Préface de la Nouveauté du Papisme
2. La Bastide, Réponse à l'Exposition de M. de Condom (1672) ; Jurieu, Vrai système de l'Église. (1686\ p. 263; Cordkmoy, Lettre aux nouveaux convertis (1689).
3. Synode de Dordrecht, 1618; Synode d'Amsterdam, 1690. — Le protestant Lenfa.nt, Les fondements de la méthode de prescription renversés, p. "3-74, avoue que « la nécessité de terminer les différends des Églises de Belgique a forcé peut-être le synode de Dordrecht à passer un peu les bornes de son autorité. »
4. Cf. Larroque, Considév. sur la nature de l'Église, p. 256. Les protestants admettaient, eux aussi, l'infaillibilité , mais au lieu de la placer dans le Pape ou les Conciles, ils Fattribuaient au corps des fidèles représenté par les Synodes : de plus, au lieu de ce mot, « trop superbe pour la créature,» ils employaient celui d' (( assistance particulière de l'esprit de Dieu.» Ibid., p. 249.
5. Sur l'idée d'autorité religieuse à l'origine du protestantisme, voir la Confession d'Augsbourg, 1530, Tit. de potesl. ecclesiae ; la Confess. Bohémienne. 1535. art. V, YIII et XIV; la Conf de foi des Réf. français, 1559, art. XXXIII ; la Confess. anglicane, 1562, art. XXXIII ; la Confess. helvétique, 1566, XVIII ; la Confess. Belgique, 1615, art. XXXII.
Les textes les plus probants sont cités par Bossuet, (Exposit., ch. xx). Ce sont : 1° l'art, xxxi d"s Consistoires, au ch. v de la Discipline ; 20 la résolu-
— sauf un petit nombre di indépendant scandalisés par cette contrefaçon du papisme^, — acceptaient ce régime, désireux qu'ils étaient de montrer qu'à la différence des presbytériens d'Angleterre, ils savaient reconnaître, sui-
tion du Synode national de Saiûte-Foi (1578) tirée par Bossuet, du livre de Biondel, Actes aiithent., Amst., 1655; S" la lettre d'envoi dressée au Synode nat. de Vitré (1617) ; 4" l'article du Synode national de Charenton •(1614) où sont censurés les Indépendants.
On peut ajouter à ces preuves, l'article du Syn. nat. de Charenton, 1623 (ÂYMON, TI, p. 278), décidant que les .\rminiens, s'ils cherchent à propager leurs idées, seront « poursuivis par les censures de l'Église » ; que, s'ils se tiennent tranquilles, on tâchera, d'abord, de les ramener par la douceur, mais, dans le cas où, au bout de trois mois, ils s'obstineraient dans leurs erreurs, on les retranchera de la communion des Églises , et « on ne souffrira point qu'ils approchent de la Table du Seigneur avec nous. » Cf. des textes, moins frappants, mais qui témoignent du même esprit : Ile Syn. nat., 1559 (ày.mo.x, I, p. 6) : « Les ministres ni autres personnes.... ; » XI» Syn. nat., 1581 {Ibid., I, p. 153) : « Les ministres et les fidèles...;» XlIIe Syn. nat., 1594 {Ibid., I, p. 178) : « Quant à ceux qui s'ingèrent....;» X» Syn. nat., 1629 {Ibid., I, 144) : «En ce qui concerne les suspensions....;» XXIc Syn. nat.. 1614 {Ibid., II, 10) : «Sur la lecture de l'article... »
Cf. sur le synode de Deift et sur le synode d'Amsterdam, Bossuet, H. des V., 1. XIV, nosLxxv, Lxxix ; VI« Avert., part. III, nos xiv et lxaii ; Basn.^ge, Hist. de la Relig. des Êgl. Réform., t. II, p. 90-92.
Bossuet remarque très justement [Réfl. sin- un écrit de M. Claude, OEuv., t. XIII, p. 566) que ces doctrines autoritaires ne passèrent pas sans protestation dans la pratique; que les particuliers et les consistoires y firent une grande résistance « qui ne put être vaincue que par un long temps et par les décrets réitérés des synodes.» Cf. Conférence avec Claude, ibid., p. 518 sqq. Voir aussi Hist. des Var., XII, xxxvii ; Cordemoy, Lettre aux nouveaux convertis de l'Ile d'Arvei't, p. 104-106 sqq. ; d'Avrio.ny, Mém. chronol., I, p., 279- 281; — et du côté des protestants, Amyraut, Du gouvernement de l'Eglise contre ceux qui veulent abolir l'usage et l'autorité des Synodes (1653), p. 166 sqq. ; Lotis du .Mouux, qui était précisément un de ces indépendants, Fasciculus Epistolarum (1676), passim(cf. plus loin, passages cités) ; Co.nrart, lettre à Rivet du 20 mai 1645 (dans Kerviler et de Barthélémy, Valentin Conrart) ; La Bastide, Réponse à l'exposition de Bossuet; Jurieu , Traité de la puissance ecclésiastique (1677), p. 201-202; Vrai système de l'Église {i.6S6), p. 263; Lettres pastorales, III» année, 15 oct. 1688 (3e lettre) et 1»' nov. (5» lettre).
1. Louis Dumoulin cite et s'approprie ce mot de Whitaker (théol. angl., mort en 1596) : h Nec ego sane video, si semel hoc remedium ad schismata vel tollenda,vel praecavenda admittimus et amplectimur, cur et quomodo sistendus est gradus, donec ad summum Pontificem, qui praesit toli Ecclesiae, deveniamus.» Fascic. Epistolarurn , 1676. — Voy. ibid., p. 1: «... Sententiae meae haec sunt praecipua capila : usum ipsum, non abusum, potestatis Ecclesiasticae intulisse antichristum, hoc est Papam , in terras, hoc est, ut ait Salmasius, pestem et radicem omnium malorum, cum in orbem christianum, tum maxime in reformalum, atque protestantes inter se collisisse. Caeterum Potestatem ecclesiasticam tani esse deliramentum et figmentum humanum, quam Potestas medica, chirurgica, fabrilis, etc. — Istius autem potestatis chimericae sobolem, — excommunicationem, — esse merum terriculamentum avium, saltem esse censuram abhorrentem a praxi Ecclesiae
vant leurs propres expressions, «l'ordre et la discipline que Dieu, dès le commencement de l'Eglise chrétienne, a établie' ».
On le voit donc : il s'était fait dans les idées du Protestantisme français^ au dix-septième siècle, sur le sujet de la puissance ecclésiastique, une de ces conversions qu'il faut s'habituer à discerner et à suivre lorsqu'on étudie l'histoire des idées : conversions insensibles, dont on a peine à saisir, dans l'instant même qu'elles s'opèrent, le mouvement pour ainsi dire clandestin^ et la direction encore indécise, mais dont on est tout surpris de constater, au bout d'un certain temps, le trajet parcouru et le point d'arrivée.
judaicae, nec nixam iilla auctoritate Sacrae Scripfiirae, miillo minus nômine et auctoritate Domini nostri J. C. aut cujusquam, nisi forsan Calvini. » — Cf. pp. 60, 108, 109, 125, 126, 127, 132-ia3, 233. — Les Arminiens, dont Louis Dumoulin professait du reste les doctrines, paraissent avoir été animés en général, sur le sujet de l'autorité ecclésiastique, de tendances plus libérales que les Gomaristes (Cf. Haac, Hist. des Dogmes.. I, 235, 3%, etc.)
1. Lettre des pasteurs et professeurs de Genève au synode national d'Alençon, (1637), dans Aymon, II, p. 612-613. — Cf. sur l'orthodoxie qui régnait dans les Universités sur la « Puissance des clefs, » une lettre de Jurieu à son oncle, Louis Dumoulin, dans le Fascic. Epislol. de ce dernier, p. 201 (I. XXII.)
2. Il serait plus aisé encore, je crois, de surprendre une évolution analogue dans les églises allemandes. On y interprétait au sens étroit les paroles de la Confession de foi de Wittenberg (1551) : h Ecclesia habet jus judicandi de omnibus doctrinis... Affirmatur Ecclesia liabere Jus testificandi de Script ura Sacra, interpretandi Scripturam et judicandi de omnibus doctrinis. » — Un ami de Calixte lui écrit : « Mihi haec nostrorum tyrannis aliqua ratione superare pontificiam Romanam videtur, cum nitllum mussitare contra suas privatas opiniones, quas pro articulis fidei vendifare rrioliuntur, velint.» (Hexke, Cali.rtus vnd seine Zeit, II, Ahth. ii, p. 228). — Leibniz écrit à Bossuet (Œuvres, éd. F. de Careil, I, 257) : « Vous imputez une trop grande tolérance aux protestants, mais cela ne se reconnaît pas d<ins la pratique.» — Voyez TiioLicK, Innere Geschichte der protest. Kireheu ; der Geist der luth. Theol. Wittenberçj's ; das kirchliche Leben des xvn'^" Jahrhunderts : Scherer, Revue de théologie de Colani, VI, p. 160-163, et plus loin, p. 534, 535, 543, n. 2. Louis Dumoulin pouvait écrire avec une grande apparence de vérité : « Quoique les uns se disent les disciples de Luther et que les autres suivent Calvin ; quoique les uns veuillent l'épiscopat et que les autres soutiennent avec chaleur qu'il n'y a que le gouvernement presbytérien qui soit apostolique ; quoique les H^Iises Réformées aient le malheur d'être divisées d'affections, de communion, de créance et de discipline, cependant il y en a très peu qui ne veuillent ériger un tribunal ecclésiastique distinct du civil : Sic enim discordes sociantur... ubi est idem amor imperii.» [Fasc. Epist., p. 244.)
3. C'est ce qui explique que Bayle, malgré sa perspicacité très dégagée de préventions fanatiques, fasse, en divers endroits, le fossé plus grand qu'il n'était réellement, entre l'esprit catholique et l'esprit protestant. Voyez par ex. Xouv. Lett. crit. sur l'Hist. du Calvinisme, 1. XI, n» vni.
Cette faveur que l'idée de l'autorité en matière de religion trouvait auprès des sociétés protestantes, et cette espèce d'imitation inconséquente* de la discipline catholique où elles inclinaient de plus en plus, nous expliquent donc, d'abord, la prédominance que prend la question de l'Eglise, dans la controverse, au début de la seconde moitié du dix-septième siècle. Mais ces faits contribuent pareillement à nous faire comprendre le changement que subit, alors aussi, la méthode employée dans la discussion théolog-ique, et le retour, que nous allons y signaler, à la considération de la foi ancienne de l'Église sur les points controversés.
Si en effet nous recherchons, dans les livres de controverse composés entre 1655 environ et 1690, ce que les protestants pensaient, durant cette période, des deux moyens d'arriver à la certitude religieuse dont le Protestantisme avait au début prôné l'emploi exclusif, — la voie de l'examen et le recours à l'Ecriture ; — nous constatons qu'on était arrivé à en atténuer considérablement l'importance.
Et d'abord, d'imposer à tous les fidèles l'obligation de se faire eux-mêmes leur foi, c'était là un beau rêve dont Luther lui-même était revenu dès le temps de la guerre des Anabaptistes ^ La réalité des faits avait alors donné à la théorie un démenti terrible.
Mais, même dans la controverse et entre docteurs^ il semblait maintenant bien difficile de maintenir, à l'exclusion d'autres moyens de connaissance, le seul principe de la raison éclairée par la Grâce ^, sans que le fidèle eût
1. Walle.nburgh, théologien catholique allemand, Tractatiis tlieoloçiici, 1669, II, p. -4 et 5 : ^Constat ex praxi CathoUcorum et Prolestantium controversias religionis terminari per synodos et concilia, atque haec proponere sensum S. Scripturae a subditis stds acceptandum... Accediint Protestantes ad doctrinam Ècclnsiae catholicae per siiam praxin quando voliint synodos nationales définitive decidere et resolvere omnes res ecclesiasticas, necnoncontradicentes excommunicare, et declarare schismaticos.»
2. Cf. Klh:<, Vie de Luther, t. I, p. 149-150; Sayous, loco cit., p. 35. n 2.
3. Leibniz, lettre au Landgr. Ernest, 1685 ^éd. Rommel, t. II, p. 77) : (( La plupart des fidèles ne sauraient rendre raison de ce qu'ils sont ou de ce