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soutenues par le Réformateur en loiO, lui fournissaient une preuve convaincante de la part morale qu'il y avait prise, et cestlièses, il en avaittrouvé, au livre vingt-sixième de Sleidan, des citations et une analyse assez développées. Mais il ne se contente pas de cette reproduction. Il s'adresse au texte même des œuvres de Luther, dans le tome premier de l'édition de Wittenberg-. Et ici encore, il est payé de sa peine. Sleidan «n'avait pas osé rapporter les derniers mots » de ces « thèses sanguinaires » , «tant,» dit Bossuet, «ils lui avaient paru horribles » ; or la fin de ce compromettant passage autorise, dans une certaine mesure, l'historien catholique à reprocher à Luther d'avoir, «d'une manière furieuse», excité son parti à prendre les armes \
11 n'est pas moins exact sur les dates des documents qu'il allègue. — Pour étudier le caractère de Mélanchthon dans les lettres de ce Réformateur, il a dû étabUr entre elles, pour son usage, un ordre chronologique" qui n'existe pas dans les éditions dont il pouvait se servir. — Il s'empare, en un endroit, de cette grave déclaration de Bucer, que «les bonnes œuvres peuvent mériter la vie éternelle. » Mais il est important de savoir à quel moment précis le docteur de Strasbourg a fait cette concession aux catholiques... C'est en 1539, dans la dispute de Leipzig : Bossuet n'oublie pas de le noter, « afin qu'on ne pense pas que ce soient des choses écrites au commencement de la Réforme et avant qu'elle eût le loisir de se reconnaître^. » — De même lorsque Calvin prétend, sur l'article de la Cène, interpréter la Confession d'Augsbourg, rédigée par Mélanchthon, mais en 1530 et au nom de
- 1. L. Vm, n" I. — Voir des vérificatioQS du même genre, 1. VI, n<>XLii; 1. VII, n» Lvm; 1. VIII, n» i; 1. X, n°^ xiii et xxiii; 1. XI, n»s cxxxvi, clxxiii, clxxiv. Il n'est pas inutile de signaler la loyauté de Bossuet dans la façon de citer les textes; il ne les découpe point arbitrairement, et, quand il est obligé de les morceler, il en avertit (I. XII, n» ii).