‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 33 sur 329 · Cf. Le Dieu, Mém., p · texte numérisé non relu

Cf. Le Dieu, Mém., p

4. Floquet, Eludes, t. III, p. 55 sq. Cf. le sermon sur les Devoirs des rois, 1662. — Floquet afiirmait même (t. II, p. 502, t. III, p. 46) — mais sans aucune preuve, — que dès celle date ou à peu près, Bossuet fil partie avec le confesseur du roi, avec Turenne et quelques docteurs de Sorbonne du conseil spécial établi pour travailler à la n Réunion. » Il résulte en tout cas des témoignages de DamjEau, Mémoires, t. 1, p. 273, de Spa.nheim, Relation de la Cour de France, p. 243, de Sai.\t-Sl\jo,\, Écrits inédits, éd. Faugère, t. I, p. 222, 252;

Bossuet nous apparaît donc, dès avant 1670, comme un des charg-és d'affaires relig-ieuses, un des agents, au moins officieux, du gouvernement ecclésiastique de Louis XIV.

C'est, de plus, en qualité de collaborateur et d'auxiliaire des Jansénistes que Bossuet entre en 1670 dans la controverse.

Il ne faut pas oublier, en effet, que l'année 1669 marque pour le Jansénisme son moment le plus glorieux. Fiers d'une paix honorable, qui ne leur demandait que le silence et d'épargner leurs adversaires ; soutenus à Paris et dans les provinces par une notable partie du clergé régulier ou séculier' ; goûtés des honnêtes gens pour cette solidité, «ce tour d'esprit mâle, vigoureux, animé, qui faisait le caractère de leurs livres et de leurs entretiens ; » admirés, révérés, même de la foule, pour leurs vertus, et plus encore peut-être à cause de leur indépendance obstinée,— les hommes de Port-Royal rentraient dans l'Eglise en vainqueurs et s'y rétablissaient en chefs. Lorsque le gouvernement relâcha ceux d'entre eux qui étaient prisonniers à la Bastille, lorsqu'on fit revenir les religieuses exilées et qu'Arnauld sortit de sa retraite, ce fut, après le martyre, un éclatant et solennel triomphe. Arnauld fut présenté au roi, accueilli du Nonce, comme un Père de l'Eglise^, et pour les remercier, en quelque sorte, d'une façon digne de lui, il s'engagea dès lors à faire rentrer dans l'armée régulière cette redoutable troupe de partisans qu'il avait dans sa main, promettant, pour sa part, de tourner contre les calvinistes l'ardeur belliqueuse qui, depuis vingt ans, agitait l'Eglise et la France, et inquiétait le pouvoir.

Bossuet céda-t-il à l'ascendant spirituel qu'exerçait alors cet illustre groupe de prêtres et de docteurs, jusqu'au

de M™e DE Mai.ntexo.n, Lettres du 13 août 1684 et du 25 octobre 1685, que Bossuet ne faisait pas partie, au moins de 168i à 1686, du « Couseil de Conscience)' et qu'il n'était pas considéré par les contemporains bien informés comme un des instigateurs de la Révocation. — Cf. plus loin, p. 295, n. 2, p. 807, n. 2.

1. Lettre de M™" de Lonj^ueville, dans Sainte-Beuve, Port-Royal, IV, 368.

2. Voltaire, Siècle de Louis XIV, cli. xxxvu ; Sai.nte-Beuve, ibid., 891-397.

74 LIVRE PRExMIER.

point d'approuver leurs doctrines, et de condamner l'opposition qu'ils rencontraient dans l'Eglise? Fut-il, au moins à un certain moment de sa vie, avec les hommes de Port-Royal, en communion d'idées ? Cela est peu probable, — quoiqu'on l'ait prétendu souvent, au dix-septième siècle et de nos jours, — Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fut leur ami', et, pour rester dans l'ordre de faits qui nous occupe, qu'il vint, en 1669, se placer, sinon à la suite, du moins aux côtés d'Arnauld et de Nicole, lorsqu'ils promirent de ne plus guerroyer désormais qu'aux dépens du Protestantisme ^

Dès 1669, les rapports de Bossuet avec Nicole paraissent régulièrement établis. Bossuet reçoit communication du manuscrit de la Perpétuité, et c'est volontairement, sans en être chargé d'une façon officielle, qu'il donne son approbation publique au premier tome^ En 1670, pendant que l'ouvrage se continue, Bossuet et Arnauld, sur l'ordre du roi, en confèrent ensemble*.

Dès lors, ce sont, comme on l'a dit avec raison^, de

1. Je croisée point surabondamment démontré parles textes contemporains et par les historiens modernes, soit qu'ils aient loué, soit qu'ils aient blâmé Bossuet de ces attaches. — Cf. Le Dieu, Méiyr., p. 91, 12.3, 124; Journal, I, .338, 389, 392. — Basxage, Hist. de la Religion des églises réformées, t, II, p. 594 ; Hist. de l'Église, t. II, pp. 1483 sqq., 1525 sqq. — Jurieu, Dm vrai système de l'Église, 1686, p. 267.— Fénelo.n, Œuvres, édit. de 1850, t. VII, p, 224-225.— Floqlet, t. II, pp. 351-357. 362 sqq. — Gazier, Revue politique et litlér,. t. XV, 1875, p. 1183, sq., où il résulte de plusieurs textes probants que Bossuet était considéré comme un « soutien » et un '< protecteur du jansénisme. » — Lenient, même revue, t. IX et X. — Réaume, Hist. de Rossuet, II, 20, 45, 49 sq., 55, 57, 59, 128, 314, 345, 351, 363, 367, .373; III, 384 sq., 475 sq., 477, 479, 480. — Sur « Bossuet adversaire du Jansénisme », voir G. Lan'sox, Rossuet, p. 334 sqq.

2. Bossuet, dans l'approbation du t. I de la Perpétuité, témoigne de son impression sur l'importance de l'œuvre. Ce livre, dit-il, en sus de ses autres très grands mérites « a donné des principes par lesquels on peut composer tout un corps de controverse.» Cf. Le Dieu, Mém., I, p. 123.

3. En termes particulièrement flatteurs pour l'auteur, eu égard à la situation des Jansénistes dans l'Église : « Ce qui me touche le plus dans tout (cet) ouvrage, c'est que (l'auteur) a répandu et appuyé partout les saintes et inébranlables maximes qui attachent les enfants de Dieu à l'autorité sacrée de l'Église.» Cf. Floquet, III, p. 277-278.

4. Le Dieu, Mém., p. 123-121. Il s'occupe, à partir de 1671, avec Arnauld, Nicole, Lemaistre de Saci et La Lanne, de la révision du N. T. de Mons. Floquet, t. III, pp. 280-288. — Cf. plus loin, chap. ii.

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