‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 112 sur 329 · L. XI, n» cxxvuL · texte numérisé non relu

L. XI, n» cxxvuL

manach spirituel et des Mémoù'es de Georges Morel. Pour YAlmcmach spirituel, je ne sais qu'en dire, si ce n'est que Perrin, ni Léger même, qui parle avec tant de soin des livres des Vaudois, n'ont rien marqué de la date de celui-ci. Ils n'ont pas même pris la peine de nous dire s'il

est manuscrit ou imprimé Mais ce qui décide, c'est

ce que rapporte Perrin, que cette Confession de foi est extraite des Mémoires de Georges Morel. Or il parait par Perrin même que Georges Morel fut celui qui, environ Tan 1530, tant d'années après la Réforme, alla conférer avec Œcolampade et Bucer des moyens de s'y unir. »

D'autre part, « avant la Réforme de Luther et de Calvin, on n'avait jamais entendu parler de Confession de foi des Vaudois. Seyssel', que la vigilance pastorale et l'obligation de sa charge engageait, en loi G et en 1517, à une recherche si exacte de tout ce qui regardait cette secte , ne nous dit pas un seul mot de Confession de foi : c'està-dire qu'il n'en avait rien appris, ni par un examen juridique, ni de ceux qui, se convertissant entre ses mains avec tant de marques de sincérité, lui découvraient avec larmes et componction tout le secret de la secte. Ils n'avaient donc point alors de Confession de foi; il fallait apprendre leur doctrine par leurs interrogatoires ; mais de Confession de foi, ni d'aucun écrit des Vaudois, on n'en trouve pas un mot dans les auteurs qui les ont le mieux connus. Au contraire les Frères de Bohème, secte à laquelle les Vaudois ont souvent tenté de s'unir, et devant et après Luther, nous apprennent qu'ils n'écrivaient rien. »

Il y a donc de fortes présomptions pour que cette prétendue Confession de foi, «non plus que les autres, que Perrin produit», ne soit pas « des anciens Vaudois, mais des Vaudois réformés à la mode des protestants. »

Bossuet, on le voit, a le droit de parler, comme il le fait ailleurs, avec quelque dédain, de ces temps «où la

1. Claude de Seyssel, évêque de Marseille, puis de Turin, conseill-r de Louis XII; mort en 1520.

critique n'était pas encore fort fine,» et où les plus savants, comme Mélanchthon, se laissaient prendre à des écrits supposés ^

Se reporter au texte même des documents originaux est un mérite très modeste, sans doute, mais qui, à en croire les critiques de tout temps, n'est jamais trop commun ni trop loué. Bossuet n'y manque pas. Quand, dans les discussions théologiques, il allègue les Confessions de foi des Eglises protestantes, il a recours successivement, pour plus de sûreté, aux éditions primitives et isolées des principales d'entre elles, — aux recueils généraux où elles ont été plus tard réunies, — aux traductions que les intéressés en ont officiellement données. Quand il tire d'auteurs secondaires des citations importantes, il n'omet pas de vérifier, autant que possible, ses emprunts aux sources mêmes'.

Au sixième livre', il cite, d'après l'histoire de Burnet, une «pièce nouvelle,» relative au sentiment de Luther à l'ésard des Zwinsrliens et de la doctrine du « sens figuré » ; mais il se garde de raisonner sur l'extrait « que cet adroit historien en a fait. » Il va l'étudier dans la collection de documents justificatifs ajoutée par Burnet à son ouvrage; et bien lui en prend, car la, traduction française de V Histoire de la Réforme anglicane n'était pas très fidèle, et le texte authentique, exactement traduit par Bossuet, fait beaucoup mieux paraître, soit, pour employer ses paroles, « les extravagances qui passent dans l'esprit des novateurs», soit, pour parler sans passion, l'embarras singulier où se trouvait Luther, partagé entre le désir de contenter les Zwingliens, et la foi, — dont il était profondément pénétré, — au sujet de la présence réelle et substantielle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.

Ailleurs, Bossuet veut montrer le rôle joué par Luther dans les troubles de l'Allemagne. Certaines «thèses»

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