‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 16 sur 329 · Nouv. Lett. crit. sur l'Hist. du Calvinisme, III, iv · texte numérisé non relu

Nouv. Lett. crit. sur l'Hist. du Calvinisme, III, iv

le résultat fortuit de la rancune d'un théologien piqué et d'une espèce de gageure de Bossuet avec lui-même, mais comme une œuvre dont les circonstances lui imposaient, pour ainsi dire, la composition.

Durant les vingt années qui précédèrent l'apparition de YRistoire des Variations, le débat théologique poursuivi en France, depuis plus de cent ans, par les catholiques et les réformés, avait notablement changé de caractère. Pour se rendre compte aussi précisément que possible de cette évolution, il est nécessaire de revenir sur l'histoire de la controverse depuis la seconde moitié du seizième siècle jusqu'à la seconde moitié du dixseptième.

On sait avec quelle ardeur la lutte s'était engagée environ le temps de la mort de Henri II. Le premier Synode national des églises réformées de France et le Colloque de Poissy donnèrent, de part et d'autre, le signal de la dispute^ Décidé par l'exemple du cardinal de Lorraine, son chef, le clergé catholique accepte alors de se « commettre » à discuter avec l'hérésie-, désormais trop puissante et trop audacieuse pour qu'on pût la mépriser sans imprudence. Les deux religions se mirent à combattre par la plume et par la parole, en même temps qu'elles combattaient par les armes, mais on comprend que, jusqu'à l'Édit de Nantes, la bataille théologique ait dû se ressentir du voisinage presque continuel de la guerre civile et des violences matérielles au milieu desquelles on vivait. Deux choses, dans cette première époque, distinguèrent

1. Conférences, à la suite du Colloque, entre Bèze, Pierre Martyr, Des Gallars, de l'Espine, — et Jean de Montluc, Duval, Despence, Salignac, Boutelier.

2. Simon Fontaine écrivait avant 1557, dans YHistoire catholique de notre temps, publiée seulement en 1562, p. 72 : «Jamais dispute avec hérétiques ne vint à grand fruit à l'Église » ; p. 116 : « Il ne faut jamais disputer contre un luthérien. »

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