Castelnau, Mémoires, 1. III, ch. x, t. I, p
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dans Bèze et dans De Thon, — deux faits qu'il avait négligé de signaler précédemment : deux assemblées tenues, l'une à Saint-Jean d'Angély le 23 mars 1362, l'autre à Saintes à la fin de la même année, assemblées où il fut décidé que la guerre était légitime'.
Voilà un appoint assez important d'arguments nouveaux. Etaient-ils décisifs, cette fois, et Bossuet parvient-il à démontrer plus solidement ici que la résistance à la persécution fut sanctionnée par les pouvoirs religieux du parti protestant, et cela, — comme il dit, — dans des « décisions expresses, » dans des « décrets » réguliers et solennels? Réussit-il à prouver que la guerre entreprise pour obtenir la liberté de conscience ou pour la défendre, fût devenue un « dogme »> de la Réforme, à qui précédemment une telle idée « faisait horreur^ »?
Il est bien vrai, sans doute, que dans la lettre des Protestants de Paris à la Reine-Mère, à la veille de la condamnation d'Anne du Bourg et de la conjuration d'Amboise, on sent percer, sous les craintes affectées, la prévision joyeuse de troubles prochains. Toutefois, dans cette lettre même, des gens qui visiblement sont tout prêts à enfreindre le principe de l'obéissance passive le proclament encore hautement ^ Qu'il y ait dans ce document des intentions de révolte, d'accord. Mais de théories révolutionnaires, il n'y en a point. Or c'est là ce dont il s'agit.
Pour ce qui regarde la conduite particulière des mi-
1. P.ÈZE, édit. VessoQ, t. II (I. IX), p. 256, 258; La Popelinière, livre VIII, f. 332; De Thou, t. II, Ub. XXX, f. 101, 119, 120. — Cf. sur les diverses assemblées leuues pur les Protestants ea 1562 dans cette province, la note du t. I, p. 256, de l'Histoire de Bèze, édit. Yessou. ,
2. Cf. Uist. des Var., I. X, n" xlvii; Défense des Variations, n»» ii, xiv, xxiii; Cinquième Avertissement aux Prolestants, n»» vu et viii.
3. " NoQ que cela dût advenir par ceux qui, dessous leur ministère, avaient emb.assé lu rélonuation de TÉvangile (car elle devait attendre d'eux toute obéissance), etc. — Pour celte conciliation de deux sentiments opposés, voy. Corp. Reform, t. XLVl, p. 2, lettre de Bèze à Bullinger : « Omnino cerlum est expugnatam piorum patientiam insigne aliquid edituram... Dominus misereatur nos/ ri et det nohis ne pacis et patientiae doctrina nostra culpa maie audiat. »