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Et du reste, le but qu'on se proposait, au dire de Bèze lui-même, c'était «qu'une Confession de foi)) fût présentée au Roi; et c'était par une requête en vue d'obtenir la liberté de conscience que « l'action devait commencer »^
En vain essaie-t-on d'obscurcir le caractère véritable de la conjuration en rappelant que des huguenots la révélèrent. Il est vrai; mais le parti les considéra comme des traîtres : Bèze ne s'en cache pas^.
L'abstention de Calvin , dont « l'auteur de la Critique de Maimbourg» fait si grand bruit ^^ ne prouve pas davantage : il blâma la conjuration, d'accord ; mais il ne fit rien pour l'empêcher. Et s'il l'avait si fort détestée, Bèze, son disciple, son collaborateur, son ami, l'eùt-il approuvée avec tant d'éclat'?
La conjuration d'Amboise fut donc bien « une affaire de religion,» où «tout le gros de la Réforme entra», « une entreprise menée par les Réformés » dans l'intérêt de la Réforme ^
La première guerre civile leur doit être aussi attribuée ^ Alors, tout le parti se déclare. L'Amiral, qui s'était abstenu de prendre part à la conjuration d'Amboise, se met à la tète des protestants ouvertement rebelles. Calvin ne résiste plus celte fois. Les modérés eux-mêmes, — comme le « brave et sage » La Noue, qui s'était d'abord opposé à la prise des armes, — sont entraînés « par l'autorité des ministres et des Synodes. »
Car, à ce moment, «la doctrine qui permettait de prendre les armes pour la cause de la religion fut autorisée, — selon Bossuet, — non plus seulement par les ministres en particulier, mais encore en commun par les Synodes'». «Des décisions expresses sur cette matière