‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 272 sur 329 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

contre les Guises était fomentée et en partie excitée par les protestants, qui n'oubliaient rion de ce qui pouvait aigrir les esprits'. »

La Conjuration d'Amboise n'est pas seulement ce que les historiens avaient coutume d'en faire : la coalition hétérogène et anonyme des mécontents du peuple, de la noblesse et des gens de guerre. Un «mécontentement» plus redoutable que tous ceux-là, plus tenace surtout, groupait et ralliait autour de lui, pour en profiter^ tous ces griefs impuissants : — c'était l'impatience irritée de ce «peuple réformé», répandu à ce moment par toute la France^, et qui, cruellement persécuté dans les dernières années d'Henri IP, vit avec désespoir, dès la tin de 15o9, que rien n'était changé et que les gouvernants nouveaux ne lui feraient pas la vie douce'. — Le «Bien public,»

1. Uist. dp France^ ibid., p. 484. — Ibid., p. 479 : « ... Mais ce qu'il y avait le plus à craiadre était le parti protestant, hardi, CDlreprenaut et aigri par les supplices, qui semblait n'attendre qu'uQ chef pour se déclarer.» — Cf. D'AuBiGNÉ, Hist. univ., t. I, p. 89 : « Tout résonnait d'invectives... Ce qui partageait les esprits, et les eût la plupart ameutés à purger la cour et l'État de la maison de Guise, sans que (si ce n'est que) les prêcheurs travaillèrent à rendre la passion de religion la principale. »

2. « Les Eglises de France... délibérèrent de se rendre entre les bras des princes du sang, comme pères tuteurs et conservateurs de l'innocence des pauvres affligés. Et, afin de les émouvoir à les prendre en leur protection et sauvegarde, on conclut de leur remontrer la maladie être commune enlre eux et les dits princes.» Réomer de la Planche, éd. .Vlennechet, t. I, p. 288-289. L'initiative appartient donc, d'après cet historien, aux « Églises ». Cf. la lettre célèbre d'IloTMAX à Bullinger (2 sept. 15ô9) dans Ruble, t. IL p. 45 : « ... Si scires qiiam acriter sit adinonitus (.Antoine de Bourbon), quae conditiones illi oblatae sint, quanta subsidia delata...» Ce n'est pas Antoine de Bourbon qui suscite les protestants, ce sont eux qui le poussent, qui le paient. Voir aussi Castel.nau, collection .\lichaud et Poujoulat, t. IX, p. 41.3.

3. En «nombre effréné», dit François II, dans une lettre à l'évêque d'Acqs (dans Charrière, Nëgoc. de la France dans le Levant, t. II, p. 608.)

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