‹ BossuetChapitre 12 sur 30 · LE STYLE DE BOSSLET · texte numérisé non relu

LE STYLE DE BOSSLET

siècle éminemment raisonnal)le mais un peu sec et froid, une source de chaleur précieuse, et l'Ancien Testament continue de faire circuler dans sa prudente noblesse quelques souffles de cette poésie asiatique qui animait les premiers sermons. Autant que toutes les Oraisons funèbres, depuis celle d'Henriette de France jusqu'à celle du prince de Condé, l'Histoire des Variations, les Avertissements aux protestants, les Méditations sur l'Evangile et les Elévations sur les mystères offrent des exemples d'un éclat de couleur, d'une hardiesse de métaphores et d'hyperboles que les disciples de Vaugelas trouvaient peut-être, tout bas, un peu outrée, et dont Boileau eût été gêné de justilier le sublime incorrect.

Mais à l'influence de cet exotisme sacré vient s'ajouter celle des maîtres de l'antiquité profane et classique, dont maintenant Bossuet étudie attentivement, nous l'avons vu, l'art d'écrire. Ce que lui enseignent d'abord les Cicéron et les Platon, c'est une composition plus libre d'allures que le plan scolastique, plus variée, où le développement suit sa voie sans raideur, ne perd pas de vue les thèses proposées, mais ne se cramponne point à elles, et accommode la démonstration moins aux pensées de l'écrivain qu'aux besoins présumés du lecteur '. Tel est, par exemple, ce plan de l'Histoire des Variations, où Bossuet, pour mettre en lumière le perpétuel changement de la Réforme, tantôt suit la marche même des faits, tantôt détache tel ou tel dogme dont il étudie à part les destinées, allie

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