‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 130 sur 329 · N» XLV · texte numérisé non relu

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reconstitue ainsi le point de départ et le progrès subséquent. — Au moment où ils se séparèrent, « ils n'avaient encore que très peu de dogmes contraires aux nôtres, et peut-être même point du tout'.» «Il semble que Waldo ait eu d'abord un bon dessein^.» Quant à ses disciples, «secte obscure, timide et ignorante^,» étrangère aux spéculations ambitieuses et subtiles de certains hérétiques, « on ne remarquait chez eux, au début, que l'affectation d'une superbe et oisive pauvreté\» Tout ce qu'il y avait lieu de leur reprocher dans ces commencements, c'est qu'ils refusaient, en certains cas, obéissance aux pasteurs établis par l'Eglise; qu'ils contestaient l'utilité de l'intercession des vivants pour les morts et de la prière faite dans les églises; qu'ils rejetaient tout serment comme illégitime et déniaient à la société le droit de punir ; c'est surtout, enfin, qu'ils revendiquaient pour tout laïque de bonne vie le droit de prêcher liljrement. Pkis tard même, «leur audace croissant, » ils Téclamèrent le droit de conférer les sacrements et de « consacrer le corps de Jésus-Christs »

Cinquante ans après leur naissance, ils ne se croyaient pas encore sortis de l'Eglise. En 1212, ils viennent à Rome demander avec candeur l'approbation d'innocentllIMlest vrai que vers le milieu du treizième siècle, « remplis d'un zèle amer contre le clergé et contre toute l'Eglise catholique, irrités de la défense qu'on leur fit de prêcher, ils ne gardèrent plus aucune mesure'.» Mais, alors même, les seules erreurs dont on les accuse sont celles qui viennent d'être citées, en y ajoutant le rejet de la hiérarchie sacerdotale, des cérémonies extérieures du culte catholique et de l'honneur rendu aux

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