CHAPITRE DEUXIÈME. 25o
furent faites dans la plupart des Synodes provinciaux, » auxquels, d'ailleurs, le Synode national tenu à Lyon en 1563 avait donné l'exemple : deux articles des procèsverbaux de cette assemblée contiennent un blâme formel de l'obéissance au Roi et à la Reine-mère, en même temps qu'une approbation implicite des moyens violents.
Peut-on maintenant faire valoir, comme justification, soit la bonne discipline des huguenots dans ces guerres^ soit la conduite tenue plus tard par les catholiques euxmêmes sous Henri III et Henri IV^?Bossuet, après avoir réfuté en passant ces excuses peu solides, s'arrête plus longuement^ à discuter la théorie récemment soutenue par Burnet et par Bayle.
Les huguenots, avait dit Burnet*, attaqués les premiers par les Guises, se sont vus forcés de se défendre; de plus, ils ont pu le faire légalement, vu les droits que le prince de Condé, leur chef, avait au gouvernement de l'Etat.
A la première objection, Bossuet, se fondant sur La Popelinière et de Thou, répond que le massacre de Vassy n'était point une entreprise préméditée^; à la seconde, il réplique^ que la Régence avait été déférée à Catherine du commun consentement de tout le royaume et même du roi de Navarre, que le prince de Condé n'avait nul droit d'y prétendre, et que, du reste, il n'y a jamais prétendu.
La thèse de Bayle était plus forte. II ne contestait pas la légitimité du pouvoir de Catherine ; il l'exagérait, au contraire, pour en conclure que ces lettres célèbres de la Régente au prince de Condé, où elle le priait de « conserver la mère et les enfants, et tout le royaume *>, légitimaient entièrement la prise des armes'.
i.a» xxxix.