‹ Bordeaux vers 1450Chapitre 46 sur 79 · MAISONS · texte numérisé non relu

MAISONS

(OUSTAUS, OSTA'JS, HOSTAUS, ETC.

Il n'existe pas à Bordeaux de maisons antérieures à la conquête de Charles VII qui aient été conservées dans leur état primitif. Il y a quelques années, on en rencontrait encore quelques-unes à peu près intactes. Elles ont toutes, ou presque toutes, été détruites. Celles qui subsistent aujourd'hui ont été modifiées de manière à les rendre méconnaissables. Quelques-unes de ces maisons avaient appartenu à des seigneurs ou à des particuliers dont les noms et le souvenir se sont conservés dans nos archives. Souvent, des rues, des carrefours, des emplacements ne sont désignés que par la demeure d'un riche bourgeois ou d'un personnage notable; souvent encore, les rues, les tours, les portes empruntaient leur dénomination à ces maisons ; aussi avons-nous pensé qu'il était utile d'en signaler un certain nombre en faisant connaître, autant que possible, leur emplacement, ou, du moins, les rues dans lesquelles elles s'élevaient.

Abbas de Sent-Saluador de Blaya : Oustau de l'Aidas de Sent- Saluador de Blaya; maison de VÂblê de Saint-Sauveur de Blaye (9, 20). — Il résulte du titre suivant, daté du 1er avril 1454, que cette maison était située à la rencontre des rues de Satigars et de Artigua, au sud de cette dernière, c'est-à-dire à l'angle sud-ouest formé par la rencontre des rues de Cheverus et Tustal : « Conoguda que Relièrent Payre en Diu, mossen » Aymeric Costantin, abbas lo jorn dui de l'abadia de Sent-Saluador de » Blaya, esporlet, per si et per sos successors, de tôt aquet hostau cor- » naley...., en la parropia de Nostra-Dona-de-La-Plassa de Bordeu, en la » rua apperada de Sang as; aissi cum es entre la rua de VArtiga, d'un a » part, et lo son buyt deudeit mossen l'abbas...., d'autra part; et dura, de » long, de la dey ta rua de Sang as, de part dauant, de l'un cap, entro à la

» mayson de peyra deudeit senlior abbas, de part detras, de l'autra cap » [Man. cap. Su-And. Burd.].

Alhan : Oustaus d' Alhan; maisons de la famille à! Alhan (8, 22). — On sait que la rue Maucoudinat s'appelait autrefois rue à' Alhan; elle avait reçu ce dernier nom probablement à cause des maisons qu'y possédait la famille d' Alhan, fort puissante alors, et qui avait donné plusieurs maires à la ville de Bordeaux. Nous allons fournir les textes signalant quelquesunes de ces maisons qui, très probablement, couvraient, aux xme et xive siècles, un emplacement considérable, puisqu'on trouve, au xve, plusieurs membres de cette famille possédant des immeubles contigus dans cette rue. En 1354, la fille de Bernard d'Alhan, lequel avait été maire

en 1279, possédait une maison voisine de celle de Brunet d' Alhan « a

» Raymundo de Malomussone, nomine filie Bernardi de Alhano, uxoris » sue...., ratione domus, sive soli, quod habet apud Sanctum-Petrum,

» juxta solum Bruneti de Alhano » La maison de Brunet était, en 1356,

dans la rue d1 'Alhan .• « Rostanhdus de Lopiaco, ut tutor Bruneti de » Alhano...., pro feudo quod tenetin rua d' Alhano, rétro domum Bertrandi

» Calculi, militis » Ce texte est complété par le suivant, daté de 1361 :

« Brunetus d' Alhano...., pro domo et tota stagia quas tenet in rua que,

>; de puteo de Alhano, ducit versus ecclesiarn Sancti-Simeonis » Enfin

un compte de 1367 donne la preuve que cette maison était la seconde que l'on rencontrait à droite, en entrant dans la rue à' Alhan par la rue Saint- Pierre; il fait connaître, en même temps, l'emplacement des maisons d'une certaine quantité d'anciens bourgeois de Bordeaux dont les noms se retrouvent assez souvent dans nos archives : « Petrus Vigerii de Rossella » débet pro domo nova que est in angulo, juxta Diviciam, sive ruarn

» Magne- Carjoentarie » (Cette maison était à l'angle sud-ouest formé

par la rencontre des rues Saint-Pierre et de la Grande- Carpcnteyre.) Le contrôleur de l'archevêque, se dirigeant vers le sud, dénombre ensuite les maisons qui forment le côté occidental de la rue Saint-Pierre; et, après deux maisons qui suivent celle de Pierre Vigier ou Beguer ouBeguey (1), il ajoute : « Seguinus Barba (2), pro domo contigua quam tenet nunc

(') Plusieurs membres de cette famille avaient été maires de Bordeaux : Pierre Beguer, en 1222, 1226 et 1242; Vigourous Beguer, en 1232 et 1236; Jean Beguer, en 1302. (') Un Seguin Barba avait été maire en 1251.

» dominus Arnaldus Monetarii, miles, et Petrus de Bous tenet ab ipso

» — Guillelmus de Pinu C1)...., pro domo que est ibidem in angulo (à » l'angle de la rue de la Petite-Carpenteyrè), juxta domum Raymundi

» Manent — Guillelmus de Pinu pro domo que est rétro domum suam

» predictam » Vient ensuite la maison de Jeanne de Mayensan, située

à l'autre angle de la rue de la Petite- Carpenteyre. Le contrôleur, continuant son recensement, ajoute : « Johannes de Plassano...., pro domo » que est juxta domum Sébile de Alhano, que movet a monasterio Sancte-

» Crucis, in rua Sancti-Petri » Il signale ensuite une maison située à

côté de celle de Sébile; puis celle de Bertrand Calhau : « Bertrandus

» Calhau, miles, débet pro domo contigua que est in angulo (à l'angle

» nord-ouest formé par les rues Saint-Pierre et d'Alhari). » Enfin, il termine ainsi : « Brunetus, filius Amalvini de Alhano...., pro domo, sive » solo et tota stagia que sunt in dicta rua de Alhano, rétro domum domini » Bertrandi Calculi, militis » [C. de l'arch.].

Arssac : L'Oustau d'Arssac; tor d'Arssac; aula d'Arssac; gran-sala d'Arssac; domus domini de Arsaco; tour d'Arsac; maison d'Arssac (9, 23). — Cette maison était située dans l'angle nord-est de l'enceinte romaine, à l'extrémité nord d'une ruelle appelée d'Arssac. (Voir cette ruelle, p. 176.) Baurein prétend [Var. Bord., t. II, p. 275] que la demeure du seigneur d'Arssac à Bordeaux, appelée d'abord maison d'Arssac, a été nommée, plus, tard, tour d'Arssac, parce qu'un seigneur de cette localité avait fait construire une tour « dans les dépendances de son hôtel, et qui » servoit, dans ce lieu, de fortification et de défense au mur de la ville. » Comme ce n'est qu'une hypothèse du savant abbé (s'il avait trouvé la preuve de la construction de cette tour au moyen âge, il n'aurait pas manqué de la donner), il nous est permis de chercher si cette tour ne pourrait pas être plus ancienne. Nous savons que les trois autres angles de la ville romaine étaient fortifiés par des tours rondes. La Vieille- Tour, à l'angle nord-ouest, a subsisté jusqu'à ces derniers temps; les fondations d'une tour ronde ont été découvertes à l'angle sud-ouest, lors du percement du cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE, la tour du Roi, autre tour bâtie sur une base romaine, à l'angle sud- est, faisait partie du château de VOnibrière.

(}) De Piis, très ancienne famille qui a possédé une grande quantité de seigneuries dans le Bordelais et le Bazadais, et dont il reste encore des descendants.

On peut donc conclure de là qu'une quatrième tour ronde fortifiait l'angle nord-est. La maison à'Arssac se trouvant placée au fond de la ruelle à'Arssac qui longeait, du côté de la ville, le mur romain de l'est, et s'appuyant en partie contre ce même mur et celui du nord, avait nécessairement dans ses dépendances, la tour romaine de l'angle; nous croyons, en conséquence, que la tour, rebâtie ou restaurée peut-être par un seigneur d'Arssac, avait fait donner à la maison qui y était adossée, le nom de tour d'Arssac, et que cette tour, appelée en 1362 tor JVeba-de- Tropcyta, était antérieure à cette maison. La tour à'Arssac était, en 1538, bornée par la rue du Pont-de-la-Mousque :

« Bertrand Sorbey a reconnu maison scituée en la ruhe du Pont-de-

» la-Mousque, confrontant à la tour à'Arsac » [Terr. Cast.]. Nous devons faire remarquer que la rue désignée par le nom de Pont- de-la- Mousqiie pouvait être celle appelée actuellement du même nom, ou l'ancienne rue de Porte-des-Pavs, qui eut aussi, au xvie siècle, le nom de Pont-de-la- Mousqiic. (Voir rue Porta-deus-Paus, p. 276.)

Aymeric : Oustau d'A.ymeric. — Guillaume Aymeiïc, peut-être le même que Guillaume-Raymond Aymeric, qui avait été maire de Bordeaux en 1257, avait possédé, dans la rue des Ayrcs, une maison qui appartenait en 1367, à Bonafous de Sainte-Colombe : « Bonafusius de Sancta- » Columba...., pro domo que est juxta domum Johannis Columbi, militis, » que fuit quondam Guillelmi Aymerici » (Voir oustaus de Colomb.)

Baquer : Oustau de Baguer. — Cette maison était située dans la rue du Putz-deus-Judius , près d'une autre maison adossée au palais de VOmhière [Ms. Baur., p. 85]. La famille Baquer ou Baquey ou Vaquey était très ancienne à Bordeaux et dans le Bordelais, où elle possédait plusieurs seigneuries.

Beguey : Oustau de Beguey ; la tor de Beguey ; la taule de Beguey ; la tor de Blaya; maison de Lansac (7, 22). — Cette maison a porté le nom de Beguey jusqu'au milieu du xve siècle au moins, époque où elle échut à Guilhem Andron, chevalier, seigneur de Lansac et du Breuilh, comme héritier d'Amanieu Beguey, damoiseau, fils de Gaillard Beguey, chevalier. Elle s'appela plus tard : maison de Lansac [Ms. Baur., p. 107]. Elle était située à l'embranchement des rues du Cerf- Volant, à1 Enfer et des Bahu-

tiers. C'est ce que prouve un titre de 1406 cité par Baurein [Ms., p. 143] : « Tôt aquet hostau et chopa, loquau es en la deyta carreyra deu Putz- » deus-Judius, près l'ostau deudeyt mossen Galhard Beguey, aysi cum es » entre la toi* deudeyt mossen Galhard Beguey, d'una part, et ladeyta » carreyra deu Putz- deus-Judius, d'autra part; et dura et ten en lonc, de » la rua per laquau hom ba bert porta Begueyra, de l'un cap, entro à la » rua apperada ttEwfern, de l'autra cap. » La maison de Beguey s'appuyait, par derrière, au mur romain passant au nord de la rue Poitevine; c'est ce qui résulte encore de cet autre titre [Ms. Baur., p. 143, v°] : « Tôt » aquet hostau qui es en la rua Peytalina, ayssi cum es entre l'ostau » deudey mossen Galhard Beguey, d'una part, et ladeyta rua apperada » à'Enfem, d'autra part; et dura et ten, en lonc, de la tor deudeyt mossen » Galhard Beguey, de lung cap, entroque au mur de la ciutat de Bordeu, » de l'autra cap. »

On l'appelait aussi la taule de Beguey, c'est-à-dire maison noble de Beguey. Elle porte également, dans un titre du 3 juillet 1376, le nom de

tor de Blaya [Terr. Ste-d\, 1375-1448] : <r per rason de tôt aquet

» hostau ab la terra et lo loc en que es que lodeyt mestre Johan

» Cap-de-Porc aue, au temps que biue, en la rua aperada (YEufern, per » laquau hom ba de rua Peytauina, bert la rua deu Pus-deus-Judeus et » bert la gleyza Sent-Peyre de Bordeu; loquau hostau es dauant la tor » aperada de Blaya, qui es deu noble homme mossen Gualhard Beguer, » caualer; ayssi cum es entre la mayson de Johan Foison, angles, d'una » part, et lo mur de la ciptat de Bordeu, d'autra part; et dura et ten en » long, de ladeyta rua (YEnfern, de part dauant, de l'un cap, entro au » mur deu castet de YOmh-eyra de Bordeu, de part detras, de l'autre » cap. » La rue iYEnfem passait entre le château de YOmdrière et la maison de Beguey, qui occupait tout un côté de la rue; il est donc évident qu'il ne restait pas de place pour une tour, et qu'ainsi la tour de Blaye n'était autre que la maison de Beguey. On trouve aux Archives départementales un plan , annexé à des actes du xvne siècle, dans lequel on a écrit, dans l'emplacement de la maison de Beguey : « Maison de Madame » la Présidente d'Affis, qui fut de feu M. de Massiot, conseiller, son père, » et auparavant des sieurs du Double de Lansac. »

La maison de Beguey, qui avait tous les caractères des constructions du commencement du xive siècle, a été démolie lorsqu'on a percé le

COUrS d'ALSACE-ET-L0RRAlNE.

Benauyas : Oustau deu besconte de Benauyas; maison du vicomte de Benauges. — En 1438, Gaston de Foix, comte de Benauges, troisième fils d'Archambaud de Grailly et d'Isabelle de Foix, et cousin-germain du fameux captai de Buch, possédait une maison à Bordeaux derrière l'église

Saint-Projet : « Mossen lo besconte (') de Benauyas pro domo que est

» rétro ecclesiam Sancti-Projecti Burdegalensis » [C. de l'A. — Arch.

mun.].

Bonafos : Oustau de Bonafos. — La famille de Bonafos, qui avait compté un de ses membres au nombre des maires de Bordeaux en 1247, possédait plusieurs maisons; l'une est mentionnée, en 1336, près du puits de Malemort; l'autre, en 1361, dans la rue des Ayres .- « Johannes et » Petrus Bonafusi de Sancta-Columba...., pro domo quam tenent in rua » de Areis, juxta domum domini Johannis Columbi....; » une troisième, en 1367, dans la rue Cayffemette.

Bore : Oustau de Bore; maison de la famille de Bourg. — Un Vital de Bourg possédait, en 1367 [C. de l'arch.], une maison dans la rue Cayffernette : « Vitalis de Bore débet, pro solo contiguo (in rua de Cayfferneta)

» in quo est domus » Guitard de Bourg, très probablement ancêtre de

Vital, avait été maire de Bordeaux en 1278.

Bosc ; Oustau de Pey-deu-Bosc; domus Pétri- de- Bosco; maison de Pierre-du-Bosc. — Pierre du Bosc ou de Bosco, évêque de Dax, chanoine de Saint -André ', qui fit faire les vitraux des fenêtres s'ouvrant au-dessus des galeries du chœur de la cathédrale de Bordeaux [Egl. métrop., p. 21] (9), possédait une maison dans la rue du Puitz-vieuxdu-Far, ainsi qu'il résulte d'un texte de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « Petrus » de Bosco, episcopus Aquensis, débet unum quartum frumenti et quar- » tam partem unius galline, in festo Sancti Michaelis, pro domo situata » in rua Putei-veteris-de-Farro . »

Budos : Oustau de Budos (9, 20). — La maison de Budos était en face

(') Il y a ici erreur du rédacteur du compte de l'archevêché; la vicomte de Benavges avait été érigée en comté, en faveur de Gaston de Foix, le 18 juin 1426 [Rôl. gasc.]. (2) Il ne reste plus que quelques fragments informes de ces verrières.

de l'église Saint-Sauveur, et au sud de cette église. Elle avait sa façade dans la rue de La Saiibetat, et s'appuyait, par derrière, au mur romain du sud. C'est ce que nous apprend le texte suivant [Obit. S^And., fol. XII, r°] : « Anniversarium domini Garcie Ayquelmi, canonici hujus » ecclesie..., pro quo habemus c solidos supra domum canonicalem, qua » moratur, juxta domum vocatam de Budos, que est ante ecclesiam » Sancti-Saïvatoris. » Lorsqu'on a percé le cours d'ALSACE-ET-LoRRAiNE et qu'on a démoli les murs romains dans cette partie de leur parcours, on a mis à découvert les restes d'une maison dont quelques ouvertures avaient le caractère de celles du xive siècle (voir tor Gracilis, p. 94). Il est probable que ces restes étaient ceux de la maison de Budos.

Galhau : Oustaus de C'alhau; maisons de la famille Calhau. — La famille Calhau, qui avait fourni des maires à Bordeaux, possédait plusieurs maisons dans cette ville. La plus considérable, était située dans la rue Neuve [Ms. Baur., p. 1 à 13]. Dans les impasses qui aboutissent à cette rue, on voit encore des fragments de maisons fort anciennes et des fenêtres dans le style de celles de la fin du xme siècle et du commencement du xive.

Pierre Calhau possédait, en 1336, une maison dans la rue du Far :

a domus quam (Petrus Calhau) habet in rua de Farro » Un

Pierre Calhau avait été maire en 1309. Jeanne Fuster, femme de Pierre Calhau, en avait une à l'entrée de la rue Poitevine en 1362 : « Johanna » Fusterii, uxor Pétri Calculi...., pro domo quam tenet in angulo, in

» capite rue Pictavinie » Leur fils en possédait une autre dans la rue

de Sarjjorar en 136*7 : « Petrus Calhau, films condam Pétri Calhau...., » pro domo sua et stagia que sunt in rua de Sarjmras »

Arnaud Calhau de Rignac avait, en 1383, une boutique dans la rue Poitevine .- « Arnaldus Calculi de Rinhaco solvit pro operatorio suo de

» rua Peytauina » Un Arnaud Calhau, celui peut-être qui avait été

maire en 1303, avait possédé le fief de La Ferreyre qui, en 1357, appartenait à Arnaud Helie : « Arnaldus Helie.... ratione feudi de La Ferreyra

» quod fuit Arnaldi Calculi Item pro magna domo sua quam habet

» juxta ruetam de La Ferreyra pro alia domo sua parva que est

» ibidem, juxta dictam ruetam de La Ferreyra.... » — « » Le fief de

La Ferreyre occupait, très probablement, l'extrémité méridionale de la rue de La Ferreyre, entre les rues Sainte-Catherine et du Petit-Cancera.

Nous avons vu plus haut (voir oustau d'Alhan, p. 438) que Bertrand Calhau possédait une maison dans la rue Saint- Pierre, près du puits à!Alhan; voici deux autres textes, l'un de 1361 et l'autre de 1375, qui confirment ceux que nous avons déjà donnés : « Dominus Bertrandus » Calculi, miles, solvit pro quadam domo quam tenet in magna rua

» Sancti- Pétri Burdegalensis » — « Dominus Bertrandus Calculi,

» miles.... pro domo quam tenet in parrochia Sancti-Petri, prope puteum « de Alhano » [C. de l'arch.].

Canteloup : Oustaus de Canteloup: domus de Cantalupo. — La famille de Canteloup comptait parmi ses membres deux archevêques de Bordeaux : Arnaud de Canteloup, cardinal en 1305, neveu du pape Clément V, et Arnaud de Canteloup, neveu du précédent, et son successeur. Cette famille possédait, en 1336, au moins deux maisons dans la paroisse Sainte-

Eulalie : « Amanevus de Cantalupo pro duabus domibus quam habet

» in parrochia Sancte-Eulalie » [C. de l'arch.]. Une de ces maisons,

suivant un compte de l'an 1354, étaient situées dans la rue Palheyre :

« ab Amanevo et Ramundo de Cantalupo ratione domus que est

» in rua Palheyra »

Carpentey : Oustau de Ramon Carpentey (10, 21). — Cette maison avec son jardin occupait, en 1405, tout l'emplacement compris, dans la rue Porte-Dijeaux, entre les rues des Treilles et Salabert [Coll. J. Delp., plan calqué dans les papiers de la maison de Foix, aux Archives nationales].

Colomb : Oustau de Colomb; maisons de la famille Colomb. — La famille Colomb, qui -avait compté dans ses rangs onze maires de Bordeaux, possédait, dès le xive siècle, des maisons situées dans le quartier du Mirait, dans la rue Neuve, et dans celle des Ayres; cette dernière était à l'est de la Maison Professe (égiise Saint-Paul) [Ms. Baur., p. 1 à 3 et 167, v0]. Elle était, en 1336, entre les mains de Jean Colomb, de rue

Saint- James : « domus quam (Johannes Columbi, de rua Sancti-

» Jacolï) habet in rua de Areis » En 1380, un Jean Colomb avait une

maison située au carrefour de Saint- Simeon : « Johannes Columbi solvit, » pro feudo quod tenet in quadiïvio Sancti- Simeonis » C'est probablement celle qui est signalée dans le texte suivant : « Johannes Columbi

» pro domo quam tenet in parrochia Sancti- Simeonis » Jacques

Colomb, de rue Saint-James, avait aussi, en 1361, une maison dans la paroisse Saint-Siméon : « Jacobus Columbi, de rua Sancti- JacoM, pro » quadam domo quam tenet in rua Putei-de-Banhacat , in parrochia » Sancti- Simeonis » [C. de l'arch.].

Deveriis : Oustau d'Arnaud de Deveriis; maison d'Arnaud de Deveriis, deu Delers ou deu Deuers (10, 19). — Arnaud de Deveriis, qui avait été économe fclavigerius) de l'archevêque de Bordeaux en 1355, possédait, en 1367, une maison dans la rue Saint-Paul : « Dominus Arnaldus de Deve-

» riis, pro alio dimidio solo in quo est domus » Cette maison était

la quatrième, à l'ouest de la rue Saint-Paul, en entrant dans cette rue par le sud; la cinquième appartenait à l'archevêque : « Dominus noster » archicpiscopus tenet quamdam magnam domum cum turre. et cum tota » terra, sive casali, que sunt ad latus dicte domus, de qua solebat dari, » secundum antiquos rotulos, imor solidos census et xix denarios sporle » [C. de l'arch.].

Duras : Oustau de Duras, de Rauzan, d'Angebin (11, 21). — Cette maison, d'après un titre de 1388, était située entre la rue de Duras, où elle avait sa façade à l'est, et la chapelle du Temple, contre le chevet de laquelle elle s'appuyait du côté de l'ouest [Col. J. Delp., copie d'un plan faisant partie des titres de la maison de Foix, aux Archives nationales]. Baurein [Ms., p. 120, et Bull, polym., année 1813, p. 185] nous apprend que cette maison bordait anciennement le quartier de Campaure, et qu'elle était construite contre le mur septentrional de la première enceinte, dans la rue anciennement appelée rue de Rauzan. Elle a dû aussi s'appeler maison de Rauzan et maison Angelin ou Angevin.

Il existait, en 1499, une maison de Rosan ou Rausan dans la paroisse Saint- Michel, derrière la rue Bouqueyre, dans une petite rue appelée ruette de Rosan (voir ruette de Rosan, p. 289). Cette maison devait être la même que celle de Landiras, ou n'en était pas éloignée.

Durffort : Oustaus de Johanna de Durffort. — En 1438, Jeanne de Durffort possédait des maisons sur les Fossés et dans les rues Dejus-lo- Mur, Porte-Dij eaux et du Far, ainsi qu'il résulte des textes suivants : « Domina Johanna de Durffort, uxor domini de Caumont, pro domo, in

» qua sunt due stagie, que est supra fossatum ville, in capite rue Fabro-

» rum » — « Domina Johanna de Durffort, pro solo que est in rua de

» Subtus-Murum » — « pro dimidia domo que est in magna rua

« Porta-Digaus. » — « pro domo cum exitu, in qua fuerunt due

» stagie, que est in Magna-rua-de-Farro » [C. de l'arch.].

Enfern : Oust au d'Enfem; maison à' Enfer. — Un titre de 1553 [Denomb.] nous apprend que « Jean Bouchet, bourgeois et marchand, » a dëclairé tenir deux maisons contigues ensemble scizes en la reue » Poyteùne, parroisse Sainte- Colombe, » que « l'une a sa sortie, par » derrière, à la reue du Petit- Judas, » et qu'elle « est appellée la maison » à? Enfer. » Une maison placée de cette façon devait être bien près du coin de la rue à'Enfern, laquelle, ainsi que nous l'avons prouvé plus haut (voir rua du Putz-deus-Judius, p. 285), était quelquefois nommée rue du Petit-Judas.

Fabre : Oustau de Johanna Faire. — En 1400, Jeanne Fabre possédait une maison dans la rue Saint-Paul : « Johanna Fabri, uxor Bernardi » de Gironda, pro solo et turre que sunt juxta Diviciam, in parrochia

» Sancti-Pauli » [C. de l'arch.]. Cette maison était au sud de la

Devise, dans la rue Saint-Paul. Jeanne Fabre ou Faure comptait parmi ses ancêtres un maire de Bordeaux : Martin Faure, qui avait été pourvu de cette charge en 1240 et 1249. Un Arnaud de Gironde avait été maire en 1292.

Ferradre : Oustau de Ferradre; oustaus de Johan Ferradre. — La famille Ferradre, dont un des membres, Bernard Ferradre, était maire de Bordeaux en 1287, avait quelques maisons dans la ville, et une rue y portait son nom. En 1361 et 1367 [C. de l'arch.], un Jean Ferradre possédait un emplacement et un jardin dans la rue Saint- Christoly .• « Johannes » Ferradre.... pro quodam solo quod tenet in rua Sancti-Cliristoifhori.... »

— « Johannes Ferradre pro dimidio solo et pro toto casali quod est

» rétro in rua Sancti-Cliristo]fhori » Sa femme avait une maison

sur les fossés des Ayres, en 1361 : « Maria de Faugeriis, uxor Johannis » Ferradre.... pro domo.... supra fossatum de Areis.... » La rue Ferradre était près de l'église Saint-Pierre; un Jean Ferradre y possédait une maison le 13 avril 1428; elle était, le 14 octobre 1449, entre les mains

do ses héritiers, ainsi que nous l'apprennent les deux actes suivants : « Conoguda que Ramon Dabriu, sebatey, de la parropia de Sent-Pey, et

» borges de Bordeu, esporlet de tôt aquet hostau en ladeyta parropia

» de Sent-Pey de Bordeu, en la carreira per laquau hom ba de la gleisa de » Sent-Pey enuert l'ostau de Johan Ferradre, entre l'ostau cornaley deu-

» deyt Johan Ferradre, d'una part » — « Conoguda que Johan deus

» Cadahautz, notari public, de la parropia de Sent-Pey, borges de Bordeu, » esporlet.... de tôt aquet hostau qui es en ladeita parropia de Sentît Pey, en la carreira publica que es dauant ladeita gleisa, aissi cum es » entre...., et l'ostau cornaley, qui es deuert lo Far-de-Lesiparra, deus » hereteys de Johan Ferradre, borges qui fo de Bordeu, deffunt, d'autra » part » [Man. cap. StLAnd. Burd.].

Fronsac : Oustau de Fronsac (10, 21). — Au milieu du xvc siècle, messire Guilhem Ays de Fronsac, seigneur d'Uch, possédait une maison située vers le milieu de la rue Castillon, du côté de l'ouest. Dans un partage, fait le 5 août 1493, cette maison échut à Archambaud de Grailly. Elle appartint plus tard au président de Gourgue; et, en 1693, elle était entre les mains du comte de Vaillac [Coll. J. Delp.].

Le même Guillaume avait, en 1438, deux maisons et un verger dans la Grande-rue- S aint- Andr è : « Guilhermus Ays de Fronsaco, domicellus;....

» pro domo que est in Magna-rua-Sancti-Andree » — « Idem, Guilher-

» mus pro domo, caméra et viridario contiguis » Il possédait aussi

un jardin dans la rue de Verteuil (rue Baubadat) ; ce jardin, faisant partie de la paroisse Saint-Paul, était situé à l'ouest de la rue de Verteuil; ceci ressort des textes suivants, datés du 17 mai 1475 : « Conoguda que » l'ondrable et discret senhor mossenhor Johan Yuern, licenciât en leys, » conselh ador deu rey, nostre senhor, en la cort de parlament à Bordeu, » de la parropia de Sent-Cliristo^y de Bordeu, esporlet de tota aquera » maytat d'ostau qui es deuert lo casau de Fronssac...., qui es en la par- » ropia de Sent-Pau de Bordeu, en la rua apperada de Bertulh, qui ba » bert lo Temple, sus la Delissa; aissi cum es entro lo casau deu noble » home Guilhem Ays, senhor à'Uys, d'una part, et lo mech hostau deu-

» deyt affeuat et dura et ten en long de ladeyta rua publica, de part

» dauant, de l'un cap, entro au casau deudeyt affeuat, de part detras, de » l'autre cap. » — « Conoguda que lodeyt mestre Johan Yuern sporlet de » tota aquera meytat d'ostau...., en la parropia de Sent-Pau, sus la

» Diuicia, en la rua per laquau hom ba bert lo Temple, ayssi cum es » entre lo mech hostau deudeyt affuat, d'una part, et la Diuicia comunau, » d'autra part; et dura et ten en long de ladeyta rua publica, de part » dauant, de l'un cap, entro au casau doudeyt affuat et lo casau de » Guilhern Ays, senhor &Uys, de part detras, de l'autre cap » [Man. cap. StJ-And. Burd.].

Gassies : Oustau de Gassies. — La famille de Gassies possédait des maisons dans la rue Obscure. Une d'elles était à l'angle nord formé par cette rue et celle des Argentiers; une autre était attenante à la tour de Saint-Aulin qui en dépendait. Les membres de la famille Gassies avaient occupé à Bordeaux des charges municipales, et possédaient quelques seigneuries dans le Bordelais.

La Lancia : Oustaus de La Zandct; maisons de la famille de La Lande.

— Les La Lande possédaient quelques-unes des premières seigneuries du Bordelais, ainsi qu'un certain nombre de maisons à Bordeaux. La plus considérable de ces maisons, qualifiée maison noble de La Lande, était située dans la rue Neuve (7, 21); elle avait appartenu aux Soler, autre grande famille de Bordeaux [Ms. Baur., p. 9, v° — Bull, polym.]; elle passa, au xve siècle, dans celle de La Lande et appartenait, en 1451, à messire Jean de La Lande, chevalier; « mossen Johan de La » Landa, cauoir, senhor de La Breda » [Arch. B. Lai.]. Les jardins (casaus) de cette maison s'étendaient assez loin vers l'est. Les autres maisons, qui appartenaient aux La Lande, étaient situées dans les rues de Castilhon, Judaïque, du Far, La Lande et Saint-Pierre. C'est ce que nous apprennent les textes suivants : — (1380) « Guillelmus et Petrus de » Landa solverunt pro domo et solo que tenent in rua de CastilJione »

— (1387) « Guillelmus et Petrus de Landa pro domibus et solis quas

» tenent in rua que, aPivicia, ducit versus quadrivium de Castilhone »

C'est la portion de la rue Judaïque qui était entre le pont de Brion et le carrefour de Castillon. En 1400, le seigneur de La Lande avait une maison clans la paroisse Saint-Pierre, près de celle de Jean de Betonhe, laquelle

était voisine de la porte Saint-Pierre : — (1367) « Helias Mas pro

» domo cum solo in quo est, et pro alio solo contiguis, que domus est » juxta quamdam domum que est de feudo Johannis de La Landa, et est » in Magna-rua-Sancte-Eulalie » Ce fief doit être le même que celui

BOKDEAUX VERS 1450. 449

qui est signalé dans le texte suivant, daté de 1404 : « Bei'tranda Mas

» pro domo cum solo in quo est, et pro alio solo contiguo, que donius est » in rua vocata de La Landa, in parropia Sancte-Eulalie Burdegalensis,

» juxta domurn domini de Landa » — (1438) « Dominus de La Landa

» pro appenticio in Magna-rua-de-Farro » — (1459) « Gaillard de La

» Lande...., pour un sueil ou maison joignant la rue de La Lande »

[C. de Pareil.]. — (1553) « Gaston de l'Isle, seigneur et baron de La » Rivière et de la maison noble de La Lande, en la ville et cité de >) Bourdeaulx, levé des rentes sur certaines maisons de ladicte ville » [Denomb.] (»).

Nous avons déjà fait connaître une maison appartenant au seigneur de La Lande, et située dans la rue Obscure. (Voir rua Obscur a, p. 257.)

Lambert : Oustau de Lambert; maison de la famille de Lambert. — La famille Lambert était une des plus anciennes de Bordeaux; Arnaud Lambert avait été maire en 1208. C'est le premier maire connu de cette ville. Un autre Lambert occupait la même charge en 1231. Les comptes de l'archevêché nous apprennent qu'Arnaud Lambert possédait, en 1355, une maison près du puits de Malemort, et que, la même année, il en avait une dans la rue Saint-Paul : « Arnaud Lambert...., pro domo que est in rua » Sancti-Pauli, juxta domuni operis Sancti- Andrée ;... . » que celle de

Pierre Lambert était au carrefour de Mimisan : « a PetroLamberti....

» ratione domus quani habet in furcata de Memisano; » qu'en 1361, Pierre et Arnaud Lambert possédaient en commun un emplacement dans la rue

Saint-Paul : <? Petrus Lamberti, domicellus pro medietate unius soli

» quod tenet, una cum Arnaldo Lamberti, in rua Sancti-Pauli....; » enfin, qu'en 1375, Guillaume Aytz, probablement Guillaume Ayz de Fronsac, en qualité de leur héritier, avait un jardin et une saulaie près de la Motte de V Archevêché, et une maison dans la rue Saint-Paul : « Guillelmus Aytz, » domicellus, ut hères domini Pétri Lamberti et Arnaldi Lamberti, burgen-

» sium Burdegale pro casali et albareda que tenet juxta motam terre

» que est prope Archiepiscopatum » — « Guillelmus Aytz, domicellus,

» ut hères domini Pétri Lamberti, militis...., pro solo quod tenet in rua » Sancti-Pauli, et pro alio solo quod tenet prope domuni condam Guillelmi » Borelli »

(J) Jean de l'Isle était maire de Bordeaux en 133-5.

En 1466, noble Galhard de Fronsac, seigneur d'Uch, était aussi seigneur de la maison noble de Lamlert, située dans la ville de Bordeaux. (Voir oustau de Fronsac, p. 447.)

Landiras : Oustaus de Landiras; plassa de Landiras; maison du seigneur de Landiras. — Un titre du commencement du xve siècle [Fr. Prêch.] nous signale une maison appartenant à la famille de Landiras, et située dans la rue Bouqueyre .■ « Quittance de droits de lots donnée, le » 29 mai 1402, par noble dame Izabeau de Saint-Simphorien , clame de » Landiras,.... en faveur de Jean Lebas,.... d'une maison scise dans la » parroisse de Saint-Michel, et en la rue Boqidere, confrontant, d'un bout, » par devant, à la rue, et d'autre bout, par derrière, à la place appellée de » Landiras. » Le -mot place représente, en ce passage, le gascon plassa, qui est employé souvent avec le sens de sol, emplacement, maison; et comme nous ne connaissons pas de place vers l'extrémité méridionale et côté oriental de la rue Bouquière, seule portion de cette rue, faisant partie de la paroisse Saint-Michel, nous pensons qu'il s'agit ici de la maison de Landiras. Cette maison devait donc être située au sud de ces deux impasses, dont l'une avait son entrée dans la rue Bouqueyre, et l'autre dans la rue Neuve.

Le seigneur de Landiras possédait aussi une maison située dans la rue du Putz-deus-Jiidius, près d'une autre maison adossée au château de YOnibrièrc. Elle appartenait, au xive siècle, à Arnaud de Camparian (*), puis à ses enfants, qui moururent sans postérité. Le prince de Galles, comme duc d'Aquitaine, usant du droit que lui conférait la coutume de Bordeaux, se saisit de leurs biens après leur mort, et en fit don, par acte du 3 janvier 1376, à Jean de Straton, seigneur de Landiras et à sa femme Isabelle de Saint-Symphorien [Ms. Baur., p. 112, v0]. Arnaud de Camparian avait, en 1354, une autre maison en face de la rue de Sar-

porar ■. « ab Arnaldo de Campariano...., pro domo, sive operatorio

» quod est ante ruam de Sarporars » Il est probable que c'est le même

immeuble signalé en 1367 dans le texte suivant : « Arnaldus de Campa- » riano, pro domo, sive operatorio quod est, in angulo, inter ruam que » ducit versus portam Vigeriam, ex parte una, et ruetam vocatam Cau- » deyreyra, ex altéra » L'entrée de la rue Caudeyreyrc était en face

(') Un Pierre de Camparian avait été maire de Bordeaux.

de la rue du Saïjjorar. Arnaud de Camparian possédait, en 13C7, des maisons, et un fief contenant neuf habitations, dans la rue de JBassens .- « Arnaldus de Campariano, civis Burdegalensis, débet pro domibus et » toto feudo quod tenet in capite rue de Bassenxs, versus ruam de Securo, » in quo feudo sunt novem stagie, m solidos in obolos. » Voici un autre texte du même compte qui précise parfaitement l'emplacement de ce

fief : « pro domibus, sive feudo, que sunt in altéra parte dicte rue de

» Bassenœ, que est versus occidentem, a parte rue de Securo. » Ces deux dernières propriétés étaient entre les mains de Jean de Straton en 1375 : « Johannes Streton, angiicus, bona tenens quondam Arnaldi de Campa- » riano...., pro domibus quas tenet in rua de Basserccs, et fuerunt dicti » Arnaldi de Campariano. Idem dominus Johannes, pro domo quam tenet

» ad portam Bigueriam — Johannes de Streton, dominus de Landi-

» ranis, ut bona tenons Arnaldi de Campariano, pro domo, sive operatorio » quod tenet in angulo carrerie Porte- Vigerie, que ducit versus ecclesiam » Sancti- Andrée» [C. de l'arch.]. Toutes les possessions de Straton passèrent à Izabeau de Saint-Symphorien ('), sa femme, et ensuite à Bertrand de Montferrand, seigneur de La Trau et de Langoiran, qui avait épousé la seconde fille d'Isabeau [Arch. hist., t. I, p. 33].

La Porta : Oustaus de La Porta; maisons de la famille de La Porte. — Une famille du nom de La Porte, qui a\ ait eu deux de ses membres maires de Bordeaux : Raymond-Brun de La Porte, en 1255, et Guitard de La Porte, en 1262, possédait, en 1367, des maisons dans le quartier du Cayffeman, ainsi qu'il résulte des textes suivants [C. de l'arch.] : « Johannes de Campocorentino, pro quatuor partibus dimidii soli con- » tigui quod est in rua de Cayfferneta, et se extendit rétro dicta feuda, » que sunt in rua de Cayffernano, usque ad murum domini Austencii de >; Porta qui tenet quintam partem dicti dimidii soli.... » Le texte que nous venons de citer et le suivant prouvent que les maisons d'Austens de La Porte étaient situées dans la rue du Cayffcrnan, au coin de la rue d'B/itredeux-Murs, entre cette rue et la rue CayJ'ernette : « Dominus Austencius » de Porta, miles,.... pro domibus et solis que habet, in capite nie de

» Cayfernano, juxta ruam vocatam d' ' Entre-dos-Murs » Les propriétés

situées en face de cette dernière maison, de l'autre côté de la rue du

(') J^uii de Suii.t-Sj'rrplicrieii avait Cii maire ùe Bureaux en 1341.

Cayffernan, lui appartenaient également : « Item, ex alia parte, pro » duobus solis in rua de Cayffernano, in altéra parte ipsius rue que est

» versus occidentem...., » et ailleurs, dans un compte de 1367 : « in

» angulo juxta ruetam que transit inter hnjusmodi solum et murum Bur-

» deg-alc » Il possédait d'autres maisons, vers le milieu de la même

rue & Entre-dcux-Miirs, à la suite de celles de Guillelme Rostanhd et de Jean de Cayffernan : « Dominus Austencius de Porta, miles, pro uno » solo contiguo unius quarte partis, in quo est domus nova, versus ruam » de Cayffemeta ; » les maisons qui suivaient, en se dirigeant toujours vers l'est, appartenaient à Fortaner de Rostanhd; après s'élevaient d'autres maisons à Austens situées de l'autre côté de la rue : « Austencius de » Porta, miles, pro alia medietate dicti soli, quod est versus murum ville,

» in quo sunt due dimidie domus » Dame Marquese, alias Mayence,

de La Porte avait une grande partie de toutes ces' maisons en 1375 et 1383 [C. de l'arch.].

En 1382, Jehan de La Porte possédait une maison et une tour près de la porte Mcdoc, dans la rue du Petit -Costeret. (Voir rua deu Pctii- Castcret, p. 263.)

A la même époque (1361 et 1367), un notaire de Bordeaux, nommé Pierre de La Porte, avait des maisons au carrefour de Mimisan, sur le bord de la Devise : « Magister Petrus de Porta...., pro domo cornelaria

)> rue Sancti-Pauli et rue de Memisano » — « Blanqua Bracheti, uxor

» magistri Pétri de Porta, notarii, pro solo contiguo, sive domo que est

» juxta Diviciam » — « Magister Petrus de Porta, pro uno solo et

» dimidio, in quibus est magna domus, juxta Dimciam, in angulo rue de

» Mimisano » En 1375, Pierre de La Porte était mort, et sa veuve lui

avait succédé dans ses propriétés.

Léon : Oustaus de Léon; maisons de la famille de Léon. — En 1367, Raymond de Léon possédait une maison dans la rue du Puits-de-Bagnecop .- « Petrus de Fraxinu, pro domo que est juxta domuin Raymundi Leonis, in

» rua Putey-dc-Banliacat » [C. de l'arch.]. En 1438, François de Léon

en avait une, ou du moins un emplacement, à l'entrée de la rue Mcdoc : « Frances de Léon pro solo cum mûris altis, lapideis, quod est in capite

» rue Medulce » [C. de l'A. — Arch. mun.]. Un François de Léon était

seigneur de Sainte- Croix-du-Mont au commencement du xvie siècle; son tombeau existe encore dans l'église de cette paroisse [Gui. mil., t. II,

p. 321]. Nous verrons plus loin que des membres de cette famille possédaient des chais dans la paroisse Sainte-Croix de Bordeaux.

Lesparra : Oustaus de Zesparra; Far de Zesparre (6, 19). — « Une » maison de Zesparre, dit Baurein [Ms., p. 222, v°], étoit située près le » couvent des Carmes, et confrontoit au jardin de l'hôpital Saint-James. » Le seul titre qu'il cite est de 1488; mais, comme ce n'est pas un acte d'achat, il est probable que la maison appartenait déjà, depuis longtemps, aux seigneurs de Zesparre.

Ces seigneurs du Bas-Mèdoc avaient, dans Bordeaux, une autre maison considérable qu'on trouve signalée dans les titres anciens sous la dénomination de Far de Zesparre (9, 22); elle avait donné son nom à la rue dans laquelle elle était située, et s'élevait à l'extrémité septentrionale de la rue du Pas-Saint-Georges, qui s'est appelée rue du For-Zcsparrc et ensuite rue du Far-de-Zesparre. Nous avons dit plus haut (p. 220) que la rue primitive du Far-de-Zesparre était celle qu'on nommait récemment encore rue du Parlement dans toute son étendue. Si la maison de Bernard de Lesparre, signalée, le 15 juillet 1428, dans le titre suivant, est le Far de Zesparre, ses dépendances traversaient la Devise et s'étendaient jusqu'à la rue du Cancera, et très probablement jusqu'à celle de la Petite- Carpe nteyre : « Conoguda que Itey Bertran, de la parropia de Sent-Symeon, et » borges de Bordeu, esporlet deusdeyts senhors (dean et canonges de

» Sent-Andriu) de tôt aquet ostau qui es, en la parropia de Sent-

» Symeon, en la rua apperada deu Canseïar, entre l'ostau et casau deu » noble et poderos senhor et baron mossen Bernard de Lesparra et de » La Barda, d'una part, et lo casau cornaley de Amaniu d'Anhan, ton- ).» dador et borges de Bordeu, d'autra part; et dura de ladeyta rua deu » Canserar, de part dauant, de l'un cap, entro au casau deudeyt senhor » de La Barda, de part detras, de l'autre cap » [Man, cap. Su-And. Burd.].

Luc : Oustau de Pey du Zuc; maison de Pierre du Zitc. — La maison de Pierre du Luc, damoiseau, était, en 1361, située dans la rue Saint-Paul : « Petrus de Luco, domicellus, débet pro feu dis et domibus in parrochia et

» rua Sancti-Pauli Burdegalensis » Pierre du Luc, seigneur du Luc,

dans la paroisse de Blanqucfort, et coseigneur de La Trêne, en Entre-deux- Mers, était fils de Earîion du Luc, écuyer, et de Gaillarde de La Lande,

damoiselle, fille de noble baron Arnaud de La Lande, chevalier, seigneur de La Brède, et de dame Navarre de La Trêne [Arch. de La T.]. Il était 1res probablement neveu de Pierre du Luc, qui avait été archevêque de Bordeaux de 1332 à 1346.

Macanan : Oustaus de Macanan; maisons de la famille Macanan. — La famille Macanan ou Malianan était, au xvc siècle, une des plus riches de Bordeaux; elle possédait de nombreuses 'maisons dans la ville, des terres dans la banlieue et des seigneuries dans le Bordelais au commencement du xve siècle; les maisons de Richard Macanan, marchand et bourgeois de Bordeaux, étaient situées dans la rue de La Roussette, dans la paroisse Saint-Rcmy , dans les rues de Lojisav.lt, Boaarenlure, Androne; au milieu et à la fin même du même siècle, ses enfants et ses petitsenfants possédaient les mêmes maisons et en avaient encore dans les rues CourMn, Maubec, des Anglais, des Argentiers. La plupart des propriétés des Macanan passèrent, plus tard, entre les mains de la famille de Raymond de Sallegourde [Arch. B.-Lal. — C. de l'arch.].

Martin : Oustaus de Martin; maison de la famille Martin. — Il existait à Bordeaux, aux xrve et xve siècles, une famille Martin, fort riche et qui avait de grandes alliances. Elle possédait, dans la ville, une certaine quantité de maisons. Ainsi, en 1355, Guillaume Martin de Saint-Pierre avait un jardin et une tour dans la parroisse Saint-Remy : « Recepi a » Guillelmo Martini de Sancto-Petro, pro casali et turre que sunt juxta

» Johannem de Toscanano » Jean de Toscanan avait cette propriété

en 1361 : « Johannes Toscanano pro toto casali, sive stagia, et pro

» turre que est in muro civitatis, et sunt in parrochia Sancti-Rcmigii, que

» fuerunt Guilhelmi et Pétri Martini, fratrum » En 1354, Mabile

Martin avait une maison et un jardin dans la rue Saint-Paul : « Recepi a » Mabila Martini, ratione domus et appenticii que sunt, in rua Sancti- » Pauli, ex utraque parte Divicie, et ratione casalis quod est ibidem » juxta domum Pétri Bracheti...., et ratione magne domus que est ibi- » dem »

Marie et Jeanne Martin possédaient, en 1367, des maisons sur les fossés des Ayres .• « Maria Martini, uxor Johannis Vigerii de Nauda, pro tribus

» domibus contiguis, et locis in quibus sunt, supra fossatum de Areis

» Johanna Martini, ejus soror, uxor domini Augeriï de Pelagrua, militis,

» pro domo contigua que est in angulo, in capite nie de Farro »

Marie Martin possédait la maison contiguë à cette dernière dans la rue du Far. Elle avait aussi, en 1375, des maisons et des emplacements dans les rues Cayffernette et & Entre-deux -Murs : « Maria Martini, uxor » Johannis Vigerii, pro domibus et solis quas tenet, sub duobus feudis, in » rua de Cayffemeta et in rua d: Entre-dos-Murs, que sunt prope domum » Sancti-Elegii Burdegale. » Une autre Marie Martin, peut-être la même, remariée, possédait, en 1383, des maisons dans les mêmes localités : « Maria Martini , uxor domini Pétri de Lanessano , pro se et nomine

» Johanne Lana, heredes Pétri de Trileis » Elle payait aussi un cens

à l'archevêque pour cinq maisons qu'elle avait sur les fossés des Eyres, et d'autres immeubles dans la rue Cayffernette [C. de l'arch.].

Mayensan : Oustaus de Mayensan ; maison de Mayensan . — Il existait à Bordeaux plusieurs maisons ayant appartenu à la famille de Mayensan. Une Jeanne de Mayensan, mariée avec le seigneur de Caupène, avait une maison dans la rue Cayffernette, ainsi qu'on en trouve la preuve dans un texte de 1367 [C. de l'arch.] : « Johanna Mayensani, uxor domini Arnaldi

» de Caupena, militis...., pro uno solo quod se extendit, a rua de

» Cayffemeta, usque ad ruam d 'Entre-dos-Murs » Une autre Jeanne

de Mayensan, femme du seigneur de Francs (1)J avait aussi une maison dans la rue de la Petite-Cao^enteyre, ainsi que le prouvent les deux textes suivants, le premier daté de 1367, et le second de 1375 : « Domina » Johanna Mayensani débet pro solo quod est juxta domum suam, quam

» tenet a monasterio Sancte-Crucis, in rua Parve-Carpentarie » —

« Johanna de Mayensano, uxor domini Bertrandi de Franxs, militis, pro » domo quam habet in rua Parce- Carpentarie »

Il y avait dans la rue de la Vieille-Eglise, en face de la rue de Johan- Fustey, une maison appelée, en 1400, maison de Mayensan (8, 21) :

« pro domo situata in quadam rueta que est inter quadrivium Porte-

» Biguerie et ruam de Cunibis, que rueta est ante domum de Mayensan, » in rua de Veteri-Ecclesia » [C. de l'arch.].

Mercey : Oustau de Jehan Mercey ; maison de Jean Mercey (11, 21). — La maison de Jehan Mercey, dit de Saint-Jean-de-Jérusalem, était

(') Les familles de Caupène et de Francs possédaient de grandes seigneuries dans le Bordelais.

située, en 1455, dans la rue de Duras, juste en face de la maison de Duras [Coll. J. Delp.].

Monadey : Oustaus<?<? Monadey i de Moneder ; àomus Monetarii ; maison de Monadier (8, 21). — La famille Monedey ou Monadey qui, six fois, avait fourni des maires à Bordeaux, possédait plusieurs maisons dans cette ville. La plus considérable occupait tout l'emplacement compris entre l'église Saint- Simcon et la rue du Petit- Cancera dont elle formait tout le côté oriental jusqu'à la rue de Trompïlh, à laquelle on donnait quelquefois le nom de rue Monedey . Le texte suivant, daté de 1354 [C. de l'arch.], nous fait connaître l'existence et remplacement de cette maison, ou plutôt du groupe de maisons, dont trois, au milieu du xive siècle, servaient d'habitation à la famille Monadey : « de lxiii solidis receptis a domino

» Arnaldo Monetarii, pro censibus debitis ratione soli quod est juxta do- » mum Johannis de Manso (*), et fuit quondam Kaymundi Jaufridi, et pro » domo contigua, et pro tribus domibus, in quibus moratur, inter ecclesiam » Sancti-Simeonis et ruetam qua itur versus lo Canceïlar. » Ce titre est répété, à peu près dans les mômes termes, dans un texte de 1367 [C. de l'arch.], où l'on voit que presque toutes les maisons qui bordaient le côté nord de la rue Saint-Symêon appartenaient à Arnaud Monedey; en effet, Pierre du Mas (de Manso) possédait une maison dans la rue du Puits-de- Banliacaj), qui passait au bout oriental de la rue Saint- Syméon, et Arnaud Monedey avait une maison voisine de celle des héritiers d'un autre Pierre du Mas. Voici comment s'exprime le rédacteur du compte : « Arnaldus » Monetarii, miles, débet, pro solo quod est juxta magnas domos heredum » Pétri de Manso, et fuit Raymundi Gauffredi, in rua Sancti-Symeonis, » ii sol. h den. Burd. — Arnaldus Monetarii, predictus, débet, pro domo » contigua que est ibidem, n sol. m den. Burd. » (Ces deux maisons devaient être à l'est de l'église; les suivantes étaient à l'ouest.) — « Arnaldus Monetarii, predictus, débet, pro magna domo que est ibidem, » juxta banelam, sive viam per quam, a Magna-rua-Sancti-Sinieonis, itur » ad puteum rétro ecclesiam, et habet exitum ad dictam ruam magnam, » i den. Burd. — Arnaldus Monetarii, predictus, débet, pro domo conti- » gua que est ibidem, i den. Burd. — Arnaldus Monetarii, predictus, » débet, pro alia domo contigua que est inter predictam domum et ruam

(') Un Pierre du Mas (de Manso) avait été maire de Bordeaux en 1291.

» deu Cancellar, v sol. Burd. » Ces maisons appartenaient, en 1459, à Jeanne Monedey, et, en 1544, à Nicolas de Blaignan, qui avait encore fait l'acquisition des autres maisons de la famille du Mas : « Noble homme » Ny colas de Blaignan, seigneur de Monedey, pour la maison qui est » joignant les grandes maisons qu'il a acquis des héritiers de Pierre de

» Manso Le même, pour quatre autres maisons joignant, dont l'une

» est près de laditte maison de la rue du Cancera.... » [C. de l'arch.]. Ces maisons appartenait au même seigneur en 1553 [Denomb.]. On établit, plus tard, dans leur emplacement, le Séminaire de La Mission, transporté ensuite dans le faubourg Saint-Seurin [Ms. Baur., p. 129].

Il y avait aussi une maison de Monadey dans le territoire de la sauveté de Saint-André; c'est ce qui résulte du texte suivant [Inv. SVAnd.] : « Contract concernant une maison en la sauveté, sur laquelle fut fondée » la messe du lundi par feu de Landiras qui, pour cet effet, laisse 25 livres » 6 deniers de rente, dont la dicte maison est appellée maison de Monay> dier. » Un obituaire manuscrit de Saint-André [Arch. dép.] s'exprime

ainsi, à propos de cette maison : « dédit dicto capitulo xxv libras

» redditus, quas posuit et assignavit super totum illud hospicium, quod d habebat infra salvitatem Burdegale, vulgariter vocatum l'ostau de Monedey. »

Nous avons vu plus haut (voir oustaus à'Alhan, p. 438) qu'Arnaud Monadey possédait une maison dans la rue Saint-Pierre. Cette maison, pour laquelle Arnaud payait, en 1361, un cens à l'archevêque, avait appartenu à Seguin Barba : « Dominus Arnaldus Monetarius...., pro qua- » dam domo quam tenet in rua Sancti-Petri, que fuit condam Seguini » Barba » [C. de l'arch.].

Les textes suivants signalent d'autres maisons situées dans la rue Cayffernette, et appartenant, en 1354 et 1355, à Arnaud Monadey : « .... a » domino Arnaldo Monetarii...., ratione feudi quod habet, in rua de Cayf-

» ferneta, juxta domum heredum Guillelmi Rostanhdi » — « a

» domino Arnaldo Monetarii, militi...., pro domibus et toto feudo que » habet in dicta rua de Cayfferneta. » Ces maisons étaient, ainsi que le prouve un texte de 1367, situées vers l'extrémité orientale de la rue Cayffemete, à côté d'une ruelle qui, de cette rue, se dirigeait vers la rue d ' Eutre-deux-Murs .• « Arnaldus Monetarii, miles...., pro domibus, sive » solis, et toto feudo, que sunt juxta quamdam ruetam, que est inter )> ipsas domos et domos condam Guilhelmi Rostanhdi, ad quam ruetam

» plures de dictis domibus habent exitum » [C. de l'arcli.]. Un acte

du 22 décembre 1379 signale des maisons appartenant à Guillaume- Raymond Monedey, et situées dans les rues Plante-Rose et Sainte-Croix [Terr. Ste-Cr.].

Pomeys : Oustaus de Pomeys; domus de Pomeriis; maisons de Pommiers. — Les maisons de la famille de Pommiers (') étaient situées, en 1361 et 1389, dans le quartier du Cayffernan : « Arnaldus Guillelmi de » Pomeriis, burgensis Burdegale, pro domo quam tenet in rua de Cayffer-

» nano » — « Petrona de Coût, uxor Sancii de Pomeriis, pro duabus

» domibus quas habet in rua de Cayfemeta » Nous verrons plus loin

que cette famille possédait, à la fin du xme siècle, des chais, sur le bord de la rivière, dans la paroisse de Sainte-Croix. Nous croyons qu'elle avait aussi des maisons dans la rue de Pomeys à laquelle elle avait donné son nom, ainsi qu'à celle de Jolian-Santz. Le nom de Sans ou Santz était celui de la famille des seigneurs de Pommiers.

Prebostat de Sent-Seurin : Oustau de la Prébostat de Sent-Seurin (15, 19). — La maison de la Prévôté de Saint-Seurin était dans la rue des Plans, au sud et au milieu de cette rue; elle occupait un emplacement considérable [PI. mss., n° 1019].

Prior de Bardenac : Oustau deu Prior de Bardenac; maison du Prieur de Bardenac (2). — Le prieur de Bardenac possédait, en 1357, une

maison dans la rue Sainte-Eulalie .• « prior de Bardenaco ratione

» domus quam habet in rua Sancte-Eulalie » Le texte suivant, postérieur de dix ans, fait connaître l'emplacement de cette maison : « Prior de » Bardenaco, pro uno solo contiguo (rue Sainte-Fîilalie), sive domo, quod

» est in angulo, juxta quamdam ruetam — Guillelmus Thome, pro

» uno solo quod est in angulo, juxta dictam ruam » Deux emplacements sont signalés à la suite de ce dernier ; puis le texte continue ainsi : « Bertrandus de Bayvila, pro tribus solis contiguis que conjunguntur

» cum itinere comuni, juxta murum ville Burdegale » [C. de l'arch.].

Ce chemin commun est celui qui suivait, du côté de la ville, la base

(>) Guillaume Sans de Pommiers était maire de Bordeaux en 1332. (!) Le prieuré de Bardenac était situé dans la paroisse de Tahnce.

du rempart du xive siècle; par conséquent, les maisons de Bertrand de Bayville et le sol de Guillaume Thomas étaient situées à l'extrémité méridionale de la rue Sainte-Eulalie, du côté de l'est, depuis le chemin de ronde jusqu'à l'entrée occidentale de la rue Paymentada-de-rua-Boau, et la maison du Prieur de Bardenac occupait l'angle nord-est formé par cette rue et celle de Sainte-Eulalie. La chapelle de Saint-Joseph a été bâtie sur l'emplacement de cette maison.

Prior de Cayac : Oustaus deu Prior de Cayac; domus hospitalis de Cayaco ou Caiaco; maisons du Prieur de Cayac (l). — Le prieur de Cayac possédait deux maisons dans la ville de Bordeaux : l'une était située dans la rue d: Eutre-deux-Murs (7, 20) maintenant rue de Guienne : « Prior de » Cayaco débet pro medietate soli in quo est domus hospitalis de Cayaco,

» que est ex parte mûri ville » [C. de l'arch., 1348]. Ce mur était celui

qui bordait la rue à' Entre-deux-Murs, parallèle à la rue Cayffemette. Voici trois textes, l'un de 1355, l'autre de 1367, et le troisième de 1375, qui en fournissent la preuve : « Recepi a priore de Cayaco...., ratione domus quam » habet in rua à'Entre-dos-Murs.... » — « Prior de Cayaco, pro altéra parte » dicti soli (ce sol était dans la rue Cayffemette}, que tota medietas est » versus ruam & Entre- dos-Mur s, in qua medietas est domus hospitalis de

» Cayaco » (C'était la cinquième maison qu'on trouvait à gauche en

entrant dans la rue & Entre-deux-Murs par la rue du Cayffeman^) — « Prior de Cayaco, pro domo quam tenet in rua que est ad latus mûri y> domus Sancti-Elcgii Burdegalensis » [C. de l'arch].

Deux titres de 1341 et de 1365 [C. de l'arch.] nous apprennent que l'autre maison du prieur de Cayac était située dans la rue Pdlheyre : « Prior de

» Caiaco, pro censu unius domus quam habet in rua Pallieira » —

« Prior hospitalis de Cayaco...., pro dimidio solo.... in rua Palheyra »

Puyaus : Oustau de Antoni deus Puyaus; maison d'Antoine des Puyaus ou des Pujols. — Il existe encore dans la rue du Ha une grande maison occupée par les Sœurs de Saint-Joseph, et dont une partie de la façade en pierre, où l'on voit quelques arcades ogivales, est du xive siècle. C'est peut-être la maison signalée dans le texte suivant, daté

(') Le prieuré Je Cayac était situé dans la paroisse de Gradignan; la route de Bayonnb en traverse les anciens cloîtres.

du 18 mars 1428 : « Conoguda que Autoni deus Poyaus, donzet, de la » parropia de Senta-Euladia de Bordeu, esporlet de tôt aquet gran hostau » de peyra, ab la tor et yssida qui son detras, laquau yssida comensa au » meyloc de la tor, anant deuert l'estey deu Peugue, qui es en la deyta » parropia de Scnta-Euladia, en la grande carreira deu Far; ayssi cum est » entre l'ostau et yssida qui fo deudeyt Antoni, et aras es de Guilhem de » La Canau, d'una part, et l'ostau et solo deudeyt Antoni deu Poyaus, » d'autra; et dura de la rua de part dauant, de l'un cap, entro a l'estey deu » Peugue, de l'autra cap » [Man. cap. Su-And. Burd.]. On trouve dans le même manuscrit qu'Antoine des Pauyaus possédait, dans la rue du Far, quatre maisons voisines, dont deux sont signalées comme étant en pierre.

Puch-Paulin : Oustau de Pucli-Paulin; lou Pucli- Paulin; maison ou château de Puy-Paulin ; YIntendance (10, 21). — La maison de Puy- Paulin et ses dépendances s'étendaient de la rue Porte-Pi) eaux, au sud, aux fossés de Campaurc (cours de I'Intendance), au nord. A l'est, la rue Combes passe à peu près sur l'emplacement des anciennes limites du château, qui s'étendaient, à l'ouest, jusqu'au milieu des maisons qui se trouvent actuellement entre les rues Guillaume-Brochon et de Grassi. D'après un plan de la fin du xvne siècle [Coll. J. Delp.], les jardins s'étendaient à l'ouest et au nord du château; vers ce dernier côté, ils occupaient l'emplacement des fossés romains, sur le bord desquels s'élevaient trois tours rondes. L'église paroissiale de Notre- Dame- de- Puy- Paulin était appuyée contre les murs méridionaux de la forteresse, au nord de la place Puy-Paulin, établie sur l'ancien cimetière de la paroisse. Les écuries longeaient la rue Porte-Dijeaux. Au xvme siècle, ce château fut complètement remanié et servit de logement aux Intendants de Guienne. Ses restes appartiennent maintenant à plusieurs propriétaires.

Rector de Sent-Elegi : Oustau deu Rector de Sent-Elegi; maison presbytérale de Sainct-Eloy ; presbytère de Saint-Eloy (6, 21). — Le presbytère de Saint-Eloy était placé, au sud de l'église, entre le cours des Fossés et l'impasse Saint-Éloi [PL mss., n° 23]. Il est désigné comme occupant cet emplacement dans un titre de 1538 [Terr. Cast.] : « Mar- » guérite Guerin, veuve, reconnaît une maison scituée sur le foussé » Sainct-Eloy, confrontant, d'un cousté, à la maison de laditte affeuate, » appellée la maison du Billard, d'aultre cousté, à la maison presbyterallc

» de Sainct-Eloy; d'un bout, par devant, à laditte rue du Foussè, et, » d'aultre bout, au cimetière Sainct-Eloy. » Il est probable que ce presbytère existait déjà au milieu du xve siècle.

Renard : Oustau deu Renard, deu Regnard; la Voûte du Renard (8, 21). — Cette maison était située à l'angle des rues des Comles et du Pas-Saint- Georges [Ms. Baur., p. 178, v0].

Roquatalhada : Oustau deu senhor de Roquatalliada ; maison du seigneur de Roquetaillade. — Le seigneur de Roquetaillade (a) possédait,

au milieu du xve siècle, une maison dans la rue de Nacaran : « tôt

» aquet casau qui es en la saubetat de Senta- Crotz de Bordeu, darrey

» la cambaria deudeyt monestey; aissi cum es entre l'ostau et casau de » mossen Bernard Gimel, monge et reffectorey deudeyt monestey, d'una » part, et l'ostau et casau deu noble home mossen Berard de La Motha, » caualey, senhor de Roquatalhada, loquau meu deudeyt monestey, en la » rua apperada de Naquaran, d'autra part; et dura et ten en lonc, de » la yma de la mar, de l'un cap, entre au casau et causa de la deyta » cambaria...., de l'autre cap. »

Rostanhd : Oustaus de Rostanlid; maisons de la famille Rostanhd (2). — Les comptes de l'archevêché, dans lesquels nous avons puisé tous les renseignements qui suivent, nous apprennent qu'au commencement du xive siècle, la famille Rostanhd possédait plusieurs maisons contiguës, situées vers l'extrémité orientale de la rue Cayffernette, entre cette rue et la rue & Entre- deux- Mur s. Une d'elles avait appartenu, vers 1300, à Pierre Rostanhd; elle était, en 1336 et 1355, entre les mains de sa fille

Guilhelme : « pro domo quam (Guilhelma, quondam filia Rostanhdi

» Pétri) habet in parrochia Sancti-Elegii, in rua Cayfferneta » En

1355, Fortaner Rostanhd avait quelques maisons dans le même endroit : « Recepi a Fortanerio Rostanhdi...., pro domibus, sive solis, quas habet

» in rua de Cayfferneta » — « ab eodem, pro duabus domibus

» que sunt rétro, versus murum ville Burdegale » L'année précé-

(') Roquetaillade, grande seigneurie avec château bâti en 1306, et situé dans la paroisse de Mazères, arrondissement de Bazas.

(*) Guillaume Rostanhd était maire de Bordeaux en 1229, et Hugues Rostanhd, en 126G. Les Rostanhd oit possédé une grande quantité de seigneuries dans le Bordelais.

dente, Fortaner avait payé une rente pour d'autres maisons placées dans la môme rue : « Recepi a Fortanerio Rostanhdi...., ratione domorum

» que fuerunt Ayquelmi Willelmi de Casaletis a rua Cayffemeta » A

la même époque, et en 1367, il possédait des immeubles qui faisaient le coin de la rue Cayffemette et de la rue du Cayffeman : « Fortanerius » Rostanhdi...., pro uno solo et dimidio contiguo (les maisons qui pré- » cèdent étaient du côté de la porte du Cayffeman), in quibus sunt domus » et furnus, et sunt, in angulo, in capite rue per quam intratur, a dicta » rua de Cayffernano, ad ruetam de Cayffemeta »

En 1346, une maison de la rue Cayffemette appartenait à Guillaume Rostanhd; elle était à ses héritiers en 1354 et 1361 : « Johannes de

» Betonha, nomine heredum Guilhelmi Rostanhdi pro quadam domo

» quam tcnent in rua de Cayffemeta » A cette dernière date, un autre

Guillaume Rostanhd payait un cens à l'archevêque pour des propriétés qu'il avait dans la rue du Sarporar : « Arnaldus de Sarporas, sive Guillel- » mus Rostanhdi, civis Burdegalensis,.... pro toto allodio quod tenet in » parrochia Sancti-Simeo?iisBn\'degsi[e, in rua de Sarporas »

Un des fils de Guillaume Rostanhd avait, en 1355, une maison dans le quartier du Cayffeman .- « Recepi a Guillelmo de Podio, solvente nomine » Raymundi Rostanhdi...., ratione domus de Cayffernano, juxta domum

» Johannis de Burdegale » Il en avait une également dans la rue du

Far, en 1354 : « a Raymundo Rostanhdi, filio Guilhelmi, solvente

» per manum Guilhelmi de Podio et Arnaldi de Casalibus...., ratione » domus quam prenominati tenent ab eo in Magna-rua-de-Farro. » Cette maison, ou une autre habitation de Raymond Rostanhd située dans la

même rue, appartenait, en 1361, à Guillaume du Puy : « pro dimidia

» domo...., in rua deu Far, et fuit Raymundi Rostanhdi. »

Enfin, en 1380 et 1404, Arnaud Rostanhd avait des fiefs dans les rues de Cayffeman et de Cayffemette : « Arnaldus Rostanhdi solvit, pro feudis

» que tenet in rua de Cayffernano et de Cayffemeta » — « Arnaldus

» Rostanhdi, pro duabus domibus, sive solis, in rua de Cayffemeta »

Les mêmes comptes de l'archevêché nous apprennent que toutes ces maisons appartenaient encore, aux xve et xvic siècles, à la même famille, qu'on appelait alors Roustain, Roustainh, Rostand, Rostanh, etc. : « (1459) » Raymond Roustain (ou Roustanh), pour la maison qui est illec (rue » Saint-Pierre), en l'angle,.... et pour une maison joignant, derrière sa y> maison dessusdicte, en la rue de la Petite- Cl ta rpenterie » La même

année, Jehan et Raymond Roustainh avaient des possessions dans la rue Cayffernette : « (1560) Damoiselle Marguerite de La Roche Chandry, » relicte de feu noble homme Jehan de Roustaing...., pour les maisons et » sol et tout le fief qui est près (dans la rue Cayffernette) d'une ruette qui » est entre lesdictes maisons de feu Guillaume de Roustain, à laquelle » ruette plusieurs y ont issue. » — « Monsieur d'Ages tient pour ladicte » de La Roche Chandry, pour la maison qui fait le coin (de la rue de » Cayffernette et de la rue de Cayffernan), où est le four, et pour l'autre » maison où est la Saunanterie, tirant devers le Petit -Cayffernan. » —

« Loys Rostain, fils et héritier de feu Raymond de Rostain, pour un

» sol qui dure d'une rue à l'autre. » Ce sol était dans la rue Cayffernette, où les Rostanhd possédaient trois maisons, dont une perçait dans la rue d 'Entre-deux -Murs .

Les maisons des Rostanhd situées dans la rue Cayffernette, appartenaient, au commencement du xvne siècle, à Ogier de Gourgue.

Baurein nous apprend qu'au commencement du xrve siècle, l'hôtel noble du Soley ou Soler, dans la rue Neuve, « fut divisé entre les enfants de » Gaillard de Rostaing et de Pierre du Soley » [Bull, polym.].

Sedet : Oustau de Richard Sedet. — La maison de Richard Sedet, lequel avait été jurât de Bordeaux en 1405, était située dans la paroisse Saint-Pierre, et devait avoir sa façade dans l'ancienne rue du Far-de- Lesparre, puisqu'elle confrontait, par derrière, à une maison dont la façade était dans la rue du Puits-des-CnjoIes ; c'est ce qui résulte du texte suivant, daté du 21 février 1453 : « Conoguda que mossen Gassias de » l'Estadge, prestre, demorant en la parropia de Sent-Pey de Bordeu,

» esporlet de tôt aquet hostau que es en ladeyta parropia, en la

» rua apperada deu Putz-de-Cuyoïas, aissi cum es entre l'ostau de Jehan » Bincent, d'una part, et l'ostau de mossen Pey Johan, rector de la gleysa » de Boliac-Entre-dos-Mars, d'autra part; et dura, de long de ladeyta » rua, de part dauant, de l'un cap, entro a l'ostau et bouta deus hereteys » de Richard Sedet, borges qui fo de Bordeu, deffunt, de part detras, de » l'autra cap » [Man. cap. Su-And. Burd.]. Il faut remarquer que la rue du Puits-des-Cujoles séparait les paroisses Saint-Pierre et Saint-Remy ; si la maison de l'Estadge était située dans la première de ces paroisses, celle des héritiers de Richard Sedet, placée derrière cette maison, faisait aussi partie de la même paroisse.

Segur : Oustaus de Segur. — Les Segur, seigneurs du Couros à Saint- Vincent-de-Pertignas, possédaient une maison à Bordeaux dans la rue du Port, ainsi qu'il résulte de l'extrait suivant d'un acte du 9 Juin 1417 [Inv. Ste-d\, 1660] : « Exporle de Guilhem-Aramon de Segur et Ramon de » Segur, donzets, paroissiens de Sainct-Yincent-de-Rauzan, d'une maison » en la rue du Port, au coin devers la mer, près du portai. » En 1444, ils étaient propriétaires de la maison en face, de l'autre côté de la rue. En 1453, ces maisons appartenaient à Raymond de Segur [Cart. Ste-Cr., 1452 à 1455].

Senta- Gema : Oustau de Senta-Gema; maison de Saincte- Gemme (8, 20). — Cette maison était située dans la rue Sainte-Gemme, entre le carrefour de La Sauvetè et celui de Coustaut, presque en face de la rue

Guérin actuelle : « maison de Saincte-Gemme, qui est en la rue par

t> laquelle on va de l'esgiise Sainct-Andrè vers la rue des Pignedoux » [Inv. Sl-And.]. Elle s'appuyait au mur romain, et avait, au-devant, le puits de Sainte-Gemme [Var. Bord., t. III, p. 59]. Au milieu du xve siècle, «la maison appellée de Saincte-Geme appartenait conjointement aux » chapitres de Sainct-Andrè et de Sainct-Seurin [Terr. S'-Seur.]; dans » le partage qui fut fait des fiefs dependans de Saincte-Geme en ville, » cete maison resta aux messieurs de Sainct-Seurin » [Lièv. S^And.].

Talabot : Oustau de Taldbot; maison de Taillebot; maison de Taïbot (8, 20). — Cette maison, qui ne dut prendre la dénomination de maison de l'albot que vers l'époque de la conquête de la Guienne par Charles VII, occupait, d'après Baurein, dans la rue des Ayres, l'emplacement d'une auberge qu'on appelait le Grand-Conti. Elle était dans les dépendances de la Garde-Pobe-du-Poi. C'est, du moins, ce qui paraît résulter de ce passage assez obscur du manuscrit de cet auteur [p. 166, v0]. Après avoir dit que la Garde-Pole-du-Poi était placée vis-à-vis de l'entrée de la rue des Feuillants, il ajoute : « Il est à présumer que celle (la maison) qui fait » face à cette dernière rue, faisoit partie de cette Garde-Role. La maison » qui est au levant de celle-ci, et qu'on appelle le Grand-Conti, étoit la » Garde-Robe en question. Cette dénomination de Grand-Conti, qui est » très récente, lui a été donnée à raison d'une auberge qu'on y avoit » établie, et où pendoit, pour enseigne, l'image du grand Conti. Cette

» maison étoit anciennement appelée le Taïbot. Il y a apparence que le

» fameux Talbot avoit choisi cette maison pour son hôtel. » Baurein

dit ailleurs [p. 151] que « dans un contrat de 1582, où il est question d'une » maison située dans la rue des Ayres, il est énoncé qu'elle confrontoit, n> par derrière, à l'estey du Peugue, et, par côté, à la maison appellée de » Taldbot (aujourd'hui le Urand-Conti). » La maison de Talbot appartenait, au xvie siècle, à Anthoine de Barpt, ainsi qu'il résulte du titre suivant, de 1553 [Denomb.] : « Les hoirs de feu Anthoine de Barpt, » vinagrier (?), et ses consortz, tiennent une maison seize en la parroisse » Saincte-Aulaye, en la reue des Eyres, nommée la maison de Taillebot; » et ailleurs on lit, à la même date : « Arnault de Bourc tient une maison

» en la rue des Ayres appellée à la maison de Tallebot, du fief de

» Jean de Maquenan, escuyer. »

Tartas : Oustau de Tartas; maison de Tartas (10, 19). — « Cette » maison, dit Baurein [Ms., p. 103, v°], était située vers l'endroit où est » l'église de l'hôpital » (*), et il donne ce texte à l'appui de ce qu'il

avance : « pro domo cum exitu in parrochia Sancti-Pauli, in rua que,

» a Divicia que est prope domum de Tartas, ducit versus quadrivium de » Magudas. » Nous acceptons l'assertion de Baurein, en plaçant cette maison dans l'endroit qu'il indique, bien que le texte qu'il fournit et les deux suivants, l'un de 1400 [C. de l'arch.] et l'autre de 1438 [C. de l'A. — Arch. mun.], ne nous autorisent pas à assurer positivement qu'elle s'élevait à l'angle des rues de Magudas et de Saint-André, mais seulement dans la rue qui se dirig*e vers la Devise : « pro dimidia domo

» situata in parrochia Sancti-Pauli, in rua que, a Magna-rua-Sancti- » Andrée, ducit versus domum de Tartas et Dimciam, videlicet ultra

» Dimciam » — « Dominus Johannes Jaucelini, presbyter, pro medie-

» tate unius domus que est inter Dimciam et domum de Tartas »

Cette maison appartint, plus tard, au président Boyer, qui fit construire, sur son emplacement, la chapelle de l'hôpital neuf de Saint-André.

Toscanan : Oustaus de Toscanan; maisons de la famille Toscanan. — Nous avons vu (p. 454) que Jean de Toscanan possédait une maison et

(') Cette église était située à l'angle nord-ouest formé par la rencontre des rues Beaubadat et des Trois-Conils; une partie de la Caisse d'Epakgne est construite sur son emplacement.

une tour dans la paroisse Saint-Remy ; nous savons, d'un autre côté, qu'il existait une porte du nom de Toscanan, voisine des rues de Toscanan et du Putz- de- Toscanan (voir p. 88, 207 et 287); il est donc probable que plusieurs maisons appartenant à la famille de Toscanan s'élevaient, au xme siècle, près de cette porte.

Usana : Oustau de Bertrand Usana. — Bertrand Usana, marchand et bourgeois de Bordeaux, célèbre par le duel qu'il eut, en 1407, en présence des rois d'Angleterre et d'Ecosse et de tous les princes de la cour anglaise, avec Belomere, tailleur d'habits, et bourgeois de la même ville [Var. Bord., t. III, p. 138], possédait en 1380 et 1404, une maison dans la rue Porte- Dijeaux, en face de la rue Saint-Paul .- « Bertrandus Usana...., pro domo

» quam tenet in rua de PortaDigms » — « Bertrandus Usana solvit

» pro dimidio solo quod habet ante caput rue Sancti-Paidi, in parrochia de » Podio-Paulini » [C. de l'arch.].

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