‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 99 sur 329 · Par ex., 1. IX, n»» xl et lxix · texte numérisé non relu

Par ex., 1. IX, n»» xl et lxix

4. Les écrits de Mélanchthon furent compris, à ce titre d'écrits «symboliques», dans la Formula concordiae Bergensis (1578). Voy. Haag, Hisi. des Dogmes chrétien.", t. I, p. 343-344, 346, n. 3, et plus loin, p. 342-344. — Pour mieux s'éclaircir des croyances précises de l'Allemagne sur l'Eucharistie, Bossuet aurait souhaité des renseignements sur les Liturgies des Églises (Lettre d'Obrecht à Bossuet, du 20 juin 1687, édit. Lâchât, t. XXX, p. 497.)

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La même recherche des sources les plus pures se fait également voir, dans VBistoire des Variations, en ce qui concerne la vie et les idées particulières des Réformateurs. Les informations de première main que Bossuet possède sont souvent assez riches pour le dispenser de tous autres renseignements. L'étude qu'il fait de Mélanchthon nous en offre un notable exemple : ce n'est guère qu'avec ses propres paroles qu'il le dépeint, et avec quelle abondance, on le sait. Il cite de lui quatre ou cinq traités* et une centaine de lettres'.

Sur Luther même, où il s'éclaire par surcroit d'écrits contemporains ou postérieurs, ce sont toujours les ouvrages latins du Réformateur qui constituent le principal de son information. Il met à contribution une quinzaine de ses lettres et environ cinquante de ses traités^.

Mais, de plus, Bossuet ne se contente pas toujours des textes que les ouvrages imprimés lui fournissent, et il y adjoint parfois des renseignements nouveaux et inédits.

1. Par exemple, les Loci communes dont il connaît plusieurs éditions (Cf. la Tradition défendue sur la communion sous une seule espèce, p. II, ch. iv). — H. des Var., Il, n»s \ii, xvu; III, n»» vui, xxn, xxvi, xxvii ; V, n» xxix ; XV, n"> CLiv; VIII, no xxxix.

2. Prises soit dans les Epislolae Melanchlhonis , publiées par Manlius, Snegassius, Peucer, Pezelius, Sauber, Flesher et Youûg, de 1565 à 1647, etc., soit dans les Epistolae Calvini. — L'édition de Londres, 1642, figure sous le n» 303 dans le catalogue de la Bibliothèque de Bossuet.

3. Cf. plus haut, p. 153, n. 1. Voici d'ailleurs la liste chronologique des ouvrages de Luther consultés par Bossuet :

1517. Propositiones Wittenbergenses ; Sermo de Indulgentiis ; Thèses ad Gunlheri disputa lion es. — 1518. Responsio ad dialog. Sylv. Prieratis de potestate Papae; Appellalio ad concilium; Thés. Wittenberg.; Thes.Heidelbergenses ; Epist. ad Fridericum, Saxoniae ducem; Epist. ad Leonem X; Sermo de Poenitentia ; Acta Augustana. — 1519. Disput. Lipsiae habita ; Epist. dedic. commentarii in Epist. ad Galatas ; Résolut, sup. Propos. XIII de Potestate Papae. — 1520. Adversus exsecrabilnn Antichristi Bullam ; Decaptivitate babylonica ; De liber tate christiana ; Protestatio ad Carolum V; Assertio omnium articulorum M. Lutheri per bullam Leonis X novissime damnatorum ; Notae in Bullam; Resp. ad articulos Lovaniensium. — 1521. Ad librum Ambrosii Catharini responsio ; Sermo docens abusus... verbo exterminandos ; Rationis Latomianae confutatio. — 1522. Adversus falso nominatum ordîjiem Episcoporum ; Contra Henricum, regem Angliae ; De Votis monasticis; de abroganda Missa privata ; Sermo de matrirnonio. — 1523. Formula missae et communionis pro Ecclesia Wittenbergensi. — 1524. De

Entre les différents sujets d'histoire que remuaient alors les controversistes, il y en a un qui, vers le milieu du dix-septième siècle, piqua plus que les autres Taltention du public : la bigamie du Landgrave Philippe de Hesse, très actif protecteur de la Réforme en ses commencements. Et juste au moment où Bossuet écrivait, les polémistes catholiques venaient d'introduire dans le débat des documents établissant désormais, — dune façon indiscutable, — que les théologiens les pkis illustres du Protestantisme allemand, bien qu'ils s'en fussent toujours défendus, n'avaient pas craint d'autoriser expresse nent le Landgrave à contracter, du vivant mô ne de sa première

abominatione missae privalae. — 1525, De servo arbilrio. — 1527. Senno de corpore et samjuine Chris'i (quod verba stent). — 1528. Cotifexxio major de Coena Domini; Praefatio ad Visitationem Saxonicam. — 1529. Cateckismus major. — 1533. Prciffatio in Confussionnn Fratrum Bohemorum; Responsio ad Setiatian francofurtensem. — 1538. Praefatio ad articulas Smulcaldenses. — 1539. Diaputatio contra Antinomos; Consultatio super Pobjgamia; Praefatio in d. M. Lutheri opéra omnia. — 1540-1545 Disputationum Thèses. — 1544. Parva Conf-ssio. — 1545. Thèses ad articulas Lovaniensium. — Bossuet se sert de l'édition de Witteaberg, 1582, dont les 7 vol. in-fol. figurent sous le n» li3 dans le catalo£;ue de sa bibliothèque.

Four Calvi.v, il emploie Vlnstitution chrétienne, édition de Genève, 1561 (Catalogue de la Bibliothèque de Bossuet, n» 6i4); le De Coena Domini, la Ditucida expositio, la Responsio ad Balduinum, le De reformnnda Ecclfsia, le Contra Heshusiutn, le De Dei praedeslinatione, les Lib. IV adversus Haereticos, les Defensiones et admonitiones contra Westphalum, la Confession de foi des Eglises du royaume de France, les Epistolae, etc. Il consulte les Opuscula dans l'édition donnée par Théodore de Bèze en 1566. — Quelque suffisantes que soient ces informations, il paraît du reste connaître plus encore d'écrits de Cilvin qu'il n'en cite; cf. 1. IX, n» lxi. Il connaît plusieurs éditions de Vlnstitution chrétienne (I. IX, n" xxv;. Il y avait longtemps du reste qu'il pratiquait les œuvres de Calvin : voy. la Réfutation du Cathéchisme de Ferry (1655), part. II. ch. m, où il cite plusieurs de ces traités. — Sur la vie de Calvin, dont il parle beaucoup moins que de celle de Luther, il n'a pas l'occasion de citer l'excellent livre de Drelincourt (cf. plus haut, p. 163), qu'il paraît connaître du reste (cf. 1. X, n» lvii).

De ZwixGLE, il connaît certainement le Christianae fidei clara expositio (1536), «le plus accompli de tous ses ouvrages» ^1. II, n"» xix, xxi); puis la Di'claratio de peccato originali, V Explanalio articulorum XVlll, les Concessions de foi des Suisses, celle en particulier que Zwingle adressa à François I»f; YEpistola ad Carolum V ; » quatre ou cinq traités faits exprès pour prouver contre les Anabaptistes l'effet du baptême dès le bas âge », etc. — Il paraît connaître aussi (I. II, n» xxi) « tous ses autres ouvrages.» — De Wiclef, Bossuet ne paraît guère connaître dans l'original que le Trialogue, « le principal, dit-il, de tous ses ouvrages » (1. XI, u° clih) qu'il cite abondamment d'après l'édition de 1525.

femme, un second mariage. En 1677, dans un livre* qui, au dire de Bossuet, «courut toute la France », un certain Gastineau avait publié des fragments de la « consultation de conscience » donnée à Philippe de Hesse par Luther, Mélanchthon, Bucer et leurs amis. Un peu plus tard, dans son Histoire de l' Hérésie^ ^ le fameux Yarillas avait douué cette consultation en entier avec le contrat notarié du second mariage. Bossuet, — rencontrant à son tour, dans l'étude qu'il fait des idées et de la conduite de Luther, ce fait qui lui parait significatif, — ne veut pas employer les mêmes pièces sur la foi d'une autorité aussi douteuse que celle de Varillas^ Il s'adresse au préteur Obrecht, de Strasbourg, son ami, et grâce à lui, il exhume d'un livre très rare un document intéressant que Gastineau et Yarillas avaient négligé ou ignoré, et qui complète l'instruction de cette curieuse affaire : le mémoire où le Landgrave expose confidentiellement à son théologien et conseiller Bucer les raisons qu'il croit avoir d'obtenir des docteurs l'autorisation d'une seconde union légitime*.

La consultation qu'Henri VllI d'Angleterre avait obtenue, en une circonstance analogue, de la Faculté de théologie de Paris, fournissait aux controversistes protestants une sorte de revanche de 1' « affaire du Landgrave. » Burnet venait de publier intégralement, dans son ZT/s^o/re de la Réformation d' Angleterre ^ une pièce d'où il résul-

1. Lettres de controverse à itn gentilhomme de la R. P. R., 1657-1769, 3 vol. in-12 (Calai, de la Bibl. de Bossuet, n» 1155).

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