‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 200 sur 329 · Voy. plus haut, p. 213, n. 4 et p. 214, n · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, p. 213, n. 4 et p. 214, n

durent les empêcher, ce semble, de grandir leurs adversaires en grossissant leurs erreurs.

D'ailleurs si, pour les Albigeois, on pouvait craindre que les chroniqueurs des derniers temps, — dans la sécurité d'une victoire écrasante, ou bien dans le dessein secret d'excuser les duretés odieuses d'une répression qui fut si terrible, — n'aient cédé quelquefois à la tentation damphfier les sacrilèges du Catharisme', il ne serait pas impossible à l'histoire de discerner ces hyperboles et de les ramener aux proportions du vraisemblable. D'abord des documents d'un autre genre nous restent, — quelques interrogatoires d'hérétiques du Midi, enregistrés par les tribunaux de l'Inquisition-, — qui peuvent servir à contrôler les sermons des théologiens et les récits des chroniqueurs. Puis ces théologiens et ces chroniqueurs sont nombreux; ils sont de nationalités différentes, de dates éloignées; ils ne se sont pas concertés, ils se sont ignorés peut-être; et l'on peut dès lors examiner si, depuis l'onzième siècle jusqu'au quatorzième, ils s'accordent entre eux, au moins sur les points essentiels. Bossuet s'est-il conformé à ces règles de bon sens dans l'emploi des auteurs catholiques? Voilà tout ce que ses critiques avaient à voir; et voilà ce que nous avons déjà vu qu'il a fait^

En ce qui concerne Pierre de Vaucernay, il n'y a point lieu de contester les défauts que Basnage lui reproche.

1. MoLixiER {Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, t. V, p. 253- 254) croirait même plutôt que les derniers chroniqueurs catholiques ont dû être tentés de si m ph' fier et de résumer les croyances des Cathares.

2. Allix, Ancient Churches of Albigenses, p. 160-1Ô5, gênés parles témoignages tirés de ces interrogatoires, déclare, il est vrai, que « rien ne doit être plus suspecté par nous que les Actes de l'Inquisition, car celui qui est un meurtrier est certainement un menteur. » La conséquence n'est nullement nécessaire, et Bossuet a tiré parti, avec raison, sur les Vaudois, d'interrogatoires de cette sorte. (Voy.plus haut, p. 188-189.) Pour les Albigeois, il n'en a pas eu entre les mains. La plupart de ceux qui ont été retrouvés depuis étaient dans les bibliothèques particulières, quelques-uns dans des cabinets protestants qui les gardaient jalousement, ou enfin dans les archives municipales, encore inexplorées, des villes du Midi. (Cf. plus haut, p. 383, n. 1.)

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