Hist. de la Rel. des Êgl. Réf., t. I, p
a dû voir ces Conciles, ne daigne pourtant ni faire mention, ni rendre raison de leur silence'.
Enfin comment qualifier le sans-façon dont il se débarrasse des textes qui le gênent? — Le Concile d'Oxford, « jugeant des hérétiques d'origine albigeoise, leur ôte tous les caractères» spécifiques «du Manichéisme.» N'importe : M. de Meaux n'en a cure. « Je ne les crois pas justifiés, déclare-t-il, sous prétexte qu'ils répondirent assez bien ; car on connaît les artifices de cette secte. » Basnage est indigné, de ce coup : « Certes, s'il est permis de faire de semblables commentaires, et de soutenir que des gens nient la Trinité, lorsqu'ils la confessent publiquement et que leurs plus cruels ennemis en demeurent d'accord, j'avoue que M. de Meaux a raison; mais s'il est juste de prendre droit par une confession faite publiquement devant un Concile, il faut qu'on m'avoue qu'il a tort et qu'il calomnie des innocents M »
L'injustice de ce procédé s'étale plus impudemment encore à propos du Concile de Lombez. Bossuet en fait « sa preuve triomphante : » à quel prix? Il omet l'une des deux portions des Actes de ce Concile ; il ne s'attache qu'aux interrogatoires des accusés; il néglige leur confession de foi publique et volontaire. Cette confession de foi, il l'a vue, il l'a lue; « cependant il n'en dit pas un mot'...))
N'y a-t-il, dans tous ces endroits, que l'aveuglement pardonnable d'un auteur prévenu, qui trouve partout des preuves à son système? Basnage ne peut s'empêcher d'y dénoncer l'artifice déloyal d'un historien volontairement infidèle.
Voilà sans doute un réquisitoire assez fourni d'objections, et dont la plupart ne manquent pas d'apparence. Résumées, elles se réduisent à trois, dont la première
1. Basnage, Hist. de la Rel. des Égl. Réf., 1. 1, p. 145-148. Cf. p. 119.