PUITS
Il y avait dans les rues et les carrefours de Bordeaux au xve siècle une grande quantité de puits. Bien des maisons en avaient aussi de particuliers. Certains des puits publics, qui seuls doivent nous occuper, servaient à tout un quartier. Ils sont souvent cités dans les textes, et ils donnaient leur nom à des rues avoisinantes ou prenaient celui des quartiers dans lesquels ils étaient situés. En langage gascon, on les appelait puis, puis, puh, putz, pous, pucJi, puy, etc. Quelquefois il est difficile de savoir si ces deux derniers mots signifient puy (élévation) ou puits. Dans les textes latins du moyen âge, la même confusion existe, et puteus est souvent l'équivalent du mot français puy, hauteur ou colline.
Alaudatz : Putz deus Alaudatz, deus Alodatz (10, 21). — Ce puits était, sans aucun doute, situé dans la rue du Putz-deîis- Alaudatz. Le texte suivant [Arch. dép.] nous en donne à peu près la preuve, sans cependant nous indiquer au juste sa place : Marie de Rosaffontz, paroissienne de Saint-Mexens de Bordeaux, lègue, en 1363, à messire Arnaud deus Deuers, prêtre, « tota aquera mayson et terra, et loc en que es, ab sas » appartenenssas, qui es, en la deyta parropia Sent-Maœentz, près deu » pus deus Alodatz, per ayssi cum es entre la mayson d'en Pey Martin, » laquau fo d'en Guiraud de Lator, qui fo, d'una part, et la rua comunau, « d'autra part; et dura de lonc de la rua comunau dauant, de l'un cap, » entro à la causa de la deyta Maria, de l'autre cap. » L'acte ne nous dit pas si la rua comunau est la rue Sainte-Catherine ou la rue Porte- Dijeaux, dans lesquelles perçait la rue du Puts-deus- Alaudatz.
Alhan : Puts d'Alhan; puteus de Alhano; puits à'Alhan, à'Aillan, de Haïllan; puy s de La Truye-qui-jlle, de La Truye-qui-pMle; puits de La Samaritaine; puits Sainte-Anne (8, 22). — Voici deux textes [C. de l'arch.] qui se complètent l'un l'autre, et nous font connaître la place de
ce puits : en 1360, ce Mabila Benedicti, uxor Guillelmi Lansaco, débet » pro domo quam tenet in rua que, a puteo à'AÏMn, ducit versus eccle- » siam Sancti- Pétri....; » en 1361, « Brunetus d'Aman solvit pro domo » et tota stagia quas tenet in rua que, a puteo de Alhano, ducit versus
» ecclesiani Sancti- Simeonis Burdegale » Ainsi, de ce puits partaient
deux rues : l'une qui se dirigeait vers l'église Saint-Pierre, et l'autre vers l'église Saint- Simèon. Il était donc au coin des rues du Puits-des-Juifs et à'Alhan. On l'appelait quelquefois, à la fin du xve siècle, puits de La Truye-qui-file. C'est ce qui résulte de l'extrait d'un inventaire des bénéficiers de Saint-Pierre ainsi conçu : « Contract d'achapt (1489) de deux
» deniers bourdelois d'esporle sur une maison scituée, en la parroisse
» de Sainct-Pierre de Bourdeaulx, en la rue appellée la Grand-rue-de- » Sainct-Pierre, près le puys de La Truye-aui-Jile. » En 1553 [Denomb.], il est nommé simultanément puits de Haïllan et puits de La Truie-quipliïle : « Jeannot de La Cucurin, pour une maison devant le puits de La
» Truye-qui-pMle » La rue Maucoudinat, au bout de laquelle il était
situé, s'appelait aussi alors rue de La Truie-qui-file.
Plus tard, on l'appela puits de La Samaritaine. Il est nommé puits Sainte-Anne , dans un plan de 1765 [PL mss. Barb.]. Il n'y a pas longtemps, un magasin ayant pour enseigne ces mots : « A La Samari- » taine, » occupait le rez-de-chaussée de la maison à l'angle de laquelle était le puits. Ce rez-de-chaussée est maintenant occupé par une auberge.
Augustins : Putz deus Augustins; puits de Saint-Julien (5, 19). — Ce puits est signalé dans l'extrait d'un titre de 1457 [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Jean Broard d'une maison et jardin sur la rue qui » va du puits du Mirait au puits des Augustins, paroisse Saint-Eloy. » Cette rue ne peut être que la rue des Augustins, et le puits en question était situé au milieu de la place des Augustins, où on le voyait il n'y a pas encore bien longtemps. C'est probablement le même qui, en 1662 [Inv.], est appelé puits de Saint- Julien.
Banhacat : Putz de Banliacat; puteus de Banliaquato, de Banhacato; puis de Banhacart, de Baignecap, de Baignesap, de Mouïlleca$; puits de Bagneca$ (8, 22). — « Ce puits, dit Baurein [Ms., p. 197, v°], est appelé » puteus de Banliacat dans des titres qui remontent à plus de quatre » siècles. » Il cite [page 106] l'extrait suivant d'une liève du xve siècle,
qui montre qu'à cette époque le puits conservait le même nom : « Rua » de Veteri-Ecclesia que, a porta Yigeria, ducit versus puteum de Banha- » cat. Il est situé, dit-il, à l'extrémité de la rue à laquelle il a donné son » nom, et à l'entrée de la rue Carpenteyre, dans le territoire de la paroisse » de Saint-Symeon. » Nous l'avons trouvé, avec la même dénomination, en 1354 [C. de l'arch.] : « Eecepi a Willelmo-Martini de Sancto-Petro, pro » domo quam habet ad puteum de Banliaquato....', » avec celle de puits
de Banliacart, en 1459 [Id.] : « rue qui va de la porte Begiere au puis
» de BanJiacart; » de puits de Baignecap, dans un inventaire des titres des bénéficiers de Saint-Pierre dressé au commencement du xvir3 siècle : « Esporle (en 1399) d'une maison scituée en la parroisse de Sainct- » Simeon de Bourdeaulx, en la grand rue par laquelle l'on va du puys
» de Baignecap vers porte Begueyre; » et plus loin (1444) : « en
» la rue appellée La Petite- Carpentiere, devant le puys de Baignecap. » Il est appelé puy de Baignesap, en 1553 [Denomb.], et, dans les titres du xvme siècle, puits de Bagnecap. Nous l'avons aussi rencontré sous le nom de puis de Mouiïlecap. Ce puits était situé à l'angle oriental formé par la rencontre des rues du Puits-de-Bagnecap et de La Petite- Carpenteyre.
Bertulh : Putz de- Bertulli; puteus de Vertolio; puits de Verteuil (10, 20). — Ce puits a été remplacé par la fontaine qui est à l'embranchement des rues Beaubadat et Saint-Christolv ; c'est ce qui résulte du texte suivant, de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Arnaldus Dominici, pres- » byter, vicarius de Listraco, débet, pro domo alta, lapidea, cum casali » quod est a parte rétro, que est in parrochia Sancti-CJiristopliori, in rua » que, a putheo de VertJwïio, ducit directe versus ecclesiam Sancti-Cliris- » tophori.... » Il n'y a pas d'autre rue conduisant directement vers l'église Saint -Christoly que la rue Saint- Chrïstoly, au bout méridional de laquelle est située la fontaine dont nous venons de parler.
Bielh-deu-Far : Putz Bielh-deu-Far ; puteus deu Far; puits Vieuxdu-Far; puteus Anticus; puys de La Tomepique-du-Far (8, 18). — Ce puits était situé à l'embranchement des rues du Far et du Puits-vieuœdu-Far. Les textes et les extraits suivants nous donnent une partie des
différentes dénominations qu'il portait au moyen âge : en 1354, « pro
» feudo quod est juxta puteum deu Far....; » en 1432, « Domus que est
» in rua de Farro, prope puteum Anticum [C. de l'arch.]; en 1382,
« maison en la rue appellée du Far, près du puch Bieil-deu-Far ; »
en 1392, « Contrat par lequel le chapitre a investi feument Jehan Haleni » de toute icelle maison qui est devant le puys de La Tornepque-du- » Far » [Inv. S*-And.].
Cadaujac : Putz de Cadaujac, de Cadauyac; puteus de Cadaujaco (9, 20). — « Ce puits, appelle dans les anciens titres puteus de Cadaujaco, est » situé dans cette partie de la rue Judaïque qui aboutit de la rue du Loup » à celle des Trois-Conils » [Ms. Baur., p. 168]. Un acte du 10 avril 1449 signale une maison qui s'élevait en face de ce puits : « Conoguda que » Johanna de Bensin, bepda, et Guilhem de Bernadetz, son filh, espor- » leren, en comun...., de tôt aquet hostau, ab lo casau que es de » tras...., qui es en la parropia de Nostra-Dona-de-La-Plassa, en la rua
» apperada Judeya, dauant lo putz de Cadauyac » [Man. cap. Su-And.
Burd.].
Caguemule : Putz de Caguemule (9, 19). — L'existence et l'emplacement de ce puits sont signalés par les textes suivants [Inv. S*-And.] :
En 1351, « maison qui est au puys de Caguemulle; » — en 1361,
« maison assise devant le puy de Caguemulle; » — en 1374, « Con-
w tract par lequel le chapitre a investi feument Jehan Gabrien de toute
» icelle maison seize au puch de Caguemule; » — en 1467, « Recon-
» naissance de deux maisons, en un tenant, avec jardrin, par derrière, » sciz en la rue du Peugue, près le pous de Caguemulle. » On pourrait penser qu'il faudrait lire pons et non yous, et traduire ce mot Tp&vjjont, mais, pour qu'on ne puisse faire erreur, l'auteur de l'inventaire a ajouté en marge : « à la rue du Peugue et puy de Caguemulle. » Nous savons qu'alors la rue du Peugue descendait de la rue du Far vers le ruisseau du Peugue, et que, plus tard, et improprement, suivant Lopes (voir rue du Peugue, p. 265), on donna le nom de rue Caguemulle à celle qui suivait ce même ruisseau, depuis son entrée en ville jusqu'à la porte de Toscanan. Le puits de Caguemulle était, croyons-nous, au bas de la rue du Peugue, près de l'endroit où, maintenant, la rue Cabirol rejoint le
COUrS d'ALSACE-ET-L0RRAINE.
Ganteloup : Putz de Canteloup; puteus de Cantelupo; puteus de Na-
BORDEAUX VEBS 1450. 405
Marian (9, 22). — Ce puits était situé dans la paroisse Saint-Remy , au fond de la mette de Canteïoup. « Il en est fait mention, dit Baurein [Ms., » p. 157], dans une liève du commencement du xve siècle, en ces termes : » Rueta vocata de Cantehqw, in qua est puteus vocatus de Cantelujpo. » Cette rue portait aussi, au milieu du xive siècle, le nom de rue ou ruette du Puits-de-Na-Marian : « rua Putei-de-Na-Marian, » et l'on avait donné le même nom au puits auquel elle donnait accès, ainsi que le prouve ce
titre cité encore par l'abbé Baurein [Ms., p. 64, v°] : « in rua que
» ducit ad puteum de Na-Marian. »
Un autre puits était situé au milieu de la place de Canteïoup, près de l'église Saint- Michel. (Voir putz deu Porge-de-Sent-Miqueu.)
Capdebilla : Putz de CapdeMla. — Il est probable que ce puits tenait son nom de la localité dans laquelle il était situé : or Reconnaissance faite, » en 1372, au chapitre de Saint-André, d'une pièce de terre et vigne seize » au lieu appelé au Puch-de-Capdeville, parroisse Sainct-Seurin » [Inv. » Sl-And.]. Sa place exacte ne nous est pas connue. C'est peut-être le même que celui du Peyron; voici en effet ce qu'on trouve dans les comptes de l'archevêché, de 1354 : « Item, et de xx denariis quos solvit, xx die » novembris, Petrus Beronis, pro censu anni liiii, debito ratione soli, » sive vinee, que est ad puteum deu Cayron. » Le mot primitif était Peyron, c'est par suite d'une surcharge relativement moderne, qu'on lit Cayron. En 1356 : « Item, de xx denariis quos solvit Petrus Beronis, » pro vinea deu Putz-de-Captebilla, pro censu anni predicti lvi. » Il nous paraît évident, d'après ces textes, que ces deux puits n'en font qu'un seul ; puisque Pierre Beron possédait une vigne, confrontant en 1354, au puits du Peyron, vigne qui, deux ans après, est signalée comme étant située dans une localité appelée au Puits-de-Capdeville. (Voir putz deu Peyron).
Grand-Cayffernan : Putz deu Grand-Cayffernan ; puis du Grand- Caliernan (7, 20). — Ce puits était situé au milieu de la rue du Putz, qui allait de la rue Cayffernette à la rue du Cayffernan. Il est signalé, dans un
titre de 1335 [Terr. de l'arch.], de la manière suivante : « une maison
» et apentis scituée entre la cause qui fut de Arramon d'Armagnhac, d'une » part, et la petite ruette par où on va au puis du Grand-Calieman, » d'autre part. »
Cazaus : Putz deus Cazaus; puits des Casaux (6, 22). — Ce puits était situé à la rencontre des rues du Puits- des- Casaux et du Moustet [PL mss.].
Crabey : Putz Crdbey; puteus Cràbey. — Le mot puteus est peut-être pris ici pour podium; cependant il est certain qu'il y avait, à l'extrémité septentrionale de la rue du Puits-vieux-du-Far, un puits appelé aussi le puits Yieux-du-Far, et qui était peut-être le même que le putz Crabey. (Voir rua deu Putz-belh-deu-Far, p. 282.)
Gujoles : Putz deus CujoIes;-pvij de Ctiyoïas, puteus de Cuyoïas; puits des Cujoles (9, 23). — Ce puits était situé dans la rue de Costinhan, presque en face de la rue de Lengon. Il portait le nom de puits de Cuyolas à la fin du xive siècle, ainsi que le prouvent l'extrait d'un acte de 1397
[Inv. Sl-And.], et le texte suivant [Obit. S^And.] : « super quadam
» domo que est in parrochia Sancti- Pétri Burdegale, ad puteum de » Cuyoïas, quam tenere solebat Arnaldus de Lingonio. »
Escuray : Putz d'Fscuray. — On trouvait ce puits dans l'emplacement qui a été occupé, sous Louis XIV, par l'esplanade du château Trompette
[Mais. dém.].
Faures : Putz deus Faîwes; puits des Faures (6, 22). — Ce puits était situé à la rencontre des rues des Faures et des Menuts. Il existait dès l'année 1283, ainsi que le prouve l'extrait suivant d'un titre de cette époque [Inv. S^And.] : « Maison qui est près le puch deus Faures. » On en faisait encore usage en 1617 [Inv.]. (Voir rua deus Menuts, p. 250.)
Fert : Putz de Fert; puits de Fer (6, 22). — Ce puits, signalé en 1415 dans les délibérations de la jurade de Bordeaux, était situé aux Salinières; mais son emplacement exact n'est pas indiqué. C'est peut-être le même que celui qui est nommé puits Salé (putz Saïat) en 1374 [Bénéf. S^Mich.] :
« pour raison d'une maison au puis Salé (rue Oauriac). » Il y avait,
en effet, un puits à l'extrémité septentrionale de cette rue, nommée aussi rue Mauriac. Ce puits, qui existait encore il y a quelques années, était
situé à la rencontre de l'impasse Mauriac et du cours des Fossés, du côté de l'ouest.
Judius : Putz deus Judhis; putz deus Judcuxs, deus Judeus; puits des Juifs; puits de Lansac (7, 22). — « Ce puits est, dit Baurein [Ms., p. 86], » celui qu'on trouve à l'extrémité de la rue des Baliutiers, entre la rue » & Enfer et celle du Caf- Volant; il est fait mention de ce puits dans des « titres du xive siècle. » Cet auteur cite encore [p. 172] le texte suivant, daté de 1402 : « Rua per ont hom ba de porta Begueyra aus pus deus » Judius. Il est quelquefois appelé puits de Lansac. » Cependant, il ne peut avoir reçu cette dernière dénomination que depuis l'époque où la maison de Beguey, située en face de ce puits, est devenue la propriété de la famille de Lansac. (Voir oustau de Beguey.}
Malamort : Putz de Malamort; puteus de Malamorte; puits de Malemort (11, 19). — Ce puits se trouvait au milieu d'une ruelle qui se dirigeait de la rue Saint-Paul vers la rue d; 'Entre-deux- Murs (rue des Remparts), entre la Devise et la rue Porte-Dijeaux. (Voir rue Saint- Paul, p. 299.)
Maucalhau : Putz de Maucalliau; puteus de Malo-Calculo ; puits de Maucaillau (4, 21). — On rencontrait ce puits à l'extrémité méridionale de la rue Maucaillau, dans le carrefour formé par cette rue et les rues Permentade et des Menuts. En voici une preuve extraite d'un titre de 1516 [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance, par Antoine du Pelissey à l'abbé » de Sainte-Croix, d'une maison devant le puits de Maucaillau, et d'un » append illec près, en la rue Permentade. » Ce puits n'est comblé que depuis quelques années.
Miralh : Putz deu Miralh; puteus de Miraïho (5, 20). — Ce puits, qui existait encore il y a une trentaine d'années, alimentait déjà, en 1272, la population du quartier du Mirait [Inv. Ste-Cr.]. Il était situé au milieu du carrefour formé par les rues du Mirait, des Augustins et du FanTias, et, par conséquent, non loin de la porte du Mirait, ainsi que nous l'apprend d'ailleurs le titre suivant cité par Baurein [Ms.,p. 182] : « .... in parrochia » Sancti-Elegii, apud Mirallmm, prope portale de Miralho, in rua que, a » puteo de Miralho, ducit versus Sorores Augustinas. »
Neu : Putz Neu; puits Neuf; puits de La Croix-de-V Echafaut-Neuf (7, 19). — Il existait en 1655, sur les Fossés, vis-à-vis les Carmes, un puits que nous croyons être le même que celui qui est appelé en 1658 : «puis de La Croix- de-V Echafaut-Neuf , » et qui est signalé, en 1661, comme étant « au coin des Carmes, » et, enfin, qui est nommé puys Neuf,
en 1459, dans les deux textes suivants [C. de l'arch.] : « sur le fossé,
» devant le puis Neuf..... » — « Jehanne Désert, veuve de feu maistre » Jacques de La Marguerite, pour deux maisons et jardrin derrière, qui » sont devant le puys Neuf, dont l'une faict le coing de rue Pailheyre.... » Ce puits était donc situé près de la rue Pailheyre, à l'angle formé par la rencontre des fossés des Tanneurs et de la me Ségur.
Peugue : Putz deu Peugue; puch du Peugue. — On lit ce qui suit
dans l'inventaire de Saint- André : « une maison (dans la rue du
» Peugue} qui est devant le puch du Peugue. » C'est peut-être le même que le puits de Caguemule, dont nous avons déjà parlé.
Peyrat : Putz deu Peyrat. — L'existence de ce puits date au moins de l'an 1394 [Inv. Ste-Cr.] : « Bail à fief consenti par Amanieu de La » Mothe, abbé de Sainte-Croix, à Pierre Emeric, masson, d'un sol et » place près du puis du Peyrat. » Il existait encore au xve siècle, ainsi que le prouve le texte suivant, daté du 24 décembre 1452 : « Lo religios » home mossen Helias de Helias, monge et aumoyne deu monestey de » Senta- Crotz....; a cedit et transportât tôt lo dreyt que ed aue en » l'ostau deu sosprior, laquau es dauant lo putz deu Peyrat » [Cart. Ste-Cr., 1452-1455]. Nous ne connaissons pas au juste l'emplacement de ce puits; mais nous savons que la localité appelée Peyrat était à l'ouest de l'église Sainte-Croix. En 1491, il y avait des vignes près du puits du Peyrat.
Peyron : Putz deu Peyron; puteus deu Peyron; puits du Peyron. — Ce puits était à l'extrémité septentrionale de la rue du Biber (voir rua deu Biber, p. 183), dans le quartier de Naujac, paroisse Saint-Seurin :
« in rua vocata deu Putz, in loco qui dicitur Blavia, alias Nauyac,
» que via ducit, de puteo deu Peyron, versus orientem, ad arenarium » operis ecclesie Burdegalensis » [Lièv. P. Berl.]. Un renseignement ana-
logue nous est fourni en 1560 [C. de l'arch.] : « En la rue ou chemin des » Petitz-Putliau, au lieu où est dict Blavia, alias Naujac; lequel chemin » conduict au puy du Peyron, devers orient, ad orenatz (sic) operis eglesie » Burdegale, in altéra parte ipsius ruhe versus villam. » L'article suivant du même manuscrit nous apprend ce qu'on entendait par aremrium :
«Pierre de Maisonne de Puy-Paulin pour deux reiges de vigne qui
» sont au lieu appelle à Meniac (Naujac), près d'un chemin qui va à la
» Sablière de le ouvre de Saint-André » Nous n'avons pu déterminer
l'emplacement de ce puits, qui était peut-être le même que le puits do Capdeville. (Voir putz de Capdebilla.)
Porge-de-Sent-Miqueu : Putz deu Porge-de-Sent-Miqueu; putz de Sent-Miqueu ; puits du Cimetierc-de-Saint-Michel ; puits de Saint-Micliel (4, 22). — Les textes suivants nous font connaître les divers noms et l'emplacement de ce puits. Il était situé, d'après un acte de 1418, « dans » la rue du Casse; » d'après un titre de 1490, « près du cimetière de Saint- » Michel» [Inv. Ste-Cr.]. On l'appelle « puis du Cimetiere-de- Saint-Michel» dans une reconnaissance, faite en 1362, au chapitre de Saint-André, d'une maison située devant ce puits [Inv. S^And.]. On le nommait puits de Saint-Michel en 1437 [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Anays d'Es- » causan, veuve, à l'abbé, d'une maison rue du Casse [qui va] depuis le » puits de Saint-Micliel vers le puits de Mancaillau. » Enfin, Baurein
[Ms., p. 222, v°] cite le texte suivant : « in rua de Maucaïliau que, a
» cimeteiïo Sancti-Blichaelis, et a puteo que est prope ipsum cemeterium, » ducit directe versus puteum de Maucalhau et meridiem. » Tous ces documents réunis nous autorisent à avancer que le puits du Cimetière-de- Saint-Micliel est celui qui, dans les anciens plans, est tracé sur la place Canteloup.
Porta-Boqueyra : Putz de Porta-Bopteyra; puits de Porte-Bouqueyre (6, 21). — Ce puits se trouvait à l'embranchement des rues Boqueyre et d' ' Entre-deuœ-3Iiirs (rue Teulèke). Le texte suivant (1421) [Inv. S^And.] ne laisse aucun doute à cet égard : « Reconnaissance » faite au chapitre d'une maison avec voulte qui est dedans, appellée » la voulte deu Bedat, seize en la rue qui est près du mur de la cité, » par laquelle on va du puy de Porte-Bouqneyre, vers l'esglise de Sainct- » Eloy. »
Salât : Putz Salât; puy Salé. (Voir putz de Fer t.)
Sent-Projeyt : Putz de Sent-Projeyt; puy de Sainct-Proj ect ; puits de Saint-Projet (9, 21). — Ce puits était situé à l'entrée de la rue Saint- Siméon, au coin de la place Saint-Projet. C'est ce qui résulte des textes suivants [Inv. S1 -And.] : en 1381, « Reconnaissance faite au chapitre de » deux places vides...., en la rue par laquelle on va du puy de Sainct- » Project, vers la porte Basse. » Cette porte était celle qui s'ouvrait à
l'extrémité orientale de la rue des Trois- Conilhs; en 1375, « en la rue
» par laquelle on va, du canton de la Maison-de-Monadey, vers le puy de » Sainct-Proj et. » Nous avons vu que ce carrefour était à l'embranchement des rues Saint-Siméon et Arnaud -Miqiieu; en 1393, « Reconnais- » sance faite au chapitre d'une maison seize en la grand rue par laquelle » on va, du carrefour et du puy de Sainct-Proj ect, vers l'esglise Sainct- » Simeon, en la parroisse Sainct-Proj ect. »
Sent-Symeon : Putz de Sent-Symeon; puits de Saint-Siméon (9, 21. — Ce puits était situé derrière l'église Saint-Simeon, et près d'un des angles de cette église; un texte de l'an 1457 [C. de l'arch.] en donne la
preuve : « rétro ecclesiam Sancti-Simeonis, sive ad latus ipsius,
» juxta quendam puteum qui est prope angulum dicte ecclesie; » et ailleurs : « Item, débet dicta Johanna Monetarii pro domo magna que est » ibidem , juxta banellam , sive viam , per quam , a Magna-rua-Sancti- » Simeonis, itur ad puteum rétro ecclesiam, et habet exitum ad dictam » magnam ruam » Les deux maisons qui suivent vers l'ouest, appartenaient à Jeanne Monadey; la seconde de ces deux maisons faisait le coin de la rue du Cancera; en conséquence, la ruette dont il vient d'être question, et qui avait une issue dans la rue Saint-Siméon, passait à l'ouest de l'église; le puits, par suite, était situé près de l'angle sud-ouest de cet édifice. D'ailleurs, dans un plan du xvnr3 siècle [PL mss. Barb.], ce puits est appuyé contre une des maisons qui bordent, au nord, la ruelle signalée dans les textes que nous venons de transcrire.
Senta-Gema : Putz de Senta-Gema; puteus de Sancta-Gemma; puteus Sancte-Gemme; puits de Sainte-Gemme (8, 20). — Ce puits se trouve indiqué dans les textes suivants de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Geraldus
» Guombaudi débet pro domo que est in rua que, ab ecclesia Sancti-
» Projecti, ducit versus puteum Sancte-Gemme » (La rue dont il
est ici question est la rue Guérin.) — « in rua que, a quadrivio
» quod est ad finem salvitatis Sancti- Andrée, videlicet in capite rue de » Saugars, ducit versus puteum Sancte-Gemme. » Ce puits était donc placé dans la rue du Loup, entre l'église Saint-Projet et le carrefour de la Sauveté, puisqu'il était en face de la rue Guérin, et dans la rue qui se dirigeait vers le carrefour de la Sauveté, situé à la rencontre des rues de Saugars et du Loup. Cet emplacement, du reste, est confirmé par divers plans manuscrits du xvme siècle. Baurein nous apprend aussi [Var. Bord., t. III, p. 59] qu'il était dans la rue du Loup, devant la maison de Sainte-Gemme, laquelle s'appuyait, au sud, contre les remparts romains.
Toscanan : Putz de Toscanan; puteus de Toscanan; puits de Toscanan (8, 20). — Baurein, après avoir cité le texte suivant : « rua de Subtus-
» Murum que, a puteo et porta de Toscanan, ducit » ajoute : « Ce
» puits, qui est comblé depuis quelques années, était situé dans la rue des » Lois, auprès de l'entrée de la rue des Trois-Canards. » Il est tracé dans plusieurs plans du xvme siècle [Arch. dép.], à la place indiquée par le savant abbé. Le milieu de la chaussée du cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE, à son croisement avec la rue Porte-Basse, correspond à l'emplacement de ce puits.
Outre les puits que nous venons d'énumérer, il en existait, dans les rues et les carrefours de la ville, beaucoup d'autres moins souvent signalés dans les textes anciens ou qui n'ont pas de noms particuliers. Voici ceux dont nous avons reconnu l'emplacement :
Il y avait un puits à l'embranchement des rues Caudeyreyre et des Pinhadors, en face de la rue du Sarporar [PI. Mss.] (8, 21). — Il est signalé
dans un titre de 1544 [C. de l'arch.] : « pour la maison qui est au
» coing de la rue Caudeyrere, en rue des Paignadours, devant le puys. »
Lopes [Lièv. S1- And.] en parle de la manière suivante : « une maison
» en la rue des Pignadoux ou du Loup, sortant à la rue Caudereire, » devant le puits. »
Baurein nous apprend [Ms., p. 117, v°] que, suivant un titre de 1415, un puits se trouvait près de la porte Saint-Germain. En effet, un jardin situé dans la rue du Burga « confrontait d'un côté à la plasse et ruisseau « qui va, du puits qui est devers les murs des Frères-PrêcJieurs, vers la » tour Saint- Georges. »
Un puits était situé sur la place de YOmlrière (7, 22), à 25 mètres environ au sud de la grande porte du château [PL mss.]. (Voir une gravure du Palais de VOnïbrière, où ce puits est figuré.) [Arch. hist., t. XII, p. 124.]
Au bout septentrional de la rue Carpenteyre- Saint-Michel existait un puits [PL mss., n° 91] (4, 23).
Un autre puits se trouvait dans la rue Sainte-Croix, presque en face de la rue Anglaise [PL mss., n° 101] (2, 22). — Ce puits fut approfondi en 1452, ainsi qu'il résulte du texte suivant, daté du 14 novembre de cette
année : « Conoguda que Alem Caule, saquey,.... se obliguet et
» promes à mossen Johan de Gossian et Bidau Milon, de auer complit et » profundit de meya brassa plus que no es au présent...., lo putz qui » est dauant l'ostau de mossen Johan Gossian, en la grant carreyra de » Senta-Crotz de Bordeau » [Cart. Ste-Cr., 1452-1455].
Un autre encore existait au bout de la rue de La Monede, paroisse Saint-Projet [Lièv. S1- And.] (9, 21).
Il y avait, en 1367, un puits dans la rue de Bassenxs [C. de l'arch.] : « Bertrandus Comitis, parrochianus Sancti-JUicJiaelis...., pro domo quam t habet in rua de Bassenxs, juxta puteum, et pro banela, seu exitu ipsius, « que est versus ruam»de Farro »
L'inventaire sommaire des Archives municipales de Bordeaux nous signale les puits suivants, dont plusieurs, sinon tous, devaient exister à l'époque dont nous nous occupons :
En 1614 : dans la « place publique de rue Camjpaure; »
En 1618 : dans la rue Saiate-Eulalic;
En 1622 : sur les fossés du Chapeau- Rouge, près de la rue de Marseille;
En 1623 : au Poisson-Salé ;
En 1625 (26 février) : dans la rue Margaux .- « M. Robert, jurât, rap- » porte qu'il y avoit un puids sans marzelle à rue Margaux, au-dedans » d'une ruette joignant la maison de Me de Lofes, conseiller au Parle- » ment, sur quoy il est délibéré qu'il seroit racomodé aux despens du » voisinage; »
En 1628 : joignant l'église Sainte- Colombe (voir paroisse Sainte- Colombe, p. 149);
En 1628 : dans la rue Moibin (rue des Agassars).
BOKDEAUX VEBS 1450. 415