‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 119 sur 329 · IX, Qos XX et XL · texte numérisé non relu

IX, Qos XX et XL

3. Cf. Co?j). Reformaforum, Metanchthonis Opéra, t. I, col. xi.-xi.i.

216 LlVRli DEUXIÈME.

quand il a recours à des auteurs donnant le plus léger prétexte aux défiances protestantes. Lorsqu'il demande à Erasme des renseignements sur les résultats moraux de la Réforme en Allemagne, il a soin de faire la plus large part aux lettres que le philosophe de Bàle écrivait, non pas à des catholiques militants, — suspects de fomenter son mécontentement et de l'encourager à la satire, — mais à des correspondants, soit nettement protestants, soit, tout au moins, catholiques modérés, qui étaient en mesure de contrôler ses rapports et ses appréciations, et disposés, au besoin, à y contredire'.

Ainsi, en ce qui touche Luther même, voici les documents d'où Bossuet dégage l'opinion d'Erasme sur le Réformateur ^ C'est, en premier lieu, la lettre fameuse adressée par Erasme à Luther en 1519, et où, tout en assurant le moine de Wittenberg de son estime et de ses souhaits sympathiques, il lui laisse entrevoir, d'une façon insinuante et habile, mais transparente, combien les témérités et les violences lui semblaient déplacées en une si grande affaire ^.

C'est ensuite une lettre adressée, en 1320, au cardinal Campège. Luther a rompu avec l'Eglise, et Erasme décline toute solidarité effective avec lui, mais il ne le charge point : il ne fait que définir avec une précision impartiale ce qui lui déplaît dans la nature, et surtout dans les façons d'agir, du Réformateur \

C'est enfin une lettre écrite à Mélanchthon en 1324, après la composition de ce traité du Litige Arbitre, où Érasme adressait à Luther comme une dernière adjura-

1. L. V, n» xui : lettres à Mélanchthon; à Willibald Pirckheimer, humaniste de Nuremberg, actif partisan de Reuchlia et de la Réforme commençante, qui recommandait chaudement Luther au pape; à Gaspard Hédion, prédicateur de Strasbourg; à Henri Stromer, médecin d'esprit pacifique, partisan des opinions moyennes d'Érasme, etc. Il y en a une à Théodore Hezius, secrétaire, sans doute modéré, du pape conciliateur Hadrien VI; une seule à George de Saxe, le bouillant ennemi de Luther.

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