L. XI, n" CLXxiii-CLXXVi
suet en déshabillé'; — mais on ne laisse pas que d'être un peu surpris de rencontrer assez souvent un Bossuet en belle humeur.
Il vient, par exemple, d'exposer la doctrine que professaient sur le Baptême ces Calixtins, disciples crédules d'un artisan travesti en docteur. La sérieuse discussion de leurs inconséquences mène le lecteur à cette conclusion humoristique : « Voilà ce que c'est que d'être réformés de la façon d'un cordonnier!...»
Avant d'introduire Bucer, Bossuet fait un court portrait du réformateur alsacien. «Bucer avait été jacobin et s'était marié comme les autres ; et même, pour ainsi parler, plus que les autres, puisque, sa femme étant morte, il passa à un second et même à un troisième mariage 2. » Ne semblerait-il pas que Bossuet ait ici souri lui-même de cette large complaisance pour la chair, en définissant, comme il fait, d'un mot original et hardi, les récidives de Bucer dans le mariage?
Il y a encore une assez bonne esquisse de scène comique dans le dialogue, que Bossuet imagine, entre Luthériens etZwingliens, disputant sur le sens, propre ou figuré, du « Ceci est mon corps». «... Ils pressaient Luther en cette sorte : « S'il vous est permis de reconnaître dans ces paroles de l'institution (du sacrement) la figure qui met la partie pour le tout, pourquoi nous voulez-vous empêcher d'y reconnaître la figure qui met la chose pour le signe? Figure pour figure, la métonymie que nous recevons vaut bien la synecdoque que vous admettez. » Et Bossuet ajoute, d'un ton de déférence et de componction : « Ces messieurs étaient humanistes et grammairiens ; tous les livres furent bientôt remplis de la synecdoque de Luther et de la métonymie de Zwingle; il fallait que les protestants prissent parti entre ces deux figures de rhétorique^.»
1. Voy. les Motifs de la conversion de Pierre Frotté (cités plus haut, p. 301), p. 20, et la réponse de Bossuet à ces « bassesses », dans le Sixième Avertissement, part. 11, 11° cxv.