‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 271 sur 329 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

510 LIVRE TROISIÈMK.

Dans les Variations, Bossuet ne fait plus une leçon de politique, mais de l'histoire; il ne présente plus un simple récit des faits, mais une appréciation philosophique du sens et de la valeur de ces faits. Et ici, il croit pouvoir soutenir que toutes ces causes ont été tout à fait secondaires.

Il nie désormais que l'envahissement de la puissance royale par les Guises ait été le principal motif de cet état d'insurrection qui, à partir de 1560, commence de s'enraciner en France pour ne pas cesser de longtemps. Il juge bien que le gouvernement des Lorrains n'était pas assez oppresseur, leur impopularité personnelle assez scandaleuse, leurs empiétements sur les prérogatives royales assez révoltants pour suffire à provoquer, dans les diverses classes de la nation et sur presque tous les points du pays', un soulèvement aussi considérable, — aussi durable surtout, — que celui dont Taffaire d'Amboise fut la première explosion. Assurément «on murmurait contre les princes de Guise,» mais, — observe Bossuet, — a comme on murmure contre tous les favoris bons ou mauvais-, » et ce n'est pas cela qui bouleversa pour si longtemps la France^ Ce qui est vrai, c'est ce que Bossuet affirmait déjà dans Y Histoire de France du Dauphin, mais ce que, dans l'Histoire des Variations, il met plus énergiquement en relief : — c'est que « cette haine

1. Lutteroth(Lo Réformation en France pendant sa première période , 1859), p. 191, 19(3, 197, a bien mis en lumière, — sinon l'intention surtout religipuse, — du moins le caractère foncièrement honnête de ce complot, qui fut plutôt la démarche collective d' « un peuple de pétitionnaires ».

2. Déf. des Var., n" xxviu. Sur les mesures de bonne administration prises par les Lorrains, voir les historiens modernes, par exemple Decrce. Anne de Montmorency, p. 269; Fornkron, Les Ducs de Guise, etc.

3. Comme le remarque Tava.n.ses, qui, pourtant, ne croit plus que, de son temps, la religion soit le grand motif icf. plus loin, p. 515, n. 4), il y a une grande différence « de la guerre de religion à celle de réformation [politique] >et « cplle qui louche les âmes et les corps » a grand « avantage, en comparaison de celle qui n'est que pour l'intérêt des biens et de la police, lesquels sont aisés à contenter et à dissiper par les souverains. » Mém., collect. Petitot, t. XXIV, p. 368. — Cf. Mo.NTLUc, Comment., éd. de Rcble, t. III, p. 513 : « Les autres querelles se pacifient aisément, mais celle de la religion a longue suite, etc. »

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