‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 152 sur 329 · L. IV, n · texte numérisé non relu

L. IV, n

4. L. V, n» XXXII. a Que lui servit d'avoir conservé tant de boDs sentiments? L'ennemi de notre salut, dit le pape saint Grégoire, ne les éteint pas toujours entièrement, et comme Dieu laisse dans ses enfants des restes de cupidité qui les humilient, Satan, son imitateur à contre-sens, laisse aussi, qui le croirait? dans ses esclaves, des restes de piété, fausse sans doute et trompeuse, mais néanmoins apparente, par où il achève de les séduire. Pour comble de malheur, ils se croient saints, et ne songent pas que la piété qui n'a pas toutes ses suites n'est qu'hypocrisie. »

tions générales, on y demeure i » par obstination, par fausse gloire, par zèle inconséquent pour une causeront on voit tout le faible, et « au milieu même des plus violentes agitations que puisse jamais sentir un homme vivant^. » Mélanehthon paraît être A Bossuet un saisissant exemple des erreurs, des tâtonnements, des démentis*, des humiliations, des déboires, de toutes les peines d'âme et troubles d'esprit auxquels s'expose l'homme le plus vertueux même et le plus éclairé, du moment où il se guide par son « sens propre » et par sa sagesse isolée, — au heu de s'en tenir, quoi qu'il en coûte parfois, aux pouvoirs établis d'en haut avec charge de l'enseigner et de le conduire ^ — Ces pauvres âmes, qui pour avoir été un jour les dupes du libre examen, deviennent les victimes de leur fanatisme et de celui de leurs séducteurs, Bossuet, moraliste et prêtre, a souvent médité, sans doute, sur leur état; il en reconnaît, chez Mélanehthon, le type complet, et il saisit l'occasion de le mettre en pleine lumière.

Mais ce qu'il faut noter ici, c'est que l'intention morale, si visible dans ce portrait de Mélanehthon®, n'en altère

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