RUES SANS DÉNOMINATION SPÉCIALE
Rue par laquelle on descend du carrefour au puits de 2Joscanan. —
« domum infra salvitatem Sancti- Andrée juxta ruam per quam
» descenditur a quadrivio versus puteum de Toscanam » [Obit. SVAnd.]. Le carrefour de La Sauveté était à la rencontre des rues Saincte- Gemme et de Saugars; le puits de Toscanan était en face de la porte de Toscanan. La voie ainsi désignée était donc à la suite, et au sud de la rue de Saugars. C'est par conséquent, à présent, l'extrémité septentrionale de la rue Porte-Basse, depuis le cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE jusqu'à la rue du Loup.
Ruhepar laquelle on va du Far-de-Lesparre vers la Grande-ruhe-Sainct- Remy. — Nous ne connaissons pas de rue allant directement du Far-de- Lesparre à la rue Saint-Remy . La rue la plus rapprochée de cet hôtel était celle de Pey-Macau (p. 268).
Ruette qui descend à la tour de Bessan et à la rue de La Coquille. — Cette petite rue, signalée par H. Lopes [Lièv. S1- And.], qui mentionne une maison faisant le coin de cette ruelle et de la rue des Argentiers, ne peut être que la rue de La Coquille ou celle de La Vache. (Voir rua de La Coquilla, p. 230.)
Rue par laquelle on va du portail du Far vers l'église Sainct- Laurent [Inv. S1- And., 1382]. (Voir chemin de Saint- Laur ent-d' Escures.}
Ruette far laquelle on va de la Grande-rue- Sainct- Symeon au puits qui est derrière l'église. (Voir putz de Sent-Symeon.)
Rue par laquelle on va de la Recluse vers Saint-Seurin (12, 19). — La rue Judaïque ne paraît jpas avoir eu jadis de nom particulier. Les textes suivants nous font connaître certaines des périphrases par lesquelles on
la désignait : — en 1383 [C. de l'arch.], « Magister Geraldus Helie, cleri- » eus, pro ix solis contiguis que tenet, extra portam Digeus, in rna per » quam itur de Reclusa versus Sanctum-Severinum....; » — en 1423, 8 mars [Terr. St-Seur.] : Reconnaissance par Arnaud de Lesbay, prêtre, d'une pièce de vigne située en la sauveté de Saint-Seurin « en la rueta » per la quau hom ba de Sent- Martin bert Sent- Jorge, darrey l'ostau de » la capperania de Sent-Jorge. » Ce texte désigne non pas précisément la rue Judaïque, mais la portion méridionale des allées D amour, portion qu'on appelait au xvne siècle rue Judaïque, puisqu'elle est désignée dans
la table de ce terrier, faite à cette époque, par ces mots : « pour une
» vigne dans la rue Juda/icque qui va vers la chappelle Sainct-George. » Cette chapelle était située dans le cimetière de Saint-Seurin (voir porge de Sent-Seurin). On lit encore en 1516 [Terr. de l'arch.], que messire Jehan Escuder a reconnu de l'archevêque une maison, etc., « qui est en » la sauvetat Sainct- Seurin, en la grande rue par laquelle on vient de » la Porte-Dij eaux ; » — en 1517, que Pierre Constantin reconnaît un appentis et vigne près du « chemin par lequel on va de Porte-Dijaux » devers l'esglise Sainct- Seurin. »
Pendant la première République, cette voie fut nommée rue de La Délivrance.
L'impasse Maubec est désignée par ces mots : « Ruette qui n'a qu'une » entrée devers la rue Maubec. »
Nous voyons dans le Livre des Bouillons [Edit. mun., p. 372] qu'une certaine quantité de ruelles auxquelles on ne donnait pas de nom particulier se dirigeaient vers les murs de la ville ; on les désignait par ces mots : « via, carreria ou bannella publica et communis que ducit ad murum civi- » tatis. » Il en était ainsi de la ruelle à'Arssac, de la rue Obscure, de la rue Caudeyreyre, et d'une foule d'autres rues qui étaient — entre la maison de Gaillard Colomb et celle de maître Arnaud de Buch (de Bogio); — entre la maison de Guilhem Symon et celle de Itier d'Arriet: — entre
les maisons de Pierre de Bordeaux et de Raymond Aymeric, près de Puy '-Paulin; — entre celles de Brun d'Alhan et de Seguin Barbe; — entre celles de Raymond Moneder et de Bonafous de La Rousselle (cette dernière se dirigeait vers la rivière); — entre celles de Pierre Vigier et de Pierre Estienne. Il existait aussi une ruelle entre la maison du sacriste de Saint-André et celle de Guilhem- Arnaud du Pian (Dopian). Elle était située entre la tour Gracilis et l'église Saint- Sauveur. Elle partait donc de la rue de La Saubetat et se dirigeait, au sud, vers le mur romain. — Une ruelle est signalée comme passant entre la maison de Raymond de Camparian et de Ruphat Beguey; nous savons qu'un chai appelé chai de Camparian existait, au xive siècle, dans la rue des Argentiers, et que la famille Beg'uey ou Vigier avait des maisons près de la porte Saint- Pierre. — Une autre ruelle existait entre la maison qui avait appartenu à un nommé Laurent et la maison de Veyrines; celle-ci, qui fut plus tard remplacée par l'hôpital Saint-André, faisait le coin des rues Saint-Paul et Saint-André. La ruelle dont il s'agit partait de la rue Saint-Paul, longeait l'hôpital Saint-André et s'arrêtait contre la première tour romaine à l'ouest de la porte Saint-André.
Cette dernière circonstance achève de nous faire penser que des ruelles devaient exister en face de presque chaque tour ou du moins des escaliers qui servaient à monter sur les remparts. Nous remarquons, en effet, que ces terrains sont, presque tous, considérés comme padouens de la ville. Lorsque- les jurats eurent obtenu l'autorisation de laisser construire des maisons contre les remparts, ils durent réserver des passages pour arriver aux portes des tours et aux escaliers, et en conserver la propriété. Il était expressément défendu d'encombrer ces passages ainsi que les chemins de ronde. On ne pourra d'ailleurs jamais connaître l'emplacement de ces ruelles avant d'être fixé sur celui des maisons entre lesquelles elles passaient.