in rua deus Nogueys, alias rua de » Puy-Crabey . » Postérieurement à 1432, la dénomination de Putz-Belh prévaut sur les autres, qui cependant sont encore quelquefois employées. Dans les comptes antérieurs à 1400 nous avons lu : « Pro domo cum » solerio situata in rua de Farro, inter ruam de Parvo-Puteo et ruam de » Stella; » et ce qui prouve que cette rue du Petit-Puits est la même que celle du Putz-belh-deu-Far, c'est que la maison dont il est ici question est dans la rue du Far, entre les rues de V Estelle et du Petit-Puits; cette dernière rue donnait donc dans la rue du Far, et ne pouvait être qu'à l'ouest de la rue de Y Estelle, puisque la rue voisine, à l'est, était celle de Bassenxs. La rue du Puits-vieux-du-Far aboutissait à celle du Far; c'est ce que nous apprend un texte de la même année [C. de l'arch.], où nous

lisons : « débet pro medietate unius domus lapidée situate, in rua de

» Farro, in angulo rue Putei-veteris-de-Farro....; » et comme nous connaissons le nom de toutes les rues qui aboutissaient à la rue du Far, excepté celui de la première à l'ouest, se dirigeant vers le sud, c'est là que nous devons chercher celle qui nous occupe. Elle était, en effet, au sud de la rue du Far, puisque nous trouvons, dans le même compte de 1400, qu'un jardin de la rue du Puy-Crabey faisait le coin de la rue de X Estelle, et que la rue du Puy-Crabey se dirigeait vers Sainte- Eulalie : « Johannes de » Cayffernano débet pro solo sive casali quod est in rua Podii-Cabrerii,

» videlicet in angmlo rue de Stella....; » — « pro vinea que est in rua

» Podii-Cabrerii, procedendo versus ecclesiam Sancte-Eulalie . . . . » La rue

deu Putz-belh-deu-Far était située à l'ouest de la rue de Y Estelle, ainsi qu'il résulte du titre suivant, daté du 12 mars 1412 : « Conoguda que lo » discret home meste Pey deu Poyau, bacheley en leys, et Arnaud deu » Poyau, frayres,.... esporleren de tota aquera maison, ab la issida de » tras, qui es en la rua apperada deu Pîttz-belh-deu-Far, entre la maison » et appentis de Guilhem Austen et las yssidas de las maisons de...., » deuert septentrion, d'una part; et dura de la deyta rua, deuert orient, de » l'un cap, entro à la issida de la maison de Guilhem Peitabin, laquau a » la intrada deuert la rua de YEstela, deuert occident, de l'autre cap » [Manuale capituli Su-Andree Burd. — Arch. dép.]. Le même manuscrit appelle cette voie « rua deu Noguey, » en 1427. Hierosme Lopes [Lièv. S1- And.] vient confirmer ces renseignements et les compléter de la manière suivante, en faisant connaître un nom de plus porté par la même rue : « Rue de Nogueis, du Puch-Crabey ou du Puch-Oubert : Cette rue » estoit à costé de la rue de Y Estelle, à son couchant, et les fiefs alloient » jusqu'aux murs de la ville, une mette entre deux. » Ce texte nous apprend en outre que la rue du Puits-vieux-du-Far ne longeait pas les remparts, puisqu'il y avait des fiefs entre cette rue et les murs de la ville, et une ruelle le long de ces murs. Nous devons faire remarquer qu'un grand nombre de maisons de la rue du Palais-de-Justice s'appuient à l'est contre d'autres maisons dont les fenêtres s'ouvrent au-dessus des toitures de celles qui longent la rue; nous pensons donc que la rue du Puitsoieux-du-Far ne passait pas sur l'emplacement de celle du Palais-de- Justice, mais en partie sur celui de la rue de la Plateforme, et sur celui de l'impasse Caillabet.

Nous croyons pouvoir avancer que la voie qui est signalée dans le texte suivant [Inv. Sl-And.] est la même que celle du Puits-vieux-du-Far .- « Contrat par lequel Thomas de Pingnhar a esté investi feument par le » chappitre de toute icelle maison qui est en la rue de Mont-Crabey . » Ailleurs, dans le même manuscrit, elle est appelée, en 1395, rue de Noguey, nom qui lui est aussi donné, avec de légères variantes, comme

nous venons de le voir, dans plusieurs autres manuscrits : « maison,

» avec l'yssue par derrière, qui est en la ruhe du Puis-vieil-du-Far, » autrement de Noguey. » Quelquefois les scribes la désignaient par une périphrase; ainsi [Inv. S1- And.] on lit : « Reconnaissance (1370) faicte » au chappitre de toute icelle pièce de vigne qui est en la ruhe par » laquelle on va du Puy-Crabey à l'esglise Saincte-Eulaye, et plus de

» toute icelle pièce de vigne qui est là mesme, tirant devers la porte de » l'esglise. »

La confusion faite par les auteurs des textes que nous venons de citer entre les mots Podium et Puteus ne doit pas nous arrêter; ils se traduisent l'un et l'autre en gascon par puch et puis, dont la prononciation est presque identique. Ceux qui écrivaient en latin les ont confondus et les ont traduits indistinctement, et souvent dans le même titre, par Podium et Puteus. Ici cependant ces deux dénominations pourraient avoir leur raison d'être; il pouvait y avoir un puits près de la rue du Far, dans le bas de la rue du Puits-vieux-du-Far, et la hauteur qui est à l'autre bout de la rue, près de Sainte-Eulaïie, pouvait s'appeler le Puy- Crabey. D'ailleurs, suivant Du Cange, puteus était pris en même temps yonv puits etpuy, montagne, colline.

Putz-de-Bertulh : Rua deu Putz-de-Bertulh ; rue Saint-Christoly (10, 20). — Nous croyons que la rue deu Putz-de-Bertulh est celle qu'un texte de 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.] signale de cette manière : « Johannes de Caupena, domicellus, pro domo que est in parrochia » Sancti-Christopliori, in rua que, a puteo de Bertliolio, ducit versus » ecclesiam Sancti-Christophori. » Notre opinion s'appuie sur le titre suivant, daté du 4 septembre 1426 : « Conoguda que Arnaud, carpentey » en la parropia de Sent-Christoly et borges de Bordeu, esporlet de » mossen Pey de La Tor, segrestan de Sent-Andriu, de tôt aquet hostau » qui es en la parropia de Sent-Christoly , en la rua apperada au Putz-de- » Bertulh, entre l'ostau de Johana de Junqueiras et lo putz de Bertulh, » d'una part, et l'ostau deus hereteis de mossen Berne de La Forcada, » d'autra; et de la deita rua, de l'un cap, entro à la causa de Bernard deu » Castera et de Johanna deu Castera, de l'autra cap » [Manuale capituli S^-Andree Burd. — Arch. dép.]. Une maison située de cette façon était nécessairement placée dans l'île de Verteuil (voir îla de Bertulh, p. 116), au nord du puits, et ne pouvait avoir sa façade que dans la rue Baubadat, entre la rue Montméjan et la fontaine qui remplace le puits de Verteuil, ou dans celle de Saint-Christoly.

Putz-de-Canteloup : Rueta deu Putz-de-Canteloup ; rua Putei-de- Cantalupo; rue du Puits-de-Canteloup ; rua deu Putz-de-na-Marian ; rue dit Puits-de-na-Marian (9, 22). — Cette ruelle était, suivant Baurein [Ms.,

p. 157], le « cul-de-sac qui a son entrée dans la rue Saint-Remi entre la

» rue Méiivier et celle des Lauriers Il paroît qu'il y avoit un puits

» dans cette mette, qui, pour cette raison, est appelée dans une liève du » commencement du xve siècle, rueta Piitei-de-Cantalupo; c'est la même » que celle du Puits-de-na-Marian. » Et, à propos de cette dernière dénomination, le même auteur dit [p. 64] « qu'on trouve le nom de cette » mette consignée dans une liève du milieu environ du xrve siècle en ces » termes : rueta Putei-de-na-Marian; » et il ajoute : « on ignoreroit sa » position si l'extrait suivant de cette même liève ne nous apprenoit que » deux maisons, qui confrontoient vers le levant à cette mette, étoient » bordées vers le couchant par une autre mette, qui avoit sa direction » vers le midi et aboutissoit à la rue Sainct-Maiœant, connue à présent » sous le nom de rue du Parlement....; in rua que ducit ad puteum de » Na-Marian sunt due domus inter dictam ruetam, ex parte orientis, et » quamdam ruetam, ex parte occidentis, que inde ducit directe, versus » meridiem, ad ruam Sancti-31axentii. Il est aisé, d'après cet extrait, » de retrouver la position de la ruette du Puits-de-na-Marian ; il y a tout » lieu de penser que c'est le cul-de-sac qui a son entrée dans la grande » rue Saint-Rémi, presque vis-à-vis la rue Corlin; ce cul-de-sac est en » effet placé au levant de deux maisons bordées vers le couchant par la » rue Métivier qui a sa direction, du nord au midi, et qui conduit vers la rue » du Parlement. «Cette impasse, qui existe encore, n'est plus publique.

Putz-deus-Casaus : Rue deu Putz-deus-Casaus ; rua Putei-de-Casalïbus; rue du Puits-Descazeaux (6, 22). — Cette rue, qui porte encore le même nom, débouche dans la rue de La Rousselle. On la trouve mentionnée, en ces termes, dans un titre de 1400 [C. de l'arch.] : « Pro domo

» situata in rua Putei-de-Casalibus » Le puits qui lui a donné son nom

était creusé dans les jardins [casaus, en gascon) dépendant de la maison de La Lande située dans la rue Neuve. Des vieillards ont affirmé avoir vu, à la fin du xvme siècle, des jardins et des vignes entre la rue Neuve et celle du Puits-Descazeaux, à l'extrémité de la rue ou impasse Montagne.

Putz-de-Gu joies : Rua deu Putz-de-Cujoles (9, 23). (Voir rua de Costinhan.)

Putz-deus-Judius : Rua deu Putz-deus-Judius; rua deu Pus-deus Jv-

deuxs, deu Pus-deus-Judeus ; rua Putei-Judeorum; rue du Puits-des- Juifs ; rua deus Petits- Judius ; rue du Petit-Judas; rue des Bahutiers (8, 22). — « Il est fait mention de cette rue, dit Baurein [Ms., p. 83, 84 et 196], dans » des anciennes reconnaissances d'une maison qui y étoit située et qui

» aboutissoit, par derrière, au mur du Palais Voici les propres termes

» de cette reconnoissance : Tota aquera mayson qui es en la parropia » Sent-Pey de Bordeu, aus Pus-deus-Judeuxs, ayssi cum es entre la » mayson et lo feu deus hereters de n'Arnaud de Camparian, d'una part, » et la mayson de Pcy Bacquer, d'autra part; et dura et ten en lonc de la » deyta rua deus Pus-deus-Judeuœs, de l'un cap, entro que au mur deu » castet de nostre senhor lo Prince, qui es de part detras. Ceci est extrait » d'un titre de 1367. » Baurein nous apprend ensuite que cette rue s'appelait, en 1391, 1402 et 1438, rua deus Putz-deus-Judius et rua Putei- Judeorum, et il ajoute : « Dans un titre du 5 janvier 1403, elle est appelée » rua deus Petitz- Judius, d'où l'on aura formé, dans la suite, rue du « Petit-Judas, » nom qu'elle portait déjà en 1484 [Terr. de l'arch.], et qu'elle a gardé jusqu'au jour où on l'a nommée rue des Bahutiers, nom qu'elle portait dès le commencement au moins du xvme siècle, puisqu'il est dit dans un acte de vente de la vingt-quatrième partie de la maison noble do Haut-Brion, passé le 29 décembre 1738, que le vendeur, Mre Jean- Louis Lecomte d'Espiemont, chevalier, demeurait à Bordeaux dans la rue des Bahutiers [Arch. La T.]. Le nom de Petit-Judas était aussi quelquefois donné à la rue REnfer, qui faisait, au sud, le prolongement de la rue du Putz-deus-Judius .- « Reconnaissance de Bernard Corret pour une » maison rue Poitevine, faisant le coin de la rue d'Fnfern ou Petit- Judas » [Inv. des Ann.].

Putz-de-Las-Combas : Rua deu Putz-de-Las-Comlas ; rue du Puydes-Conibcs. — Le seul renseignement que nous puissions fournir sur cette rue, c'est qu'en 1429, elle était dans la paroisse Saint-Pierre [Inv. Fr. Prêch.]. Nous pensons que c'est la même que la rue de Las Combas.

Putz-Salat : Rua deu Putz-Salat; rua deu Pus-Salat; rue du Puy- Sallè; rue de Gaulliac, du Gauriac, Gauriac; rue Mauriac; impasse Mauriac (5, 22). — Il existait aux Salinières, à la fin du xive siècle, une localité ou un puits que l'auteur de l'inventaire des titres des bénéficiers de Saint- Michel appelle « au Puis-Salé, » et il ajoute entre parenthèses :

« rue Gauriac; » dans le même inventaire, nous trouvons la rue du Pus- Salat comme étant située aux Salinières, dans la paroisse de Saint-Michel. En 1526, une place vide dépendant de la Vieille- C'aberie confrontait, patdevant, à la grande rue devant les Salinières, et, d'autre bout, à la rue du Puy-Sallé [Terr. Bos.]. Un texte de 1553 [Denomb.] signale une maison seize en la rue du Gauriac, près les Salinières. D'autres textes [Bénéf. S^Mich.] nomment cette rue : Gauriac, Gaulliac ou Mauriac. Ce dernier nom a prévalu; il est resté à une impasse qui s'ouvre sur le cours des Fossés, derrière la rue des Faures. Nous croyons que c'est l'ancienne rue du Putz- Salât.

Putz-de-Toscanan : Rua cleu Putz-de- Toscanan ; rue du Puch-de- Tuscanan, 7Jrescanant, Trescalan, Prescallan; rue de Tuscanan; rue du Collège- des- Lois; rue des Lois; rue Porte-Basse (9, 20). — Cette rue, qu'on appelait aussi rue Tuscanan [Terr. de l'arch.], allait en ligne directe de la rue des Eyres à la porte Basse. (Voir tour du Pendart et rues Peyrouze et Dejus-lo-Mur, où nous avons donné des textes qui concernent la rue du Putz-de- Toscanan?) « Si, dit Baurein [Ms., p. 203], » elle se trouve, dans un titre de 1543, nommée rue du Puits-de-2lresca- » nant, c'est par corruption. » En 1623, on la nommait rue du Colley e-des- Lois [Terr. de l'arch.], et, dans ces derniers temps, rue des Lois; elle forme maintenant la partie de la rue Porte-Basse qui s'étend de la rue

des AYRES au COUrS d'ALSACE-ET-L0RRAINE.

Putz-Ubert : Rua deu Putz-Ubert; rua de Puteo-Uberto ; rue du Pucli-TTbert ; cul-de-sac de La Catherine, impasse Margaux (10, 21). — Cette rue était située dans la paroisse Puy-Paulin, ainsi qu'il résulte

du titre suivant de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « pro domo in qua sunt

» due stagie, et pro casali quod est ad latus, que sunt, in parrochia Podii- » Paulini, in rua de Puteo-Uberto. » Un autre titre [Lièv. 15 cur.] nous

donne son emplacement : « toute icelle maison et petit jardin, située

» rue ou cul-de-sac du Puch-Ubert ou autrement de La Catherine, ayant » issue en rue Margaux, parroisse Puy-Paulin, confrontant...., du levant. » partie à ladite rue du Puch-Ubert. » Nous lisons ailleurs [Lièv. S1- And.] :

« pour des écuries dépendants d'une maison, joignant la cantonièiv

» de la rue Castïllon, et sortant en la rue Braiac Dans ce fief passoit

» une petite rue que les jurats ont cy devant donnée aux propriétaires de

» cette maison. » Nous pensons que l'impasse Margaux est ce qui reste de cette petite rue, qui de la rue Margaux allait, suivant ce dernier texte, déboucher dans la rue Porte-Dijeaux, entre les rues Brayac et Castillon.

Puyaduy-de-La-Graba : Rua deu Pujaduy-de-La-Grdba; rue Pujaduy ; rue Puiadieu, Pujadieu, Picliadey; rue de La Grave; rue des Faures (partie de la) (4, 22). — Cette rue aboutissait de la porte de La Grave au cimetière de Saint-Michel. C'est par corruption ou plutôt par ignorance, dit l'abbé Baurein [Ms., p. 202] qu'on l'a appelée rue Picliadey. Dans un titre de 1520, dit le même auteur : « cette rue est appelée rue de » La Grave (') autrement au Puyaduy -de-Saint-Michel » . Au commencement du xviie siècle, on la nommait rue Puiadieu, ainsi qu'il résulte d'un acte de vente consenti le 3 juin 1713 [Arch. La T.] par Me Romain de Barbot, président en la cour des aides de Guienne, en faveur de Jeanne Massip, veuve d'Arnaud Pradeau, d'une maison « scituée en cette ville, » rue Puiadieu, susditte parroisse Saint-Michel, confrontant, vers nort, » laditte rue Pujadieu, allant de la porte de La Grave à l'église Saint- » Michel. »

Cette rue est devenue, depuis peu de temps, le prolongement de la rue des Faures, qui ne s'étendait autrefois que du cours des Fossés à la place du Marché-Neuf.

Puyaduy-de-Las-Salineyras : Rua deu Puyaduy-de-Las-Salineyras. (Voir fossats de Las Salineyras.)

Ramon-Forthon : Rua de Ramon-Forthon, de Pey-Forthon; rua de Pcy-Blanc (10, 24). — « Cette rue étoit située, dit l'abbé Baurein [Ms., » p. 198], dans le terrain des maisons démolies; elle avoit son entrée dans » la rue Dissente, comme il paroît par l'extrait d'un titre de 1343 : Pro » domo quam habet in dicta rua Dissenta, inter domum Arnaldi de Berne- » teyras, ex parte orientis, et ruam vocatam Ramundi-Forthonis, ex parte » occidentis. La maison dont il est question dans ce titre, située dans la » rue Dissente, avoit, à son couchant, la ruette de Ramond-Forthon, ce » qui prouve que cette ruette était percée du midi au nord. L'extrait » suivant du même titre ne laisse aucun doute à cet égard : Postea ver-

(') Le nom de rue de La Graha était quelquefois donné à la rue de La Fusterie. (Voir à l'appendice.)

tendo se per dictam ruettam vocatam Ramundi-Forthonis , et eundo versus septentrionem, in altéra parte ipsius ruette Ramundi-Forthonis, que est versus orientem. Il résulte de cet extrait qu'en entrant de la rue Dissente dans celle de Ramond-Forthon, on alloit vers le nord. Cette rue étoit parallèle à la rue Bemard-Mos, qui étoit à son levant; elle l'étoit aussi à celle de Pierre-de-Zoen, qui étoit à son couchant. Certaines maisons de la ruette de Ramond-Forthon confrontoient, par derrière, à la rue de Pierre-de-Loen, ainsi qu'il est justifié par l'extrait d'un titre de 1340 : Domus que est in rua Raymundi-Forthonis, inter domum que fuit Guilhelmi Pétri, ex parte septentrionis , et domum Guilhelmi de Caneras, ex parte meridii, et durât, a dicta rua Raymundi- Forthonis, usque ad ruam Petri-de-Loen. Il paroît par des titres du milieu du xive siècle, que Pierre Blanc avoit des possessions dans la rue de Ramond-Forthon, ce qui fait présumer qu'elle est la même que celle qui, vers la fin de ce même siècle, portoit le nom de Pey-Blanc ('); celle-ci avoit également son entrée dans la rue Dissente. Il y a apparence que la rue de Ramond-Forthon fut démolie lorsqu'on construisit, en 1454, l'ancien château Tropeyte; dans un titre du 4 février 1367, il est fait mention d'un sol et emplacement qui es à Tropeyta, en la rua apperada Pey-Forthon. Il y a apparence que cette rue étoit la même que celle de Ramond-Forthon. »

La rue de Pey-Forthon est dans la liste de celles qui furent détruites

lors de la reconstruction du château Trompette [Arch. mun.]. On ne voit

pas dans cette liste la rue de Ramond-Forthon.

Rosan : Ruetta de Rosan; impasse Bouquière (7, 21). — Cette ruelle était dans la paroisse Saint-Michel et avait son entrée dans la rue Bouqueyre. Un titre du 26 mars 1499 [Inv. Fr. Prêch.] nous apprend que dame Isabeau de Ferraignes, veuve de noble Jean d'Anglades, seigneur d'Anglades à Izon, acheta « une maison scise en la parroisse de Saint- » Michel, en la rue Boquiere, confrontant d'un côté à la ruette de Rosan, » d'autre, à la maison de...., d'un bout, par devant à ladite rue Boquiere, » et d'autre, à la maison de Rosan. »

Nous ne voyons que l'impasse Bouquière qui réponde à ces confrontations.

(*) Elle s'appelait encore rue de Pey-Blanc en 1450 [Man. cap. Sl'-Andree Burd. — Arch. dép.].

Salabert : Rua Sàlabert (10, 21). — Cette rue n'existe plus; elle était située en 1378, dit l'abbé Baurein [Ms., p. 187], dans le territoire de la paroisse de Puy-Paulin : « Laquau mayson et estaga es en la » parropia de Nostra-Dona-de-Puch-Paulin de Bordeu, en la rua apperada » Salabert. » Et il ajoute : « Dans un titre de 1506, il est question d'une » maison qui étoit située entre la rue de Castellion, d'une part, et la » mayson et jardin de Me Amanieu de La Lande, vicaire perpétuel de » Puy-Paulin, d'autre part; et dure et tient, en lonc, de laditte rue de » Saldbert, de l'un cap; d'où il résulte que cette rue avoit son entrée » dans celle de Castillan. » Un plan de la fin du xvir3 siècle, copié par M. J. Delpit dans les papiers de la maison Puy-Paulin, aux Archives nationales, nous fait voir que c'était une ruelle qui partait de la rue Castillon, tournait à angle droit vers le nord et avait sa sortie dans la rue Porte-Dijeaux.

Salomon : Ruetta de Salomon; ruette de la Rue-Gtiiraude; impasse Guiraude (9, 21). — Le texte suivant [Lièv. S1- And.] nous permet d'affirmer que cette ruelle était ce qu'on appelle maintenant impasse Guiraude : h Une maison en la rue Guiraude, faisant le canton, au levant, de la » ruette sans bout appellée de Salomon ou de la Rue-Guiraude. » Un' nommé Guiron Salomon habitait cette ruelle en 1553 [Denomb.].

Sanguinengua : Rua Sanguinengua; rue Sanguynangue, Seguinengua, Segïiinengue, Seguinense, Seguinette, Sigay-Lange; rua Scnta-Crotz; la Grantcarreyr a-de-Senta ou Santa- Crotz; rua Sancte-Crucis; rue Sainte- Croix (2, 22). — Cette rue portait, en 1260 [Cart. Ste-Cr.], le nom de rua Seguinengua. Elle avait le même nom en 1382 [Ms. Baur., p. 221] : « Gran » carreyra apperada Seguinengua, per laquau hom ba de Sent-Miqueu » bert Santa- Crotz. » En 1394 [Inv. Fr. Prêch.], on la nommait rue Sanguinette. En 1400 [C. de l'arch.], elle portait simultanément les noms de

grande rue de Sainte-Croix et Sanguinengue .- « pro quatuor peciis

» vinearum que sunt apud aviderium Sancte-Crucis, et pro domo sive

» chayo situata in magna rua Sancte-Crucis alias Sanguinengua »

Dans deux reconnaissances, l'une de 1467 et l'autre de 1493 [Ms. Baur., p. 220, v°], elle porte également ces deux noms; enfin, au xvie siècle, on la trouve avec la dénomination de rue Sanguynangue; et, à la même

époque [Denomb.], avec celle de rue Sanguinense, et même rue Sigay- Lange; mais nous considérons ce dernier mot comme une erreur de copiste.

Sarlat : Rua de Sarlat; rue de Sallat; rua de Joh an- Louais, Jolian- Lopays; rue de Montaigne; rue Montagne (6, 22). — Cette rue était située dans La Roussette, ainsi qu'il résulte du titre suivant daté du

15 avril 1428 : « Conoguda que Trenqua Fauguetas esporlet de tôt

» aquet hostau qui es en la parropia de Sent-Miqueu de Bordeu, en la rua » apperada de La Rossella, entre la rua communau apperada Johan- » Lopays, d'una port, et l'ostau de Bernard de Gironda, merchant et » borges de Bordeu, d'autra part; et dura de la deyta rua de La Rossela, » de part dauant, de l'un cap, entro à l'appentis de Pey de Castet, mer- » chant et borges de Bordeu, de part detras, de l'autre cap » [Man. cap. Stj-And. Burd. — Arch. dép.]. Voici encore deux actes du xive siècle [Inv. S*- And.] qui donnent le même renseignement : « Vente, en 1381, au chap-

» pitre de Saint- André, de cens sur une maison ruhe de La Roussette

» et plus, sur tout icelluy sol et plasse de terre seize en la ruhe de

» Sarlat. » — « Vente, en 1385, de cens sur une maison seize en la ruhe » de La Roussette, et 20 sols sur un chay et plasse sciz en la rue de Jehan- » Lojm'is, autrement de Sarlat. » L'auteur de l'inventaire général des lièves des archives des bénéficiers de Saint-Michel, qui écrivait au xvme siècle, après avoir donné à cette rue les dénominations de Sarlat et de Lopays, nous apprend que, de son temps, on la nommait rue de Montagne .- « Vente , dit-il , portant affranchissement de tous les droits et devoirs » seigneuriaux, consentie par Alemane de La Naude, femme de Ramon » de Pomiers,.... pour raison d'une maison en rue de Jolian-Lopays ou » Sarlat (rue de Montagne). » Un Jean Lepays possédait, sur les bords de l'estey de Trugey, en face de Bordeaux, des vignes qui, en 1367, étaient entre les mains de Comptor Taca, fille de feu Vitalis Taca [C. de l'arch.] :

« supra esterium de Trageyt...., Comptor Taca predicta, pro tribus

» sadonis et xvia parte unius sadonis, que fuerunt condam Johannis » Lepays,.... et pro tribus aliis sadonis et sexta décima parte unius » sadonis vinee contigue, que fuerunt condam Johannis Lepays et sororis » sue »

Au xvie siècle, cette rue s'appelait déjà rue de Montaigne, et ce nom lui avait été donné parce que la famille Eyquem de Montaigne y possédait

des maisons, ainsi qu'il résulte d'un titre du 5 février 1523 [Lièv. Sl-

Raph.] : « honorable homme Loys Besien, marchand, comme tuteur

» de Pierre et Rainond Aiquem, enfants de Grimond Aiquem, a reconnu » du prieur et collège de Sainct-Raphael, tôt aquet hostau, apentis, chay » et yssida en la rueta aperada de Montaigne, per darrey, qui es en la » parropia de Sent-Miaueu, en la rua apperada de La Rossclla, confron- » tant entre la maison de Hieronyn de Labatut et lo chay de Simon » Boloye, d'una part; la maison et estable deusdeits Aiquem, minors, » d'autra part; dura, de long, de ladeita rua de La Rossella, de part » dauant, de l'un cap, entro au chay et graney de Pey Aiquem, senhor » de Montaigne, fray deusdeits minors. de part darrey, de l'autre cap. » Cependant elle était connue aussi alors sous son ancien nom, puisque, en 1553 "Denomb.], on écrivait : « Une maison scituée en la rue de Sallat, » près la maison de M. de Montaigne. »

Sarporar : Rua deu Sarporar; rue de Sarporas, Serpora, Serporas, Sconpouras , Sephuolavilt; Noplioras; rue du Serpolet (8, 21). — Cette rue était parallèle à la rue Arnaud- Miqueu [Ms. Baur., p. 76]. Quelques passages des comptes de l'archevêché nous en fournissent la preuve et constatent qu'elle était située dans la paroisse de Saint- Simèon : — (1360) « Petrus Calculi, filius condam Pétri, débet, pro censu unius anni debito » pro quadam domo et stagia que sunt in rua de Serporas versus par-

» tem orientaient, in parrochia Sancti-Simeonis Burdegale » — (1367)

« Arnaldus de Sarporas,.... pro toto allodio quod habet in parrochia » Sancti-Simeonis Burdegale, in rua de Sarporas, et hujusmodi censum » consuevit solvere Guilhelmus Rostanhdi, civis Burdegale.... » — (1400)

« in rua de Sarporas, que, a magna rua Sancti- Andrée, ducit versus

» septentrionem ad ecclesiam Sancti- Symeonis » Ce dernier titre

» paraît affirmer que la rue du Sarporar conduit jusqu'à l'église Saint- Siméoïi; cependant, si l'on en croit un texte fourni par H. Lopes [Lièv. S4- And.], la rue qui, partant de l'église Saint-Siméon, fait un coude avant d'arriver à la rue Bergère ne portait pas le nom de rue du Sarporar .• « Une maison, jardin et append en la rue Sainct-Simeon, faisant le canton » d'une ruette qui conduit à la rue Serpora et devant l'église Sainct- » Simeon. »

Nous avons trouvé un texte de 1560 [C. de l'arch.] où la rue du Sarporar est appelée rue de Sconpouras. Nous croyons que c'est une

erreur du contrôleur de l'archevêque. Un autre manuscrit du xvie siècle [Denomb.] nous donne aussi de cette rue deux noms que nous considérons comme apocryphes : rue de Nophoras et rue du Sephuolault.

Sausseyra : Rua Sausseyra; rua Seuseyre, Souleyre; rue Maugean, Maujon, Maubin, Mawoin, Mauron; rue du Pas-de-Lancc; rue des Her~ bettes; rue Dasvin (4, 22). — Cette rue, située dans la paroisse Saint- Michel, conduisait de la place du Marché-Neuf h. la rue Columleyre, ainsi qu'il résulte d'une grande quantité de textes anciens [Inv. S*- And.] qui donnent presque toutes les variantes de son nom. D'autres textes, puisés dans d'autres manuscrits, confirment les premiers, et nous apprennent aussi que cette rue s'appelait rue Sausseyra en 1400 : « Petrus et Guillel- » mus Vaquerii, fratres, parrochiani Sancti-Michaelis, debent, pro solo

» situato in rua Sausseyra » [C. de l'arch.] Elle portait le même nom à

la fin du xve siècle, ainsi que le démontre l'extrait suivant : « Reconnais- » sance, en 1493, par Pey Castanh, prêtre, d'un jardin rue Sausseyre. » L'auteur du manuscrit [Bénéf. S^Mich.] ajoute entre parenthèses : « rue des Herbettes » (c'était le nom qu'elle portait avant celui de rue Dasvin),

et il écrit ailleurs : « maison au purge Sainct-Jean (Marché-Neuf), can-

» tonnière d'une ruette (rue Sausseyre ou des Herbettes), » ce qui donne ses aboutissants au nord. Un autre manuscrit [Bénéf. SVP.] fait connaître ceux du sud et plusieurs des différentes dénominations qu'elle a portées

au xve siècle.: « maison faisant le canton de rue Columbeyre (des

» Andouiïles) et de rue Maumn (Sausseyre ou des Herbettes). » — « .... une

» maison en rue Maujon. » — « en rue Maugean, autrement du

» Pas-de-Lanx (des Herbettes). » Enfin, on lit ce qui suit dans l'extrait d'un acte de 1410 : « Achapt de.... sur deux chambres ou estaiges scitués, » en la parroisse Sainct- Michel, en la rue appellée deu Mauron. » Nous avons tout lieu de penser que cette rue est la même que la rue Maujon ou Sausseyre. Si l'on en croit une note ajoutée à un article des lièves de Saint- André, on l'aurait aussi nommée rue Souleyre. (Voir rue de Mossen- Cadene, p. 253.)

Segur : Rua de Segur; rua de Securo; rue de Segueur; rue de Seigueur; rue Segure; rue du Sueilz, du Sues; rue de Cazalet; rue Ça-Va; rue Sègur; rue de Cursol (8, 18). — Cette rue qui, depuis sa création peut-être, a porté jusqu'en 1864, le nom de rue Sègur, conduisait des

fossés du premier accroissement, près du bout septentrional de la rue Sainte- Eulalie, aux remparts reliant la porte du Far à la tour de Sainte- Eulalic; une foule de textes anciens [C. de l'arch..] ne laissent aucun doute à cet égard, et prouvent en même temps que les voies qui, de la rue du Far, se dirigeaient vers le sud, avaient leur sortie dans la rue de Scgur. Ainsi les maisons qui étaient situées aux extrémités méridionales des rues Païheyre et de Bassenœs sont signalées comme joignant la rue de Segur : « juxta ruam de Securo. » On l'appelait aussi, en 1438, rue de Cazalet ou à Cazalct, ainsi qu'il résulte du titre suivant [C. de l'A. — Arch. mun.] : « Johanes Raymundi débet pro domo magna lapidea, cum casali

» a parte rétro, quod est in rua vocata de Securo alias à Cazalet »

L'extrait d'un acte de 1439 [Inv. S1- And.] lui donne le môme nom : « Re- » connaissance faicte au chappitre d'une maison et jardrin seize en la rue » de Cazalet, autrement de Segur. » Vingt ans plus tard, en 1459 [C. de l'arch.], on la trouve nommée rue de Sueilz ou du Sues (peut-être Suer). Le contrôleur de l'archevêque, après avoir dénombré les maisons qui

sont au sud de la rue du Far, dit avoir reçu « de Gailharde de La Rue

» pour une maison de pierre ayant yssue sur la rue du Sueilz....; » et

ailleurs : « de Gailhard Fauchey pour une maison et sueilz, au

» cap de la rue de Bassenx, vers la rue du Sues.... » Et ce qui prouve que cette rue est bien celle de Sëgur, c'est que voici un texte [C. de l'arch. j qui nous apprend qu'une aïeule de Gailharde de La Rue possédait la première de ces maisons en 1367 : « Gualharda, filla Johannis Deuza et

» uxor Guillelmi de La Rua, pro quadam domo lapidea que habet

» exitum ad ruam de Securo » On appelait aussi cette rue, en 1544

[C. de l'arch.], rue de Segueur, et, en 1560, rue de Seigneur; et, dans un manuscrit de 1553 [Denomb.], rue Segure.

Pendant la première République, on avait donné à cette voie le nom de rue Ca-Va.

Sent-Andriu : Rua Sent-Andriu; rue Sainct- André; rua de la Porta- Sent-Andrin; Grande-rue- Saint- André; rue Porte-Basse; rue de Guillem- Arnaud-Monedey ; rua deu Peyron, deu Peyron- Sent- Projeyt; rue de VRôpital; rue des Trois- Conilhz; rue des Trois-Conils (9, 20). — Cette rue porte le nom de rue des Trois-Conils depuis le commencement du xvie siècle au moins; « elle est, dit Baurein [Ms., p. 169, v°], située dans » la paroisse Saint-Projet, pour la plus grande partie, son extrémité,

» vers le couchant est, partie dans la paroisse Saint- Christoly, et partie » en celle de la 31 ajestat-de-Saint- André. » Elle conduisait, en droite ligne, de la place Saint-Projet à la porte Saint- André. La dénomination de rue Saint- André, Grande-rue-Saint-Andrè s'étendait à toute sa longueur; mais plusieurs tronçons de cette voie portaient des noms différents; ainsi son extrémité occidentale s'appelait rue de la Porte- Saint- André [Ms. Baur., p. 169, v°] Au xvir9 siècle, cette portion de la rue avait encore le nom de rue Saint-André, et le reste celui de rue des Trois- Conils, jusqu'à la rue Sainte- Catherine [Chr. bord. Dar., p. 79]. La même extrémité occidentale de la rue s'est aussi appelée, au xve siècle : rue Porte-Basse, ainsi qu'il résulte du texte suivant [Terr. S^And.] qui a pour titre les mots : rue Porte-Basse : « Jean de Fumel a reconnu (1457) de maître » Biaise, comme hospitalier de l'hospital Saint-André de Bordeaux, un

» sol et place entre la rue commune de Saint-Paul, d'une part, et le

» chemin qui passe entre les deux murs, d'autre part; tient, en long, de » la rue commune, d'un bout, entre à la cause dudit hospital, d'autre » bout. » La rue qui passe entre les deux murs est la rue des Remparts, et la rue commune, le long de laquelle est situé le sol dont il s'agit, est la portion de la rue des Trois-Conils qui s'étend entre la rue des Facultés (ancienne rue Saint-Paul) et la rue des Remparts. En 1758 [Ami. bord.], et probablement auparavant, la partie de la rue qui passait devant l'hôpital Saint-André se nommait rue de Y Hôpital.

La portion qui s'étendait entre les rues Magudas et Judaïque s'appelait, au xive siècle, rue Saint- André et rue Guillem -Arnaud -Moneder [Inv. S^And.] : « Reconnaissance, en 1364, d'une maison qui est en la » rue Sainct-André, autrement de Guillem- Arnaud- Moneder, en la par- » roisse de Nostre-Dame-de- La-Plasse. » Son extrémité orientale se nommait, au xve siècle, rue du Peyron ou rue du Peyron-Sent-Proj eyt, et faisait partie de la paroisse Saint-Projet, ainsi qu'il résulte de deux textes, l'un de 1400 [C. de larch.], et l'autre de 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.]; le premier s'exprime ainsi : « Arnaldus Ruffi, clericus, cappellanus » cappellanie olim institute in ecclesia Burdegalense, débet, pro parte » unius domui, que est in parrochia Sancti-Projecti, in rua deu Peyron.... » » On lit dans le second : « Poncetus Lamberti, pro domo que est in rua

« deu Peyron-Sent-Proj eyt » Elle portait encore ce dernier nom en

1553 [Denomb.] : « MQ Georges Largenta, pour une maison en la paroisse » Nostre-Dame-de-La-Place, en rue du Peyron-Sainct-Proj et »

On appelait, au siècle dernier et jusqu'à ces derniers temps, rue Saint- André, une rue étroite située au sud du chœur de la cathédrale. Le sol de cette rue et des maisons qui la bordaient du côté méridional est compris dans le square qui entoure au sud l'abside de la cathédrale.

Le nom de Grande-rue- Saint- André était, quelquefois aussi, donné à la rue du Loup. (Voir cette rue, p. 246.)

Sent-Christoly : Rua de Sent- Cliristoly ; rua Sancti-Cliristopliori; la Grand-carriere-Sent-Christoly; rue de Saint- Cliristoly ; rue Saint- Cristoly; rue Sainct-Cliristoplile; rue des Petits- Carmes ; rue Montméjan (partie de la) (10, 20). — Cette rue, dont il est fait mention dès l'an 1360 [C. de l'arch.J, passait contre le flanc sud de l'église Saint- Cliristoly, et s'étendait depuis le bout oriental de la rue de Mimisan jusqu'au carrefour de

Castillon .- « in rua Sancti-Cliristojihori, dit un texte de 1400 [C. de

» l'arch.], que, ab ecclesia ejusdem sancti et trivio rue de Trillieis, ducit )> versus quadrivium de Castilhon. » En 1394 [Inv. S^And.], elle s'appelait la Grand-carriere-de-Sent-Christoly. Une pierre placée à l'angle d'une maison qui fait le coin des rues du Temple et Montméjan porte cette inscription : « rue Saint- Cliristoly . » Dans les plans du commencement du xixe siècle, elle est nommée rue des Petits- Car mes, depuis la rue des Treilles jusqu'à la rue Castillon; elle passait au nord de l'ancien couvent.

Sent-Elegi : Rua ou rueta Sent-Elegi; rua Sancti-Elegii; ruette Saint-Eloy ; impasse Saint-Eloi; rue Saint-Eloi (6, 21). — Cette rue est signalée dans un texte de 1380 [C. de l'arch.] comme étant située entre les deux murs de la ville : « Arnaldus Hugo solvit pro dimidio solo quod » est in rua Sancti-Elegii inter duos muros. » Nous avons trouvé [Arch. B.-Lal.] une reconnaissance, datée de 1610, consentie par Me Pierre Lavau, greffier au siège présidial de Guienne, en faveur de Gabriel de Raymond, écuyer, seigneur de Vignoles, Saint-Paul, Sallegourde et autres lieux, au nom et comme mari de damoiselle Marguerite de Macanam, dame desdits lieux, « d'une maison avec cave et jardin située dans » la paroisse Sainct-Eloy. » Cette reconnaissance en rappelle une autre faite, en 1514, en faveur de « damoiselle Trenquine d'Ages, femme de » Jean de Macanam et mère d'Arnaud et Anne de Macanam. » La maison en question confrontait, en 1610, « du nord, à celle de Me Antoine » d'Orgier, magistrat présidial en Guienne, fief de la dite damoiselle, du

» levant et midi, à la mette Sainct-Eloy , qui va de l'église Sainct-Eloy » à la rue Poudiot et boucheries de rue Bouqiieyre. » Cette ruelle Saint- Eloy et la rua Sancti-Elcgii du texte précédent ne peuvent être que la rue Saint-Éloi, qui longe le côté méridional de l'église, et débouche maintenant dans la rue Buhan.

Sent-Esperit : Rua deu Sent-Esperit : rue du Saint-Esprit. — Cette rue a été détruite lors de la reconstruction du château T'rompette [Mais. déni.]. Elle était située vers l'emplacement du cours de Gourgue. Nous ne savons si elle existait au xve siècle.

Sent-German : Rua Sent-German; rue Saint -Germain; rue des Caperans, des Capellans; rua Cappellanorum ; rua Capperaniamm; rue de Saint- Seurin à porte Saint- Germain; rue des Catlierinettcs; rue des Religieuses; rue Thiac (14, 20); rue de la Petite- Taupe; rue Huguerie (13, 21). — Cette rue était dans la paroisse et la sauveté de Saint- Seurin, et conduisait de la porte Saint-Germain à l'église et au pressoir de Saint- Seurin; c'est ce qui résulte des titres suivants [C. de l'arch.] : — en 1380, « Dominus Johannes Landa, presbiter,.... pro stagia vocata Sanctus- » Aman, in parrochia Sancti-Severini, in rua Sancti-Germani....; » — en 1361, « .... in rua Sancti-Germani, prope Sanctum-Severinum Burdegalc; » — en 1518, « Mc Pierre Barre, prêtre, reconnoît vigne en la sauvetat de » Sainct- Seurin, au lieu appelle rue des Cappcllans, autrement de Sainct-

» Germain; » — en 1378, « solis in rua Sancti-Germani, per quam, de

» magno itinere directe a Sancto-Lazaro, versus Palacium-Galiane, itur » apud ecclesiam, seu torcular Sancti-Severini ; » — en 1457, « .... in rua » Sancti-Germani per quam, a magno itinere ducendo a Sancto-Lazaro, » versus Palacium-Galiane, itur apud torcular Sancti-Severini. » Ces deux derniers textes ne donnent le nom de rue Saint-Germain qu'à la rue Thiac, puisque le chemin qui se dirige de Saint- Lazare vers le Palais- G allien, et auquel aboutissait la rue Saint -Germain, est la rue du Palais-Gallien ; mais dans un ancien plan [PI. mss., n° 136], la rue Huguerie, qu'on appelait anciennement rue de la Petite-Taupe, et la rue Thiac, naguère rue des Religieuses, sont confondues en une seule voie nommée rue de Saint- Seurin à porte Saint- Germain. On la trouve aussi dans les comptes de l'archevêché sous les noms de rua Cappellanorum ou rua Capperaniarum. On lit, en effet, dans ces comptes, à la date de

1395 : «Cappellanus cappellanic domini Raymimdi de Sancto-Germano..., » pro casali et toto feudo quod tenet in rua Cappellanorum...., » et, à celle de 1383 : « Dominus Menaldus Bernardi, cappellanus cappellanie insti- » tute per Raymundum de Sancto-Germano, pro duabus feudis que tenet

» in rua Capjieraniarum »

On donnait quelquefois à la rue du Burga le nom de Grande-rue- Saint- Germain [Ms. Baur., p. 116, v0].

Sent-Jacmes : Rua Scnt-Jacmes; rua Sancti-Jacoli ; Magna-rua- Sancti-Jacoli; rue Saint-James (7, 21). — Cette rue, qui conduisait de la porte Saint-James ou Saint- Eloy au Marché, n'a pas changé de nom depuis le xme siècle au moins. Ce nom revient si souvent dans les textes anciens que nous avons cru pouvoir nous dispenser de donner des preuves de son existence au moyen âge.

Sent-Julian : Rua ou rueta Sent-Julian; mette Sain et- Julien; rue du Portai- Sainct- Julien; rue d'Aquitaine; rue Sainte -Catherine (portion de la); place intérieure d' Aquitaine (5, 19). — Cette rue, située dans la paroisse Sainte-Eulalie, partait de l'extrémité méridionale de la rue Boau et conduisait à la porte Saint- Julien. Les documents qui suivent nous font connaître son nom et son emplacement; on lit, à la date de 1259 [Inv. Sl-And.] : « Acquisition faicte par le chappitre de certains cens » avec l'exporle sur des vignes qui sont près la mette Sainct- Julien. » Nous avons vu plus haut (p. 176) que la mette Aroudet, située au nord de la porte Saint-Julien, aboutissait à la rue Saint-Julien. Dans son plan de 1733, Lattre donne ce nom à la voie qui, du puits des Augustins, se dirige vers la porte Saint- Julien ; c'est, sans nul doute, la mette Saint- Julien du xme siècle. Avant la construction des remparts du second accroissement, elle conduisait de la ville vers l'hôpital Saint-Julien. On l'appelait, en 1553 [Denomb.], rue du Portai- Sainct- Julien .- « Maison et » jardrin joinct, assiz en la rue du Portai- Sainct- Julien, parroisse Saincte- » Aulaye. »

Sent-Martin : Rua Sent-Martin; rua Sent-Martin-deu-Mont-Judaïc; me de La Régénération, rue Saint- Martin; rue Saint-Sernin (12, 18). — Aux xive et xve siècles, on donnait à cette rue indifféremment le nom de rua Sent-Martin ou celui de rue Sent- Martin-deu- Mont- Judaic. Ainsi, ce

dernier nom lui est appliqué, le 12 septembre 1350 [Lièv. SVRaph.], clans le texte suivant : « Helias Debre, clerc, a reconnu des confréries Saint-Pierre, » Saint-Paul et Toussaincts, fondées en l'esgiise SainctPaul de Bourdeaus » tota aquera pessa de terra, binha et casau, ab la yssida qui ba bert la » capera Sent- Martin- deu- Mont- Judaïc, qui son fora porta Judcu de » Bordeu, ayssi cum son,.... entro a la carreyra Sent-Martin-deu-Mont- » Judaïc. » On trouve la première dénomination en 1375 [C. de l'arch.] : « Magister Geraldus Helie, notarius Burdegale, solvit pro casale quod » tenet in carreria Sancti- Martini, prope Reclusam Burdegale.... » Suivant un texte de 1403 [Inv. S1- And.], cette rue était située dans la sauveté de Saint-Seurin : « Reconnaissance faicte par Me Pierre Bigoros, prestre, » comme chappellain de la chappellanye instituée en l'esgiise Sainct- » Seurin, par Me Pierre de Calonges, à l'archevesque de Bourdeaus, de

» maisons et jardrins qui sont dans la sauveté de Sainct- Seurin, en

» la rue Sainct-Martin. »

La rue Saint-Martin du xve siècle ne passait pas exactement sur l'emplacement de la rue Saint-Sernin. Elle a été redressée au xvnr9 siècle; l'ancienne rue suivait la même direction, mais elle n'était pas aussi régulièrement alignée, ainsi qu'on peut le voir dans plusieurs plans [PL mss.]. Elle était appelée rue de La Régénération pendant la première République. Le nom de rue Saint-Sernin lui a été donné en 1864.

Sent-Pau : Rua Sent-Pau ; rua Sancti-Pauli, de Sancto-Paulo; rua de Malamorte; rua Podii-, Putei-, Putey-de-Malamorte; rua deu Putzde-Maïemort; rua de Malemort; rue de La Mallemort; rue du Puitz-, du Puy-de-Malemort ; rue Saint-Paul; Grande-rue-Saint-Paul ; rue des Facultés (10, 19). — Cette rue, faisant partie de la paroisse Saint-Paul, passait à peu de distance à l'est des murs fermant à l'occident la ville romaine, et conduisait de la rue Saint-André à la rue Porte-Dijeaux. La Devise la coupait en deux parties à peu près égales. Tout cela résulte des textes suivants [C. de l'arch.] : en 1360, « Dominus de Vitrinis débet » pro solo in quo solebat esse domus quod est immédiate prope portam » Sancti- Andrée et murum civitatis...., et pro solo contiguo quod est in » angulo (rue Sancti-Pauli), videlicet in capite rue Sancti- Andrée....; » — en 1379, « Senebrunus, dominus de Curtonio, débet, pro domibus, turribus

» et solis quas et que tenet in rua Sancti-Pauli » Les possessions du

seigneur de Curton étaient au nord de la rue de Mimisan. En 1430, «

» pro dimidio solo quod est in rua que, de porte Digevs, ducit ad domum » Templi, in altéra parte ipsius rue que est versus septentrionem, ante » caput rue Sancti-P avili....; » — en 1457, « Petrus Berlandi, parrochianus » de Avensano, débet pro uno solo in rua Sancti-P auli, sive domo juxta » Diviciam.... » Elle s'appelait aussi, au xve siècle, rue du Puits de- 31 aiemort; mais les textes que nous avons pu consulter ne paraissent donner ce nom qu'à l'extrémité septentrionale de la rue Saint-Paul, à partir de la rue de Mimisan qui s'étendait alors jusqu'aux remparts romains. Nous lisons, en effet [C. de l'arch.] : — en 1400, « Pro domo in qua est » volta sarracena situata in parrochia Sancti-Pauli, in rua Podiide-Mala- » morte.... » En 1404, Vital de Bonneau possédait une maison dans la rue du Puits de-Malemort : « Vitalis Bonelli solvit, pro domo quam habet

» in rua Putey-de-Malamorte » [C. de l'arch.]. Les maisons signalées

par le contrôleur de l'archevêque, avant celle de Vital de Bonneau, sont situées dans la rue Saint-Paul et au sud de la rue de Mimisan; celles qui suivent se dirigent vers le Temple par cette dernière rue. L'extrait d'un acte de 1398 [Inv. St-And.] s'exprime ainsi : « Contract par lequel » le chappitre a investi feument Guilhem Eyquem de deux maisons, » avec la voulte appelée la Youlte sarrasine, qui est dedans l'une » desdictes maisons, et avec le jardrin et murailles à l'entour desdictz » jardrins, sciz au Puy -de-Malemort : à scavoir de la maison où est la » voulte avec le puy et issue qui est derrière » Cette voûte sarrasine doit être une cave sous une tour du mur romain passant à l'ouest de la rue du Puits- de-Malemort.

Si l'on avait encore des doutes sur la direction et l'emplacement de la rue du Puits-de-Malemort , voici un texte de l'an 1400 [Inv. S1- And.] qui les lèverait : « Maison avec la voulte et puis, qui sont dedans, seize en la » ruhe par laquelle on va de l'esglise Sainct-Pol vers la porte Dijaux. » Il est évident que cette maison est la même que celle dont on a parlé plus haut, et que la rue qui, de l'église Saint-Paul, se dirige vers la porte Dijeaux, n'est autre que l'extrémité septentrionale de cette rue, qu'on appelle depuis peu rue des Facultés.

Des textes du xvr** siècle [C. de l'arch.] donnent encore la certitude qu'alors la partie septentrionale de la rue ne portait plus le nom de rue du Puits-de-Malemort , mais simplement celui de rue de Malemort ou de La Mallemort. Ainsi, dans l'un d'eux, daté de 1543, on lit ceci : « En la parodie de Sainct-Paul, en la ruhe de Malemort. » On trouve

ailleurs (en 1560) ce même nom donné à cette portion de la rue des Facultés; en effet, le contrôleur de l'archevêque dénombrant les maisons qui bordent le côté sud de la rue de Mirnisan, arrive à l'extrémité orientale de cette rue, puis revient au bout occidental, point du départ, et passe en revue celles du nord; après deux maisons, il signale un

jardin qui fait l'angie de la rue de Malemort : « Guillemcte Margot

» pour un jardrin qu'elle tient en la parroisse Saint-Paul, en la rue

» de La Mallcmort » Alors cette rue, comme aujourd'hui la rue des

Facultés, aboutissait à la rue Porte- Dij eaux, mais ne la dépassait pas : « Jean et autre Jean Guiraut et Guilhem Constantin tiennent une » maison et jardrin dans la Grand-ruhe-Porte-Dijeav.x, et une autre » maison, d'aultre costé de la ruhe, qui fait le canton de la ruhe de » Malemort. »

Un manuscrit de 1553 [Denomb.] la nomme, par erreur sans doute, rue de Mallenort.

Au xviue siècle, on donnait à toute cette voie le nom de rue Saint-Paul ou de Malemort; c'est du moins ce qui résulte d'un plan de 1765 [Pi. mss. Barb.]; un autre plan, levé à la même époque, complète cette indication; tous les deux donnent à la rue entière la même dénomination. Tous les deux aussi signalent un passage étroit qui reliait cette rue à celle des remparts, passage qui longeait, au nord, la base d'une grosse tour de l'enceinte romaine, laquelle est ainsi désignée dans ces deux plans : « tour » du Dragon, à M. de Navarre. » C'est à lui qu'appartenait également le passag-e interrompu par un mur contre lequel s'appuiait la margelle d'un puits. Dans l'un des plans, le bout oriental de ce passage est appelé rue de Malemort. Nous croyons voir dans cette tour, ce puits et la maison qui longe cette ruelle, la voûte sarrasine, le puits et la maison signalés dans les textes que nous avons cités plus haut.

Sent-Pey : Rua Sent-Pey; Magna-carreria-Sancti-Petri; rua Sancti- Petri; rue Devant l'église Sainct-Pierre ; rue Saint-Pierre (8, 22). — Cette rue, qui n'a pas changé de nom, conduisait de l'église Saint-Pierre au puits d'Alhan .- « In rua Sancti-Petri que ducit, de dicta ecclesia Sâncti- » Pétri, versus puteum de Alhano. » — « Johannes de Viridario solvit, » pro domo, in carreria magna, prope ecclesiam Sancti-Petri, per quam

» itur de dicta ecclesia versus puteum d'Alhan » Elle avait le même

nom en 1457 [C. de l'arch.]. Un texte de 1418 [Lièv. Ste-Cr.] nous donne

à penser qu'elle se prolongeait plus loin, vers le nord, que la rue Saint- Pierre actuelle, et passait devant l'église où, alors, la place Saint-Pierre n'existait pas : « Mestre Johan de Macip, aboquat, demorant en la Grand- » carreria-Sent-Pey , cum qui ba bert la porta deus Pans.... » L'auteur de ce texte ne peut avoir désigné la direction de la porte des Paux que parce que la maison de Jean Macip était située entre cette porte et l'église Saint-Pierre; si elle eût été située entre le puits <XAillan et cette église, il aurait dit certainement : « cum qui ba bert la gleysa Sent-Pey; » et. d'ailleurs une Table des paroisses et des rues [Arcli. dép.] s'exprime ainsi : « rue Saint-Pierre, anciennement rue Devant l'église Saint-Pierre. » La rue qui s'appelait jadis rue Ferradre, et qu'on nomme maintenant impasse Saint-Pierre, était peut-être le prolongement de l'ancienne rue Saint- Pierre.

Sent-Remedy : Rua Sent-Remedy; rua Sent-Arremedy; rua Sancti- Remegii; Magna-rua ou carrcria-Sancti-Remigii; rua Porta-deus-Paus; rua Porta-de-Palis; ruhe Porte des-P aux; rue Saint-Rémi (9, 22). — Cette rue est du petit nombre de celles qui, non sans difficulté, ont eu l'heureuse chance de conserver leur ancien nom. Elle s'étendait de la rue Porte- Medoc à la porte des Paux; c'est ce qui résulte des textes suivants : —

en 1400 [C. de l'arch.], « pro domo alta lapidea, situata in parrochia

» Sancti-Maxcncii, in Magna-rua-de-Porta-Medulca , et pro domo que » est rétro dictam domum, et habet exitum ad ruam Sancti-Remcgii;.... » — en 1381 [Inv. Sfc-And.], « Acquisition faite par le chappitre de 10 livres » de rente sur une maison seize en la ruhe Porte-des-Paux et en la » Grand-ruhe-Sainct-Remy .

Sur la foi d'un texte de 1262 [Liv. bouill., p. 371], Baurein pense [Ms., p. 108] que la rue Saint-Rémi s'appelait à cette époque Grande-rue- des Paux : « Item dicimus quod, juxta domum Arnaldi-Guilhelmi deus Paus, » prope portam deus Paus, est quedam rueta publica et communis que » ducit, a Magna-carrcria-deus-Paus, usque ad aulam d'Arsac, et nullum » débet poni impedimentum in ea. » La rue qui conduisait à la maison d'Arsac aboutissait, en effet, par le sud, à la rue Saint-Remy . Le texte suivant, de 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.], paraît aussi désigner la rue Saint-Remy sous le nom de rue Porte-des-Paux : « Geraldus de Cussaco, » pro casali cum muro que est in rua que, de Magna-rua-de-Porta-de- » Palis, ducit versus ruam Farri-de-Sparra. » La rue du Far-de-Zesparre

était au sud de la rue Saint-Remy . Ces textes et ceux que nous avons cités à l'article de la rue Porta-deus-Paux (p. 276) prouvent qu'au xive siècle on n'était peut-être pas encore bien fixé sur le nom de la rue Saint-Remy dans sa partie orientale. Il est à croire que c'est lorsqu'on construisit, vers 1302, le rempart, à 30 mètres en avant du mur romain, qu'on donna le nom de rue de Porte-des-Pauœ h la rue qui longeait ce mur, du côté de la ville, jusqu'au pont de La Mousque, et que le nom de rue Saint-Remy prévalut pour la grande rue qui se dirigeait vers l'ouest.

Sent-Seurin : Rua Sent-Seurin; rua à'Arssac; rue Douet, Douât; impasse Douhet (9, 23). — La rue Saint -Seurin est celle que l'on appelait aussi rue tVArssac (voir ci-dessus, p. 71). En voici les preuves : le 20 novembre 1425, Guillaume Andraud, charpentier, reconnaît d'Hélène Grimard, femme de Gaillard de Jonqueyres, une moitié de maison située dans la rue Saint- Seurin, paroisse Saint-Remy, confrontant, d'un bout et par devaut, à la ditte rue, et, d'autre bout, à la rue d'Arssac [Arcli. B.-Lal.]. La rue à'Arssac est prise ici pour la ruelle dArssac. Le titre suivant, de 1485 [Terr. SMMich.], est une reconnaissance féodale de la même maison : « Arnaud-Guilhem de La Corneyra

» reconego de la nobla damisella Margarita de Junqueyras, molher deu

» noble home Poton de Segur, apperat de Francs, escudey, tôt aquet

» hostau que es en la parropia de Sent-Remedi de Bordeu, en la rua

» apperada d'Arssac, de l'autre cap » Ce texte prouve évidemment que

la rue d'Arssac est la même que la rue Saint- Seurin, et que l'androne appelée d'Arssac est la ruelle dArssac. Un feudiste du xvme siècle a écrit dans le répertoire de ce terrier : « rue Douât ou Darsac. » Et, en effet, la rue Douât, ou plutôt Douhet, était la même que la rue d'Arssac. C'est ce que nous apprennent encore trois autres manuscrits [Lièv. S'-Seur. — Bénéf. Sl-P. — Denomb.], dans lesquels on trouve ces indications : « rue » Douet ou d'Arsac; » — « rue Saint- Seurin, autrement d'Arsac. » Julien Douhet ou Douhé, procureur au parlement, demeurait, vers 1553, au bout oriental de la rue Saint-Remy . C'est probablement depuis cette époque qu'on a donné le nom de Douhet à la rue d'Arssac et à une tour qui en était voisine.

Sent-Symeon : Rua Sent-Symeon; rua Sancti-Symeonis ; Magnarua-Sancti-Simeonis; rue Saint -Siméon; rue de La Merci (8, 21).

— « La rue Saint-Symèon, dit Baurein [Ms., p. 183], aboutissoit de la » rue de la Gleyse-Bieille (aujourd'hui du Pas-Saint- George) à la place » de Saint-Projet; » et il cite comme preuve le texte suivant : « Rua » Sancti-Simeonis que, a quadrivio de Veten-Fcclesia, ducit versus pla- » team Sancti-Projecti. » Elle était située partie dans la paroisse Saint- Symeon et partie dans celle de Saint-Projet [Inv. Sk-And.] : « Recon- » naissance d'une maison seize en la paroisse Sainct- Project, en la ruhe » Sainct- Simeon. » Elle passait, comme elle passe encore maintenant, sur le côté méridional de l'église [C. de l'arch., 1400] : « Pro domo situata in n Magna-rua-Sancti-Simeonis, recte videlicet quasi ante ecclesiam ejus-

» dem Sancti-Simeonis » Dès le xvie siècle, on appelait une partie de

cette rue « rue de La Mercy, » ainsi qu'il résulte du titre suivant de 1553 [Denomb.] : « Estienne Puyjadis, sergent royal, deelaire tenir, en fief, des » prêtres bénéficiers de l'esglise Sainct- Projet, une maison scituée en la » rue de La Mercy. »

Senta-Catharina : Rua Senta- Catharina; rue Sancte-Caterine; rue Sainte-Catherine (partie de la) (9, 21). — Cette rue parait avoir toujours porté le même nom. Elle faisait partie des paroisses Saint-Projet et Saint - 31 exent, et s'étendait de la place Saint-Projet au carrefour de Font-Jouyn. Ceci résulte des textes suivants : — en 1364 [Obit. S1- And.],

« in rua Sancte-Caterine Burdegale, que est in parrochia Sancti-

» Projecti; » — en 1437 [Inv. Ste-Cr.], « Reconnaissance par Jean Blanc, » à l'abbé de Sainte-Croix, d'une maison rue Sainte- Catherine, paroisse » Saint-Projet; » et ailleurs : « Reconnaissance par Arnaud Franquin, à » l'abbé, d'une maison faisant le coin des rues Sainte- Catherine et Saint- » 3/aixant. » Dans beaucoup d'autres textes, les maisons de cette rue sont indiquées comme dépendant de l'une ou de l'autre de ces paroisses, suivant qu'elles sont situées dans la partie méridionale ou septentrionale de la rue.

Senta-Coloma : Rua Senta- Coloma; Grande-rue-Saincte-Columbe; rue Jemmapes; rue Sainte-Colombe (7, 21). — Nous trouvons la dénomination gasconne de cette rue dans un acte de 1451 , commençant ainsi : « Conoguda que Fortin de Cantalop, merchant de la parropia de Senta- » Coloma et borges de Bordeu,.... » [Man. cap. S^-Andree.] Elle est signalée, dès l'année 1333 [Inv. S'-And.], de la manière suivante : «Vente faicte

» au chapitre par noble P. Simphorin, appelé de Landiras, de 12 livres » 10 sols bourdelois de cens avec l'exporle, sur une maison en la rue et » parroisse Saincte- Colombe; plus 25 livres de cens en la parroisse Saincte- » Colombe, assignées sur deux maisons plassées à cotté de Tesg'lize, au » nord; et 12 livres sur une maison qui est au midy de la mesme esglize. » On retrouve le nom de cette rue en 1432 [C. de l'arch.] et en 1455 [Inv. SVAnd.]. Le répertoire des titres des bénéficiers de Saint-Michel nous apprend que son extrémité orientale faisait partie de la paroisse de Saint- Michel. On en trouve une autre preuve dans le texte suivant [Obit. S*- And.] : « Anniversarium domini Pétri de Landiranis, alias de Sancto- » Simphoriano, militis, débet fieri xini mensis novembris. Et est sciendum » quod ipse legayit in suo testamento dicte ecclesie, x libras, pro duobus » anniversariis, que sunt situate supra quamdam domum, que est in rua » Sancte-Coliimbe, in qua morantur Menaldus deus Banxs et Austencius » Martini, parrochiani Sancti-Michaelis Burdegale. »

Pendant la première République, on lui avait donné le nom de rue Jemmapes.

Senta-Crotz : Rua Senta-Crotz; Gran-rua- Senta-Crotz; Grande-rue- Sainte- Croix. — Cette rue n'est pas celle qui existait au xve siècle et qui existe encore dans les paroisses Saint-Micliel et Sainte-Croix (voir rua Sanguinengua, p. 290). Elle se trouvait sur l'emplacement du château Trompette avant son agrandissement [Mais. dém.]. Nous ne connaissons ni sa position exacte ni sa direction; mais comme on sait le nom de toutes les rues qui étaient au sud de cet emplacement, près des Piliers-de- Tutelle et de la porte de YOme-de-Casse, nous sommes autorisés à avancer que la Grande-rue-Senta-Crotz devait être peu éloignée des remparts du nord, entre les tours d'Audeyole et Saint-Georges.

Senta-Eulalia : Rua Senta-Eulalia ; rua Sancte-Eulalie ; Magna-rua- Sancte-Eulalie ; rue ou Grande-rue-Saincte-Aulary , Aulaye, Euladie, Eulaye, etc.; rue Sainte-Eulalie (7, 18). — Cette rue, qui a toujours porté le même nom, est si souvent signalée dans les textes des xive, xve et xvie siècles que nous croyons pouvoir nous dispenser de les citer.

Senta-Gema : Rua Senta-Gema; rue de Saincte- Gemme; rua Putei- Sancte-Gemme; rue du Puits-de- Saincte- G emme ; rue du Loup (partie de

la) (8, 20). — La rue Sainte-Gemme conduisait du carrefour de La Sauvetè à celui de Coustau; c'est-à-dire de la rue de Cheverus à celle de Sainte-Catherine : « Esporle, en 1481 [Bénéf. Sl-P.], d'une maison en la » parroisse Sainct-Project, en la rue de Sancte -Gemme, autrement du » Loup, devant le puy de Saincte- Gemme. » Elle portait aussi le nom de rue du Puits-de-Sainte-Gemme [Var. bord., t. III, p. 58]. La rue que l'on nommait, il y a quelques années, rue Sainte-Gemme, maintenant rue Guérin, et qui conduit de l'angle sud-ouest de la place Saint-Projet à la rue du Loup, ne paraît pas avoir eu de nom particulier au commencement du xve siècle; un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] s'exprime, en effet, ainsi : « Hospitalarius Sancti- Andrée Burdegale débet, pro domo situata » in rua que, ab ecclesia Sancti-Projecti, ducit versus puteum Sancte- » Gemme.... » Dans un plan du siècle dernier [PL mss., n° 98], la rue Guérin actuelle porte le nom de rue Saincte-Geme ou rue Judaïque, et un manuscrit du môme temps [Tab. par. et r.] s'exprime ainsi : « Rue » Sainte-Gemme, anciennement 27ustal, Lartigue ou Pezet. » Il y a ici erreur manifeste. (Voir les articles où il est question de ces différentes rues, p. 177 et 271.)

Senta-Helena : Rua Senta- Hclena ; Senta- Elena; rue Sainte- Aliène; rue Sainte-Hélène (9, 19). — Nous n'avons jamais trouvé le nom de cette rue dans les anciens titres, mais nous pensons qu'elle existait au milieu du xv8 siècle ; plusieurs de ses maisons et le Doyenné qui la bordait à l'ouest ont été bâtis à la fin de ce siècle. Un ancien plan [PL mss., n° 46] et un plan gravé en 1818 la désignent sous le nom de rue Sainte- Aliène. Il n'existe plus maintenant qu'une partie du côté oriental de la rue. Elle se dirigeait de l'abside de Saint-André vers la rue des Trois- Conils.

Temple : Rua deu Temple; rua de Templo; rua de Templo-Sancti- Johannis; la Grande-rue-du- Temple; rue du Temple (10, 20). — Cette rue partait du carrefour de Magudas situé entre les rues de Mimisan et de Saint- Christoly, traversait la rue Portc-Dijeaux et s'arrêtait au nord près de la porte de la chapelle du Temple : « Rua de Templo [Ms. Baur., p. 104] » que, a quadrivio de Magudas, ducit versus domum Templi; » en 1361 [C. de l'arch.], elle est désignée par une périphrase : « in rua que de » Templo ducit versus Sanctum-ChristopJwrum. » Elle est appelée, en 1375, dans le même manuscrit, rue du T^emplc-de- Saint- Jean : « Helias del

» Taudin, films Pétri, parrochianus Sancti-C'hristojjJioriBuràegale pro

» quadam particula terre quam tenet prope domum suam in rua de Temjplo- » Sancti-JohannisBiuxlegale.... » On lui a aussi donné le nom de Granderue-du- Temple [Inv. S*- And.]. Cette voie n'était, au nord de la rue Porte- Dijeaux, qu'une impasse fermée, au siècle dernier, par une grande porte. La rue du Temple débouche maintenant sur le cours de I'Intendance.

Trabersanna : Rua Tràbersanna; rue Traversaire; rue Traversanne (3, 21). — Cette rue conduisait de la rue de Maucalliau à celle de Nerayen. Les textes suivants nous signalent son existence en même temps qu'ils nous font connaître son emplacement [Inv. Ste-Cr.]. « Reconnaissance, » en 1376, par Bernard de Puch-Mouton à l'abbé de Ste-Croix, de cens qui » lui appartiennent sur toutes icelles maisons et jardins qui sont en rue » des Vignes jusques en rue Traversanne, ensemble des jardins et places » qui sont entre lesdictes maisons et celles des rues Mêrigean (sic) et » Traversanne. » — « Reconnaissance au monastère, en 1450, par Jean de » Conias, d'une maison et eysine rue Traversanne, parroisse de Sainte- » Croix. » En 1553 [Denomb.], on lui donnait quelquefois le nom de rue Traversaire. Nous avons dit, en parlant de la rue des Boeijs (p. 184), que la rue Traversanne avait été tracée, pendant le xme siècle, dans le fief de l'abbaye de Sainte-Croix, par Jean Dissente.

Trenqueyra : Rua Trenqueyra; rue Tronaueyre; rue Rodrigues- Pereire (14, 19). — Cette rue était située près de l'église Saint- Seurin : « prope Sanctum-Severinum » , ainsi que nous l'apprennent les comptes de l'archevêché des années 1355 et 1389; on trouve aussi, dans un autre

compte de l'an 1361, le renseignement suivant : « solvit, pro vinea

» quam tenet in rua 2yrcnqueyra,.... in parrochia Sancti-Severini »

Les textes des xive et xve siècles prouvent que cette rue était, presque tout entière, bordée de pièces de vignes. On l'a appelée plus tard rue Tronaueyre, nom qu'elle portait encore en 1864, avant de recevoir celui de Rodrigues-Pereire.

Tres-Houstaus : Rua deus Tres-Eoustaus; rue des Troys-Hostaulx (9, 22). — « C'est un petit cul-de-sac, dit Baurein [ms. p. 125], situé dans » la paroisse de Saint-Remi, entre la rue Corlin et la rue qui conduit ù » l'église de Saint-Remi Il est fait mention de cette rue dans un

» titre du 15 décembre 1539, retenu par Laurens, notaire à Bordeaux. >; Un inventaire des titres des bénéficiers de Saint-Pierre nous apprend que cette voie portait déjà le nom de rue des 2'res-Houstaus dès le commencement du xve siècle, et qu'elle était alors bordée de plus de trois maisons. Voici un de ces titres, pris au milieu d'une foule de reconnaissances des fiefs de cette rue : « Esporle (en 1414) de deux maisons sci tuées en la parroisse de » Sainct-Remy de Bourdeaulx, l'une en la rue des Troys-Hostaulx et >> l'autre en la rue appellée de Corbin. » L'ancienne rue des Tres-Hostaus est, comme au xvme siècle, une impasse située dans la rue Saint-Rémi presque en face de la rue des Lauriers; mais elle n'est plus livrée au public; une porte en interdit l'entrée.

Trompilhon : Rua ou ruetta de Tronvpïllion; Rue de Trompilh; rue Trompiïlon ; rue de Monedey ; rue Reveney ; rue Midet; rue du Mulet (8,22). — Cette rue «était, dit Baurein [Ms., p. 127], dans la paroisse de » Saint-Symeon, suivant un titre de 1405 : in parrochia Sancti-Simeonis, » in carreria vocata de TrompilJi. » Elle portait, au milieu du xve siècle, le nom de rue de Trompilhon, ainsi que le constate le titre suivant du 19 janvier 1451 : « Conoguda que Fortin de Cantalop, merchant de la » parropia de Senta-Coloma et borges de Bordeu, esporlet.... de tôt aquet » hostau,.... qui es en la parropia de Sent-Symcon de Bordeu, en la rua » apperada deu Gr an- Cancer ar, aissi cum es entre lo sou deudeit Fortin » de Cantalop, d'una part, et l'ostau de Guilhem de Paratge, merchant, » et borges de Bordeu, d'autre part; et dura de la deita rua, de part » dauant, de l'un cap, entro à la rueta comunau apperada de Tro?npilhon, » de part de tras, de l'autre cap » [Man. cap. Su-And. Burd. — Arch. dép.]. En 1526, une maison, située dans la rue qui va au Pas- Saint- Georges, confrontait d'un côté, à la rue Tromjnllon. De toutes les rues modernes, il n'y a que la rue du Mulet qui débouche dans l'ancienne rue du Pas- Saint- Georges, ce doit donc être celle qu'on appelait autrefois rue de 21romjjilhon. Cependant le texte suivant de 1376 [Bénéf. S^Mich.] pourrait laisser des doutes à cet égard : «Vente, par Alemane de la Naude, femme

» de Ramon de Pomeys,.... d'exporles cens sur une maison en rue du

» Cancelar (rue du Petit- Cancer a), cantonnière de la rue de Monedey, ou » de 21rompiïïon, rue Saint- Simeon , parroisse Saint- Simeon. » Il est évident que l'auteur du manuscrit que nous citons croyait que les rues de Tromipïllon et de Saint-Simcon n'étaient qu'une môme rue et que la

maison d'Alemane de la Naude était celle qui faisait le coin nord-est de la rue Saint- Siméon, puisque la rue du Cancelar s'arrêtait, du côté du sud, au carrefour Saint-Simeon qui la séparait de la rue Arnaud-31iqueu ; mais nous allons voir que cet emplacement était occupé, dès l'an 1356, par la maison Monadey (voir oustau Monade?/); que cette maison, qui était considérable, devint plus tard le Séminaire de la Mission, transporté ensuite dans le faubourg- Saint- Seurin , et qu'en conséquence, elle n'a jamais pu appartenir à Alemane de la Naude. D'ailleurs le manuscrit cité plus haut donne la liste des possesseurs de la maison qui faisait le coin de la rue Trompillon depuis le xive siècle jusqu'au milieu du xvme : A Alemane, qui en était propriétaire le 1er avril 1376, succéda, le 12 mai de la même année, Arnaud Seguin; elle appartenait à Gualhard Deces, en 1381 ; à Peyronne Johan de Loyssac, en 1399; à Itey Bertrand, en 1418; à Arnolet de Kekeren, en 1440; à Arnaud de Camp, en 1446; à Pey Deulorey, en 1450; etc., etc. La maison du coin de la rue Saint-Simeon appartenait à la même époque à la famille Monedey. Nous lisons [Terr. bénéf. SVP.], à la date de 1558, l'indication suivante :

« maison scituée en la rue appellée du Pas- Saint- Georges, par-

» roisse Saint-Simeon, près du Puys-de-Baignecap , confrontant à la rue » appellée de Trompillon, autrement de Monadey . » La première rue qu'on trouve à partir du Puits-de-Baignecaj), en se dirigeant vers le sud, est maintenant la rue du Mulet ; la rue Saint-Simeon n'était que la seconde et n'était pas voisine du Puits-de-Baignecaj . Dans un autre titre [Bénéf. S*- P.], on cite une maison qui fait le coin de la rue du Puits-de-Bagnecap et de la ruelle de Trompilïon; elle appartenait, en 1399, à Eoyer Richard, et, en 1690, à M. de Volusan, conseiller au parlement ('). L'auteur du manuscrit a tracé un plan dans lequel sont dessinées : cette maison, plusieurs maisons voisines, la rue du Puits-de-Bagnecap, et la ruelle l^ompïllon ; celle-ci, dans ce plan, n'a pas de rue en face d'elle, tandis qu'en sortant de la rue Saint-Simeon, on entrait, comme on entre encore directement dans la rue à!Alhan (rue Maucoudinat). L'auteur se sert du mot mette tandis que la rue Saint-Siméon est quelquefois appelée la grande rue et jamais mette. La rue Trompilh ou l'rompillon ou Monedey est donc la même que la rue du Mulet. Il est probable que la maison d'Alemane de la Naude était située

(') M. Etienne de Mulet, seigneur de Volusan, était, en 1675, conseiller au parlement. M. Je Volusan, ronseiller au parlement et doyen du chapitre de Saint-André, fut nommé, en 1G80, premier vicaire général.

à l'angle nord-est de la rue de Trompilhon, et que l'autre angle, celui du sud-est, était occupé par celle de Monedey, et que cette dernière maison, que nous savons avoir été considérable, s'étendait depuis la rue Saint- Simeon jusqu'à la rue Trompilhon, en suivant le côté oriental de la rue du Cancer a; c'est, sans nul doute pour cette raison, que la rue Trompilhon a pu être quelquefois appelée rue Monedey. Dans un plan du xvnr9 siècle [PL mss.] cette rue porte la dénomination de rue Reveney, et celle de rue Mulet, dans un « Terrier planisfère qui contient les plans des divers fiefs du » couvent des Frères-Prêcheurs de la ville de Bordeaux », tracé en 1788.

Tropeyta : Rua de Tropeyta; rue Trompeté; rua deu Pourtau-Barrat (10, 23). — Cette rue a été détruite lors de la reconstruction du château Trompette; elle longeait les remparts du xive siècle bâtis, sur le bord de la Garonne, depuis la porte de YOme-de-Casse jusqu'à celle du Retge. Elle portait le nom de rue de Tropeyte dès la fin du xive siècle, ainsi qu'il résulte de l'extrait suivant d'un acte de 1394 [Inv. S*-And.] : « Vente par » Guillaume Gaspeyre à Jehan Gourin, de rentes sur une maison seize en » la ruhe Trompeté et en la ruhe de Medoc. » Cette maison devait faire le coin de ces deux rues qui se rejoignaient à angle droit. La rue de Medoc étant perpendiculaire aux remparts du bord de la rivière, la rue Trompeté devait nécessairement suivre la direction de ces remparts. On lui donnait, au xvne siècle, la même dénomination ou celle de rue de Pourtau-Barrat, suivant un titre de 1648 cité par Baurein [Ms., p. 176], et concernant une maison « située en la rue appellée de Trompeté, à présent du Pourtau- » Barrât, allant de la porte du Chapeau-Rouge au château Trompette. » Cette maison confrontait, du levant, à la grande rue Trompeté, et, du couchant, à la rue Naudot ou Pey-de-V Oustau.

Turcan : Rua Turcan; rua Turcanh, Curtarih; rua Bet-Janot; rue Badie; rue Dabadie (5, 21). — Dans la notice sur la rue de Caguêbeu (p. 190), nous avions manifesté des incertitudes sur l'emplacement de la rue T'urcan; des recherches nouvelles les ont complètement levées. Voici ce qu'on trouve dans le Manuale capituli Sancti- Andrée Burd., à la date du 21 juillet 1471 : « Conoguda que Pey deu Corau, merchant de la » parropia de Sent-Miqueu et borges de Bordeu, sporlet de tôt aquet

» hostau feyt a maneyra de appentis qui es en la deita parropia, en la

» rua apperada de Caguêbeu, aissi cum es entre l'ostau, appentis et casau

» de Bernard de Corbagau, d'ima part, et l'ostau deus hereters de Bidau » deu Puy, d'autra part; et dura et ten en long de la deita rua de Cague- » beu, de part dabant, de l'un cap, entro à la rua apperada rua Turcan, » de part de tras, de l'autre cap. » La rue Turcan était donc celle qu'on nomme maintenant rue Dabadie ; elle reliait la rue des Menuts à la rue Crabeyre. La rue Columbeyre s'est aussi appelée rue Turcan. (Voir rua Columbeyra, p. 200.)

Umforeyra : Rua de VUmbreyra; rue de YOmbrière; place du Palais (portion de la) (7, 22). — Cette rue portait le nom de rue YUmlreyra en 1527 [Min. Brun.]. Elle se dirigeait de la porte du Calhau à la rue Poitevine; c'est ce qui résulte du texte suivant daté de 1537 [Terr. Cast.] : « Toute » icelle maison scituée en la place et ruhe de YOmbrière, confrontant à la » maison où l'on forge la monnoie. » Cette maison était, en conséquence, sur le côté sud de la place de YOmbrière, puisque la maison où l'on frappait la monnaie occupait l'emplacement où, plus tard, fut bâtie l'ancienne Bourse, dont la façade vient d'être démolie ; de sorte que le côté méridional de la place de YOmbrière était nommée, au xvie siècle, rue de YOmbrière. On lit dans l'extrait d'un acte de 1554 [Inv. S1- And.] : « .... mai- » son scituée en la parroisse Sainct-Pierre, ruhe de l' Ombriere, confron- » tant à la tour et maison de feu Ambrois de La Fontaine, d'une part,.... » par devant, à la ruhe de YOmbrière, et, par derrière, au Palaisy> Royal. » 11 est évident que si la maison et la tour signalées dans cet acte s'appuyaient aux murs du château, la rue de YOmbrière se prolongeait vers l'ouest en longeant la face méridionale de ce château, laquelle était cachée par une ligne de maisons. La tour dont il est ici question est peut-être la tour du Roy.

Veyrinas : Rua de Veyrinas; rue de Veyrines (6, 18). — Au commencement du xvme siècle, la rue de Veyrines était celle qui porte toujours le même nom. On n'est pas aussi sûr qu'il en soit ainsi pour les siècles précédents. L'extrait d'un texte de 1384 [Inv. S* -And.], s'exprime de cette façon : « Contract par lequel Arnaud Dumas a esté investi par

» le chappitre d'une maison seize en la rue de Lalande, aultrement

« appellée rue de Veyrines. » Et ailleurs, en 1459 : « maison en la » rue de Veyrines, » sans ajouter d'autres détails pouvant indiquer son emplacement. On trouve l'indication suivante dans un manuscrit du

xvme siècle [Tab. par. et r.] : « rue Veyrines ou des Carmes » , et enfin, on lit dans un titre de 1553 [Denomb.] : « M. le Président Guilleragues, pour » une maison qu'il tient en rue de Laudet, (probablement rue Laudat ou

» Labiraf), autrement de Veyrines » Néanmoins jusqu'à plus ample

informé nous laisserons, dans notre plan, l'ancienne rue de Veyrines où Lattre l'a placée, et où elle est encore.

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