Cf. plus loin, p. 290 et a
8. " Quem (Lulhenirai nec velut Aten Lita sequitur .Mélanchthon, componere studlens quod turf/avit ille, etc. » Eras.me, Èpist. in Pseudevangelicos,
CHAP'ITRE DEUXIÈME. 28o
de la paix commune, mais aussi peut-être par lu pente de cette intelligence raffinée et inquiète, dont au reste Y Histoire des Variations, — nous allons le voir tout à l'heure. — nous permet d'apprécier les éléments constitutifs. — Voici un exemple ' de ces contradictions que Bossuet ne saurait s'expliquer: — Mélanchthon. à partir d'une certaine date, ne pense plus comme Luther sur l'Eucharistie, et il pense comme Zwingle : et cependant il se réjouit de voir des Zwingliens se convertir peu à peu aux opinions de Luther desquelles lui-même il se détache, et renoncer aux opinions de Zwingle que lui-même il adopte... — Une conscience qui se prête à ces dédoublements, qui accepte de telles indécisions, devait déconcerter, irriter Bossuet tout autant que, plus tard, la souplesse de Fénelon et son entente des fuites artificieuses. Il a de la pitié pour Mélanchthon, cela est sûr : il n'a pour lui ni amitié, ni même indulgence. Mélanchthon avait de beaux dons, mais il en usa mal; il laissa perdre les grâces^ qu'il avait reçues. Son historien le plaint^, mais il le condamne et il le damne \ et ce n'est pas du tout en raison d'une préférence affectueuse pour son caractère qu'il s'attarde à le peindre...
C'est que les « dispositions particulières » de Mélanchthon lui fournissent la matière d'une de ces grandes leçons que sa sévérité chrétienne aime à tirer de l'histoire. Elles lui donnent lieu de montrer gravement « comment, après s'être engagé dans un mauvais parti avec de bonnes inten-
Opera, t. IX. « Vacillans tiiubansque optimus Mélanchthon. » Buddaecs, Jsag. hist. theologica, {Lips., 1727), p. 1203.
1. L. IV, n» xxxiii-xxxiv. — Cf. n» xxv, et 1. VI, b<> xxxii.