L. II, nos XXVIII, xxix; I. VI, n» xiii
5. L. II, nos ,v et xl ; 1. V, nos ,v et xv. Cf. Hospi.xiex, t. II, f. 19.3, et Hist. des Var., 1. VI, no xv.
gueuse impatience. Cette cause, le moraliste chrétien croit la trouver dans le vice éternel de la nature dévoyée, dans la « dépravation radicale d'où pullulent toutes les autres' » ; dans cet orgueil, qui en inspirant à l'homme une idée excessive de son excellence propre, le rend indocile à toute contrainte et l'induit à prévariquer, d'une façon plus ou moins avouée, contre Dieu même.
L'un des symptômes révélateurs de cet orgueil caché, c'est cette croyance de Luther à la vocation extraordinaire dont Dieu l'a, selon lui, particulièrement revêtu. îNe reproche-t-il pas à ceux même de ses anciens amis qui agissent contre son gré, d'agir «sans mission*?» Et quel garant a-t-il de la sienne propre? Rien que son sentiment intime, que sa persuasion même dont il ne paraît pas redouter l'illusion possible^. Il est vrai que, parfois, il semble s'attribuer les signes extérieurs par lesquels Dieu, aux anciens temps, accréditait ses envoyés : les prophéties et les miracles. C'est alors qu'il le prend avec ses ennemis sur le ton des prophètes d'Israël : <* Il les menace de prier contre eux. et vous diriez qu'il lit dans les décrets éternels.» Mais quel prophète que celui qui, il y a cent soixante ans, prédisait comme toute prochaine la ruine et des Turcs, et du Pape'?
Marque d'orgueil aussi, cette complaisance de Luther pour lui-même et ces fréquents retours qu'il fait sur ses mérites et sur son œuvre. A-t-il soutenu victorieusement, contre les novateurs que son exemple a déchaînés, quelque dogme, qu'il tient à garder, de l'Eglise ancienne. «Il se sait si bon gré » de cette vaillance et de cette sagesse « qu'il ne peut s'empêcher de s'en glorifier. » — Orgueil encore, ces moqueries outrage uses, cette insistance à bafouer l'Eglise qu'il a quittée, les Pères qu'il respectait jadis, le Pape qu'il honorait naguère, comme si tout ce