Socrate chrétien (1652), discours V
2. Tabaral'd, Hist. de Pierre de BéruUe, II, p. 52, 55-57, sq. (Néanmoins Bérulle eut du succès quand il s'adonna à la controverse : voir Cloyseault, Vie du card. de BéruUe, dans le recueil du P. Ingold, I, p. 28-29). — Tabaraud, ibid., p. 55 : «...Il ne croyait pas qu'on y pût parveuir par la seule voie des controverses. Un Père de l'Oratoire lui ayant alors proposé de former dans la congrégation un corps de controversistes spécialement occupé de combattre l'iiérésie, il lui répondit qu'un établissement de ce genre ne suflirait pas pour les circonstances ol!i l'on se trouvait, et ne conduirait pas efficacement au but qu'on voulait atteindre; qu'on ne pourrait mettre fin à une hérésie qui avait pris naissance dans les divisions de l'Etal que par un coup d'éclat propre à la détruire dans son centre même. » D'après une lettre (ou des lettres) de Bérulle à Richelieu (1621) tirées des Mss. du Louvre et Habert de Cerisy, t. Il, ch. xni, p. 15). — Cf. Cloyseault, ouvr. cité, p. 60, et surtout p. 66-67 : « L'étude de la controverse y servira, mais peu, etc.» — Cf. sur le P. Guillaume Dodo, ibid., p. 175.
3. Dès 1G26, au lieu de combattre le livre d'Aubertin sur l'Eucharistie, le clergé préférait faire châtier l'auteur (voir Bordier, France protestante). — Voir pour cette période, les procès-verbaux et les. remontrances des assemblées du clergé de France, de 1651 à 1656. — Cf. Élie Benoît, Hist. de l'Êdit de Nantes, III, 242, 111, 95, sur des instructions données en 1648 pour empêcher que « ceux de la R. P. R. ne fassent aucun progrès en ce royaume, soit dans le temporel, soit dans le spirituel. >> Cf. 111, p. 112, sq., 123, 164. — Le P. Véron lui-même intente des procès aux ministres quand ils contrevenaient aux édits {Notice de l'édit. de la Règle générale de la foi catholique, par l'abbé La Bouderie). — En 1657, le livre de Bochart sur [Invocation des saints et le culte des images
Toutefois le moment devait se faire attendre où la cour pourrait prêter l'oreille à ces sollicitations. Mazarin, chargé d'assez nombreux embarras par ailleurs, ne se soucia pas de tourmenter inutilement des sujets fidèles dont le seul tort était l'hérésie. Malgré les instances de quelques zélés , comme l'archevêque de Sens, Henri de Gondrin\ il se refusa prudemment à prendre la suite des projets de « réunion » où Richelieu avait commencé peut-être de se laisser engager et il permit au « petit troupeau » de « brouter de mauvaises herbes » à son aise^ Mais à l'avènement personnel de Louis XIV, sa défiance, que l'on ne tarda pas à connaître, à l'endroit de l'hérésie, ranima l'espoir de la partie ardente du clergé catholique et réveilla son ardeur polémique^. Dès 16G1, nous voyons déjà l'Église et la Royauté marcher de conserve vers un but qui ne s'avoue pas encore, mais qui se devine aisément. Toutefois bien que, dès cette date, la collaboration des deux pouvoirs dans une œuvre commune soit sensible, ni le clergé, ni le Roi ne purent, jusqu'en
est poursuivi par arrêt du Conseil d'État. « Le missionnaire que (Bochart) eut pour partie, aima mieux le réfuter par l'arrêt que par des raisons.» Benoît, ibid., III, 242. — Durant toutes ces années, nous ne trouvons plus de disputes comme autrefois, mais seulemeat des condamnations ou des interdictions de livres. Voy. Benoît, III, p. 95-343, passim. — En 1660 encore, les actes de l'assemblée du clergé insistent surtout sur les moyens temporels de répression et de compression. Le dix-huitième article requiert le gouvernement « de défendre l'impression d'aucun livre qui n'aurait pas été vu premièrement par les officiers du roi.» — Cf. F. PuAux, Rev. hisl., 1885, t. XXIX, p. 255 sq.
1. Lettre de Lionne au cardinal Rospigliosi (8 mai 1669) citée par Floquet, Études sur Bossuet, III, p. 43. — Lettres de Richard Slmo.n, t. I, p. 30, 34. — Le P. du Laurens, l'ancien conseiller de Richelieu, insista aussi en vain près de Mazarin pour le décider à agir. [Lettres de R. Simon, I, p. 5.) — Cf. Tabaraud, Hist. des Projets de réunion^ p. 204-206.
2. Sur cette indifférence de Mazarin, le mot de Jurieu est vrai, dit M. Frank Puaux [Rev. hist., t. XXIX, p. 251) : «Le bon homme, tout italien qu'il était et voisin de l'Église, n'avait pas grand zèle pour elle ». Cf. Maynard, Saint Viîicent de Paul, t. IV, p. 1 sqq., et Chéruel, Minorité de Louis XIV, t. I, p. 129-133.
3. Sur les vues de Louis XIV, voyez les textes cités par Floquet, ibid., : i° Œuvres de Louis XIV, I, p. 84; 2° Gcy Patin, Lettres (3 mars 1665); 3° Jurieu, Politique du clergé de France (1682), p. 18. C'est de 1661 que date, d'après M. Puaux (art. cité), la guerre de chicanes juridiques faites aux Églises réformées par les agents du clergé, et c'est en 1665 que Louis XIV fut gagné définitivement, selon lui, aux idées de révocation.
20 LIVRE PREMIEil.
16G8, y travailler librement. Les affaires du Jansénisme et des Jésuites distrayaient l'attention des catholiques, et les privaient d'une notable partie de leurs forces', tandis que la guerre de Dévolution et les premières réformes intérieures absorbaient d'autre part les soins du Roi. La paix d'Aix-la-Chapelle, en 1668, donna à Louis XIV le loisir de se déclarer déjà plus nettement^; un an après, l'intervention de Clément IX permettait à l'Eglise de France, pacifiée, de se consacrer tout entière à la guerre contre l'hérésie : guerre où désormais le groupe réconcilié des théologiens de Port-Royal, heureux de donner des preuves de son orthodoxie^, apportait avec empressement le précieux appoint de son énergie, de sa science, et de son talent d'écrire.
Alors recommença, aussi ard3nte, ausii active* que dans les dernières années du seizième siècle, la lutte des deux Eglises; lutte intéressante au plus haut point pour l'his-
1. Préf. hist. et crit. du t. XII des Œuvres d'ÀRx.vrLD, p. ii. Le livre de Nicole, sur la Perpétuité de la foi de l'Église touchant l'Eucharistie , publié en 166i, ir obtint que diffieilemeut un privilège, d'aprrs le même document, p. vi. — A cette date (1665 environ), les Jansénistes, quand on les sollicitait d'abandonner la défense de Jansénius et de céder sur le Formulaire pour employer leur plume contre les hérétiques, répondaient avec M. de Pontcliàteau que « la France était un vaisseau qui faisait eau de toutes parts, et qu'il était indispensable de radouber avant de songer à combattre les ennemis extérieurs ». Ibid., p. VIII. — Eu 1667, le P. Nouet publia un livre « pour servir de réponse au ministre qui a écrit contre la Perpétuité » de Nicole. CL.\ur)E, dans sa Réponse au P. Nouet, alîecte de considérer ce jésuite comme le seul défenseur « autorisé » de l'Église romaine qui ne veut pas «pormeltre aux écrivaius de l'ort- Hoyal de rentrer en licp pour sa querelle, ni en qualité de volontaires, ni en qualité de troupes auxiliaires»,
2. Cf. Ra.nke, Hiit. de France, IV (trad. fr.), p. 367; Floquet, Études sur Bossuet, III, 290-291; Frank Puaux, édition des Plaintes des Protestants Ap Claude, p. 7, n. 1, et surtout dans la Revue historique, 1885, t. XXIX, p. 241-
3. Claude et les protestants insinuaient sans trop d'invraisemblance qu'il y avait dans leur ardeur un peu de politique. Cf. Préf. hist. et crit., du t. XU des Œuvres d"ÂRNAULD, p. xiv; Floqlet, Etudes, m, 274; Saixie-Beuve, Pori- Royal, II, p. 195 sqq.
4. Ces disputes renaissantes ne semblent pas cependant avoir trouvé auprès du public la même faveur qu'autrefois. Bossuet (Confér. avec Claude) se plaint que les catholiques « négligent les livres de controverse ». Cf. Bayle, Crit. gén. de l'Iiist. du Calvinisme, I. XXX, n*" xiii ; Nouv. de la Rép. des Lettres, déc. 1684, art. XII; la Vie de Nicole, t. Il, p. 45; une lettre de Spon à Nicaise, du 12 sept. 1684, dans la Corresp. de l'abbé Nicaise (Bibl. nat., mss.), t. II, p. 165, etc.
toire des idées modernes, car les questions qui s'y débattent ne sont autres, sous une forme tliéologique , que les problèmes les plus importants de la religion, de la philosophie, de la morale sociale et de la politique; lutte grave et passionnée, à laquelle ajoute un intérêt presque dramatique l'approche, de plus en plus visible et menaçante, de la Révocation de l'Édit de Nantes; lutte profondément sincère de part et d'autre, car si les catholiques s'y donnent le tort injustifiable d'accepter pour leur cause le concours du pouvoir séculier, on ne saurait toutefois méconnaître chez eux un sérieux et sincère effort de persuasion. De 1G69 à lC8o', les Hvres succèdent aux
l. Conférences de Le Blanc de Beaulieu avec le P. Adam, à rinsti^ation de Fabert, 1662; du P. Adam avec Turenoe, 1671; de l'aul Ferri et de Théodore Maimbourg avec Bossuel, 1666; de Claude avec Bossuet, 1678. — Teutalives faites auprès de Claude, eo 1680, 1681, 1685, pour l'amener à une nouvelle conférence (Haag, France protestante). — Sur les leçons de controverse qui se donnaient alms publiqui-iuent, voir CnAnnoN oe Lug.sy, Nouvelle Méthode pour réfuter VétalAisscment des Églises liéformées, 17.30, p. .325.326; Pioor, Mém. pour servir à l'hist. ecclés. du dix-septième siècle, 1815, II, p. 18 sqq. ; Flo- QCET, Études sur Bossuet, III, p. 46 sqq.; Piéacme, Ilist. de Bossuet, II, 301; 0. DoLR.v, L'Intolérance de Fénrlon, p. 300 sqq.
Projets de réimon. — En Languedoc, dès 1660, ouvertures du prince de Coriti; pourparlers avec le ministre Noguier. Claude mot opposition à ce projet, dans Te Synode provincial de Nîmes en 1661. (Haag, ibid.) — En 1669, il est question d'une sorte de colloque général analogue à celui dont ou prête le dessein à Hichelieu. Et ce ne devait être qu'après une adhésion volontaire, que l'on crovait facile à obtenir, des principau.x ministres de toute la France que l'on révoquerait l'Édit, désormais sans objet. Du reste, il est difficile de savoir ce qui se pas.sa dans ces pourparlers très secrets. (Floqlet, Études sur Bossuet, III, 290-291 ; Rllhu>re, Éclaircissements sur les Causes de la Révocation de l'Édit de Nantes, ch. vi, etc.) — Sur les démarches faites parTurenne, secondé par quelques ministres convertis, v. Élie Be.noît, Hist. de l'Édit, IV, p. 136 : « Il se trouva », dit E. Benoît, ibid., p. 1.37, 119, 259, « plus de ministres qu'on aurait cru pour donner les mains à ce projet dangereux.» Ces vues paraissent avoir eu quelque succès dans l'Ile de France, l'Anjou, le Berri, la Saintonge,le Vivarais et le Languedoc. Le Synode de l'Ile de France de 1673, mil un terme aux efforts des «accommodeurs ». — Sur la tentative du ministre d'Yze, professeur à Die, veuu à Paris en 1677 pour soumettre à Bossuet un projet qui n'eut pas de suite, voy. Rabaui le jeune, Détails historiques sur les projets de Réunion, p. 98. Cf. Tabaraid, Ilisl. des Proji'ts de Réunion.
.\bji'ratio.\s. — Elles semblent avoir été assez nombreuses à cette époque. V. les l'rocès-verbau.v des assemblées du Clergé de 1659 à 1666, et la Liste des conversions de 1656 à 1661, citée par Floquet, ibid., III. L'intimidation et les promesses y avaient du reste une part, comme le prouve cette lettre citée par le même auteur, ibid., 50 : « La disposition est plus éloignée que jamais de favoriser les Kglisfs calvinistes, ni de faire aucune grâce au général. Nous sommes en ce moment menacés de la dernière désolation... Il est temps de penser sérieu-
livres, les répliques se pressent, les prédications controversistes se multiplient, les conférences entre adversaires, dès longtemps tombées en désuétude, reparaissent. Et même après 1685, — même après que le gouvernement a tranché brutalement la dispute, en donnant cause gagïiée au Catholicisme et en supposant que la religion réformée n'a plus, désormais, en France, de raison d'être, — même alors le débat se poursuit encore. Sortis de France, les prolestants s'obstinent à disputer toujours'; ils tiennent à montrer au monde qu'on a pu les violenter, mais qu'on n'a pas pu les convaincre ; ils veulent soutenir de loin la constance orthodoxe des fidèles restés « en captivité », ou comme ils disaient «sous la croix». Surtout, ils disputent encore, parce qu'ils conservent l'illusion que leur défaite ne sera que temporaire, et qu'un brusque retour de la politique européenne va ramener bientôt dans la patrie perdue leur religion triomphante. Les catholiques, eux aussi, continuent à multiplier les ouvrages de controverse, et s'il est facile d'accuser d'ironie cruelle et hypocrite cette persistance à vouloir convaincre leurs victimes, dis-
sement à la paix. De tous côtés, on nous quitte, et ministres, et gens de condition, ou l'on est sur le point de nous quitter; et l'on ne fait autre chose que chercher une belle porte pour sortir et se retirer.» Th. Maimbourg à Ferri, 8 sept. 1666.
Controverse a partir de 1682. — L'assemblée générale du Clergé de 1681 donna une nouvelle impulsion à la controverse. Voyez les Méthodes de conversion recommandées par cette assemblée; le Mercure auJant, 1682-1686; Bayle, Nouvelles de la Républ. des Lettres^ juin 1686; E. Benoît, Uist. de l'Ëdit, III, 422 sqq., IV, 136 sqq. ; Picot, Essai sur l'influence de la Religion en France, II, p. 210 sqq.; Floocet, Bossuet, précepteur du Dauphin, p. 285, 2%Q, sqq. (sur les efforts de rarchevéque Péréfi.xe), etc. — Parmi les nombreu.\ écrivains controversistes, aujourd'hui oublié.s, qui prennent part à cett<! campagne, rappelons les noms de Du Guet, envoyé à Strasbourg en 1685; de Louis de Cordemoi, Le Fèvre, Joseph Lambert, Soulier, Chardou de Lugny, Paul Bruzeau. Ce dernier, entre 1673 et 1684, publie ciuq traités de controverse. — On trouvera plus loin une énumération assez longue, quoique encore incomplète, des ouvrages de polémique religieuse qui ont eu quelque importance et qui oui conservé quelque intérêt.
1. L'Édit du 23 août 1685 ôta la parole aux protestants restés en France. 11 était dès lors interdit « aux ministres et à toutes personnes de la R. P. R. de prêcher et de publier des livres contre la foi de l'Église, d'imputer aux catholiques des dogmes qu'ils réprouvent, et même de parler directement ou indirectement de la religion catholique. »
puter encore tandis qu'ils persécutent, et s'adresser aux ànies quand ils tourmentent les corps, il est assurément plus juste et plus indulgent tout ensemble de voir, dans cette prolongation de la controverse, alors même qu'elle est devenue inutile et qu'elle risque de paraître odieuse, une espèce de honte inavouée des catholiques sérieux, un remords de leur triste et incomplète victoire, et comme un iiommage involontaire rendu à la liberté de la conscience par ceux mêmes qui prétendaient la contraindre.
Dans cette dernière et féconde période, la, controverse nous apparaît très différente de ce qu'elle avait été jusqu'alors. Et d'abord, le nombre des sujets qu'elle traite est de beaucoup moindre qu'autrefois. Le débat ne s'étend plus sur cent sujets d'importance inégale ; il se restreint à peu de points essentiels. En second lieu, la méthode s'est modifiée. Ce qu'à présent on examine, ce n'est pas seulement la vérité absolue des dogmes, considérés en eux-mêmes et dans leur conformité plus ou moins exacte avec la parole révélée ; c'est encore la croyance antérieurement professée sur ces dogmes par l'Eglise. Ce n'est pas uniquement à la raison chrétienne et aux Textes sacrés qu'on en appelle désormais : c'est aussi, et de plus en plus, à la foi des siècles passés.
Ces deux faits. — d'une part, la simplification des controverses au sortir de la mêlée d'objections où naguère s'agitait la dispute, — d'autre part, révolution de la méthode, dans le sens d'une déférence au passé à laquelle les protestants se refusaient jadis, — méritent l'un et l'autre qu'on s'y arrête.
La diminution du nombre des sujets discutés signifiet-elle que l'on était enfin parvenu à s'accorder sur la plu-
24 LIVRE PHEMIER.
part des controverses d'autrefois ? Il y aurait de l'exagération' à laffirmer d'une façon aussi absolue : il n'y en a point à dire que l'on commençait cependant à s'entendre. Et l'on commençait à s'entendre parce que Ton finissait par se connaître. Cent années de disputes pouvaient bien avoir, on en conviendra, ce résultat modeste. Par exemple, sur ce fameux principe de la Justification par la foi, au nom duquel Luther avait fait la Réforme, il est certain qu'on en était arrivé à découvrir que le désaccord était purement verbal ; on se rendait compte à présent que la nécessité des bonnes œuvres n'était pas plus méconnue par les calvinistes, que l'indispensable et suprême nécessité de la foi n'était contestée par les catholiques-.
Et la lumière faite sur ce point rendait du même coup d'autres matières plus claires : celle de l'Intercession des Saints, celle des Indulgences. Sans s'approuver encore, on se comprenait mieux.
Ajoutons que les faits survenus dans la vie intérieure du Protestantisme et du Catholicisme, durant le cours de ce dix-septième siècle, où le développement religieux fut si intense, avaient eu sur les rapports mutuels des deux religions une action réelle. Les opinions particulières, les hérésies que chacune d'elles avait eu à combattre — (tout en étant obligée souvent d'en subir l'influence) — avaient
1. Cf. enlre autres textes où les obstacles anciens sont toujours maintenus comme infranchissables, la Bibliolh. vniv. et liislor. protestante, t. V, 1G87, p. 4'i8, sq., à propos du Catéchisme du diocèse de Meaux de Bossuet.
2. Drelixcolrt, Avertiss. sur les missionn., p. 149 : « sur l'inutilité de l'homme pour le bien, les plus célèbres docteurs de la communion de Rome parlent comme nous. » — Cf. sur Yinamissibilité de la justice, soutenue au début par les premiers réformateurs, le ministre Le Blanc de Beaulieu, et ses « adoucissements >< cités par Bossiet, Ilist. des Variations, XIV, xc. — Le docteur catholique Le Fèvre reproche à .\rnauld (Motifs invincibl'-s pour co/ivaincre ceux de la R. P. R., IGS2), d'avoir imputé à faux aux calvinistes l'inamissibilité de la justice et la certitude du salut. — .kuna', Traité do la puiss. de l'Éfjl., p. 250 : «La foi et les bonnes œuvres sont d'une égale nécessité pour obtenir le salut. » — Bas\age, Hist. de l'ïù/lise, l. H, in-fol., p. 1531 : '( Il faut reconnaître que nous n'avons aucun différend réel sur la justice imputée. » — Le.vfa.nt, Préservatif contre la Réunion, II (dans la Biblioth. german., t. V, p. 8).
fait naître, entre l'Église et la Réforme, des points de contact qui n'existaient pas au début. On sait qu'une des questions les plus grosses de querelles, au seizième siècle, était celle de la Liberté humaine et de la Prédestination. Aux yeux des catholiques qui, comme Erasme, s'abstenant de scruter le dogme et de le pousser à l'extrême, s'en tenaient à la doctrine mitigée où l'Eglise essayait de concilier le libre arbitre de l'homme et l'action de Dieu dans une synthèse plus prudente que logique, rien n'était sans doute choquant comme la raideur absolue avec laquelle Luther, et Calvin plus encore, anéantissait la liberté de l'homme au profit de la toute-puissance et de la toute-science de Dieu. Mais, au dix-septième siècle, les débats que ne tarda pas à soulever, parmi les protestants comme parmi les catholiques^ ce passi(»nnant problème, eurent insensiblement pour effet de n odifier peu à peu la situation respective des deux religioi.s. D'abord* ce fut, entre dominicains et jésuites d'Esp.igue et de France, la querelle dite de «la prémotion physique,» dont les partisans étaient tellement voisins de la doctrine réformée qu'une décision du pape en leur faveur, aurait, au sentiment du cardinal Duperron, rallié toute l'Europe protestante^ Puis étaient venues, vors le temps des progrès du Jansénisuie en France, les disputes du Calvinisme des Pays-Bas, entre Arminius et Gomar. Or, dans cette polémique, c'était, si je puis dire, par les deux bouts que le Protestantisme se rapprochait, d'une façon sensible, de l'EgUse catholique. Car si l'esprit rigoureux de la doctrine gomariste, consentie d'aboi d officiellement par les réforuiés français, se rapprochait beaucoup de l'esprit janséniste, dans sa dévotion primitive aux plus sévères idées de saint Augustin sur la grâce, — d'autre part les opinions, plus douces, d'Arminius'' ne différaient