Nos XLll-XLIV
7. Crit. gén. de i'Hist. du Calvinisme du P. Maimbourg, 1. XVII.
Yain prétexte, suivant Bossuet, et auquel « deux raisons convaincantes ne laissent aucune ressource \))
En premier lieu, ce pouvoir de Catherine, dont on fait si grand état, n'était pas absolu, sans limite et sans contrôle. « La régence », — de Thou l'atteste, — « ne lui avait été déférée qu'à la condition de ne rien faire de conséquent que dans le conseil, avec la participation et de l'avis du roi de Ps^avarre comme premier prince du sang et lieutenant général établi, du consentement des Etats^ dans toutes les provinces et dans toutes les armées.» Donc cette exhortation de Catherine au prince de Condé était illégale : la Reine-mère n'avait pas le pouvoir d'autoriser la résistance, et le roi de ?s^avarre, au contraire, voyant « qu'elle perdait tout », était en droit, comme il le fit, de «rompre ses mesures», — d'accord en cela, du reste, avec les autres princes du sang, avec les principaux du royaume et avec le Parlement.
En second lieu^ la Reine ne favorisait le prince de Condé que « par la vaine terreur qu'elle avait conçue d'être dépouillée de son pouvoir.» Ce n'était là, pour dire vrai, que des «inquiétudes de Catherine», et encore passagères, comme la suite le montra. Ces lettres de la Reine-mère^ tant vantées par l'historien protestant, n'ont eu réellement, ni en droit, ni en fait, le caractère d'ordres légitimes et sérieux.
Au reste, « Bèze même fait assez voir que tout roulait sur la religion, sur les Edits violés et sur le prétendu meurtre de Yassy'. » Reprenant sa démonstration interrompue, Bossuet rappelle que la guerre fut décidée en principe dans une assemblée où se trouvaient « les principaux de l'Eglise». Bèze, qui nous l'apprend, se vs^nte lui-même d'avoir « averti de leur devoir » Condé et Coligny, et d'avoir «exhorté un chacun d'user des armes». Résolue de l'avis des ministres, fomentée par leurs pré-