X PREFACE
les premiers temps du schisme, avait été fort exubérante et compliquée, — se simplifia et s'allégea* pour se concentrer sur quelques principes généraux dont le développement et la discussion peuvent être compris et appréciés à défaut même d'une instruction particulière.
D'autre part, — quoique, à la vérité, la concurrence du Protestantisme et du Catholicisme ne soit plus au jjremier rang de nos préoccupations contemporaines, — il se trouve néanmoins que cette lutte, désormais close ou suspendue, peut encore avoir pour les hommes d'aujourd'hui un intérêt réel et d'actualité.
Les trente dernières années du règne de Louis XIV ne sont pas entrées, jusqu'ici, dans ces régions de l'histoire où gît un passé tout à fait éteint et aboli, auquel nul lien sensible, nulle fibre vitale ne nous rattachent plus. Malgré deux siècles accomplis et en dépit de la différence, — plus superficielle peut-être que profonde , — entre la France d'alors et celle d'à présent, le déclin du « grand règne » appartient encore logiquement à la période où nous sommes. Car c'est alors que so manifesta, pour la première fois, dans les livres et même dans la réalité, l'efficacité destructive ou rénovatrice des principes sociaux dont le triomphe, aujourd'hui encore, est en question, bien loin que le rôle en soit fini et le développement épuisé. C'est à la fin du dixseptième siècle, — dans la génération de Bayle, de Fénelon, de Leibniz, — qu'il faut chercher la tête de série des événements qui continuent de se dérouler sous nos yeux. Là sont les origines morales de l'Europe et spécialement de la France contemporaine.
Or, la controverse entre le Catholicisme et le Protestantisme à cette époque n'a pas été sans ressentir fortement le voisinage des nouveautés troublantes qui alors bouillonnent et font éruption de toutes parts. On aurait grand tort de s'imaginer les théologiens de ce temps comme des ergoteurs inintelligents, enfermés dans une spécialité murée, sourds et aveugles aux leçons de la réalité ambiante, et poursuivant avec sérénité, sur des matières purement scolastiques, un débat byzantin : — Nicole, Arnauld, Bossuet, Jurieu,