Ibid., xxviii. Cf. plus haut, p
appartient à l'histoire. Mais ce reste est beaucoup. Soit que Bossuet s'attache à suivre, dans les Confessions de foi et les autres actes publics des sectes protestantes, le développement des dogmes de la Réforme; soit qu'il cherche dans le caractère des principaux Réformateurs cette explication, qui souvent en histoire est la vraie, des grands événements par la psychologie des grands hommes ; soit enfin qu'il étudie les relations que le Protestantisme a entretenues, au seizième et au dix-septième siècle, avec l'état politique des pays où il s'est établi, Bossuet, de ces trois façons, fait œuvre d'historien.
C'était là une tâche que, dans l'espèce, bien des motifs rendaient encore plus délicate; — la nature polémique de l'ouvrage, la proximité des événements', la variété des matières, le grand nombre des documents qu'il y avait à étudier. — Bossuet était-il préparé à cette tâche? Son éducation, son milieu, ses travaux antérieurs Favaient-ils prédisposé et muni pour un si grand ouvrage, ou bien osa-t-il l'aborder sans aucun apprentissage préalable des études historiques et sans autre ressource que son génie ? Telle est la première question que l'examen de ï Histoire des Vainations suggère.
Or il faut noter d'abord que l'éducation ecclésiastique, que Bossuet avait reçue, n'était point du tout impropre à disposer les esprits des jeunes gens aux obligations du métier d'historien.
Durant la première moitié du dix-septième siècle, les membres du clergé français avaient eu dans le renouvellement de la science historique une part considérable. Quand, à la fin du siècle précédent, la défense catholique s'était organisée par toute l'Europe- contre la Réforme