‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 23 sur 329 · JuRiEu, Vrai système de l'Eglise, p · texte numérisé non relu

JuRiEu, Vrai système de l'Eglise, p

2. Voir la conU'overse de Bossuet avec P. Ferry {Œuvres, éd. Lâchât, XIII, p. -455 sqq.) Bossuet soutenait que les protestants s'étaient volontairement jetés dans le schisme ; Ferry [ibid., p. 457-458) déclarait au contraire qu'ils ont été plutôt chassés qu'ils ne sont sortis. Claude, dans la Conférence, le répète plus nettement : « Nous ne sommes pas sortis, on nous a chassés.» (Bossuet, Œuvres, XIII, 553). Cf., du même, la Défense de la Réformation, et le très curieux livre d'ÉuE Merlat, Traité du pouvoir absolu des souverains, 1685, p. 208.

3. P. Ferry, Catéchisme général de la Réformation (1654). — Cf. Thirion, Le Protestantisme à Metz, p. 235. — Voir cependant les réserves de P. Ferry, dans une lettre à Th. Maimbourg, du 18 sept. 1666.

4. Cameron, Traité des préjugés de ceux de l'Église romaine, 1618, p. 223. Il soutient du reste, immédiatement après, que cette vérité qui est encore dans l'Église romaine, n'y étant pas pure « ni séparée de la paille et du chaume » ou même « du venin ou du poison », ce n'était point un schisme de s'en séparer. — Cf. sur cette distinction, Bavle, Nouv. Lettr. crit., XI, VIII. — Cameron, selon Dumoulin {De Amyraldi libro), cité par Bayle, Dict. crit., art. Cameron, rem. H, « croyait que saint Pierre était le fondement de l'Église et ne pouvait souffrir ceux qui soutenaient qu'on ne peut se sauver dans sa communion. » — Cf. art. de Ch. Read [Encyclopédie Lichtenberger). — Sur les importantes concessions de Jurieu sur ce point, v. les Préjugés légitimes, de Nicole (1671): le Sgst. de l'Église, de Jurieu (1686), p. 227,228, 2.37; Bayle, Dict., art. Nicole, Rem. p : «Les principes de [Jurieuj nous conduisent nécessairement à croire que l'Église romaine a toujours appartenu à la vraie Église » ; — Bossuet, H. des Var., XIV, cxu; UI* Avertissement, Xlll-XVi. — Eu 1707, les docteurs luthériens d'Helmstadt, s'inspirant des idées de Georges Calixte, décident que le salut est possible même dans l'état présent de la religion catholique. — Comparer les opinions, sur ce point, des anglicans de l'Église établie, d'après l'analyse d'un livre de Wake, dans la Bibliothèque universelle et historique, 1688, p. 495.

à maintenir la vieille doctrine de la clarté parfaite de l'Ecriture , de sa suffisance à éclairer toutes les consciences et à terminer tous les débats ; on soutenait encore que, quand les ministres interprétaient l'Ecriture, ce n'était pas «par un jugement d'autorité,» mais, comme le dit Dumoulin, «par un jugement de discrétion, comme quand on juge du goût des viandes», non « pour donner des lois , mais pour dire leur avis * » ; on se flattait toujours de n'accorder aux assemblées ecclésiastiques, discutant sur les points de foi, que la qualité d'« arbitres » et de «témoins^». Mais la pratique était très différente, et le*s synodes, dans leur façon d'agir, se montraient fort éloignés de cette réserve tolérante et libérale. Ils s'attribuaient francbement — on le vit bien aux synodes de Dordrecht et d'Amsterdam* — la décision des points de foi, le jugement irrévocable des controverses, l'interprétation infaillible'* de l'Ecriture. Les arrêts, sans appel, du Synode national, réclamaient une obéissance absolue. L'excommunication, la surveillance étroite et jalouse des écrits, des paroles, des opinions même, étaient en usage parmi les calvinistes tout comme dans l'Eglise romaine^. Et tous les protestants français,

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