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Saints, le rêve de la communauté des biens et linterdiction aux g-ens d'Eglise en particulier de toute espèce de propriété .
Voilà en quoi se résumait leur croyance, d'après Alain de Citeaux, Ebrard de Bétliune, l'abbé de Fontcaud, Emeric, Conrad d'Ursperg; d'après Pylicdorf, « qui les a vus dans leur force et qui a très bien remarqué et l'ancien esprit et tout le progrès de la secte; » d'après Renier enfin, « qui rapporte tous leurs dogmes jusqu'aux moindres précisions'. »
Quant aux ressemblances de cette doctrine avec la Réforme luthérienne et calviniste, elles sont insignifiantes et sans portée.
Les innovations caractéristiques de la théologie protestante portent sur la Justification et sur l'Eucharistie : or les Vaudois n en savent que ce que l'Eglise catholique enseigne. ISi Waldo, ni aucun de ses successeurs, ne s'est jamais élevé contre la Présence réelle. Et qu'on ne dise pas que les moines chroniqueurs ont pu s'abstenir à dessein, par prudence, de divulguer leurs opinions sur ce point : la matière était assez connue après la condamnation de Bérenger, et le bruit qu'elle fit dans l'Eglise avait été assez grand pour qu'on n'eût point de scrupule d'en parler^ Et, d'ailleurs, les auteurs catholiques ne cherchent nullement à cacher les blasphèmes bien plus étranges des Albigeois, ni les invectives violentes, — qu'ils auraient eu intérêt à passer sous silence, — des Vaudois eux-mêmes, contre la corruption de l'Eglise romaine. Tout au contraire, les documents orig-inaux, depuis Pierre de Vaucernay jusqu'aux interrogatoires des Vaudois de Pragelas en 1495^, nous montrent que les Vaudois croyaient toujours à l'Eucharistie. Peut-être même la recevaient-ils des mains des prêtres catholiques. Et pour ce qui est des autres sacrements*, ils ne rejetaient ni la