Sai.nte-Beuve, Port-Royal, t. IV
« vraies compagnons d'armes. » Marchant ensemble, ils se soutiennent, se concertent, se complètent^
Nommé censeur royal pour l'examen de la Perpétuité, Bossuet approuve, en 1671, le second tome, et il en profite pour recommander du même coup les Préjugés légitimes, de Nicole, et le Renversement de la morale, d'Arnauld. Nicole et Arnauld, en revanche, écrivent en faveur de VExposition et la défendent^
Quand V Apologie des catholiques, composée par Arnauld, aura été supprimée en France", Bossuet, dans le Cinquième avertissement contre les protestants, reprendra la même thèse'. Quand Nicole, fatigué, se retirera de la lutte, il pourra se dispenser de répondre* aux critiques dont les protestants chargent ses Prétendus Réformés convaincus de schistne ; Y Histoire des Variations sera, nous le verrons, par un certain cùté, la réplique attendue aux ouvrages de Claude et de Jurieu contre cet ouvrage de Nicole^ Ajoutons que, dans ce combat commun, Arnauld, Bossuet et Nicole paraissent avoir les mêmes envieux et les mêmes ennemis. Ce sont les jésuites et l'archevêque de Harlay qui décrient VExpositio)i^, et accusent Bossuet de fausser et d'atténuer le dogme catholique; ce sont eux aussi, dit-on, qui, après
1. Cf. encore en 1693, la correspondance avec Arnauld et Nicole (Êdit. Lâchât, t. XXVf, p. 468; t. XXX, p. 5i9). — Cf. lettres d'ÂRMAULo à Dodart, du 1" nov. 1691, à du Vaucel du i" jauv. et du 22 juillet 1683, du 19 sept, et du 22 oct. 1684, du 22 mai et 10 juillet 1693; — Préf. du t. XII de ses Œuvres,
p. XL1\--L1.
2. ArjNauld, dans son Apologie pour les catholiques (1681), et dans ses Réflexions sur le Préservatif, de Jurieu (1682). — En 1683, Bossuet engage Arnauld à écrire contre Alalebranche (letl. d'Arnauld à du Vaucel du 2 nov. 1685; BoLiLLiER, Hist. de la Philosophie cartésienne , t. II p. 229.) En 1687, Nicole s'unit à Bossuet pour combattre le Quiélisrae. (Voy. sa Vie, II, p. 238- 242.)
3. Cf. Jurieu, Esprit d'Arnauld, I, 31 ; Préf. hist. et crit. du t. XII des Œuvres d'ARNAULo, p. lvii.
4. Voy. lettres d'ARXAVLO du 25 nov. 1689 et du 12 juillet 1690 (à M^e de Fontpertuis).