‹ BossuetChapitre 16 sur 30 · MALEBRANCHE · texte numérisé non relu

MALEBRANCHE

Ce qui, à partir de ce moment, se modifie aussi chez Bossuet, c'est son attitude à l'égard de ce cartésianisme dont il avait pu paraître un des patrons.

11 est vrai qu'il lit non plus seulement Malebranche, mais Spinoza; — il avait même connu V Éthique ' en manuscrit et avant sa publication. — Il savait donc où le cartésianisme mène; que de ses principes, quand on les entend mal, « plus d'une hérésie » peut naître; et que, sous le nom d'une doctrine « dont l'Eglise a pu, un temps, espérer quelque fruit », c'est visiblement « un grand combat qui se prépare contre r Église ». Désormais, sans renier complètement Descartes, Bossuet prend un soin jaloux de définir le peu qu'il croit lui devoir et qu'il en approuve. Cette maxime de l'évidence indispensable, dont on fait si grand bruit et qu'il avait lui-même adoptée, il la corrige à présent :

Outre nos idées claires et distinctes, il y en a de confuses et de générales qui ne laissent pas que d'enfermer des vérités si essentielles qu'on renverserait tout en les niant.

Certes, Descartes a dit « contre les athées et les libertins des choses utiles; mais je les ai trouvées dans Platon, dans saint Augustin, dans saint Anselme, quelques-unes mêmes dans saint Thomas ». Et pour ce qui est des opinions de cet auteur dans laplwsique et autres matières de cette nature » , elles sont indifférentes : l'auteur de la Connaissance de Dieu et de soi-même en viendra à déclarer avec dédain qu'il croirait « au-dessous du caractère d'un évêque de prendre parti sérieusement sur de telles choses ».

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