‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 36 sur 329 · llist. de l'Édit de Nantes, IV, p · texte numérisé non relu

llist. de l'Édit de Nantes, IV, p

intransigeante des combattants de la première heure, telle fut. nous l'avons constaté, la tendance qui, déjà visible dans les ouvrages de Véron et de Camus', s'affirma bien plus décidément dans la fin du dix-septième siècle. Mais jamais cette volonté de simplifier la dispute ne se montra plus franchement et ne s'avança plus loin que dans V Expositio7i de Bossiiet-. Jamais on ne s'était aussi rigoureusement astreint à ne traiter que les seules matières qui avaient été, — autrefois, — de réelles causes de rupture, les seuls points capitaux où, — encore aujourd'hui, — les esprits modérés s'aheurtaient. Et sur ces causes originelles du schisme, sur ces obstacles présents à la conciliation, la foi de l'Eglise catholique, exposée avec une simplicité concise et claire, visiblement ennemie de l'équivoque, était présentée avec un tel art aux protestants déconcertés^, qu'il semblait en vérité que l'on se fût séparé pour des vétilles et que l'on continuât à se battre pour des chimères. Leurs contradictions dans la réplique prouvent leur surprise et le grand effet produit sur eux. Tantôt ils avouent qu'après un pareil livre il ne reste plus aux « huguenots sincères » qu'à chercher si l'auteur a véritablement exposé « la créance de son Eglise*,)) et ils croient pouvoir défier Bossuet d'obtenir

i. Voir plus haut, p. 15 et 16, et les notes.

2. Bossuet ne paraît pas du reste avoir connu, quand il composait l'Exposition, le livre de Véron : la Rèfjle générale de la foi catholique, 1645. Voy. sa lettre du 9 janvier 1700, à Leibniz (Foucher de Careii, t. 11, p. 278).

3. L'Exposition, encore manuscrite, fut attaquée par Philippe DuBoscetJean Daillé (Floqlet, Bossuet, précepteur, p. 290.). — Les textes nombreux relatifs à la publication et au succès indiscutable de l'Exposition se trouvent réunis dans cet ouvrage, p. 289-372. Citons seulement Le Clerc, Bifjl. uniu. et critique, 1688, p. 450 sqq. : « L'Exposition surprit les prolestants beaucoup plus que tous les écrits mis précédemment en lumière par les catholiques. » — Cf. les Réponses au livre de M. de Condom, de La Bastide, 1672 ; de D. Noglier, 1673 ; de Brueys, 1682. — Seconde Réponse de La Bastide, 1680. — Jurieu, Préservatif contre le changement de religion, 1682; Suite du Préservatif, 1683. — En Angleterre, ouvrages de W. Pe.n.n, de W. Sherlock, de W. Wake (cités par Floquet, ibid.). — En Allemagne : Ez. Spaxheim, Spécimen Slricturarum ad Ubellum nuperum Episcopi Condomiensis, 1681. — Schultet, Antididagma J. B. Bossuetii Expositioni oppositum, 1684. — Alberti, Examen professionis Tridentinae necnon Expositionis J. B. Bossuetii, 1692. — Voir plus loin, 1. 111, ch. i, au début.

4. Voir l'Avertissement mis par Bossuet en tête de l'édition de 1679; La Bastide, p. 23, 24, 26, 114, 137 ; Noguier, p. 20, 37, 94, 286.

jamais à cette « fraude pieuse » l'approbation expresse de Rome'; — tantôt, lorsque cette approbation fat venue, ils se revanchent à en contester la valeur ^ Le même critique de V Exposition, dans un même ouvrage, accuse le prélat de dissimulations et d'atténuations hypocrites, après avoir, quelques pages plus haut, salué en lui, avec un enthousiasme involontaire, « la colombe qui revient à l'arche et ne sait où poser le pied". » Ce qui est sûr, c'est que, dans cet ouvrage si fort discuté, Bossuet établit, aussi nettement que possible, cette « liquidation des controverses » dont parlait plus tard Leibniz'*; et, du même coup, il marquait avec précision la médiocre distance qui séparait à cette date le Catholicisme, — tel que le comprenaient, sans sortir de l'orthodoxie, les esprits élevés du clergé français, — du Protestantisme, tel que l'avaient modifié, surtout en France, les nécessités de l'organisation ecclésiastique et de la détermination du dogme ^

Dans la Conférence avec Claude^, c'est la question de l'Eglise qu'il aborde, cette question où les catholiques,

1. Voir plus haut, p. 90, sur l'opposition de l'archevêque de Harlay ; Juriel', Suite du Préseroutlf, 1683, p. 172-175; Noguier, p. 41 : « Il faut que l'oracle de Rome parle.»

2. La Bastide, Seconde Réponse, Bayle, lettre à Minutoli, 2i mars 1680, fcités par Floquel, Ihid., p,-346-347); du même, Crit. de l'IIist. du CiUv., XXVII, IX ; XXX, XIX sqq.

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