ET-LORRAINE
La Fount : Cantoun de La Fount; canton de La Font. — Ce carrefour était situé sur les fossés de Saint-Eloy , et très probablement devant la porte Bouqueyre, près de la fontaine de Pedouïllet; ceci paraît résulter
d'un texte de 1553 [Denomb.] : « pour une maison seize, sur les
» foussés de Sainct-Yliege, au canton de La Font »
La Saubetat : Cantoun de La Saubetat ; cayreforc de La Sauletat-de-
Sent-Andriu ; quadrivium Salvitatis; carrefour de La Sauvetè (9, 20) — Il résulte des deux textes suivants que le carrefour de La Sauvetè était situé à la rencontre des rues Judaïque et de Sancte-Gemme. Le premier, daté du 9 Juin 1412, s'exprime ainsi : « Conoguda que Jolian deu Codert,
» et Arzen deu Codert esporlerent de l'arcidiague de Medouc, lo
» dean absent, de tôt aquet hostau qui es en la parropia de Nostra-Dona-de- » la-Plassa , en la rua per laquau liom ba deu quayreforc de La Saubetat- » de- Sent-Andriu bert lo putz de Senta-Gema, entre l'ostau de Margarida » de Cassanet, laquau es sobre l'angle deuert occident, d'una part, et la » maison de Gaillard Amie, la quau antiquament sole estai* de mestre » Arnaud de Pomareda, deuert orient, d'autra part » [Man. cap. Su-And.J. Le second texte est une « reconnaissance faicte au chappitre d'une mai- » son seize en la rue par la quelle on va du carrefour de La Sauvetè vers » le puits Saincte Gemme » [Inv. S^And.]. Quelquefois aussi au xive siècle [Obit. S1- And.], cet emplacement était désigné par le simple nom de Carrefour : « Anniversarium domini Pétri de Bloyaco super domum suam
» in qua consuevit morari infra salvitatem Sancti- Andrée, juxta ruam per » quam descenditur a Quadrivio, versus puteum de Toscanan. » La rue faisant partie de la sauvetè de Saint-André et descendant vers le puits de Toscanan ne pouvait être que l'extrémité septentrionale de la rue Porte- Basse, et le carrefour signalé dans ce titre, est certainement le canton de La Sauvetè.
Lesparra : Cantoun de Lesparra (9, 22). — Les deux textes suivants [Inv. S1- And.] nous donnent à peu près l'emplacement de ce carrefour. Le
premier est de 1365 : « maison et jardrin, sciz en la rue par laquelle
» on va du carrefour de Lesparre vers la Grand-rue- Sainct-Remy \ » Le second de 1389 : « Reconnaissance faite au chapitre, d'une maison seize en » la rue par laquelle on va de l'esglise Sainct-Maiœans vers le carrefour de » Lesparre. » L'hôtel des seigneurs de Lesparre était situé à la rencontre des rues du Parlement-Sainte-Catherine et du Pas-Saint-Georges. Ce carrefour n'en était pas éloigné, il devait se trouver au bout méridional de la rue de Pey-Macau qui est la seule voisine du Far-de-Lesparre, et conduisant à la Grand-rue-Saint-Rèmi.
Mercat : Cantoun deu Jlercat; carrefour du Marché (7, 21). — Ce carrefour est un des quatre cantons où l'on faisait les criées et proclama-
tions [Ms. Baur., p. 105, v0]. C'était peut-être la place du Marché ellemême, ou du moins un des angles de cette place.
Mimisan : Cantoun de Mimisan, Memisan; furcata de Memisano (10, 1 9). — Le texte suivant, daté de 1355 [C. de l'aven.], nous autorise à placer ce
carrefour au croisement des rues Saint-Paul et de Mimisan : « Item
» a Petro Lamberti rationc domus quam habet in furcata vocata de
» Memisano. »
Noailhan : Cantoun de Noaillian; quadrivium Bernardi-de-Nolhano ; quadrivium de Nolialliano; carrefour de Bernard-dc-Noaillan ; cantoun de Magudas; quadrivium de Magudas (10, 19). — Ce carrefour était situé à l'extrémité méridionale de la rue du Temple, à l'embranchement de cette rue et de celles de Saint- Christoly , de Mimisan et de Magudas. C'est ce qui résulte des textes suivants : en 1375 [C. de l'arch.], « Johannes de
» Cabrilheyra pro uno solo et casali que tenet in rua que de Templo
» ducit versus quadrivium quondam Bernardi-de-Nolhano....; » en 1449,
[Lièv. P. Berl.] : « in rua que a quadrivio de Nohalhano ducit versus
» ecclesiam Sancti-Cliristophori. » On appelait aussi ce carrefour quadrivium ou cantoun de Magudas; voici ce qu'en ditBaurein [Ms., p. 103, r°] : « quadrivium de Magudas; c'est ainsi qu'est appelé, dans les anciens titres,
» l'extrémité de la rue Bauledat, vers celle du Temple pro domo cum
» exitu situata in parrochia Sancti-Pauli, in rua que a Divicia, que est » prope domum de Tartas, ducit versus quadrivium de Magudas. — » .... rua de Templo que, a quadrivio de Magudas, ducit versus domum » Templi. »
Ome-de-Papon : Cantoun de V Ome-de-Papon, V Ourme-de-Popon; h Y Ome-de-Papon; quadrivium Ulmi-de-Papon, dePapone; trivium Ulmi-de- Papon (4, 21). — Ce carrefour était formé parla rencontre des rues Clare, Saumenude, Maucallau et de Pommiers. Toutes ces rues, dit Baurein [Ms., p. 87], portaient, dans certains titres et probablement par extension, le nom de rue de l' Ome-de-Papon. La rue de Maucalhau est souvent appelée rue de Y Ome-de-Papon. Baurein, à l'appui de son assertion, cite un contrat de vente de 1523, dans lequel on lit : « rue de Maucalhau » autrement de Y Ome-de-Papon. » Mais avant il produit le texte suivant daté de 1356 : « Blanqua de Ornone débet pro domo cornaleria que est loco
» vocato Maucalliau, antc locurn vocatum a YOme-dePapon. » D'autres textes [C. de l'arch.] qui s'expriment ainsi : (1367) « Blanqua de Ornone
» pro domo cornaleria, que est, loco vocato Maucalliau, ante locum
» vocatum Y Ome-de-Papon....; » — (1375) « in rua de Malocalculo,
» prope Ulmi- de- Papoue, » prouvent qu'au moins au xive siècle, on faisait une distinction entre le carrefour et la rue. Baurein dit encore qu'on a confondu quelquefois ce carrefour avec la rue Saumenude. Dans l'un des deux textes suivants, le carrefour et la rue sont distincts; dans l'autre, ils sont confondus. Le premier date de 1361, s'exprime ainsi :
a quamdam domum quam tenet in rua Minorùsarum Burdegale,
» juxta TJlmi-de-Papone. » On lit dans le second, de l'an 1375 : « in
» rua Ulmi-de- Papou prope Minorissas » [C. de l'arch.]. On trouve quelquefois [C. de l'arch., 1361] rue de Y Ome-de-Papon sans autre indication,
ainsi : « pro domo quam tenet in rua de Y Ome-de-Papon...., in
» parrochia Sancti-Micliaclis »
Dans plusieurs titres, ce canton, d'après Baurein, est « simplement » appelé Y Orne- de- Papou sans faire mention d'aucune rue. » L'auteur d'un plan manuscrit du xvnr3 siècle [Arch. dép.] place un ormeau au milieu de
ce carrefour, et on lit dans les lièves du chapitre de S^Seuiïn : « au
» Maucaïllau devant Y Ourmeau-de-Papon. » Un autre texte de l'an 1383 [C. de l'arch.] ne laisse aucun doute sur l'existence de cet orme au xive siècle : « Blanqua de Ornone...., pro tribus feudis que tenet in
» rua de Papou prope ulmum » Les textes qui précèdent prouvent,
croyons-nous, que le carrefour tirait son nom d'un orme qui l'ombrageait.
Si l'on en croit un texte de 1378 [C. de l'arch.], il existait, hors de la porte Dijeaux (12, 19), un carrefour portant aussi le nom de carrefour de 1' 'Ome-de-Papon : « Bertrandus d'Agen solvit pro solis que tenet in angulo
» trivii Ulmi-de-Papon, extra portam Dijeu » Nous lisons ailleurs :
« extra portam Dijaux in trivio in quo solebat esse ulmus »
Et, en 1361 : « Item plus pro tribus solis contiguis que tenet juxta
» ulmum que est in trivio extra portam Sancti-Simphoriani » Au
delà de la porte Saint- Sympliorien, nous ne voyons, se rapportant à ces textes, que le carrefour formé par trois chemins partant, l'un de la porte Dijeaux, l'autre de la porte Saint- SympTiorien et le troisième conduisant à P ont- Long ; cet emplacement est occupé maintenant par la rencontre de la rue Dauphine et de la place du même nom.
Pinhadors : Cantoun deus Pinhadors; quadrivium deRua-Caudeyreyra sive Pictorum (8, 21). — Ce carrefour était situé à la rencontre des rues Caudeyreyre et des Pinhadors, à l'extrémité méridionale de la rue du Sarporar. C'est ce qui résulte du texte suivant de l'an 1354 [C. de l'arch.] : « Recepi ab Arnaldo de Campariano...., pro operatorio quod est » in quadrivio de Rua-Caudeyreyra sive Pictorum »
Porte-Begueyre : Cantoun de Porte-Begueyre; quadrivium Porte- Bigueyre; carrefour du Pas-Saint- Georges (8, 21). — Ce carrefour est situé, dit Baurein [Ms., p. 179], à la rencontre des rues du Pas-Saint- Georges, du Zoup et du Cerf-Volant, ainsi qu'il ressort du texte suivant : « Pro domo situata, in parrochia Sancti-Symeonis, in quadam rueta que » est in ter quadrivium Porte-Biguerie et ruam de Cumbis » On l'appelait aussi carrefour du Pas-Saint-Georges. La porte Begueyre, dit le même auteur [Ms., p. 105, v°], était « placée dans la rue qui conduit du Marché y> au canton du Pas-Saint- Georges, dans l'espace qui se trouve entre les » entrées des rues Poitevine, du Cerf- Volant, du Zoup et Dessous-le-Mû. » Le carrefour de porte Begueyre était donc au nord de la porte du même nom. C'était un des quatre dans lesquels on faisait les cris et proclamations.
Porta-Boqueyra : Cantoun de Porta-Boqueyra (6, 21). — Ce carrefour était aussi un des quatre où l'on faisait les proclamations; il devait être situé sur les fossés, en dehors de la porte Bouqueyre. Il est probable qu'on avait choisi, pour faire ces proclamations, les lieux les plus fréquentés de la ville; on peut donc en conclure que les quartiers où se trouvaient les carrefours de Porte-Bouqueyre, du Marché, de YOmbrière et de Porte-Begueyre étaient au moyen âge les plus populeux de Bordeaux.
Porta-deus-Paus : Cantoun de Porta-deus-Paus ; quadrivium Portede-Païis (9, 23). — Ce carrefour était situé à l'extrémité orientale de la Grande-rue- Saint- Rémi, comme celui de Font-Jouyn l'était à l'extrémité occidentale : « pro domo situata, dit un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.], » in parrochia Sancti-Remegii, in magna rua que, a quadrivio Porte-de- » Palis, ducit versus quadrivium de Fonte-Joyni. »
Pount-Sent-Johan : Cantoun deu Pount-Sent-Johan ; canton du P ont- Sainct- Jean. — Ce carrefour était situé à l'une des deux extrémités de la rue du Pont-Saint- Jean, probablement près du pont. Il est signalé dans un texte de 1553 [Dcnomb.] : « Sire Jean de Rignac, marchand,.... » à cause d'une maison qui est au canton du Pont- Sainct- Jean, parroisse » Sainct- Michel »
Quatre-Cantouns : Cantoun deus Quatre- Cantouns (13, 21). — La rue des Morts est, dit Baurein [Ms., p. 55, v°], « une espèce de cul-de- » sac qu'on trouve, à gauche, dans la rue de la Grande -Taupe, en > allant du lieu ou carrefour appelé des Quatre- Cantons vers la fontaine » RAudège. » Ce carrefour devait être situé au croisement des rues actuelles de Lafaurie-de-Monbadon et Huguerie.
Rua-de-Lengon : Cantoun de Rua-de-Lengon; trivium Ruete-de- Lenguonio (9, 23). — Baurein [Ms., p. 139, v°] cite un titre où il est parlé d'une maison placée au côté nord de la rue de Costinhan ou du Puits-des- Cujoïes vis-à-vis la rue de Langon, au carrefour de cette rue : « in altéra » parte ipsius rue de Costinhano que est versus septentrionem, recte ad » trivium Ruete-de-Lenguonio. » Ce carrefour était donc au croisement des rues du Puits-des-Cujoles et de Langon.
Rua-Penteneyra : Cantoun de Rua-Penteneyra (6, 21) — Ce carrefour était situé sur les fossés de Porte-Bouqueyre, au bout de la rue Penteneyre.
Sent-Projeyt : Cantoun deSent-Projeyt; quadrivium Sancti-P roj ceti: quantoun deu Putz-de-Sent-Projcyt; carrefour du Puy-de-Sainct-Project; canton de Rue-du-Pcyron (9, 21. — Il résulte des trois textes suivants [C. del'arch.] que ce carrefour était situé à la rencontre de la place Saint- Projet et des rues Saint-Symcon, Sainte- Catherine et du Peyron .- (1356)
« quos solvit Bertrandus de Lopiaco, nomine Mabile, sororis sue, pro
» censu anni lvi debito pro domo quam tenet in rua Sancti-Simeonis,
» juxta breuteriam de quadrivio Sancti-P roj ecti » — (1361) « in
» rua que, ab ecclesia Sancti-Simeonis, ducit versus quadrivium Sancti- » Projecti Burdegale. » — (1375) « Mabila de Lopiaco débet pro domo
» quam tenet juxta breuteriam que est in capite rue Sancte-Cafharine ; » On le nommait, suivant l'extrait d'un acte de 1393 [Inv. S*-And.], carrefour du Puy -de- Sainct -Project : « rue par la quelle on va du
» carrefour du Puy-de-Sainct-Projcct vers l'esglise Sainct- Simeon; » et, suivant un texte de 1553 [Denomb.], carrefour de Rue-du-Peyron : « Maistre Anthoine Digos, chirurgien, doibt pour une maison qu'il tient » au quanton de Rue-du-Peyron devant le puix de Sainct-Proget »
Sent-Symeon : Cantoun de Sent-Symeon ; quadrivium Sancti-Simeonis ; carrefour de Saint- Simeon; cantoun de V Oustau-de-Monedey ; carrefour de la Maison-de-Monedey (8, 21). — Baurein [Ms., p. 126] cite plusieurs textes, entre autres le suivant, qui prouvent que le croisement des rues Saint- Simeon, Arnaud- Miqiieu et du Petit-Cancer a, portait le nom de carrefour de Saint-Symeon .- « Rua de Parvo- Cancer ario que, a rua de Magno-Cance- » rario, ducit versus quadrivium Sancti-Symeonis, prope domum Arnaldi » Monetarii et versus meridiem; » et ailleurs [p. 75, v°] : « in parrochia » Sancti-Symeonis in rua Aïegra que, a quadrivio Sancti-Symeonis, ducit » versus ruam deus Pinhadors et meridiem; » et il ajoute : « Personne » n'ignore que le carrefour de Saint-Symeon est formé par la rencontre » des rues Arnaud-Miqueu et du Petit- Cancer a, avec celles de La Merci » et de Saint-Symeon. » Cependant nous trouvons, dans un texte de l'an 1457 [C. de l'arch.], qu'un carrefour, portant le même nom, était situé à l'autre bout de la même rue Saint-Simeon : « in rua que, a quadrivio » Sancti-Simeonis, ducit ad puteum de Banliacap. » Le puits de Bagnacap était au nord de la rue du Puits -de-Bagnacap située à l'est de l'église Saint-Symeon, tandis que la rue du Petit- Cancer a est à l'ouest de cette église. C'est une preuve de plus qu'on n'était pas alors bien fixé sur les dénominations de certaines rues et localités. Ce dernier carrefour s'appelait aussi carrefour de la Vieille-Église (voir cantoun de la Belha-Gleysa). Le carrefour de Saint-Simcon était également nommé carrefour de la Maisonde-Monedey ; c'est ce qui résulte de l'extrait d'un acte de 1375 [Inv. S1- And.] où on lit : « Reconnaissance d'une maison, en la parroisse i'ain et- Simeon, » en la rue par la quelle on va du canton de la Maison-de-Monedey vers le » puy de Sainct-Projet. » La maison Monedey était à la rencontre des rues du Petit-Cancer a et de Saint-Simeon (voir oustau Monedey).
Signe : Cantoun deu Signe. — Nous ne savons pas si ce carrefour
portait le nom de cantoun deu Signe au xve siècle; mais il nous est signalé en ces termes, dans un texte de 1553 [Denomb.] : « Les héritiers » de feu Jean de Gimon pour une maison qu'ils tiennent en rue Diev. » joignant le canton du Signe. »
Umbreyra : Cantoun de VUmbreyra; carrefour de VOmbrière (8, 23). — Ce carrefour était un des quatre cantons où l'on faisait les cris et proclamations [Ms. Baur., p. 105, v0]. C'était peut-être la place de VOmbrière elle-même ou l'un des coins de cette place.
PADOUENS
Nous n'avons pas à nous occuper des padouens ou vacants de la ville de Bordeaux; le Livre des Bouillons [p. 365] et le manuscrit des Coutumes nous donnent, sur ces possessions de la cité, tous les détails désirables; cependant nous devons dire que parmi les padouens, en 1262 et probablement plus tard, étaient compris, entre autres : le port et la place Saint-Pierre; les places de YOmbrière, de Saint -Projet et de Saint- André; les barbacanes, les murs et les fossés; les maisons situées entre les murs neufs et les vieux; le quartier de Trojpeyte, au moins en partie; tous les quais depuis les Chartreux jusqu'à YEstey-Majou; le Marché et certaines rues.
Le 28 octobre 1392, le duc de Lancastre concéda au maire et aux jurats de Bordeaux le droit de bâtir dans une partie des padouens, qui bientôt fut couverte de maisons [Liv. Bouill., p. 249].