CHAPELLES
Il y avait dans la ville, outre les églises paroissiales et conventuelles, une certaine quantité de chapelles ou églises qui, bien souvent, ont donné leur nom à des rues, des quartiers ou des monuments. On les appelait en langage gascon calera ou capela.
La Magdalena : Capera de La Magdàlena; chapelle de La Magdelene (6, 20). (Voir charnier de Sent- James.)
Il existait derrière les absides de l'église de Sainte-Croix (1, 23) une chapelle dédiée à sainte Magdéleine, et désignée dans un ancien plan [PL mss., n° 142] par cette légende : « Chapelle abbatiale de La Magdéleine. » Elle servait de chapelle particulière à l'abbé, à la maison duquel elle était attenante.
La Reclusa : Capera de La Reclusa; La Reclusa-de-Porta-Digaus ; la chapelle ou église de La Recluse (12, 19). — La chapelle de La Recluse était située presque en face de celle de Saint-Lazare, dans la rue qui conduisait de la porte Dijeauœ à Saint-Seurin (rue Judaïque), près de la
rue Saint-Martin .• « Magïster Geraldus Helie, notarius Burdegalensis
» pro casali quod tenet in carreria Sancti-Martini, prope Reclusam Burde- » gale.... » [C. de l'arch., 1375]. Reconnaissance (1425) par JeanBonneau, au chapitre de Saint-Seurin, « de tota aquera appentis cuberta de teule, » que es en la rua de Sent-Martin, près de La Reclusa-de-Porta-Digaus » [Terr. S^Seur.].
Lopsault : Gleysa de Lopsault; ecclesia de Lupi-Saltu; église de Loupsault, du Sault-du-Loup (7, 21). — Cette église ou chapelle était située à l'angle formé par les rues de Lopsault et de Saint-James. L'abbé
Baurein, qui en avait vu les restes, affirme [Ms., p. 121] qu'elle occupait la place des deux premières maisons, au nord, en entrant dans la rue de La Sau.
Nostra-Dona-de-Las-Eyras : Capera de Nostra-Dona-de-Las- Eyras; La Majestat-de-Nostra-Dona; chapelle de Notre-Dame-des-Ayres (8, 20). — Cette chapelle, dont Baurein a vu les restes [Ms., p. 33, v°, et 8. — Var. bord., t. III, p. 342], était située à l'angle formé par la rue des Ayres et la rue Porte-Basse, à l'est de cette dernière rue. L'hôtel de la Tête-Noire a été bâti sur l'emplacement du chœur de cette église.
Sent-Esperit : Capera deu Sent-Esperit ; chapelle du Saint-Esprit (14, 18). — Suivant le plan du cimetière de Saint- Seurin publié par M. l'abbé Cirot de La Ville, cette chapelle, qui était bâtie sur l'ancien charnier de ce cimetière, était de forme hexagone, et s'élevait presque en face de l'entrée de la rue Ségalier. C'était, dit M. Cirot, un baptistère des premiers siècles de l'Eglise [Orig. chrét., p. 209 et 213].
Sent-Estephe : Capera Sent-Estep7ie; chapelle Saint-Etienne (14, 19). — Cette chapelle, qui remontait aux premiers temps du christianisme à Bordeaux, était située au nord-est de l'église Saint-Seurin. Dans un des nombreux plans où nous l'avons trouvée [PL mss., n° 1019], elle est inscrite sous la dénomination de « chapelle Saint-Etienne, curialle. » Son chevet, tourné vers l'orient, faisait une légère saillie sur la rue Tronqueyre, en face de la rue Saint- Germain. « Dans un procès-verbal du » Trésorier de France, en 1784, dit M. l'abbé Cirot de La Ville [Orig. » chrét., p. 134], on lit ces mots, qui déterminent encore la situation et » l'étendue de l'édifice (chapelle Saint-Etienne) : Partie de ce terrain (près » de la rue Tronqueyrè) est entièrement couvert, tant par une ancienne » chapelle appelée Saint-Etienne, que par un vieux chay contigu, le tout » d'une étendue de quarante-cinq toises du midi au nord. »
Nous avons tout lieu de croire que le pan de mur construit en petit appareil carré, irrégulier, existant encore dans la rue Rodrigues-Pereire, derrière l'église Saint-Seurin, est un reste de l'ancienne chapelle Saint- Etienne. La voûte de la chapelle n'est pas très ancienne; mais le sommet des murs sur lesquels s'appuie cette voûte est construit de la même façon
que le chevet; nous n'avons pu vérifier si les parois entières, du sommet à la base, sont antiques, parce que l'édifice, qui d'ailleurs ressemble parfaitement à une cave, est rempli de terre jusque près de la naissance de la voûte au-dessus de laquelle s'élève la maison du sacristain de Saint- Seurin .
Sent-Genest : Gleysa Sent-Genest; ecclesia Sancti-Genesii;
église Saint-Genès. — L'église de Saint-Genès était placée à l'ouest du chemin de Saint- Genès, entre la rue des Treuils (*) et les maisons qui sont en face de la rue Duluc, autrefois rue Vigneron [PL mss., n° 1010]. Cette église, qui était paroissiale, existait en 1287; à cette date, Amanieu d'Escure donna aux religieuses de Sainte -Claire une rente sur des vignes situées entre Saint- Nicolas et Saint-Genès [Inv.
Église et Cimetière Saint-Genès. ^e * Ann.J.
Sent-Georges : Capera Sent-Georges; chapelle Saint-Georges (14, 19). — Cette chapelle était située à l'extrémité orientale du cimetière de Saint-Seurin (allées Damour). C'est là qu'elle est placée dans les anciens plans du cimetière de Saint-Seurin, ce qui concorde parfaitement avec le texte suivant, du 8 mars 1423 [Terr. SM3eur. — Arch. dép.] : Eeconnaissance par Arnaud de Lesbay, prêtre, au chapitre de Saint-Seurin, d'une pièce de vigne située dans la sauveté de Saint-Seurin, « en la rueta » per laquau hom ba de Sent-Martin bert Sent- Jorge, darrey l'ostau de » la caperania de Sent- Jorge. » La ruelle signalée dans ce texte ne
(') La rue des Treuils tenait probablement son nom des treuils ou pressoirs qu'y possédait, au xv« siècle, l'archevêque de Bordeaux : « Item, die xn dicti mensis (septembris), habui duos cart) pentarios pro reparatione torcularum Sanctorum-Andree et Genesii, quibus solvi, pro quatuor diebus » sive jornalibus, pro quolibet jornali, xn. s. vj. d.; in omnibus valent, l. s. [C. de l'A. — Arch. raun.].
peut être que l'extrémité des allées Damour, près de la rue Judaïque. Cette chapelle, qui était déjà ancienne à la fin du xnie siècle, servait de charnier en 1750. Elle est ainsi désignée, dit Bernadau [Viog. Bord., p. 149], dans un cartulaire de Saint-Seurin de 1270 : « carnarium Sancti- » Georgii patens in cœmeterio Sancti-Severini. »
Sent-German : Capera Sent-German; chapelle Saint -Germain (14, 22). — Cette chapelle était située sur la place Fondaudége, dans l'angle formé par la rue Fondaudége et la rue Lafaurie-de-Monbadon. « Son ancien emplacement, dit Baurein [Var. bord., t. III, p. 365], étoit » à l'extrémité, vers le nord, de cette isle de maisons qui est à gauche » et à la suite de cette place (place Tourny), en allant vers le Bouscat; » c'est ce qui résulte d'un titre du 23 juin 1611, où il est question d'un » champ en terre labourable situé devant le boulevart de la porte Saint- » Germain, confrontant, y est-il dit, d'un bout, vers soleil levant, au )> fossé dudit boulevart, le chemin entre deux (aujourd'hui cette belle rue » qui est entre cette isle et l'hôtel de la Marine) (*); d'autre côté, vers » soleil couchant, au chemin par lequel on va de la porte du Dauphin à » Fondaudége (aujourd'hui rue de la Grande- Taupe) (2); d'un côté, vers » le nord, à la place où souloit estre l'église de Saint- Germain, chemin » entre deux; d'autre côté, vers midi, au chemin par lequel on va et vient » de la dite porte Saint- Germain à Saint-Seurin (aujourd'hui rue de la » Petite-Taupe) (3). Le champ dont il est question étoit donc situé entre » la rue qui conduit de la porte de Tourny à Fontdaudége et celle de la » Grande- Taupe, qui vient aboutir au même endroit; et c'est précisément » à l'endroit où se forme la jonction de ces deux rues, et dans cette place y> qui est au nord de cette isle de maisons, qu'était située l'ancienne » chapelle de Saint- Germain. » Elle existait en 1432; mais elle était démolie depuis longtemps en 1502, puisqu'on lit dans un acte, daté du 27 février de cette dernière année, que sa destruction était déjà ancienne : « Tota aquera plassa buida, au loc apperat Auprès deu portail de Sent- » German, en laquau plassa sole estar la capera de Sent-German antij> quament » [Var. bord., t. III, p. 364].
(') Baurein se trompe : les mots chemin entre deux signifient : la voie qui est entre le champ et le fossé du boulevard, et non la rue Fondaudége, qui était verticale à ce fossé. (*) Rue Lafaurie-de-Monbadon.
(') Rue Huguerie.
Sent-Johan : Calera, Sent-Johan; chapelle Saint- Jean, Saint-Jean-du- Pont, du Pont-Saint- Jean. (Voir hospitau Sent-Johan.)
Sent-Laurent-d'Escures : Gleysa Sent-Laurent-d' Escures ; ecclesia Sancti-Laurentii-de- Olscuris ; église Sainct-Laurent-d'Escures-lès-Bourdeaus. — Cette église s'élevait vers l'extrémité occidentale de la rue Mouneyra. (Voir rua deu Far, p. 220, et chemin de Saint- Laurentd'Escures, p. 327.) Dans une histoire manuscrite de La Sauve-Majeure par le père Du Laura [Arch. Mun. de La Sauve], on appelle cette église Sainct-Laurent-d'Escures-lès-Bourdeaus. La chapelle est détruite depuis longtemps.
Sent-Martin-deu-Mont-Judec : Capera Sent- Martin -deu -Mont- Judec; prioratus de Monte- Judaico , Sancti-Martini-de -Monte- Judeo ou Judayco; priourat Sent-3Iartin-deu-3îonjudec, deu Monjudecq, deu Mont- Judic, deu Mont-Judaïc, etc.; basilica Sancti-Martini ; chapelle ou prieuré du Mont- Judaïque; chapelle Saint-Martin-du- Mont- Judaïque (12, 19). — Cette chapelle, sur l'emplacement de laquelle a été construit, dans ces derniers temps, le réservoir Saint-Martin, avait elle-même remplacé un monument romain, dans les ruines duquel on a trouvé des statues antiques en marbre, des cippes et des monnaies [Chr. bord. Lurb., p. 60]. En 1360, Saint-Martin-du-Mont-Judaïque portait le titre de prieuré : « Prior de Monte-Judaico » [C. de l'arch.]. Suivant un mémoire de M. Pic de Père [Acad. — Com. des Ant.], la localité où ce prieuré était situé s'était appelée Mont-de~Sion avant d'avoir été nommée Mont-Saint- Martin.
Senfc-Nicolas-de-Las-Grauas : Gleysa Sent-Nicoïas-de-las-Grauas (2, 16). (Voir Oahets, p. 359.)
Sent-Salbadour : Gleysa Sent-Salbadour; ecclesia Sancti-Salvatoris ; église Saint-Sauveur (9, 20). — Cette église était située sur la place Saint-André, au coin de la rue du Loup, à côté de Notre-Dame-de-la-Place.
« Anniversarium magistri Arnaldi de Bogio, canonici Sancti-Severini
» supra quoddam solum quod est infra ortum sive clausuram domus que » est in capite ecclesie Sancti-Salvatoris, videlicet juxta ecclesiam Béate-
» Marie-de-Platea » [Obit. Sl-And., p. 32 — Mon. hist. 1854, p. 19]. Les fondations de cette chapelle ont été mises à découvert lorsqu'on a reconstruit, il y a vingt ans environ, la portion méridionale de la maison qui fait le coin de la rue du Loup et de la place Saint-André, à gauche en entrant dans cette rue (').
Sent-Syphorian : Capera Sent-Syphorian ; chapelle Saint- SympTiorien, Saint- Simphorien (12, 19). — « Il existoit, dit Baurein [Var. Bord., » t. III, p. 298], dans le fauxbourg de Saint-Seurin une chapelle appelée » de Saint- Simphorien, qui étoit placée sur cette croupe qu'on aperçoit en » allant des Allées (cours d'ALBRET), vers Pont-Long. On en découvrit les » fondements lorsqu'on construisit les maisons qui forment l'alignement » de cette nouvelle rue (rue Saint-Sernin), et qui sont à droite en allant » des Allées vers Pont-Long, » c'est-à-dire dans la rue d'ARÈs, presque en face de la rue Castelnau-d'Auros.
Senta-Catharina : Capera Senta- Catharina; chapelle Sainte- Catherine (9, 21). — Cette chapelle était située vers le milieu de la rue ù laquelle elle a donné son nom, presque en face de la rue Guiraude. Son emplacement est occupé maintenant par une partie du théâtre des Folies- Bordelaises, dans le Bazar-Bordelais.
Senta-Martha : Capera Senta- Martlia; chapelle Sainte-Martlie (10, 19). — Cet édifice s'élevait au bout méridional de la rue Saint-Paul, du côté de l'est; c'était la chapelle de l'hôpital Saint-André : « .... ordina- » mus quod dictus dominus Vitalis...., nullo unquam tempore, possit, infra » limites salvitatis predictae oratorium vel capellam aliquam construere vel » aedificare,.... exceptis parvo quodam appentitio contiguo cuidam domui » novae dicti hospitalis, quae est ante dictum hospitale, et quadam alia
» domo qurc est juxta dictam domum novam et alio latere, et quadam
» plassa vacca, cum quodam hospicio ligneo, in quo dictus dominus Vitalis » consuevit facere construere vasa vinaria : que sunt ante dictum hospi- » taie, quas acquirere et retinere non prohibemus, si sibi, alio justo titulo, » donatse sive concessse fuerint » [Hop. Sl-And., p. 39]. C'est en effet sur
(') C'est dans cette maison qu'habite M. Brives-Cazes, secrétaire de la Commission de publication de? Archives municipales.
l'emplacement de ces deux maisons et de l'appentis qu'il possédait déjà, que Vital Caries construisit la chapelle Sainte- Marthe. En 1449 [Lièv. P. Ber.j, le contrôleur de l'archevêché, après avoir dénombré les maisons de l'ouest de la rue Saint-Paul, revient à celles de l'est, en entrant dans la rue par son extrémité méridionale, il s'exprime ainsi : «In dicta rua Sancti-Pauli, » in altéra parte ejusdem rue que est versus orientem, redeundo, et, deinde, » eundo versus ecclesiam Sancti-Pauli et versus septentrionem : l'hôpital » de Saint- André, pour un sol où est la chapelle dudit hôpital....; le dit
» hôpital, pour un sol où est un casau » Le contrôleur signale ensuite
le collège Saint-Raphaël et l'église Saint-Paul. Cette chapelle existait encore le 25 mai 1538, puisque Nicolas Boyer, fondateur de l'hôpital neuf* Saint-André, déclare, dans son testament, qu'il veut être « ensevely en la » chapelle de l'hôpital neuf Saint- André de Bourdeaux, au milieu d'icelle, » et, jusques à ce que ladite chapelle soit achevée, » il veut que son corps soit « mis et gardé en la chapelle Sainte-Marthe dudit hôpital » [Hôp. S1- And., p. 52].