JARDINS
(CASAUS OU CAZAUS)
Les jardins étaient nombreux dans Bordeaux au xv° siècle. Nous ne parlerons pas de ceux des couvents, qui étaient très vastes et toujours situés près des monastères, ainsi qu'on peut s'en assurer par l'inspection de notre plan; nous dirons cependant un mot du jardin de Sainte-Croix, dont une partie fut prise pour construire le Fort-Louis. Les autres jardins des maisons religieuses ont disparu peu à peu, et leur emplacement est maintenant couvert par des maisons, ou coupé par des rues. Quelques riches bourgeois avaient aussi des jardins considérables, mais nous ne signalerons que ceux mentionnés dans les textes.
Archibescat : Casau de V Archïbescat ; ortus Archiepiscopatus ; jardin de V Archevêché (10, 19). — Le jardin de V Archevêché était situé au delà du rempart du xive siècle, à l'ouest de la Cathédrale et du Palais Archiépiscopal, entre le Peugue et la Devise. Les rues Rohan et Castelmoron ont été percées à peu près sur les limites méridionale et septentrionale de ce jardin, clos, à l'occident, par un ruisseau reliant le Peugue et la Devise, et passant à cent mètres environ des remparts. En 1380, ce jardin était divisé en grand et petit jardin; il y avait de la vigne dans ce dernier [C. de l'Arch.] : « Item, die xxvi junii anno Domini millesimo octua- » gesimo, solvi, pro ni jornalibus hominum quos habui pro fodiendo » magnum ortum et sarclando, vu solidos vi denarios. Item, die xn » mensis augusti, solvi, pro i jornali in quo spampavit vineam parvi orti, » ii solidos i denarium. »
Près du jardin, sur les bords du Peugue, l'archevêque possédait, en 1361 et 1381, des prairies [C. de l'Arch.] : « Guillelmus Adaneti et Petrus » de Bessano...., pro rausario et terra que tenent rétro pratum achiepisco- » pale Burdegalense, ultra murum novum » — « Petrus de Bassens et
» Mayensia Adaneti, conjuges, solverunt, pro censu debito pro terra, » seu arrausario, quam tenent in Pelago, prope nmrum pradilli Domus » Archiepiscopalis, xx solidos. »
Colomb : Casau de Colomb; casalis Galîiardi Columbi (9, 18). — Ce jardin était situé, au xive siècle, dans le quartier de La Codane, hors de la porte du Far, là où fut construit, plus tard, le château du Hâ. Cela
résulte des textes suivants : « apud La Codana, juxta casale Galîiardi
» ColumM » [C. de l'Arch.]. — « Contract par lequel le chappitre (de
» Saint-André) a receu Pey Rigault pour affeuatier d'une pièce de
» vigne, hors la porte du Far, près le cazau de Colomb » [Inv. S1- And.].
Duras : Casaus de Duras (10, 21). — Les jardins de Duras étaient au sud de la maison de Duras, derrière des maisons situées dans la rue Porte-Dijeaux [Inv. SVAnd.].
Nostra-Dona-de-La-Plassa : Casau de Nostra-Dona-de-la-Plassa (9, 20). — Le jardin de Notre-Dame-de-la-Place est signalé dans un texte
de 1543 [Inv. S4- And.] : « maison et jardrin seize en ruhe de Saugars,
» autrement du Puy-de-Cadaujac, parroisse Nostre-Dame-de-La-Plasse, » confrontant, d'ung costé, devert nort, à la maison, basse-cour et jardrin » de la chapelle de.... ; d'ung bout, à ladite ruhe, d'aultre bout, au jardin » de Nostre-Dame-de-la-Plasse. » Ce jardin était donc à Test de Notre- Dame-de-La-Place, puisqu'il était derrière une maison ayant sa façade sur la rue de Saugars qui passait à l'orient de l'église.
Puch-Paulin : Casau de PucTi-Paulin (10, 31). — Le jardin de Puy- Paulin s'étendait, suivant un ancien plan manuscrit [coll. J. Delp.], au nord et à l'ouest du château; l'emplacement qu'il occupait est maintenant couvert par des maisons. (Voir p. 460.)
Sent-Andriu : Casau de Sent-Andriu; casalis Sancti-Andree (9, 18). — Le jardin de Saint- André était situé sur les bords du Peugue, dans la paroisse Sainte-Eulalie ; c'est ce qui résulte d'abord de deux extraits d'actes duxive siècle (1368 et 1369) [Inv. S1- And.], où ce jardin est appelé cazau de Sainct-Andrê, et des textes suivants de l'an 1400 [C. de l'Arch.] : « Marquesia Gasc, parrochiana Sancte-Eulalie Burdegale, pro tertia parte
BORDEAUX VERS li50 473
» tmius casalis quod est apud casale Sancti- Andrée. » — « pro solo
» et casali quod est prope Peïagum, rétro domos, loco vocato apud casale
Sancti- Andrée. » — « in parrochia Sancte-Eulalie, loco vocato au
casau Sancti- Andrée. » Il est donc probable, d'après cela, que ce jardin était situé sur la rive droite du Peugue et dans l'emplacement occupé maintenant par la place et par la rue Rohan.
Senta-Crotz : Cazau de Senta- Crotz (1, 22). — Le jardin de Sainte- Croix s'étendait au sud du couvent jusqu'aux murs de la ville. Lorsqu'on construisit le Fort-Louis, on fut obligé d'en prendre une partie, ainsi que nous l'avons dit plus haut; c'est ce qui résulte d'un « verbal de la conte- » nance du jardin de l'abbé de Sainte-Croix à raison de ce qui avait été » pris pour le Fort-J^ouis, daté de l'an 1689 » [Inv. Ste-Cr.].